Affichage des articles dont le libellé est zatoichi. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est zatoichi. Afficher tous les articles

jeudi 22 septembre 2011

Notre émission du 21 septembre: Le 7ème a 5 ans- 5 de nos plus grandes découvertes des 5 dernières années

Fais moi un high five avec ton curseur pour écouter notre émission parce que je t'aime.
Salut les aminches...

Aujourd'hui, le 7ème antiquaire célèbre sa cinquième année de la manière la plus désinvolte  et sincère possible: on médite tout simplement sur la raison d'être de notre existence...en réfléchissant sur l'importance du chiffre 5 au cinéma (no fucking joke).

On termine cette cinquième année avec un exercice à la fois formel et conceptuel, beaucoup plus complexe qu'il n'y paraitra, celui de vous faire découvrir une série de 5 films absolument incontournables que vous ne connaissez probablement pas du tout. Il ne sera pas nécessairement question des 5 plus grands films couverts pas le 7ième, ni des plus importants,  mais de 5 découvertes qui ne nous ont jamais quittées depuis, de films pouvant nourrir l'âme, l'intelligence et le cœur pendant des mois. 
Ensemble, ces 5 films forment une sorte d'organisme Gestalt, un enchevêtrement narratif pouvant remplir tous vos besoins spirituels à satiété. Un pentagramme de chef d'œuvres inconnus permettant d'exorciser à peu près tout vos démons.

C'est notre cadeau pour vous les aminches. Non non, ne pleures pas...nous serons toujours là pour toi, c'est promis.

Merci de nous écouter depuis 5 ans. 
Bonne découverte

Frank et Jim

samedi 30 juillet 2011

Fantasia 2011: critique de TRUE LEGEND et 13 ASSASSINS: Le Wuxia pian du vieux maître VS le Chambara de l'enfant maudit

Une légende chinoise aux épanchements mélodramatiques revue et corrigée à grands coups de poing par Yuen Woo-ping.  Le crépuscule des samouraïs revu et corrigé par Miike qui nous peint enfin un authentique chambara.  Vus un après l'autre, dans un état de ferveur. La juxtaposition était appropriée et étourdissante: si les films sont drastiquement différents dans leur approche, leur dessein est sensiblement le même: montrer comment la légende est le vecteur des changements de l'histoire .
Les héros sont tragiques. Le méchants sont d'une cruauté inouïe. Les femmes sont laissés derrière. Les combats sont d'une violence démesurée mais ils sont aussi traversés de poésie. La même recette, deux sauces: de l'aigre-douce dans ton coeur  VS et du Wasabi dans ton âme
Vous êtes familiers avec Yuen Woo-ping? Même si c'est le cas, faisons un petit exercice vous voulez bien? Sans être exhaustif, considérons l'importance de ce que l'homme a donné au cinéma depuis quelques décennies. 
Pour une poignée d'occidentaux férus de films de kung-fu, Yuen Woo-Ping est celui à qui l'on doit la véritable introduction des arts martiaux chinois dans la cinématographie américaine. La découverte de Jet Li, de Jackie Chan, du Kung-fu drunken Style, les chorégraphies des Matrix et des Kill Bill; le vieux maitre a exalté plus que quiconque  les canons d'une mythologie typiquement chinoise, pour le grand bonheur des néophytes et des exégètes. Avec le succès planétaire de Crouching Tiger, Hidden Dragon , il a également contribué à la  prolifération subséquente des Wuxia pians, les films de capes et d'épée chinois où les combats sont des ballets aériens. Même Kung-fu Panda 2 est truffé de référence directes à ses films et son style de chorégraphies (ne riez pas: Kung-fu Panda 2 est un hommage vibrant et hautement intelligent à Sammo Hung et aux premières réalisations de Woo-Ping, The magnificent butcher en particulier). 
Même les cinéphiles les plus curieux ont souvent commencé avec ses films pour ensuite se familiariser à rebours avec les grands classiques de la Shaw Brothers , allant de Liu Chia Liang à Chang CheH pour ensuite découvrir le souverain du genre, King Hu. Avant lui, les occidentaux en général ne pouvaient à peine faire la différence entre le karaté et le kung-fu, Shaolin et le Mont Wutang et la Chine était régulièrement envahis par des ninjas. Allez voir le dvd français de Legend of the drunken master avec Jackie Chan juste pour rire: on a traduit drunken Style pour "le Karaté saoul"! 
Pour tous ses accomplissements, il manquait à Yuen woo-ping son film-somme, un long métrage poussant au paroxysme toutes ses obsession stylistiques, thématiques et même spirituelles. True legend est précisément ça. Il remonte aux sources des mythes fondateurs sans aucun soucis de crédibilité ou de cohésion narrative. Les scènes de combats parlent d'elles mêmes. Elles sont nombreuses, bruyantes, improbables et elles cognent dure, très dure.  Ce sont des surhommes qui se battent ici, des super héros chinois capables de défier les lois de la physique et de faire du breakdance de combat.
Le film nous raconte l'histoire de Beggar So, héros de guerre tragique qui sera happé par la folie et le démon de la bouteille. Créateur du drunken fist, cette forme de combat où les mouvements émulent l'état d'ébriété, on verra ce personnage au cinéma des dizaines de fois, particulièrement dans des comédies.  Le véritable  créateur du drunken fist, bien qu'il soit une forme de combat existante, est nul autre que Woo-Ping. Il est directement responsable des plus belles séquences de combat en état d'ébriété. True legend nous fourni enfin l'origine "complète" de ce touchant personnage, joué à plusieurs reprises par le maitre lui même. 
Dès les premières minutes du film, on se croirait dans une adaptation de bédé américaine. Le film sensiblement une version asiatique de Thor: Beggar Su semble provenir d'un Valhalla chinois traversé de combat exagérément épique et à la limite du surnaturel, où il est le fils favoris. Dans ce rôle ,Man Cheuk Chiu donne la meilleur performance de sa carrière depuis The Blade


