vendredi 15 avril 2011

Notre émission du 13 avril: La bouffe au cinéma-théories et évocations cinématogastronomiques (ouch)

Pour nous déguster cette semaine, cliquer ici

À côté de la boutique flottante qu'est le 7ème Antiquaire, pawn-shop des idées -flanqué d'une arrière boutique où un donjon huileux des fantasmes sert à chatouiller les glandes de l'épicurieux-,  il y a un petit restaurant, un jolie restaurant. Un troquet sans prétention où l’expérimentation est de mise. On n'y sert rien de bien extravagant, mais la place est toujours pleine et les repas sont copieux. On en ressort avec le sourire, le ventre plein, avec au cœur la conviction que vos besoins ont été satisfaits et que ceux qui viendront dans quelques heures seront rabelaisiens. Dans les toilettes, il y a des graffitis cinglants qui parle de ma mère et de ton dentiste, des numéros de téléphone où on offre des sévices spécialisés.
C'est autour de cette intangible table que nous allons faire l'émission cette semaine. Deux grandes passions: la bouffe et le cinéma. Manger en regardant des films, parler de cinéma en mangeant... des amitiés scandées par le tintement des ustensiles et les souvenirs du grand écran. Il va sans dire, forcément, que le thème de la bouffe au cinéma devenait pour nous un pièce de choix. Les films de repas, repas classiques dans des films qui le sont tout autant, les films sur la bouffe, celle qui réconforte et excite mais aussi celle qui dégoute et repousse. De l'orange fatale dans la bouche du GODFATHER aux petits beignes au sucre de THE FLY, des étrons fumants de SALO jusqu'à la soupe tout aussi fumante de TAMPOPO, un historique des petites boustifailles et des grands festins de l histoire du cinéma.

-Entrée-  

Anecdotes croustillantes sur nid de concepts
Amuses gueules déployées
méli mélo de mélos croutés

-Plat principal  

 Pièces montées avec son coulis d'évocation
 avec
Suite de scènes caramélisées
suivi de
dégustations énumératives

dessert

Verrine de grivoiserie
et 
théories au sucre  et digressions digestives

Santé



3 commentaires:

  1. Ce commentaire a été supprimé par son auteur.

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  2. J'aimerais aussi mentionner le superbe et satirique "Next Floor" de Denis Villeneuve où lorsqu'à force de s'empiffrer, des bourgeois attablés chutent un à un les étages (dû aux planchers qui cèdent sous leur poids) d'un édifice décrépit. Les classes sociales sont clairement mises sur table: les poudrés aristocrates sont présentés à d'énormes pièces de viandes de toutes sortes (littéralement des carcasses).

    L'excès étant volontaire et un objectif de délivrance dans "La grande bouffe", ici la dignité s'enfonce au même rythme que les étages du building. Y a-t-il une analogie à faire entre ces planchers qui se défoncent et les échelons du pouvoir? Chose certaine, notons que l'une se dirige vers le bas tandis que l'autre vers le haut... enfin, selon l'opinon que cette société nous inflige!

    Reste que cette émission sur la bouffe était captivante. Tel que mentionné, le sexe et la nourriture sont clairement liés. Voilà probablement pourquoi il était aussi difficile de ne pas dévorer chacun de vos mots que lors de l'écoute d'une anecdote grivoise...

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  3. Cynthia

    Suite à ta recommandation et tes commentaires si magnifiquement articulés, j'ai tenté de voir "NExt floor" pour finalement n'en regarder que quelques scènes hautement convaincantes. Je suis en ce moment en train de télécharger cet intrigant court. Merci de ta suggestion.
    Tes analyses du film de Villeneuve résument mieux en quelques phrases ce que nous avons mis 1 heure à élaborer en tergiversant et en débitant des anecdotes salaces. Quelle plume!

    J'ai été frappé du concept proposé par Villeneuve...il y a d'intéressantes corrélations à faire avec un autre court-métrage canadien de Vicenzo Natali, réalisateur de CUBE, intitulé "Elevated", où une lutte pour utiliser un ascenseur devient un "survival" angoissant

    http://www.youtube.com/watch?v=EsjPD4wDmeY

    Les notions d'espace, d'apesanteur et de lourdeur sont souvent prépondérantes dans notre cinéma national (on est des esthètes du huis-clos en plein air, des déplacements stationnaires et des road-movies immobiles ) , assurément pour évoquer métaphoriquement la lutte des classes et notre crise identitaire.

    Parce que nous sommes dans le thème, je te recommande en échange le traumatisant court métrage "ABUELITOS" de Paco Plaza:

    http://www.youtube.com/watch?v=nej_LpOgDqg

    C'est une vision assez troublante de la vieillesse, de l'isolation et de la consommation.

    Nous recevons des commentaires d'une telle classe; j'en suis profondément touché.

    Merci Cynthia

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