lundi 18 juillet 2011

Fantasia 2011, Jour 4: Critique de A LONELY PLACE TO DIE-le jeu le plus dangereux...

Fuck the Queen (le Prince-nazi et sa charrue également). God save the British directors! Depuis maintenant un bonne décennie, les réalisateurs de films de genre des Royaume-unis nous ont offert un lot respectable de sensations fortes. Entre les ados et campagnards meurtriers, les "survivalist" movies haletants  (et les nombreuses combinaisons de fortune entre les deux, Eden Lake et Wilderness en tête) de même que les femmes victimes qui découvrent leur potentiel  de guerrière, ont a eu droit à des films profondément enragés et crépusculaires. 

A lonely place to die aurait pu être le pinacle conjugué de tous ces thrillers. Les ingrédients sont tous là: Un environnement inhospitalier (comme The Descent), une bande d'amis en crise (comme Severance et The Descent) des mystérieux assassins-rednecks aussi cruels qu'efficaces (comme Wilderness et Straightheads) et une femme splendide qui regorge de ressources contre ses assaillants (comme The Descent, Doomsday, Straightheads, Eden lake et Creep). À propos de Creep justement (Faut vite  voir ce truc si ce n'est pas déjà fait les aminches!): on y retrouve également le comédien Sean Harris, une des gueules les plus traumatisantes à être sorti de ce mouvement . Un acteur d’une intensité peu commune dont chacune des prestations sont remarquables. La créature qu'il incarne dans Creep est un des importants monstres du cinéma d'horreur contemporain, rien de moins.
Résumons. 
 Cinq amis alpinistes. Une pic montagneux des Highlands écossais totalement isolé. Au sommet, une jeune fille kidnappée, séquestrée dans une fosse. Deux nastys mutherfuckers avec la gâchette particulièrement habile...La parfaite combinaison pour le suspense. 
Ajouter à cela une maestria qui donne le vertige dans la réalisation des scènes d'alpinisme (simplement les plus réalistes et prenantes à ce jour), une volonté de filmer l'environnement comme une menace à part entière et des revirements de situations qui ne laissent pas deux secondes de répit au spectateur. Il ne faudrait pas passer sous silence la performance de Melissa George, qui n'en finit plus d'être sublime et glorieuse comme une valkyrie.
 
S'il aurait pu être le pinacle des thrillers british des dernière années, le film de Julian Gilbey (à qui l'on doit le musclé Rise of the Footsoldier. Un orateur exceptionnel, je me dois de dire) va chercher ses références ailleurs, chez deux vieux maitres, Robin Hardy et John Boorman. Durant les deux premiers actes du film, on croirait assister au nouveau Deliverance; la tension est solide à ce point, l’âpreté du paysage aussi. Jusqu'au dernier acte, où le changement de contexte est un hommage bien assumé à Hardy. Du survival étourdissant qu'il était, le film devient un thriller tout ce qu'il y a de plus classique, plutôt improbable et brouillon. Non pas que l'acte final du film soit mauvais; il en vaut bien d'autre et tient solidement en haleine. Seulement, ce segment tout en allégories est une rupture de ton qui empêche A lonely place to die de devenir le survival de sa génération. 

Ironie considérable: durant la séance de questions suivant le film, Gilbey servait des arguments intéressants sur l'utilisation de la logique au cinéma. Appliquée méthodiquement dans les deux premières partie de son film, c'est précisément un certain laxisme dans la dernière qui constitue sa faiblesse. 

Le film sera projeté à nouveau le 22 juillet et il absolument à voir sur grand écran.

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