mercredi 3 octobre 2012

Notre émission du 27 septembre: CRIMEWAVE, ce bâtard si attachant

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Nous sommes en 1985. Quelques années auparavant, les frères Raimi venaient de terminer un tout petit film dans l"anonymat", "Evil Dead". De leur côté, les frères Coen  complétaient depuis peu leur premier long, "Blood simple".

Les  deux clans se rencontrent et décident de travailler ensemble le temps d'un film. Ils ont une idée qui tient du génie: une comédie néo-noire déjantée qui grappillera avec une égale allégresse Tex Avery et les Three Stooges. Du slapstick, des assassins hystériques sortis tout droit d'un épisode de Bugs Bunny et un rythme bon à donner un anévrisme. Sur papier, les deux familles semblent tenir LA grande comédie hybride de leur époque.
Jusqu'à ce que débute la réalisation du film...qui tourne vite au massacre. 


"Crimewave" sera un échec sur presque toute la ligne. Des producteurs tyranniques, des problèmes de casting, le comédien Brion James qui essaye d'exorciser sa lampe de chambre d'hôtel (ce qui inspirera assurément Raimi pour "Evil Dead 2"). Raimi renie la paternité de ce mutant qui hurle et court partout en bavant. Les Coen n'en parleront  plus jamais.

Et pourtant. Et pourtant...

Il va sans dire que "Crimewave" n'est pas un grand film. C'est même un bâtard. Et nous au 7ème, c'est précisément pour cette raison qu'on l'aime. Pour toutes ses imperfections, le film contient déjà toutes les obsessions et les tics qui détermineront la carrière des deux clans. Le scénario est indubitablement du Coen, à un tel point qu'on pourrait le considérer comme le deuxième volet d'une trilogie sur les fugitifs têtes-à-claques poursuivis par des assassins professionnels, entre "Blood simple" et "Raising arizona". Par ailleurs, il est assez surprenant de constater que le même années, Raimi fera par la suite son "Evil Dead 2" et les Coen "Raising Arizona", deux films qui partagent une énergie et une approche du filmage qui sont grandement similaires.
Quelques petits morceaux d'anthologie ressortent également, où Raimi expérimente déjà avec une signature qui sera reconnaissable entre mille une décennie plus tard...avec un Bruce Campbell au sommet de sa bonhommie.


Cette semaine, le 7ème antiquaire décide de redorer le blason de cet hybride imparfait mais Ô combien attachant qu'est "Crimewave". Et si pour le meilleur et le pire, indirectement ou non, il était le film le plus déterminant de la prolifique  carrière des deux clans?

Inutile de dire que pour faire cette émission, il nous fallait un coup de main. Nous aurons donc avec nous en studio nulle autre que la sulfureuse Sabine Garcia...parce que le hasard l'exige!

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