dimanche 16 octobre 2011

FNC '11: Critique de GUILTY OF ROMANCE-Belle de jour pour toujours

Ahhhh! Sion Sono! Pas moins de deux Sono en circuit festivalier en une seule année (et pas les moindres)! Il est parfois bon de vivre dans la cours à scrap de mononcle Tremblay!
Amateurs de sadisme cinématographique, réjouissez vous! Si COLD FISH, le précédent film de Sono présenté à Fantasia vous avait laissé froid (C’est possible?), GUILTY OF ROMANCE est le roman-savon corrosif à vous frotter vigoureusement dans le regard. 

Izumi est l’épouse servile d’un romancier à succès, froid et ennuyant de surcroit. Son quotidien est une suite de besognes monotones qui pourraient achever le plus tenace des majordomes anglais. Elle accomplie le tout avec une diligence qui n’a d’égale que sa fascination pour son mari. Même si elle vêtue jusqu’aux amygdales de robes lui donnant des allures d’Hedda Gabler du Soleil Levant, rien de pourrait vraiment dissimuler la volupté de ses formes étouffées. Pour ajouter du piquant à sa vie, Izumi prend un boulot dans un supermarché. Elle fait déguster des saucisses aux passants.
C’est dans ce contexte alimentaire qu’Izumi se fera approcher par une dame un tantinet louche qui lui propose de devenir mannequin. Ce sera aussi le point de départ d’une dantesque et (oserais-je le dire?) kafkaïenne épopée où Izumi découvre que stupre et liberté ne riment pas nécessairement mais se voisinent souvent. En plongeant tête première dans l’exploration de ses fantasmes, la confiance d’Izumi prend (trop?) rapidement de l’expansion.
 Au menu : prostitution, pornographie, viol, claque sua yeule, avec en prime une accessoire histoire de meurtre assez juteuse. Le tout servi par la plantureuse et fébrile Megumi Kagurazaka, mannequin réputée que Sono avait déjà portée aux nues dans COLDFISH, sérieusement en voie de devenir sa muse. En martyrisant sa comédienne avec des méthodes qu’approuveraient benoîtement Von Trier, Sono questionne encore le part de fantasmes féminins occultés par la société nippone. L’abandon total de Kagurazaka à ce rôle écrit pour elle est palpable. Elle agite avec souplesse tout l’éventail des clichés de la femme japonaises; servile, objet, soumise, vierge éplorée et putain hystérique…

Exploration de la condition féminine, répressions des fantasmes menant à la déviance et découverte de réalités parallèles où toutes les explorations sont permises… Encore ces violons baroques et ces espaces habités d’artefacts occidentaux. Les portraits de dégénérés de Sono n’ont jamais été aussi petinents. BELLE DE JOUR dans un pays encore déchiré entre ses paradoxes, GUILTY OF ROMANCE laisse une jolie cicatrice rose et purulente sur la conscience.


-Francis Ouellette

samedi 15 octobre 2011

FNC '11: Critique de SURVIVING PROGRESS-un pense-bête de somme


Après la décennie de documentaires engagés qui vient de passer, le cinéphile moyen a eu droit à son lot de conscientisation. Écologie, économie et irrémédiable chute de notre civilisation, les enjeux sont faits et rien ne va plus. Entre les têtes parlantes de spécialistes et les violons accompagnant les images de terre décimée, que reste t’il a dire (et à inventer) pour les documentaristes à venir? Après les documentaires art-house à la Baraka et autre nananananKatsi avec des trames sonores world-beat co-produite par Scorsese et les essais       qui balancent des graphiques et des larmes, que reste t'il? 

Surviving progress est conscient de tous ces enjeux. Inspiré du manifeste de Ronald Wright A brief history of progress, le film de Mathieu Roy et Harold Crooks laisse la parole à plusieurs esprits d’une finesse rare, allant de Wright lui-même à David Suzuki, Margaret Atwood et Mark Levine. C’est aussi un labor of love de quatre ans. Il n’est cependant pas là pour réinventer la forme ou le propos mais bel et bien pour continuer le travail, dans tous les sens du terme. Il le fait d’ailleurs avec un sens indéfectible de la vulgarisation et de la démonstration, en ratissant large. À défaut d’y apprendre quoi que ce soit de nouveau sur la survie de notre civilisation, c’est la synthèse des nombreuses et complexes problématiques qui est ici complètement maitrisée. Wall street, corruption, déforestation, dettes nationales, génétique, tout y passe dans un panorama brutal des « progress traps » dans lesquelles nous sommes coincés. Les mécanismes de ces pièges sont déconstruits, analysés et au final, quelques pistes de solutions sont données.
On en ressort avec des images et des paroles qui collent à la conscience. Notre civilisation est une expérimentation ratée qui tire à sa fin? Sans doute. Nous devons consommer moins? Clairement. Mais ce que Surviving progress nous rappelle, c’est que la grande faculté de notre espèce est d’analyser et régler des problèmes abstraits. Reste à savoir si l’on y arrivera à temps…



