Notre dessein est de rendre hommage à des classiques oubliés, à des films méritant culte. Les règles sont simples: aucun film âgé de moins de vingt ans.
À chaque semaine pendant une heure, vous pourrez nous entendre déblatérer, tergiverser (crisse! pontifier même) sur des grands classiques et des moins grands. Nos opinions sont foudroyantes de pertinence. Notre saint Tac est inspecable. Cinéphages sous influence, soyez les bienvenus. Ta môman aussi. Surtout si elle est de party comme Patsy Gallant, c'est ce que tout le monde dit.
dimanche 7 février 2010
Geek Chronique 29: Le Superbowl réalisé par...
jeudi 4 février 2010
Notre émission du 3 février: Le Rouge et le Noir-La Blaxploitation et son fondateur inconnu...Gilles Carle ???
C'était notre intention la semaine dernière de parler d'IXE-13 en lien avec le malheureusement trop méconnu Red de Gilles Carle. L'idée allait comme suit: si IXE-13 est notre James Bond, avec toute l'ironie que ça implique, alors Red est en quelque sorte une manière de Shaft (you daaamn right/ mets-en ... stie !) Les films d'espions groovys et la blaxploitation ont toujours fait bon ménage. Mêmes les affiches se complètent! Daniel Pilon y est indéniablement un des muthafuckas les plus fresh qui soit! Nous ne l'avons pas fait pour une bonne raison...
Vous pouvez compter sur le 7ème pour rester idiosyncrasique à fond; nous tenons à rendre hommage à Gille Carle en parlant de son film dont personne ne semble avoir rien à câlisser ... En fait, même dans les archives de Radio-Canada ici-même, on attribue le rôle principal au frère de Daniel, Donald Pilon (et ce, même si la page est accompagnée d'un enregistrement sonore de 69 où Gilles Carle parle de long en large du casting de son film). Si Radio-canada ne peut même pas donner le nom du comédien principal correctement, c'est vous dire si on est pas sortie du bois quand vient le temps d'exalter la mémoire collective. Ceci dit, on doit le scénario du film à Ennio Flaiano, scénariste de Fellini sur tous ses grands films, de 8 1/2 à La Dolce Vita...et pourtant, pas même une mention de cette information sur Internet Movie Database. Plusieurs banques de données sur Gilles Carle ne mentionnent même pas le film. Décidément, notre émission du 11 novembre sur le cinéma de genre québécois oublié était urgente.
Red est une découverte à faire absolument. S'il possède de toute évidence la facture et les obsessions de Carle, c'est un film qui n'a absolument rien à envier à plusieurs films américains de son époque. En fait, il a anticipé de façon presciente l'arrivée inévitable de la blaxploitation. On croirait assister à la naissance d'un sous-genre, la Redsploitation, le film de gangster amérindien-québécois. 
Daniel Pilon au sommet de sa superbe, des cours à scrap, des hot-dogs pis des oranges julep, du funk en trame sonore (musique de Pierre F.Brault, compositeur de la musique de Passe-Partout), des filles les boules à l'air. Costume trois pièces impeccables, la mine débonnaire et décontracté, la ferme intention de ne pas obéir aveuglement aux règles et de s'en payer une tranche, RED était définitivement un Sweet sweetback's baadaaass song avant l'heure.
Pour nous écouter, cliquez sur les fesses de Red en bas.
TUNDRA FEVER!
mardi 2 février 2010
Geek Chronique no.28: Ya poozers! Kilowog is for real!
C'est un grand vivant. Il vient d'une culture où la vie communautaire et familiale tient lieu de religion et de philosophie. C'est un individu d'une grande intelligence, qui cache son raffinement sous une attitude parfois faussement autoritaire. Imaginez la torture que ça doit être pour lui d'être le dernier de sa race, d'avoir perdu sa famille et d'avoir à storer dans sa bague verte l'essence des milliards d'individus décédés. Les bagues vertes que les Green Lanterns portent tous au doigt, à la fois le badge et l'arme de ce corps policier, sont capable de générer des constructions lumineuses vertes et solides qui sont limitées par deux choses, l'imagination et la Volonté de l'officier. Imaginez la volonté du bonhomme; l'essence de milliards d'individus gardées dans l'intelligence artificiel dans sa bague par sa strict volonté.