Dans True Legend, les hommes côtoient les dieux pour apprendre les secrets du combat. Le légendaire Gordon Liu reprend le rôle classique du vieux sage aux longs sourcils Pai mei et Jay Chou, le Kato de Green Hornet, est le dieu du Wu Shu.  Le frère de Beggar su est le perfide Yuan Li, sorte de  nécromancien possédant les secrets des styles de combat "venimeux". Superbe vilain gavé jusqu’à la moelle de clichés, il porte des costumes mauves (comme tous bon vilains de comic-book), il a la peau livide et elle est greffée d'une armure.
Les geeks  lui trouveront quelques ressemblances avec un des grands vilains  du comic-book, Master Darque, le nécromancien, qui sévissait jadis dans les pages de la compagnie Valiant. 

Yuan Li est ostensiblement le Loki de cet univers: jaloux de son frère et cherchant à se venger de son père adoptif, l'assassin de son vrai père. Dans sa folie meurtrière, il possède quand même un sens tordu de la filiation, comme les meilleurs méchants du genre. Les ressemblances entre Thor et True Legend ne s’arrêtent pas là. Les deux films oscillent entre la fantaisie de comic book et la tragédie Shakespearienne: Le jeu ampoulé des acteurs et leur prononciation modulée du mandarin s'en chargent. Les mythes scandinaves et chinois font assez bon ménage. Le film finlandais Jade Warrior présenté à Fantasia voilà trois ans avait tenté un mariage de fortune en transposant le mythe de la Kalevala dans un wuxia pian classique...et ça fonctionnait.
True legend est un fantasme mythologique pure, entre la tragédie et le mélodrame. Il n'est aucunement question de conférer quelconque crédibilité à l'histoire. Le canevas est vieux comme le monde: trahison du frère usurpant le pouvoir, exil et déchéance du héros, les scènes obligatoires d'entrainement et de découverte spirituelle de même que la vengeance finale. 
Mais ça ne s’arrête pas là. 
Faisant preuve d'une audace peu commune dans le genre, Yuen Woo-ping ne nous permet pas de déterminer si l'histoire se passe à une multitude de niveaux dans la psyché d'alcoolique du personnage (il faut voir ses combats avec le dieu du Wushu sur les flancs d'une statue!) ou s'il est tombé d'un monde parallèle (à la manière de Thor, justement). Un inexplicable jump-cut de plusieurs décennies ajoute à la confusion, pour notre plus grand plaisir. Cepandant, un indice demeure: le plus grand combat que mène Beggar Su est contre lui même. Les art martiaux, plus que jamais chez le vieux maitre,  sont des danses illustrant le combat intérieur.
TRUE LEGEND est parfois larmoyant, déchirant et particulièrement loquace dans la démonstration des prouesses physiques ...et c'est parfait ainsi. Tout est dit dans l'oxymore du titre . 