George Carlin, un des plus grands philosophes de 20ème siècle, avait déjà tout compris...

mercredi 12 octobre 2011

Notre émission du 12 octobre: Laurentie-une discussion avec les créateurs

Le film LAURENTIE de Simon Lavoie et Mathieu Denis fera enfin sont arrivé chez lui au FNC demain. 
Déjà précédé d'une solide réputation (c'est un des 5 films qu'il faut voir au FNC selon Marc- André Lussier), il est pour le 7ème un film crucial, évoquant avec pertinence le malaise d'une certaine québécitude contemporaine. Au risque de répéter des arguments de ma critique (que vous pouvez lire ici les aminches!), il est en quelque sorte LE CHAT DANS LE SAC de ma génération: il attaque de plein fouet nos problèmes identitaires, sans aucune complaisance.
L'existence même de LAURENTIE est improbable. C'est un film qui prend beaucoup de risques, à plusieurs niveaux, et qui ne cherche pas à plaire. Les débats seront assurément nombreux à son sujet. Je ne serais pas surpris qu'une lecture au premier degré fasse passer les réalisateurs pour des réactionnaires. Chose certaine, tous les gens qui ont oeuvré sur ce film ont du courage à revendre (ce dernier mot, par ailleurs, on le trouve déjà dans la plupart des premières critiques le concernant )

Nous aurons aujourd'hui en studio le producteur Sylvain Corbeil et le co-réalisateur Mathieu Denis pour parler de la genèse de leur film, de leurs attentes et de leur vision. 

Vous pouvez nous écouter ICI MÊME  

samedi 8 octobre 2011

FNC '11: Critique de LAURENTIE- un fils déçu de race ordinaire

Vous pouvez écouter notre discussion sur le film avec le producteur Sylvain Corbeil  et le co-réalisateur Mathieu Denis en cliquant sur l'affiche en bas

Je suis le fils d'une souverainiste lesbienne, l'enfant unique d'une mère monoparentale. Je parle anglais et je suis consommateur de culture américaine. Je connais bien mes grands poètes québécois, je les cite assez souvent. Je suis un Montréalais de souche, enraciné dans l'asphalte, qui fait souvent l'erreur d'observer sa culture avec les œillères du citadin. Du Québec extérieur, je n'ai vu que très peu de choses. Celui de l'intérieur, de la musique, des contes et des mots, je le porte comme une gibecière, à vider et à remplir à ma convenance. J'ai aussi le cynisme assumé et sans fierté de plusieurs gens de ma génération.
J'aime voir les fantasmes, les rêves et les échecs de mon pays sur un écran de cinéma. Je suis ému par ces films qui parlent de nous mais qui sont aussi traversés d'une certaine soif d'universalité. C'est précisément cette consolidation qui m'a fait tant aimé Mémoires Affectives de Francis Leclerc; c'était un film qui n'avait pas peur de parler de notre atomisation et de notre mythologie récalcitrante, qui savait se servir de nos archétypes. Une dernière confidence: je suis cinéphile avant d'être québécois. 

Voilà quelques années, de la main généreuse d'un ami, je reçois une copie du scénario de Laurentie, jadis intitulé C'est donc ça nos vies.  Ma lecture finie, j'ai une légère fièvre. Je suis envieux de ce que j'ai lu, j'aurais aimé l'avoir écrit. J'ai l'impression que quelque chose de vital s'y trouve mais surtout, j'ai vécu, d'une façon épidermique, le malaise du personnage. Je l'ai vécu en tant que Québécois, en tant qu'homme de ma génération, en tant que francophone et en tant qu'idéaliste qui se bat mollement. 
Je me suis ensuite dit: ce film ne se fera jamais, no fucking way. 
Pas seulement parce qu'il allait assurément être traversé de scènes qui choqueraient, autant au niveau de la forme que du fond, mais parce qu'il ne ferait pas de compromis lénifiants sur aucun de ses thèmes. 

Ce film ne se fera jamais. 