Pour moi, Kilowog est le plus attachant des personnages de la mythologie de Green Lantern. Un film sans lui serait un peu triste. Même écrit par un tâcheron qui n'aurait compris qu'une infime partie du personnage, Kilowog a le potentiel de devenir un inoubliable personnage de cinéma.

samedi 30 janvier 2010
Geek Chronique no.27: Le bon, la brute et le...petit salopard qui m'a tiré dans les burnes?
Récemment, un compagnon cinéphile (un grec sculptural et couvert de tatouage dénommé Kosta, créateur du blog Meat et Meat, en hyperlien ici même à votre droite) me prête un film absolument unique, un truc si étrange que je l'ai tout de go classé dans mon top 10 de mes OUATE DE PHOQUE!!!
Vous avez peut-être entendu parler: The terror of tiny town, un western musical de 1938 mettant en vedette...des nains. Un casting entièrement composé de nains. Des nains qui montent des Shetlands, des nains qui se donnent des coups de poing. Si vous pensez que tout ça est drôle, vous avez en partie raison. Si vous trouvez l'idée de mauvais goût et abusive, vous avez également raison. Mais il y a une chose que le film génère involontairement et c'est ça qui le rend fascinant, du moins pour moi. Le film est creepy. Pas les nains, que je ne trouve par ailleurs ni drôles ni étranges. L'atmosphère est, disons, décalée. Un John Ford pastiché par Lynch ressemblerait probablement un peu à ça. Je ne sais même pas si le titre est volontaire, mais c'est comme si le film en cachait un autre; La Terreur serait celle, indicible et inexplicable, de ce monde parallèle, identique au nôtre, où tout les gens sont des nains (un Howard the duck avant l'heure). Un univers entier où les films sont exactement comme les nôtres, mais où Ben-hur a un traîneau à chien, où Tarzan protège des pygmées, où les vélocéraptors de Jurassic Park sont des iguanes, où Lord of the rings est un film mettant en scène des lutins, des gnomes et des farfadets et où Star Wars n'existe tout simplement pas. Le seul film que nous ayons reçu de cette étrange monde parallèle, par je ne sais quelle machination lovecratienne, est La Terreur qui est venue dans la ville minuscule.
Si The Terror of tiny town est un John Ford avec des nains, le monde du cinéma attendait avec une impatience peu contenue l'équivalent sauce western-spaghetti. Ce jour béni est enfin plus ou moins arrivé, grâce à l'exceptionnel Peter Dinklage.
Si en voyant ça photo vous vous êtes dit "ah oui, ce nain-là", ne le faites plus jamais. Peter. Dinklage. Vous avez vu Dinklage dans Nip-tuck, 30 rock, Lost in oblivion, c'était l'inoubliable personnage principal de Station agent, Peter dans Death at a funeral (il revient d'ailleurs dans le remake version afro-américaine), il sera également de la partie pour l'adaptation HBO de Game of Thrones. C'est un comédien immense, capable de jongler entre le drame et la comédie et qui n'a aucun problème à jouer l'éléphant dans la pièce.
Je peux vous le garantir: dans The Last rites of Ransom Pride, Dinklage va jouer un Lee Van Cleef de 4'5'' et il va vour faire chier dans votre froque (cliquer ici pour le sit web du film).
vendredi 29 janvier 2010
A.I-Artificial Intelligence : Plaidoyer pour une consécration nécessaire
C'est en 2001 que sort A.I. La date de sortie du "dernier" film de Kubrick, poétiquement, prophétiquement, correspond à sa plus grande oeuvre, la plus importante du cinéma à mon humble avis. Plusieurs d'entre vous le savez déjà, c'est un projet que Kubrick a développé plusieurs décennies et qu'il a ensuite offert à Steven Spielberg de son plein gré, pour plusieurs raisons. Ce fut la rencontre entre deux philosophes, une symbiose créative, une fusion totale.Au cinéma, je suis bouleversé par cette oraison funèbre de Spielberg, je suis convaincu de sa consécration, je suis catégorique qu'il est un des plus grands films de la nouvelle décennie. Ce qu' Avatar représente actuellement, je pensais qu'A.I le représenterait à l'époque.
Et puis le public, le critique, le maniaque de Kubrick s’est prononcé. Rien n'aurait pu me préparer à cette réaction. Ma consternation fut complète mais plus encore, je fus profondément attristé par la condescendance généralisée de cette réaction.