13 assassins maintenant.


Enfin. 
Enfin, un véritable chambara pour Takashi Miike. Un Miike tout en retenu (!)  qui ne  perd rien de la cruauté et l'humour qui font sa signature.
Enfin. Un chambara qui se permet d'être presque chinois dans son verbiage martial. 
Enfin, un film de guerre asiatique qui m'a autant satisfait dans sa sauvagerie que Bang Rajan. 
Enfin, le jidaigeki que les maniaques attendaient depuis des lustres. 
Qu'on se le disent. Dans la démonstration des arts martiaux, les Japonais n'ont rien à voir avec les Chinois. Économie de moyens, mouvements brefs et parfaits, tension à couper au Ginsu. Le samouraï et au haïku ce que le guerrier chinois est à la poésie épique. C'est le propre d'un vrai chambara: les combats ne sont jamais au centre de l'histoire. Ils sont d'incisives ponctuations. Admettons le: Vous attendiez un film de samouraï où les combats ont une place prépondérante depuis longtemps non?


Jouons avec les chiffre: Il a beau être un remake du film Eiichi Kudo de 63 portant le même titre,  13 assassins est le versant sombre de 7 samourais et le frère d'arme de 47 ronins, auxquels il fait par ailleurs souvent référence. Même les chiffres des titres se miroitent; le lucky seven et les héros humanistes de Kurosawa en opposition au  13 de malheur des kamikazes assoiffés de justice de Miike. 13 assassins offre une variante du grand classique de Kurosawa en capitalisant volontiers sur des scènes de combat à l'énergie bien contemporaine. Il en devient en quelque sorte l'inversion. Mais il est aussi une relecture de 300 à la manière nipponne. Faites le calcul: 47 X 7 -13= presque 300. ha HA! 



N'ayez crainte: ça fonctionne à merveille. Miike s'était déjà prêté à l’exercice, (de manière beaucoup plus expérimentale), en faisant IZO, une suite informelle et jodorowskienne du classique d'Hideo Gosha TENSHU (cliquer ici pour écouter notre émission sur à ce sujet)
 Si 7 samourais se passait à l'apogée d'une période de guerre, 13 assassins se déroule à la toute fin de leur règne, en temps de paix. Les 7 samourais protègent un village d'une attaque de brigands. Les 13 assassins doivent débarrasser le japon de son plus dangereux tyran.
Dans le rôle du leader du groupe, Koji Yakusho, en voie de devenir le comédien japonais le plus important de sa génération, continue de devenir l'héritier spirituel de Takashi Shimura (faut le voir lui rendre hommage dans Dora heita). S'il est le même personnage, il est cependant une version sombre de Shimada, satisfait de pouvoir enfin mourir au combat. 
 La réponse à Kyuzo, le bretteur virtuose au visage stoïque est Hirayama Kujūro. Deux personnages inoubliables interprétés par deux comédiens (et escrimeur) de grand talent, tout en finesse, en élégance et en furie guerrière.