Ça allait prendre beaucoup de couilles et encore plus de cœur pour faire Laurentie. Puis, mon ami en est devenu un des producteurs. Justement, un gars avec beaucoup de cœur et de couille.

Quelques années plus tard, je vois, j'écoute Laurentie (on le lit également, vous allez le constater). Je regarde ce film dont l'existence me semble improbable, avec son Étranger errant dans un Montréal en mutation qui cherche à s'étendre sur tout le Québec. Ce gars à l'identité absente, avec ce physique de quidam (il faudra saluer le courage du comédien principal, Emmanuel Swartz. Lui aussi a beaucoup de coeur et de couille). 
Plusieurs fois, mon regard grince devant la mélancolie lancinante des images, devant le pathos de son propos et son incommunicabilité loquace. Mais surtout, je me prend son drame ordinaire en pleine face. Ce n'est que plusieurs mois plus tard que je tombe sur le synopsis officiel: 

Je m’appelle Louis Després, j’ai 28 ans. J’habite à Montréal, dans cette ostie de province de merde. Je ne sais pas ce que j’aime. Je ne sais pas qui j’aime. Je ne sais pas ce que je veux faire de ma vie. Je ne sais pas qui je suis.
Mais je sais pourtant que je ne suis pas cet Autre.
Cet Autre est beau, sa langue est belle et séduisante – mais je ne la parle pas. Il est entouré d’amis – je n’en ai pas. Il est heureux – je ne le suis pas. Depuis peu, cet Autre est mon voisin de palier. Sa présence à mes côtés, sa simple existence me rappellent sans cesse ma propre déchéance et m’apparaissent de plus en plus intolérables.

J'attendais un film comme Laurentie depuis Mémoires affectives. Une histoire qui s'octroie le droit d'exalter et de déconstruire notre mythologie récalcitrante et d'en faire une tragédie de la banalité. Entre la rue Mont-Royal et Saint-Laurent, ces artères mythiques où jadis,  deux peuples se croisaient  et se mélangeaient prudemment, il y a toute une zone de guerre intestine encore bien présente. Le Montréal de Laurentie est une très vieille Cité, plus ancienne que son âge véritable.

Ma génération avait besoin qu'on lui donne son Chat dans le sac. J'ai maintenant le mien. Dans Laurentie, il n'est pas question d'appel à la révolte, de haine de l'autre ou de survie de notre culture. Il est question, à mon sens, d'observer ouvertement la part d'ombre du cœur québécois et de l'assumer sans complaisance. C'est ca, pour moi, qui est une question de survie. Beaucoup de propos maladroits seront probablement tenus sur le film de Simon;Lavoie et Mathieu L. Denis au moment de sa sortie; invariablement, il sera le vecteur de débats et d'inconforts. Pour ma part, je tiens simplement à leur dire merci. 

Laurentie sera présenté au FNC le 13 octobre à 13h00 et le 16 octobre à 19h00. Vous pouvez consulter le site officiel du film ici même. Il est à voir sur grand écran. 
FRANCIS OUELLETTE

jeudi 6 octobre 2011

Notre émission du 05 novembre: Buffet froid VS le 7ème antiquaire

-Quel effet ca fait (mourir)? 
-Un peu comme un lavabo qui se vide

Depuis cinq ans, on nous a beaucoup demandé de faire une émission sur Buffet Froid de Bertrand Blier. 

Voilà c'est fait. 
Et justement, savez vous comment on se sent maintenant? 
Comme un lavabo qui se vide...

On va certainement par écrire un putain de papier sur le sujet...
on a dis tous ce qu'on pouvait dire de pertinent et d'impertinent sur le sujet. 

Bon allez, laissez moi seul...

mais avant, tu écoutes notre émission EN CLIQUANT ICI

vendredi 30 septembre 2011

Votez T IS FOR TURBO!

Salut les aminches! 


J'ai un petit service à vous demander...
Il vous suffira de prendre cinq minutes de votre temps pour regarder ceci:

Vous avez aimé? 
Alors je vous invite à aller voter en CLIQUANT ICI et en appuyant tout simplement Vote for this has 26th filmaker'' et confirmer ensuite son vote par courriel.



Je ne vous demande pas ça parce que je joue dans le film et que je suis un narcisse de paille, ni parce que ce sont des potes qui l'ont fait. Je ne vous demande pas ça non plus parce qu'on y voit une homérique et grand guignolesque bataille sur fond de paysage post apocalyptique fait par des cinéphiles passionnés...avec des BMX. Ni même parce que les méchants sont vêtus de cuir et font peur et qu'Yves Corbeil joue le chef.