Devant cette réception glaciale, j'ai légèrement douté de mon jugement. Je me suis ensuite rangé: le film était venu bien trop tôt. Il faudrait probablement une décennie avant que le public ne comprenne ce qu'il a condamné. L’association à 2001 aura été de mauvais augure; la fable cosmique de Kubrick avait eu droit également à ce genre d’accueil.Inutile de préciser à quel point on m'a trouvé prétentieux. De ma certitude émergea la colère. J’ai défendu le film becs et ongles presque une décennie. Depuis, je me suis assagi sur le sujet, mais non pas par résignation : j’ai eu le temps d’écouter ce que tout le monde pensait savoir du film.
Aujourd’hui, je sais sans équivoque la raison de son accueil. Elle tient à 5 éléments qui sont répétés ad nauseam par l’essentiel des nombreux détracteurs, sur le même ton, avec les mêmes termes, comme une litanie. Les voici, accompagnés une fois pour toute de rectifications…
1-La perception qu’a le public de Spielberg : en 2001, il se trouvait encore des gens persuadés que Spielberg n’était rien d’autre qu’une machine à blockbuster.C’est un préjugé généralement entretenu par plusieurs strates de notre société, y compris celle des cinéphiles. Ils ont tendance a oublié ce que Spielberg a vraiment offert à son public, une balance entre le film d’auteur et le divertissement populaire, entre la virtuosité technique et l’émotion pure. Les intellectuels sont très souvent inconfortables avec le mélodrame, surtout quand il opère bien. Ils sont forcés à l’émotion et ça les indispose. Le grand public peut probablement nommé tout au plus une dizaine de réalisateur et leurs films. Dans leur cas, Familiarity breeds contempt, tout simplement (ahhh tu sais...l'est comme ça mononcle Steven!).
2- L’usurpation du projet par Spielberg:
Si Kubrick était un cinéaste-technicien qui s’interroge sur la condition humaine, Spielberg est un humaniste fasciné par les aspects techniques du cinéma.
Faux. La collaboration entre les deux fut très étroite. Comme toujours chez Kubrick, les recherches, les storyboards, les sketches et le scénario sont des œuvres volumineuses en soi. Ils furent respectés à la lettre par Spielberg. À la limite, il serait juste de dire que le projet de Kubrick avait déjà une facture…spielbergienne.
4-L’obsession pour le génocide et les extraterrestres: Finalement, c’est vraiment de ça qu’on accuse le plus souvent Spielberg.
Les extraterrestres de la fin. Vous savez, même si c’en était, le film ne perdrait rien de sa puissance. Et le Deus ex machina est un processus scénaristique vénérable s’il en est (ne perdons pas de vue que A.I emprunte ses résonances au conte). La fin du film est tout de même traversée d’une certaine grâce. Ceci dit, incidemment, ce n’en sont pas. Les créatures de la fin sont l’évolution future des robots, désormais êtres vivants à part entière. Ils sont des robots vivants, tout simplement.
Les gens ont tendance à condamner un film si la fin les déçoit, comme si la qualité de l’œuvre au complet pouvait être annulée par les quelques minutes de la fin. Dans le cas d'A.I, l’incompréhension de la fin, causé par les préjugés du public, retire énormément de puissance au propos.
Si les robots angéliques de la fin sont désormais des êtres vivants, c’est directement à cause de la soif d’amour et des aspirations de petits robots comme David. Il fut le premier, l’initiateur, un homme parmi les singes. La simplicité de son désir aurait eu le temps de s’enrichir à travers les siècles jusqu’à ce que, virtuellement, elle devienne le balbutiement d’une essence. Il est la confirmation d’un passé lointain où cette race a commencée à vivre.
5-La fin naïve et mélodramatique:
Une lame à double tranchant. La fin l’est sans doute pour quiconque n’ayant pas saisi les éléments mentionnés plus haut. Dans quel cas votre lame est émoussée. La fin sera donc attribuée, par le biais de préjugés, à Spielberg. Le robot à simplement droit (certain diront que c’est suffisant) à l’amour de sa mère.
Erreur monumentale. Le fin est on ne peut plus Kubrickienne; David a droit à l’illusion de l’amour. C’est la leçon ultime du film, profonde et lourde. La manquer, c’est écouter une fable et ne rien comprendre de la leçon finale parce qu’on est consterné par la faculté de parole des animaux.Il n’y a aucune différence entre le simple désir binaire d’un robot et celui des hommes, provenant d’une ancienne programmation organique. Avant de vouloir être aimé, le singe n’a voulu qu’une chose. Survivre. Il en sera indubitablement de même avec les intelligences artificielles, dans le torrent des siècles. Selon Spielberg, le robot a des vrais émotions. Selon Kubrick, les émotions humaines sont un programme. Au final, tout le film est basé sur cette balance entre deux opposés qui disent la même chose.