Dans le rôle du rônin joueur et désabusé, le surprenant Takayuki yamada (qui jouait les trois personnages principaux de Milocrorze:a love story) devient la conscience du groupe. 
On a aussi droit au jeune guerrier voulant se tester au combat, au samouraï bedonnant et jovial et à l'assistant général qui reprend du service. 
Il fallait forcément que le personnage de Kikuchiyo, le fermier courageux et opiniâtre avec une très grosse épée (et comedy relief),  campé avec brio par Toshiro Mifune, ait un remplacement à sa mesure.


C'est chose faite avec Kiha Koyata, interprété par Yūsuke Iseya.


Personnage typiquement Miikéen, Kiha est à la fois un comedy relief et le personnage insaisissable. Hommage évident à l'animalité de Mifune dans le film de Kurosawa, Kiha n'est pas un samouraï; c'est un homme des bois, un chasseur habile qui a lui aussi un tempérament opiniâtre et une...très grosse épée.  Il y a fort à parier que Kiha ne soit pas un être humain: pour ma part, je me plais à croire qu'il est un Tanuki, un esprit animal de la forêt qui a pris forme humaine (les ratons laveurs avec des grosses bittes dans le Pompoko de Miyazaki, pour les non-initiés)
Miike est passé maitre dans l'art d'inventer des personnages qui sont des experts de la cruauté. Il a probablement inventé son plus beau monstre en la personne du sadique souverain Matsudaira Naritsugu . Un enfant de pute comme on en fait plus. Si le vilain de True Legend est admirablement suranné, celui de 13 assassins à des psychopathologies Ô combien modernes.
Déviant et obsédé par la mort, le souverain n'a pas son pareil pour infliger la souffrance. Il est sans aucune morale, complètement insensible et il est au centre des scènes les plus Miikéennes du film (une est particulièrement éprouvante et inoubliable) Vous allez vraiment vouloir voir le salopard souffrir. .

Presque parfait dans son exécution, 13 assassins culmine sur une scène de combat final exemplaire en tout point. Longue de presque 30 minutes, elle aurait fait bander Sun Tzu comme un cheval. Dans un village transformé en machine de guerre, nos treize assassins deviennent des vikings doublés des salopards de Western spaghettis. C'est la fin de Sword of doom d'Okamoto multiplié par 20.


Miike continue de prouver qu'il est une magnifique tache de sang et de  merde en forme de papillon sur la face du soleil levant. Il nous enfin donné le chambara qu'on attendait de lui. 

samedi 16 juillet 2011

Fantasia 2011, Jour 2: MILOCRORZE:A LOVE STORY--une lettre d'amitié au vieux maître Seijun Suzuki

Ce sera pour ainsi dire impossible pour le 7ème de parler du film de  Yoshimasa Ishibashi sans exulter une généreuse dose de superlatifs (plus qu'à mon habitude, je veux dire).
Accrochez-vous d'accord? 
C'est notre premier film asiatique à Fantasia cette année et déjà, il sera difficile de voir plus déjanté que ces trois fables pêchées tantôt avec le fil de de l'imagination , tantôt avec le filet de la rupture de ton et souvent avec la dynamite de l'absurdité  (Underwater love, je t'attend!).

Trois histoires donc, reliées par les fruits confits du hasard et le même comédien qui joue à fond la caisse trois rôles différents. 