Je vous demande simplement de voter pour lui parce que c'est déjà un des meilleurs films de la sélection The ABC's of Death et que RKSS mérite grandement de gagner les 5000$ du concours dans le but d'en faire un long métrage. 


Merci.


jeudi 29 septembre 2011

Notre émission du 28 septembre: Eldorado et autre quichottisme de pellicule: Aguirre VS Cabeza de Vaca


 I believe the common character of the universe is not harmony, but hostility, chaos and murder- Werner Herzog (me rend heureux)
Salut. C'est Francis qui parle. 

Au 7ème antiquaire, on aime les vieilles choses qui scintillent dans la pénombre de nos craintes séculaires, comme les hautes d'un truck à vidange dans le regard d'un écureuil.  Nous sommes des dompteurs de chimères, des insoumis et des éboueurs idéologiques. C'est bel et bien pour ca que le cinéma est notre principal outil de méditation: les rêves démesurés des hommes, c'est notre violon d'Inde!!!!!!!!!! Justement les aminches: cessons de jouer du violon et passant du côté des Indes, là où nos ancêtres de voilà très longtemps allaient hardiment scorer le scorbut. 

Ahhhh Eldorado...
 Symbole de toutes les démesures humaines, de nos cœurs fourrés jusqu'aux ventricules de cupidité. Eldorado: les Mystérieuses Cités d'Or avec un gros bol de Corn-Pops qui te grafignent le palais en sang si tu ne les laissent pas ramollir suffisamment dans le lait. Eldorado: un film qui a mal vieilli où une Macha Limonchik tout en décolleté se fait ramasser par James Hyndman dans les toilettes  des Foufs (que de bons moments je me suis donné avec ma main et ma manette sur le rewind. Je venais késiment aussi vite que lui!!!). 
C'est aussi un excellent film de Bouli Lanners (le gros belge de Louise-Michel), distribué par FunFilm  (cliquer sur le lien pour acheter une copie, c'est moi qui vend le film!)

Eldorado. : preuve unilatérale que nous sommes des ostis de singes, hurlant avecl a yeule beurrée de marde. Ça fait des bonnes vues, l'Eldorado!
Évidemment, le plus grand film sur le sujet, y'a pas de doute, ce sera toujours l'opus de Herzog, Aguirre ou la colère de Dieu. Une petite image? (tout le monde ici la vu j'imagine?)
Aujourd'hui, nous allons méditer sur les grandes leçons que nous offre ce film, parler un peu de Castaneda et de Conrad, de Kinski et de colonisation. 

Mais plus encore, nous vous ferons découvrir un grand film inconnu (merci à David Fortin de la Cinémathèque québécoise) traitant du même sujet avec un autre angle, Cabeza de Vaca.

 Film condamné, réalisé en 1990 par Nicola Echevarria et découvert pour la première fois sur les écrans français l'année dernière, c'est une bête hautement improbable et unique, comme l'Okapi. Une sorte de pendant initiatique à Aguirre, un western-peyotl sur fond d'évocations historiques et anthropologiques et de délires chamaniques jodorowskiens...produit par Roger Corman et avec des maquillages de Guillermo Del Toro! 


L'horizon t'attend mon ami, et dans les rumeurs frétillantes des mirages, il y aura ma voix: il te suffit de cliquer ici même pour l'écouter

jeudi 22 septembre 2011

Notre émission du 21 septembre: Le 7ème a 5 ans- 5 de nos plus grandes découvertes des 5 dernières années

Fais moi un high five avec ton curseur pour écouter notre émission parce que je t'aime.
Salut les aminches...

Aujourd'hui, le 7ème antiquaire célèbre sa cinquième année de la manière la plus désinvolte  et sincère possible: on médite tout simplement sur la raison d'être de notre existence...en réfléchissant sur l'importance du chiffre 5 au cinéma (no fucking joke).

On termine cette cinquième année avec un exercice à la fois formel et conceptuel, beaucoup plus complexe qu'il n'y paraitra, celui de vous faire découvrir une série de 5 films absolument incontournables que vous ne connaissez probablement pas du tout. Il ne sera pas nécessairement question des 5 plus grands films couverts pas le 7ième, ni des plus importants,  mais de 5 découvertes qui ne nous ont jamais quittées depuis, de films pouvant nourrir l'âme, l'intelligence et le cœur pendant des mois. 
Ensemble, ces 5 films forment une sorte d'organisme Gestalt, un enchevêtrement narratif pouvant remplir tous vos besoins spirituels à satiété. Un pentagramme de chef d'œuvres inconnus permettant d'exorciser à peu près tout vos démons.

