jeudi 22 septembre 2011
Notre émission du 21 septembre: Le 7ème a 5 ans- 5 de nos plus grandes découvertes des 5 dernières années
samedi 30 juillet 2011
Fantasia 2011: critique de TRUE LEGEND et 13 ASSASSINS: Le Wuxia pian du vieux maître VS le Chambara de l'enfant maudit
Les héros sont tragiques. Le méchants sont d'une cruauté inouïe. Les femmes sont laissés derrière. Les combats sont d'une violence démesurée mais ils sont aussi traversés de poésie. La même recette, deux sauces: de l'aigre-douce dans ton coeur VS et du Wasabi dans ton âme
Pour tous ses accomplissements, il manquait à Yuen woo-ping son film-somme, un long métrage poussant au paroxysme toutes ses obsession stylistiques, thématiques et même spirituelles. True legend est précisément ça. Il remonte aux sources des mythes fondateurs sans aucun soucis de crédibilité ou de cohésion narrative. Les scènes de combats parlent d'elles mêmes. Elles sont nombreuses, bruyantes, improbables et elles cognent dure, très dure. Ce sont des surhommes qui se battent ici, des super héros chinois capables de défier les lois de la physique et de faire du breakdance de combat.
Le film nous raconte l'histoire de Beggar So, héros de guerre tragique qui sera happé par la folie et le démon de la bouteille. Créateur du drunken fist, cette forme de combat où les mouvements émulent l'état d'ébriété, on verra ce personnage au cinéma des dizaines de fois, particulièrement dans des comédies. Le véritable créateur du drunken fist, bien qu'il soit une forme de combat existante, est nul autre que Woo-Ping. Il est directement responsable des plus belles séquences de combat en état d'ébriété. True legend nous fourni enfin l'origine "complète" de ce touchant personnage, joué à plusieurs reprises par le maitre lui même.
Dès les premières minutes du film, on se croirait dans une adaptation de bédé américaine. Le film sensiblement une version asiatique de Thor: Beggar Su semble provenir d'un Valhalla chinois traversé de combat exagérément épique et à la limite du surnaturel, où il est le fils favoris. Dans ce rôle ,Man Cheuk Chiu donne la meilleur performance de sa carrière depuis The Blade
Les geeks lui trouveront quelques ressemblances avec un des grands vilains du comic-book, Master Darque, le nécromancien, qui sévissait jadis dans les pages de la compagnie Valiant.
Yuan Li est ostensiblement le Loki de cet univers: jaloux de son frère et cherchant à se venger de son père adoptif, l'assassin de son vrai père. Dans sa folie meurtrière, il possède quand même un sens tordu de la filiation, comme les meilleurs méchants du genre. Les ressemblances entre Thor et True Legend ne s’arrêtent pas là. Les deux films oscillent entre la fantaisie de comic book et la tragédie Shakespearienne: Le jeu ampoulé des acteurs et leur prononciation modulée du mandarin s'en chargent. Les mythes scandinaves et chinois font assez bon ménage. Le film finlandais Jade Warrior présenté à Fantasia voilà trois ans avait tenté un mariage de fortune en transposant le mythe de la Kalevala dans un wuxia pian classique...et ça fonctionnait.
True legend est un fantasme mythologique pure, entre la tragédie et le mélodrame. Il n'est aucunement question de conférer quelconque crédibilité à l'histoire. Le canevas est vieux comme le monde: trahison du frère usurpant le pouvoir, exil et déchéance du héros, les scènes obligatoires d'entrainement et de découverte spirituelle de même que la vengeance finale.
Mais ça ne s’arrête pas là.
Faisant preuve d'une audace peu commune dans le genre, Yuen Woo-ping ne nous permet pas de déterminer si l'histoire se passe à une multitude de niveaux dans la psyché d'alcoolique du personnage (il faut voir ses combats avec le dieu du Wushu sur les flancs d'une statue!) ou s'il est tombé d'un monde parallèle (à la manière de Thor, justement). Un inexplicable jump-cut de plusieurs décennies ajoute à la confusion, pour notre plus grand plaisir. Cepandant, un indice demeure: le plus grand combat que mène Beggar Su est contre lui même. Les art martiaux, plus que jamais chez le vieux maitre, sont des danses illustrant le combat intérieur.
