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samedi 10 décembre 2011

Notre émission du 30 novembre: THE DEAD, dernier film de John Huston.

Pour nous écouter cette semaine, cliquer ICI
Regardez les sillons de ce visage. Ça n'a plus rien à voir avec des rides. C'est un paysage, ce sont des routes creusées par les souvenirs et les larmes. J'aime les visages comme ceux là, aux anfractuosités tellement riches qu'elles exigent une certaine topographie, un visage d'homme d'une autre époque, comme il s'en creuse de moins en moins de nos jours. 

John Huston a littéralement tout fait. Du cinéma, il est le pendant de Theodore Roosevelt et de Hemmingway. L'homme a vécu une vie riche et ample, comme plusieurs d'entre nous peuvent seulement en rêver, mais il avait la charpente, l'âme et les épaules pour pouvoir mener sa propre épopée jusqu'au bout.

C'est ce qui rend le dernier film de Huston un trésor inestimable. Filmé alors qu'il était mourant, THE DEAD est le dernier message d'un géant, les braises d'un homme qui a brûlé au maximum ses années. Avant de s'éteindre, Huston plonge dans sa conscience, il parle une dernière fois de ce qu'il a appris et de ses passions: James Joyce, l'Irlande, sa famille, les racines, la terre. 

Notre émission cette semaine parle de sa vie et de son dernier film, de l'Irlande et de Joyce, de la pluie et des souvenirs. 


mardi 29 novembre 2011

Ken Russell: Bye bye black bird!


Merci, Ken Russell, 
Pour les nombreuses leçons de cinéma et de désobéissance que vous nous avez donné. Merci Mr.Russell, pour l'indicible humanité de THE DEVILS, la chaleur d'une scène de lutte dans WOMEN IN LOVE, celle d'une nuit d'orgie dans GOTHIC, pour votre amitié avec Oliver, que j'imagine être le Klaus Kinski de votre Werner Herzog, pour avoir refait la tragédie grecque avec un Pinball machine...
 
Et surtout, surtout, merci pour les pérégrinations intérieures du Dr.Jessup dans ALTERED STATES. 
Oliver vous attend quelque part avec une grosse pinte (que dis-je, une dizaine de stout dont la broue sont des nuages gorgées de tempêtes...

Jim et Francis

dimanche 17 avril 2011

Le 7ème antiquaire est bon pour vous! (Nos nominations au Gala CHOQ.FM le confirme!)

Voilà qu'une autre magnifique saison du 7ème Antiquaire tire à sa fin (l'émission continuera sans interruptions n'ayez crainte; ce n'est que la fin de la saison les aminches!) Il fut bon d'être avec vous pendant  cette magnifique année, décidément notre plus éclectique et expérimentale.  
On ne se leurre pas ici: on sait éperdument bien que le concept même de notre émission est "spécialisé" à l’extrême, voir même hermétique, qu'elle peut être rébarbative à certain. Le 7ème antiquaire n'a jamais été qu'une émission d'analyse de vieux films; c'est un espace thérapeutique, un cercle d'expérimentation occulte, une vomitoire à nos obsessions théoriques et sexuelles et un terrain neutre sarclée avec la bêche de notre amitié.

 C'est d'emblée pour cette raison qu'on vous remercie de votre présence, vos commentaires, vos remarques et vos nombreuses photos cochonnes. Il est bon de sentir en permanence un sentiment de filiation, y compris outre-mer (on remercie les potes qui nous écoute dans l'Hexagone! Vous êtes de la  crisse de bonne pâte!!!)

C'est votre présence à tous qui fait que le 7ème est en nominations au gala d'excellence de CHOQ.Fm dans pas moins de 6 catégories:

-Meilleure émission variété
-Animateur de l’année  (2 fois, pour Jim et Frank)
-Bénévole de l’année 
-Émission de l’année
-Meilleur effort promotionnel

Le gala aura lieu dimanche le 1er mai au Petit Campus (et non au Belmont). 

Nous félicitons derechef les autres nominé(e)s. Vous êtes nos frères et nos sœurs et souvent, on pense à certain d'entre vous en se tripotant le manche de lard salé.

Bonne chance à tous!

mercredi 23 février 2011

Notre émission du 23 février: Esperanto et cinéma- Incubus....et les autres?


POUR ÉCOUTER CETTE ÉMISSION, CLIQUER ICI

Les huit premières minutes du film Angoroj (Angoisses, 1964), premier long métrage de fiction tourné entièrement en Espéranto. Le film est à peu de chose près introuvable. On remercie les braves âmes qui ont mis cet extrait sur Youtube.


Ĉu vi parolas Esperanton? Mi ne komprenas vin

Outre les linguistes de haut-vol, les néo-hippies et autres glotte-trotteurs, qu'est-ce que le manant sait vraiment de l'Espéranto, cette langue moderne inventée de toute pièce dans le but utopique d'en faire une moyen de communication international? 
 Avant de préparer notre émission cette semaine, nous n'en savions à peu près que ça. Cependant, nous connaissions aussi un long-métrage, Incubus, dont nous voulions parler depuis un bon bout de temps. Réalisé par Leslie Stevens (créateur  de la série The Outer Limits) avec William Shatner, c'est le deuxième film de l'histoire entièrement réalisé avec des dialogues en espéranto.  Film d'auteur éthéré, passant à tort pour une série B, ce drame surnaturel aux accents bergmaniens a connu plus d'un déboire et sa survie, hautement improbable, ne s'est pas faite sans laisser derrière une certaine  amertume. Une bien sombre bénédiction, en somme.
 De toutes ces improbables conjugaisons, il reste une histoire qui semble tirée d'une légende ancestrale, dans un lien inconnu à la langue étrange, qui pourrait se passer à n'importe quelle époque. Une analyse sérieuse du film restait encore à faire, mais plus encore, une évocation de la place minime et significative qu'occupe l'Espéranto au cinéma.
 