C'est notre cadeau pour vous les aminches. Non non, ne pleures pas...nous serons toujours là pour toi, c'est promis.

Merci de nous écouter depuis 5 ans. 
Bonne découverte

Frank et Jim

mercredi 14 septembre 2011

Notre émission du 14 septembre: Humour juif et cinéma

 "L'humour n'est qu'une autre forme de protection contre l'univers"    
-Mel Brooks

Tel que promis, nous avons enfin accouché de notre émission sur l'humour juif au cinéma...Oy Vey! 
Pour de ne pas vous servir un truc qui serait du bupkis ou pire, du dreck, on aura en studio un pote spécialiste de la question, Nicolas Krief, qui nous donnera de son chutzpah.  

Ça nous évitera de sonner  comme des klutz ou pire, de passer pour des schmucks. 

Pourquoi l'humour juif? Parce qu'il est impossible de parler de cinéma américain (ou même d'entertainement) sans considérer la part de l'âme juive qui l'habite. Certes, le cinéma doit énormément aux producteurs juifs, mais encore plus à ses auteurs et ses grands comiques. L'humour juif est une forme d'expression extrêmement codifiée qui reste pourtant irréductible.  Comme le disait Louis Armstrong, dans ce qui est sans doute le plus célèbre koan zen occidental,  "if you have to ask what jazz is, you'll never know". Il en va de même pour l'humour juif. Savant mélange de mots d'esprit, d'auto dérision et défense contre la cruauté de l'histoire, on y trouve parfois une structure, un rythme qui n'est pas sans rappeler un koan où l'illumination vient par le rire. Un zen inversé en quelques sorte, un zen noir.  Et les juifs, c'est bien connu, ont un talent inné pour rouler leur zen noir (cymbales...scandale).
Au détour de théories et de tentatives de vulgarisations vaines mais assumées, on vous parle des grandes comédies juives, leurs thèmes et leurs grands créateurs: des Marx Brothers à Mel Brooks, des différences entre l'humour séfarade et ashkénaze, le relation entre le mot d'esprit et le delivery du punch line. Shalom!

mercredi 7 septembre 2011

Notre émission du 7 septembre: La boxe au cinéma: 10 rounds pour 10 films

Comme un direct de gauche de Muhammed Ali, vous ne l'avez pas vu venir celle là hein?

Il faut bien une première à toute chose: cette semaine, le 7ème parle de sport (probablement pour la dernière fois d'ailleurs)! Oui oui, votre humble serviteur est un aficionados du pugilat, qu'il pratiqua jadis (piètrement mais surement) sous l'égide d'un petit polonais cruel  et ricanant situé à mi-chemin entre Yoda et Joe Pesci. Des belles années à manger des taloches!


Pour moi, la boxe n'est pas un sport ou une discipline. C'est un art à part entière: un art martial, bien entendu, une danse mais c'est surtout une forme de langage. Norman Mailer l'a dit mieux que moi: les bons boxeurs sont des intellectuels du corps. 
La boxe et le cinéma ont toujours fait bon ménage pour de bonnes raisons. Le langage pugilistique est certes dépouillé, mais il est infiniment complexe dans les possibilités de ses combinaisons. Si un nombre évident de grands films en ont fait l'apologie, plus que tout autre sport, c'est aussi parce qu'il est traversé de légendes et de mystères, de moments historiques et de tragédies. La boxe, c'est aussi la lutte des classes, le combat intérieur, la mesure des hommes, des chants patriotiques et l'apologie de la souffrance. Elle est tour à tour à l'écran le vecteur du drame, un exercise de style et une métaphore. Elle est partout: dans les films Noirs, les biographies, les drames sociaux et les films d'action.

Dès ses premiers balbutiements, le cinéma a investi une énergie particulière à immortaliser ses grands combats.

Cette émission, on vous la fera en boxeur: 10 films, le temps de 10 rounds, en capsules punchées et rapides. Nous ne parlerons pas des grands classiques connus. Nope: des documentaires, des vieux classiques trop peu célébrés, des films modestes traversés de très beaux combats et des grandes histoires où la boxe n'est qu'un prétexte. Un panorama atypique mais inspiré, on vous le garanti.

Parce qu'au cinéma comme sur le ring, ce sont souvent les underdogs et les vieux lions qui donnent les meilleures performances.

Let's get reeeeaaaaaaddyyyyyyy to RUMMMMMMMMMBLE!