TRUE LEGEND est parfois larmoyant, déchirant et particulièrement loquace dans la démonstration des prouesses physiques ...et c'est parfait ainsi. Tout est dit dans l'oxymore du titre .
13 assassins maintenant.
Enfin.
Enfin, un véritable chambara pour Takashi Miike. Un Miike tout en retenu (!) qui ne perd rien de la cruauté et l'humour qui font sa signature.
Enfin. Un chambara qui se permet d'être presque chinois dans son verbiage martial.
Enfin, un film de guerre asiatique qui m'a autant satisfait dans sa sauvagerie que Bang Rajan.
Enfin, le jidaigeki que les maniaques attendaient depuis des lustres.
Qu'on se le disent. Dans la démonstration des arts martiaux, les Japonais n'ont rien à voir avec les Chinois. Économie de moyens, mouvements brefs et parfaits, tension à couper au Ginsu. Le samouraï et au haïku ce que le guerrier chinois est à la poésie épique. C'est le propre d'un vrai chambara: les combats ne sont jamais au centre de l'histoire. Ils sont d'incisives ponctuations. Admettons le: Vous attendiez un film de samouraï où les combats ont une place prépondérante depuis longtemps non?
Jouons avec les chiffre: Il a beau être un remake du film Eiichi Kudo de 63 portant le même titre, 13 assassins est le versant sombre de 7 samourais et le frère d'arme de 47 ronins, auxquels il fait par ailleurs souvent référence. Même les chiffres des titres se miroitent; le lucky seven et les héros humanistes de Kurosawa en opposition au 13 de malheur des kamikazes assoiffés de justice de Miike. 13 assassins offre une variante du grand classique de Kurosawa en capitalisant volontiers sur des scènes de combat à l'énergie bien contemporaine. Il en devient en quelque sorte l'inversion. Mais il est aussi une relecture de 300 à la manière nipponne. Faites le calcul: 47 X 7 -13= presque 300. ha HA!
N'ayez crainte: ça fonctionne à merveille. Miike s'était déjà prêté à l’exercice, (de manière beaucoup plus expérimentale), en faisant IZO, une suite informelle et jodorowskienne du classique d'Hideo Gosha TENSHU (cliquer ici pour écouter notre émission sur à ce sujet)
Si 7 samourais se passait à l'apogée d'une période de guerre, 13 assassins se déroule à la toute fin de leur règne, en temps de paix. Les 7 samourais protègent un village d'une attaque de brigands. Les 13 assassins doivent débarrasser le japon de son plus dangereux tyran.
Dans le rôle du leader du groupe, Koji Yakusho, en voie de devenir le comédien japonais le plus important de sa génération, continue de devenir l'héritier spirituel de Takashi Shimura (faut le voir lui rendre hommage dans Dora heita). S'il est le même personnage, il est cependant une version sombre de Shimada, satisfait de pouvoir enfin mourir au combat.
La réponse à Kyuzo, le bretteur virtuose au visage stoïque est Hirayama Kujūro. Deux personnages inoubliables interprétés par deux comédiens (et escrimeur) de grand talent, tout en finesse, en élégance et en furie guerrière.
Dans le rôle du rônin joueur et désabusé, le surprenant Takayuki yamada (qui jouait les trois personnages principaux de Milocrorze:a love story) devient la conscience du groupe.
On a aussi droit au jeune guerrier voulant se tester au combat, au samouraï bedonnant et jovial et à l'assistant général qui reprend du service.
Il fallait forcément que le personnage de Kikuchiyo, le fermier courageux et opiniâtre avec une très grosse épée (et comedy relief), campé avec brio par Toshiro Mifune, ait un remplacement à sa mesure.
C'est chose faite avec Kiha Koyata, interprété par Yūsuke Iseya.