La première, celle d'un petit garcon,Ovreneli Vreneligare (vous allez vous souvenir de ce nom répété plus de 32 fois dans le film par une narration drolatique et délicieusement irritante), qui passe des journées ennuyeuses dans un monde technicolor de contes Zeussien avec son chat au comportement irascible Verandola Gorgonzola (sorte de croisement entre Azrael et Garfield en mauvaise 3D). Au cœur de son ennui, il rencontre et tombe amoureux de la belle et élusive Milocrorze (de 28 ans son ainée et représentation fantasmée de la femme idéale). Ils vivront une histoire d'amour traversée de pureté et de yaourt. Mais les jours de peine guettent Ovrenali Vrenaligare...Dort Ovreneli Vrenaligare dort...
Ce conte a deux fonctions bien précises: poser les assises de cette histoire d'amour tricéphales et pousser au paroxysme les uppercuts que les japonais aiment parfois se donner dans les fricatives labiales. C'est un réel plaisir d'entendre à outrance des mots que la narratrice ne peut prononcer qu'avec une multiplication des syllabes. De sa propre déclaration après le film, le réalisateur avait le but délibéré de créer l'irritation chez le spectateur. Les amateurs du film SYMBOL de Hitoshi Matsumoto, découverte totale de l'année dernière, apprécierons assurément ce segment.
La deuxième histoire tourne autour de Besson Kumagai, un motivateur de génie prodiguant des conseils professionnels de séduction pour jeunes garçons en manque d'amour par le biais d'une hotline. Enfant slick et illégitime de Serge Gainsbourg et d'une anguille, il prodigue des conseils absurdes, défit les lois de la narration en apparaissant à côté du téléphone et ses déplacements sont des danses scandées par des nymphettes (à la séance de questions qui suivait le film, un spectateur probablement stone a cru voir les chorégraphies du vidéo de Fatboy Slim avec Christopher Walken)
Si on se fie aux commentaires et aux réactions du public, ce sont les segments avec Besson, survoltés  et beaucoup trop courts, qui sont les grands moments du film. 

Pour ma part, c'est le troisième segment qui est le plus important, autant au niveau formel, narratif que référentiel.
Tamon tombe follement amoureux de Yuri. Au beau milieu de cette grande histoire, Yuri est mystérieusement kidnappée. Tamon la cherchera littéralement à travers le temps et l'espace, dans des anachroniques repères de yakuzas et des bordels,  le temps de devenir un cowboy, un ronin...Bref, un archétype total du guerrier solitaire et torturé cherchant sa belle. Dans ce segment hautement inspiré, si les genres et les ingrédients se voisinent furieusement, le sukiyaki final est bourratif sans devenir indigeste. Il faut voir l'interminable scène de combat au ralenti, grappillant autant le Nô, le Kabuki que les illustrations japonaises traditionnelles.   
Une partie de ce segment est d'ailleurs ouvertement un des plus touchants hommages à Zatoichi jamais réalisé (croyez moi, je suis un fan morbide)
 Milocrorze est déjà comparé à de nombreux films: Funky Forest, Survive Style 5, Symbol, Kamikaze girls. Les explorations formelles et narratives les plus poussées de Miike viennent aussi à l'esprit (les inconditionnels de IZO y trouveront leur compte). Le film  méritent toutes ces comparaisons à mon humble avis. C'est l'ovnippon (ouch!) habituel qui est la marotte des Fantasiens.
Cela dit, l'histoire d'amour ne s'arrête pas là. Une scène du film déclare ouvertement les influences d'Ishibashi en la présence de Seijun Suzuki jouant un vieux maître tatoueur complètement sénile. 
Milocrorze est une immense déclaration d'affection offerte humblement au vieux maitre, précurseur de toute une génération. Il n'est pas qu'une banale tentative d'émulation, mais une véritable volonté de faire perdurer la voix de Suzuki, de rappeler à la génération de réalisateurs japonais actuelle qu'il fut un des premiers à triturer joyeusement la forme de cette manière. 
Ce qui n’empêche pas Milocrorze d’être sa propre bête, hybride, amphibienne et coassant le  bonheur de faire du cinéma.
 

dimanche 27 juin 2010

Geek Chronique no.38: TALZMANIA!

Il y a des informations qu'un geek doit posséder à tout prix s'il veut vivre en toute bonne conscience. Il n'est pas seulement question d'en savoir plus que tout le monde, avec cette attitude si effrayante et coercitive d'étaler le savoir qu'a l'intelligentsia geek, mais bel et bien d'être en harmonie avec soi-même quand vient le temps de se gaver à la moelle d'informations inutiles. C'est une activité assez zen quand on y pense, accumuler du savoir inutile et elle est nécessaire à la formation et au raffinement du comportement geek.