Je conclus ma litanie. Je ne suis pas seul. Un nombre grandissant de gens sont de mon avis et le verbalisent de manière pertinente tous les jours sur Internet.
"maybe it's not such a surprise that AI had difficulty finding a audience and ended up being one of Spielberg's rare box office also rans. That was the price Spielberg paid for demonstrating the artistic integrity so many doubt he has, and for the ingenuity he is almost never given credit for. AI: Artificial Intelligence, though the most remarkable film of 2001, may prove to be a movie for the future."
Death in love: le jewish guilt érotisé
Vous n'avez probablement pas du tout entendu parler de ce film. En ce moment, il repose incognito sur les étalages de votre club vidéo, innocent, déguisé en drame de mœurs avec sa pochette ridicule qui évoque un thriller érotique d'Adrian Lyne.
Dommage. La pochette initiale (En bas) était autrement plus évocatrice. Faut bien vendre le film hein?

Mais OH! Regardez le collant de la régie du Québec! 18 ans et plus les aminches! C'est pas souvent que des films sont classés comme ça ici, non monsieur! Martyrs, Irréversible, Baise moi. .. ça prend du stock assez solide pour mériter cette étiquette. C'est un sceau de garanti: il y aura du cul, du sang et les deux ne seront pas nécessairement dissociables. Mais voilà, vous retournez la pochette et vous lisez le nom du réal. .. Boaz Yakin. Si vous connaissez le bonhomme vous n'êtes probablement pas très inspiré. À son actif, Yakin a des trucs tels que Fresh, A price above rubies, Remember the titans et Uptown girls. En tant que scénariste, c'est encore plus saugenu: The Punisher (Celui de Dolph), From dusk till dawn 2 et Dirty Dancing 2. Il y aussi le co-propriétaire de la compagnie de film d'horreur de Eli Roth, Raw Nerve.
Étrange feuille de route, pas vrai? Je ne vous dit pas à quel point Death in love n'a rien à voir avec tout ça.
5 minutes que le film est commencé et je vous promet que votre arcade sourcilière au complet se fronce. 30 minutes plus tard, vous allez être consterné par ce brûlot qui semble n'obéir qu'à ses propres pulsions. Dire que le film est déstabilisant est faible. Il a une grosse guêpe cachée dans la fraise et au moment de croquer dedans, elle ne se contente pas de vous piquer la langue, elle va crever en vrombissant dans votre gorge. Ma métaphore est très appropriée.
Death in love est un film hybride, un mutant multicéphale. Vous excuserai le name dropping qui suivra mais ça sera ici inévitable. Une partie du film est une évidente relecture de Night Porter de Liliana Cavani (cliquez ici pour écouter notre émission sur ce film vénéneux) mais dans le décor et le contexte de Salo ou les 120 jours de Sodome avec une Jacqueline Bisset qui joue Charlotte Rampling mieux qu'elle même. No joke. Des nazis et des juifs qui batifolent comme c'est pas permis. Peut-être même qu'ils s'aiment. Dr. Mengele in love! CUTE! Nous sommes ensuite introduit aux protagonistes à New-york, quelques temps après 9/11. Indirectement, sans qu'ils ne le sachent, ils portent les stigmates du batifolage mentionné plus haut. Ce monde là ne va pas bien, mais alors pas bien du tout. Le film devient avec eu une sorte de Shortbus juif réalisé par Haneke, où il est surtout question de culpabilité et de dégout. On baise dans Death in love, mais sans plaisir et avec répulsion. Le décrié jewish guilt sclérose totalement toute possibilité de relation émotive. Les juifs du film portent leur névrose comme Samson sa tignasse ... si elle était pleine de poux.
Si ce n'était que ça, ce serait déjà pas mal, mais c'est réalisé comme un film d'horreur, un très bon et efficace film d'horreur. Plusieurs scènes sont terriblement angoissantes. Une pincée de Kubrick, de l'inquiétante étrangeté au bon moment. Les influences de Yakin sont claires et la probabilité de leur co-existence dans un seul film était plutôt mince. Mais ça, Yakin n'en a cure. Il en résulte un film assez éprouvant, déstabilisant et inégal, mais totalement sincère.