Personnage typiquement Miikéen, Kiha est à la fois un comedy relief et le personnage insaisissable. Hommage évident à l'animalité de Mifune dans le film de Kurosawa, Kiha n'est pas un samouraï; c'est un homme des bois, un chasseur habile qui a lui aussi un tempérament opiniâtre et une...très grosse épée. Il y a fort à parier que Kiha ne soit pas un être humain: pour ma part, je me plais à croire qu'il est un Tanuki, un esprit animal de la forêt qui a pris forme humaine (les ratons laveurs avec des grosses bittes dans le Pompoko de Miyazaki, pour les non-initiés)
Miike est passé maitre dans l'art d'inventer des personnages qui sont des experts de la cruauté. Il a probablement inventé son plus beau monstre en la personne du sadique souverain Matsudaira Naritsugu . Un enfant de pute comme on en fait plus. Si le vilain de True Legend est admirablement suranné, celui de 13 assassins à des psychopathologies Ô combien modernes.
Déviant et obsédé par la mort, le souverain n'a pas son pareil pour infliger la souffrance. Il est sans aucune morale, complètement insensible et il est au centre des scènes les plus Miikéennes du film (une est particulièrement éprouvante et inoubliable) Vous allez vraiment vouloir voir le salopard souffrir. .
Presque parfait dans son exécution, 13 assassins culmine sur une scène de combat final exemplaire en tout point. Longue de presque 30 minutes, elle aurait fait bander Sun Tzu comme un cheval. Dans un village transformé en machine de guerre, nos treize assassins deviennent des vikings doublés des salopards de Western spaghettis. C'est la fin de Sword of doom d'Okamoto multiplié par 20.
Miike continue de prouver qu'il est une magnifique tache de sang et de merde en forme de papillon sur la face du soleil levant. Il nous enfin donné le chambara qu'on attendait de lui.
samedi 16 juillet 2011
Fantasia 2011, Jour 2: MILOCRORZE:A LOVE STORY--une lettre d'amitié au vieux maître Seijun Suzuki
Trois histoires donc, reliées par les fruits confits du hasard et le même comédien qui joue à fond la caisse trois rôles différents.
La première, celle d'un petit garcon,Ovreneli Vreneligare (vous allez vous souvenir de ce nom répété plus de 32 fois dans le film par une narration drolatique et délicieusement irritante), qui passe des journées ennuyeuses dans un monde technicolor de contes Zeussien avec son chat au comportement irascible Verandola Gorgonzola (sorte de croisement entre Azrael et Garfield en mauvaise 3D). Au cœur de son ennui, il rencontre et tombe amoureux de la belle et élusive Milocrorze (de 28 ans son ainée et représentation fantasmée de la femme idéale). Ils vivront une histoire d'amour traversée de pureté et de yaourt. Mais les jours de peine guettent Ovrenali Vrenaligare...Dort Ovreneli Vrenaligare dort...
dimanche 27 juin 2010
Geek Chronique no.38: TALZMANIA!
Exemple:
Récemment, Les Mystérieux étonnants uploadèrent ce charmant vidéo:
...accompagné de ce commentaire de Benoit: "J’avoue par contre que la bébite blanche, excusez-moi certains d’entre vous connaissent surement son nom, se dandine, elle a l’air assez chaudasse!
Effectivement, Benoit, je connais bien ces créatures. Elles sont fascinantes. J'en ai fait en quelque sorte une passion. On les nomme des TALZ. Pourquoi est-ce que ça m'intéresse et pourquoi continuer à lire mon billet merdique? Simplement pour cette raison: les Talz sont à Star Wars ce que les Irlandais sont à l'Europe...des leveux de coudes patentés. Les Talzs ont une prédispositions à l'alcoolisme.
