lundi 9 février 2009

Sur le Remake, Hellraiser et autres considérations...

(les photos que vous voyez ici de ce nouveau Pinhead est le design personnel de Gary J. Tunnicliffe, maquilleur ayant travaillé sur la franchise. Ce n'est en aucun cas la version qui sera empruntée par Pascal Laugier dans son remake)
En attendant que le 7ième fasse son inévitable émission sur Hellraiser (ceux qui nous connaissent le savent, il n'y a pas de plus grand fan de ce film que nous; l'un le vénère, l'autre a fait un mauvais trip d'acide en regardant une scène d'automutilation dans Hellraiser 2 et depuis, il craint de le revoir), nous tenons à faire cette petite réflexion sur le remake annoncé.
Les remakes, re-imaginings, rebootings, prequels, requels, sont des cancers sur la face du cinéma. Des gros kystes plein de pue. Le pire, c'est qu'ils réussissent la mission fixée par le studio, c'est-à-dire effacer le souvenir de l'original pour toute une génération ou simplement le rendre impossible d'écoute car le format est fait sur mesure pour leur attention-span.

Depuis 9 ans, plus de 88 remakes de film d'horreur ont été fait. Je ne mentionne pas les remakes en général ou les retranspositions de film asiatiques (tous les films d'horreur japonais, chinois, coréen et même thailandais de 2002,2003 et 2004 ont été remakés aux alentours de 2007 et 2008, souvent par des jeunes réals européens dont c'est le deuxième film d'ailleurs).
Tout ça est inévitable dans la culture actuelle, elle qui a la mémoire courte et veule. C'est facile, peu cher, ça vend. C'est du... néo-passéisme (le versant sombre du Poste modernisme, qui aurait volonté de faire du neuf avec du vieux en effaçant ou même en se niant la référence...le terme est de nous. On en est fier bon!) C'est normal. Occasionnellement, des remakes respectables voient le jour, qui ont la volonté de revitaliser le matériel, en toute bonne foi. Certain vieux films se prêtent plutôt bien à l'exercice d'ailleurs.

Le remake de Hellraiser est un mal nécessaire. C'est probablement un des films d'horreur le plus original de tous les temps, seul dans son coin, exaltant une mythologie à lui seul. En outre, le film est tout à fait contemporain. Les thèmes du film sont aujourd'hui en total synchronicité avec l'époque actuelle (body modification, mortification, déviance sexuelle, recherche de stimulation devant l'ennui, fétichisme...name it.) De plus, la dernière création de qualité véritable dans le canon est un court métrage absolument splendide du maquilleur attitré à la série, Gary J. Tunnicliffe, mettant en scène les derniers jours de Pinhead (joué par Tunnicliffe lui-même) dans un Enfer se vidant suite à un holocauste nucléaire. Ça s'intitule NO MORE SOULS et c'est du grand Hellraiser.
Déjà deux ans que le film est en négociation, les Weinsteins sont des faux mécènes un peu frileux.Alexandre Bustillo et Julien Maury (encore des français sur un remake), réalisateur de À l'intérieur et brillants critiques de la revue Mad Movie, ont abandonnés le projet, étouffés. Réécriture du scénario plusieurs fois, du monde ayant travaillé sur SAW approchés...

Puis, un dénommé Pascal Laugier fait un film intitulé MARTYRS...

Martyrs est le film d'une génération. Film d'horreur totale, tous les paliers de l'indicible, toutes les formes de l'horrible y sont exploités. Plus de vingt ans que le 7ième attend un film comme ça, depuis...le premier Hellraiser justement. Pour paraphraser mon partenaire, le film est glorieux. J'ai ressenti le même désespoir, la même terreur à le regarder que Hellraiser à douze ans. Des images de ce film font à jamais partie de mon make-up mental. À le lire en entrevue, on constate l'intelligence, la culture immense de Laugier; c'est un esthète et un aficionados. On perçoit aussi son respect pour le film original (MARTYRS pourrait être un Hellraiser sans cénobites; l'histoire est très proche de celles que l'on retrouve dans les superbes bédés publiées par Epic comics, qui a toujours mis l'accent sur les protagonistes humains et leurs obsessions malsaines) et sa volonté d'apporter SA contribution à la mythologie.

Cette nouvelle est de très bonne augure. Monsieur Laugier, pour ce que ça vaut, le 7ième est derrière vous. GODSPEED...you have such sights to show us...

(ceci dit, une collaboration avec Tunnicliffe serait bienvenue. Ces designs ne sont peut-être pas votre vision mais ils sont sacrément prometteurs non?)

En passant:les fans veulent Doug Jones: 6'3'', élégant, sexuellement ambigu, confortable avec le jeu physique sous les prosthétiques lourds. Si Doug Bradley était à Pinhead ce que Bela Lugosi était à Dracula, alors Doug Jones pourrait aisément en être le Christopher Lee...

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