Exemple:

Récemment, Les Mystérieux étonnants uploadèrent ce charmant vidéo:



...accompagné de ce commentaire de Benoit: "J’avoue par contre que la bébite blanche, excusez-moi certains d’entre vous connaissent surement son nom, se dandine, elle a l’air assez chaudasse!
Effectivement, Benoit, je connais bien ces créatures. Elles sont fascinantes. J'en ai fait en quelque sorte une passion. On les nomme des TALZ. Pourquoi est-ce que ça m'intéresse et pourquoi continuer à lire mon billet merdique? Simplement pour cette raison: les Talz sont à Star Wars ce que les Irlandais sont à l'Europe...des leveux de coudes patentés. Les Talzs ont une prédispositions à l'alcoolisme.

On se souviendra de ce sale ivrogne dans la cantine de Mos Eisley, Muftak, qui se tripotait allègrement la lunule:

Ça ne veut pas dire qu'il n'y a pas eu de grand Talz, non monsieur...y'en a même eu un important, un jedi, mort au combat durant la guerre des Clones, le grand Foul Moudama. Dans le sublime dessin animé de Genndy Tartatovsky (probablement le meilleur Star Wars de toute la nouvelle trilogie), le créateur de Samurai Jack a créé ce personnage dont la référence est subtile mais efficace, fidèle à son obsession pour la culture japonaise:

Foul Moudama est le Zatoichi de l'univers de Star Wars: un peu grassouillet, les yeux noirs, paternel au possible, alcoolo comme tous les Talzs et une technique de combat au sabre assez familière, la lame inversée:



Eh bien voilà...vous voilà maintenant riche d'un savoir superflu mais Ô combien stimulant. Le geek se rapproche de l'harmonie en amassant ce genre de truc, c'est bien connu. Ce savoir était en train de me tuer et personne d'autre que moi ne connaissait la terrible vérité. Bon allez...faut qu'j'y aille...


mercredi 25 novembre 2009

Notre émission du 25 novembre: Le mythe d'Okada Izo, le Hamlet des Chambaras

POUR ÉCOUTER CETTE ÉMISSION CLIQUER ICI
Si Miyamoto Musashi est l'incarnation ultime du samourai, dans l'histoire comme dans la légende, la figure fascinante d'Okada Izo est diamétralement opposée. Âme fragile et damnée, guerrier redoutable à l'esprit faible, il représente le côté le plus sombre de la culture nippone. À mon avis, il est devenu la grande figure tragique des chambaras (films de sabres), l'incarnation d'une rage et d'une solitude que rien ne saurait apaiser.
En 60 ans, le Izo de l'histoire est devenu une figure luciférienne et omniprésente; on le retrouve dans les mangas, les animes, les jeux vidéos, les romans et un nombre considérable de films.
Autour de ce personnage, deux réalisateurs ont fait leur meilleur film. Hideo Gosha en 1969 avec Hitokiri (Tenchu!), consacré à l'avance ne serait-ce que parce qu'il mettait en vedette Shintaro Katsu dans son plus grand rôle au delà de son légendaire Zatoichi, Tatsuya Nakadai au sommet de sa forme et Yukio Mishima, l'enfant maudit de la littérature nippone, quelques mois avant qu'il se fasse hara-kiri pour protester la déchéance de l'empire du Soleil levant. Creepy fact: il se fait aussi harakiri dans le film et avec une telle conviction érotique qu'on pourrait jurer qu'il y pensait déjà à ce moment là.

L'autre film, c'est évidemment Izo de Takashi Miike (2004). Expérimental et poétique à la manière de Jodorowski, rituel initiatique baigné dans des hectolitres de sang, je crois que c'est le film somme du réalisateur. Le Japon au complet a joué dans ce truc! Plus encore, Izo est une grande tragédie qui libère les souffrances d'un personnage devenu l'incarnation même de la guerre. Une des grosse pointures de Miike.

