samedi 15 octobre 2011

FNC '11: Critique de SURVIVING PROGRESS-un pense-bête de somme


Après la décennie de documentaires engagés qui vient de passer, le cinéphile moyen a eu droit à son lot de conscientisation. Écologie, économie et irrémédiable chute de notre civilisation, les enjeux sont faits et rien ne va plus. Entre les têtes parlantes de spécialistes et les violons accompagnant les images de terre décimée, que reste t’il a dire (et à inventer) pour les documentaristes à venir? Après les documentaires art-house à la Baraka et autre nananananKatsi avec des trames sonores world-beat co-produite par Scorsese et les essais       qui balancent des graphiques et des larmes, que reste t'il? 

Surviving progress est conscient de tous ces enjeux. Inspiré du manifeste de Ronald Wright A brief history of progress, le film de Mathieu Roy et Harold Crooks laisse la parole à plusieurs esprits d’une finesse rare, allant de Wright lui-même à David Suzuki, Margaret Atwood et Mark Levine. C’est aussi un labor of love de quatre ans. Il n’est cependant pas là pour réinventer la forme ou le propos mais bel et bien pour continuer le travail, dans tous les sens du terme. Il le fait d’ailleurs avec un sens indéfectible de la vulgarisation et de la démonstration, en ratissant large. À défaut d’y apprendre quoi que ce soit de nouveau sur la survie de notre civilisation, c’est la synthèse des nombreuses et complexes problématiques qui est ici complètement maitrisée. Wall street, corruption, déforestation, dettes nationales, génétique, tout y passe dans un panorama brutal des « progress traps » dans lesquelles nous sommes coincés. Les mécanismes de ces pièges sont déconstruits, analysés et au final, quelques pistes de solutions sont données.
On en ressort avec des images et des paroles qui collent à la conscience. Notre civilisation est une expérimentation ratée qui tire à sa fin? Sans doute. Nous devons consommer moins? Clairement. Mais ce que Surviving progress nous rappelle, c’est que la grande faculté de notre espèce est d’analyser et régler des problèmes abstraits. Reste à savoir si l’on y arrivera à temps…



George Carlin, un des plus grands philosophes de 20ème siècle, avait déjà tout compris...

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