Hey ... what's not to love.
Dieu sait que je ne l'ai pas vu venir, la giclée de vomi qui venait en prime avec le french kiss.
mercredi 27 janvier 2010
Notre émission du 27 janvier: Ixe-13, l'as des espions canadiens, l'espion playboy, the french canadian dream
...demandez vot' programme pis vot' pop-corn ice-creamIxe-13, 5 cennes de chip Duchess, un kik cola pis des outils en chocolats...


Faites de l'air, faites de l'air faites de l'AIR, ça sent l'ail...
IXE-13 est le fruit de son époque, mais à l'instar du personnage du roman de Godbout Les têtes à Papineau, c'est un monstre à plusieurs têtes, une créature à l'identité multiple. Dans tout le panorama de la cinématographie québécoise-canadienne (américaine!), il n'y jamais eu et il n'y aura jamais plus de truc pareil. Une comédie musicale artisanale absurde et satyrique réalisé par un romancier-poète, adapté d'un roman feuilleton créé par un comédien, mettant en vedette un groupe d'humoristes engagés qui ne chantent pas et des lutteurs nains. Conséquemment, peu de films d'ici ont si bien parlés de l'identité québécoise en feignant de parler d'autre chose.
Vous pourriez être danseuse et gagner honorablement votre vie...
Si ce n'était que ça. IXE-13 est en plus une effarante (oui oui...effarante) leçon de faux cinéma fauché. Oui bien sur, il y a l'incontournable Chanson vulgaire, véritable poème du juron québécois truffé de lignes savoureuses...

Tu récalcites, j'te casse les dents, j'te décapites mon sacrament...
M'a t'faire manger d'la marde en tas, m'en va t'crever sur le matelas
...mais c'est aussi un superbe pastiche plein de finesse, un méditation sur le métissage culturel et un document d'archive précieux pour se rincer l'oeil en regardant Carole Laure et Louise Forestier, au sommet de leur art et franchement bandantes. Forestier tout particulièrement, dont les torrents de roulements de "R" lui sortant du gorgoton titillent l'imagination.


Pour nous écouter cette semaine, cliquez sur les bouches grandes ouvertes en haut. Personnellement, j'ai un doux vertige en regardant celle de Louise Forestier. Hummmm.
Ladies and gentlemen, le gorgeux, le trémendueux, le sexé...Jean-Guy Major
Pour tous les gens intéressés par le héros, il faut absolument visiter le site de Jean Layette en cliquant ici. Grâce à la passion et l'énergie de cet homme, les aventures de l'as des espions canadiens peuvent être découvertes par une nouvelle génération de lecteurs. Merci Mr. Layette!
dimanche 24 janvier 2010
A single man: comme une vieille photo oubliée dans un costume impeccable
A single man est le dernier film vu par le 7ème en 2009. Le 30 décembre pour être plus précis. Je suis allé voir le film parce que la bande annonce, élusive à souhait, m'avait complètement conquis. Une suite d'images sensuelles, un peu de violon, quelques tons monochromatiques, Julianne Moore qui se met du mascara devant le miroir. Le visage triste de Colin Firth. De quoi ça va parler? Je ne me suis à peine posé de question. La bande annonce m'a hantée jusqu'à ce que j'aille voir le film.Ah. C'était donc ça l'inargumentable élégance de la bande annonce. Je veux dire, j'aime assez Colin Firth mais il n'a jamais eu une telle gueule. Il a plus l'air de James Bond que Daniel Craig. Bon d'accord. Je m'attend à un thriller vaguement hitchcockien, relativement vide mais Ô combien stylish. Le vilain préjugé que voilà. Un bonhomme qui vient de la mode, peu importe son brio, ne pourrait par faire une oeuvre à fendre le coeur, subtile et raffinée hein?
A single man est évidemment une histoire d'amour. Une qui, me dois-je de le préciser, a fait lever et quitter la salle à plusieurs spectateurs les deux fois où je suis aller le voir. C'est aussi une histoire sur la mort, le souvenir, l'instant parfait. A single man va jouer dans les mêmes plate- bandes que The Fountain, un film que j'aime de toutes mes forces, un amour très peu partagé qui en rend perplexe plus d'un. Les deux films balancent les mêmes thèmes avec la même candeur et la même puissance d'évocation. On pense aussi un peu à The hours, pour de nombreuses et évidentes raisons.