Pour écouter notre émission de cette semaine sur ces deux films, cliquez ICI  criant TENCHU!

mardi 4 août 2009

Notre émission du 5 août: Zatoichi pour les nuls, la figure de père fantasmé

CLIQUER ICI POUR ÉCOUTER L'ÉMISSION
Si vos êtes familiers avec ce blogue, je vous dois tout de go quelques excuses; le nombre d'entrées sur Zatoichi, le yakuza trickster aveugle, dépasse en nombre celles de Star Trek. Pour ceux à qui mon obsession -que dis-je?-, mon indéfectible amour semble rébarbatif, je vous laisse cette simple explication: il n'y a pas beaucoup de personnage aussi riche qu'Ichi le masseur. Ce n'est pas simplement par les 26 films et 100 épisodes de la série télé, nombre en faisant une des plus longue franchise focalisée sur un personnage, tous genres et cultures confondus. C'est la grande élégance du personnage, sa nature immensément complexe cachée sous un couvert de simplicité. Plus qu'un personnage, Zatoichi est désormais pour moi un totem.


C'est avec beaucoup de révérence et de simplicité que le 7ème s'attaque une deuxième fois -la première émission est désormais perdue- à la légende crée par Shintaro Katsu, ses héritiers et inspirations.
.


lundi 29 juin 2009

Ladies and Gentlemen, Shintaro Katsu, Katsushin pour les intimes

J'aime tellement cette homme. J'aime son visage, ses yeux tristes et sa voix profonde. Écoutez cette manière élégante qu'il a de se laisser devenir Zatoichi en susurrant la chanson thème. Cette homme est d'une chaleur immense. Goosebumps man...

jeudi 19 mars 2009

Zatoichi: La fin d'une légende


Il n'y a pas de plus grand admirateur de Zatoichi le masseur aveugle que le 7ème antiquaire. Je peux me permettre cette déclaration de manière absolument péremptoire. J'utilise volontiers ici le mot admiration mais il serait plus juste de parler d'amour indéfectible. Si vous le ne connaissez pas, vous devez, sans pour autant voir un des films, vous familiariser avec ce bouleversant personnage. D'ailleurs pour moi, il n'est même plus question de parler de personnage; Ichi est un totem, un fétiche. Le symbole bien vivant de tout un système idéologique, riche et mélancolique. Les 27 films, les 100 épisodes de la série télé, le manga de Hirochi Harata, les remakes et retranspositions...j'ai tout vu (hormis l'adaptation théâtrale de Takashi Miike avec Sho Aikawa). Tout aimé. Tout absorbé. Tout médité. Zatoichi, c'est Hulk, Godzilla, James Bond, le Vagabond, Zorro, Daredevil, Colombo et le Survenant amalgamé en un seul sublime et truculent personnage. C'est une certaine idée du Japon. C'est une saga d'une richesse inouïe.

J'ai appris hier que le studio Toho terminera officiellement cette grande saga d'un demi siècle avec ce qui sera le dernier film à jamais autour du personnage. Les japonais ne badinent pas avec ce genre de propos; il n'y a toujours pas de nouveau Godzilla en vue depuis 2004. Il y eu l'an dernier un film qui tentait de revigorer la franchise en transformant Zatoichi en jeune femme, intitulé simplement Ichi. Malgré la présence de Warner Bros. à la distribution, le film n'est nul part en vue. Le film n'a probablement pas eu l'effet désiré. Reboot avorté.

Le dernier film sera réalisé par Junji Sakamoto. Zatoichi sera interprété par Shingo Katori, un des jeunes membres (le plus jeune) du groupe de musique pop Smap. Je suis muet de consternation. Le film sera t'il un reboot-requel-year one étant en fait le dernier?

C'est la fin d'une époque, que le prochain film se fasse ou non. Tu me manqueras Zatoichi.