On se souviendra de ce sale ivrogne dans la cantine de Mos Eisley, Muftak, qui se tripotait allègrement la lunule:
Ça ne veut pas dire qu'il n'y a pas eu de grand Talz, non monsieur...y'en a même eu un important, un jedi, mort au combat durant la guerre des Clones, le grand Foul Moudama. Dans le sublime dessin animé de Genndy Tartatovsky (probablement le meilleur Star Wars de toute la nouvelle trilogie), le créateur de Samurai Jack a créé ce personnage dont la référence est subtile mais efficace, fidèle à son obsession pour la culture japonaise:
Foul Moudama est le Zatoichi de l'univers de Star Wars: un peu grassouillet, les yeux noirs, paternel au possible, alcoolo comme tous les Talzs et une technique de combat au sabre assez familière, la lame inversée:



Eh bien voilà...vous voilà maintenant riche d'un savoir superflu mais Ô combien stimulant. Le geek se rapproche de l'harmonie en amassant ce genre de truc, c'est bien connu. Ce savoir était en train de me tuer et personne d'autre que moi ne connaissait la terrible vérité. Bon allez...faut qu'j'y aille...mercredi 25 novembre 2009
Notre émission du 25 novembre: Le mythe d'Okada Izo, le Hamlet des Chambaras
En 60 ans, le Izo de l'histoire est devenu une figure luciférienne et omniprésente; on le retrouve dans les mangas, les animes, les jeux vidéos, les romans et un nombre considérable de films.

Pour écouter notre émission de cette semaine sur ces deux films, cliquez ICI criant TENCHU!
mardi 4 août 2009
Notre émission du 5 août: Zatoichi pour les nuls, la figure de père fantasmé
Si vos êtes familiers avec ce blogue, je vous dois tout de go quelques excuses; le nombre d'entrées sur Zatoichi, le yakuza trickster aveugle, dépasse en nombre celles de Star Trek. Pour ceux à qui mon obsession -que dis-je?-, mon indéfectible amour semble rébarbatif, je vous laisse cette simple explication: il n'y a pas beaucoup de personnage aussi riche qu'Ichi le masseur. Ce n'est pas simplement par les 26 films et 100 épisodes de la série télé, nombre en faisant une des plus longue franchise focalisée sur un personnage, tous genres et cultures confondus. C'est la grande élégance du personnage, sa nature immensément complexe cachée sous un couvert de simplicité. Plus qu'un personnage, Zatoichi est désormais pour moi un totem.
lundi 29 juin 2009
Ladies and Gentlemen, Shintaro Katsu, Katsushin pour les intimes
jeudi 19 mars 2009
Zatoichi: La fin d'une légende
Il n'y a pas de plus grand admirateur de Zatoichi le masseur aveugle que le 7ème antiquaire. Je peux me permettre cette déclaration de manière absolument péremptoire. J'utilise volontiers ici le mot admiration mais il serait plus juste de parler d'amour indéfectible. Si vous le ne connaissez pas, vous devez, sans pour autant voir un des films, vous familiariser avec ce bouleversant personnage. D'ailleurs pour moi, il n'est même plus question de parler de personnage; Ichi est un totem, un fétiche. Le symbole bien vivant de tout un système idéologique, riche et mélancolique. Les 27 films, les 100 épisodes de la série télé, le manga de Hirochi Harata, les remakes et retranspositions...j'ai tout vu (hormis l'adaptation théâtrale de Takashi Miike avec Sho Aikawa).
Tout aimé. Tout absorbé. Tout médité.
Zatoichi, c'est Hulk, Godzilla, James Bond, le Vagabond, Zorro, Daredevil, Colombo et le Survenant amalgamé en un seul sublime et truculent personnage. C'est une certaine idée du Japon. C'est une saga d'une richesse inouïe. J'ai appris hier que le studio Toho terminera officiellement cette grande saga d'un demi siècle avec ce qui sera le dernier film à jamais autour du personnage. Les japonais ne badinent pas avec ce genre de propos; il n'y a toujours pas de nouveau Godzilla en vue depuis 2004. Il y eu l'an dernier un film qui tentait de revigorer la franchise en transformant Zatoichi en jeune femme, intitulé simplement Ichi. Malgré la présence de Warner Bros. à la distribution, le film n'est nul part en vue. Le film n'a probablement pas eu l'effet désiré. Reboot avorté.
Le dernier film sera réalisé par Junji Sakamoto. Zatoichi sera interprété par Shingo Katori, un des jeunes membres (le plus jeune) du groupe de musique pop Smap. Je suis muet de consternation. Le film sera t'il un reboot-requel-year one étant en fait le dernier? 
C'est la fin d'une époque, que le prochain film se fasse ou non. Tu me manqueras Zatoichi. 






