Pour nous écouter cette semaine, cliquez ICI 



mardi 7 décembre 2010

Notre émission du 8 décembre: Captation d'une émission du 7ème inventeur (1924) sur Sherlock Jr. de Buster Keaton

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Récemment, une photo d'une dame parlant dans son portable a été ¨aperçue¨ dans un film de Chaplin, Le Cirque (1928):
Depuis, ce phénomène peu connu mais fascinant qu'est l'abolition de la notion d'espace-temps dans une espace diégétique permettant à des Peutêtraunautes des explorations conceptuelles apparait subrepticement dans les médias. C'est d'ailleurs un prodige que le cinéma, art de lumière et d'espaces inexistants, a toujours su contenir en son fort intérieur, la possibilité de l'écran comme machine à voyager dans le temps, comme outil d'exploration des mondes imaginaires. Oscillant à la même intensité qu'un œil au repos, l'écran de cinéma est un parfait outil d'hypnotisme, nous permettant de s'autosuggèrer dans un autre temps-espace.

Le cinéma nous permet de plier la réalité à nos besoins, à nos attentes, à nos rêves.

Cette semaine à l'Antiquaire nous retracerons deux des précurseurs du mouvement peutêtraunaute au Québec: Blaise et Adrien.

Nous savons très peu sur ces deux animateurs si ce n'est de cette petite entrée disponible à la BANQ qui les décrit comme :

Animateurs à succès moyens pour la chaîne CRBC (1923 à 1946).

En plus de cette entrée, nous savons que l'émission à laquelle ils participaient fut abruptement retirée des ondes la semaine du 2 Mars, 1946. Les histoires racontent que l'un deux auraient mystérieusement disparus, laissant l'autre animateur dans une psychose hallucinée, aucun testament de court ni d'avis de disparition corrobore cette histoire.

Malgré cela, ce sera notre dessein cette semaine de vous amener dans les marges de l'expérience radiophonique: nous vous présentons un des seuls enregistrements de cette émission à avoir survécu l'épreuve du temps. Cliquez ICI pour l'écouter.


jeudi 8 juillet 2010

Geek Chronique: Julian Beck et le théâtre Vivant

Au moment même où vous avez vu cette photo, (pour ceux et celles qui se souviennent de Poltergeist 2), vous avez été saisi d'un vague sentiment d'inconfort, c'est certain.

Cette photo, c'est évidemment celle de l'effroyable Révérend Kane, ancien fanatique d'un culte de l'apocalypse devenu démon sorti des Enfers pour bouffer l'âme de la petite Carol Anne. Et puis voilà, une autre image, juste pour frissonner encore...

Cette scène et ce personnage inoubliable, on les doit à Julian Beck. Certain d'entre vous savent déjà que cet acteur est mort pendant le tournage du film d'un cancer de l'estomac.

En fait, Julian Beck a accepté de jouer le spectral Kane précisément parce qu'il savait qu'il allait mourir. Il savait qu'il donnerait au personnage un aura de mort absolument inoubliable. Sur le plateau de tournage, Beck était traversé d'incommensurables souffrances. Son visage n'était par ailleurs strictement pas maquillé. Ça, personne ne le savait...

Voyez vous, Beck était le fondateur d'un immense projet nommé le Living Theatre. Héritier de la pensée d'Antonin Artaud et de son Théâtre de la cruauté, il était une figure influente de la contre culture new yorkaise. Les acteurs de ce théâtre, tout particulièrement lui, jouaient souvent nus, avaient des rapports sexuels sur scène, prenaient de la drogue devant le public, performaient dans la rue, les prisons et les institutions psychiatriques. Beck étendait les sphères de la création à tous les niveaux de son existence. Il fut peintre abstrait, écrivain, réputé dans les deux cas. Il était polygame (sa femme est lui était néanmoins inséparable, dans la vie comme dans la création. Elle était la codirectrice du Théâtre vivant), bisexuel (il partagera sa vie jusqu'à la fin avec le même homme). Sa femme et lui partagèrent également le même amant pendant des années.

Il ne payait pas ses taxes, se représentait lui-même au tribunal en orchestrant des vastes mise en scène, a été arrêté des dizaines de fois pour toutes les atteintes à la décence imaginables. Beck était un anarchiste convaincu et lucide; il a par ailleurs publié plusieurs recueil de poésie où sa pensée sur le sujet est clairement exprimée dont le puissant Living in Volkswagen buses and Other Songs of The Revolution.

En 1985 trépassait un anarchiste complet, un poète, un metteur en scène, un acteur. Un monstre, un homme au physique repoussant capable de séduire femmes et hommes également. Son chant du cygne sera dans une méga production américaine, une suite qui plus est.

Plus j'y pense, plus je trouve ça sublime. Quelle subversion...Son plus grand rôle, en parfait accord avec les principes de sa vie, Julian Beck l'a joué dans Poltergeist 2 où il est allé mourir publiquement, à l'insu de tous.

dimanche 30 mai 2010

Requiem pour un fucking fucker de la plus haute distinction

Un message à Dieu, le diable et les autres: vous êtes tous dans la marde ma gang de tabarnac. Don't you fucking look at him! On vous passe cette reprise à sa santé.
Cet homme là va me manquer plus que mon père, mon grand-père et mon prépuce ensemble.
Dennis, Get your motor runnin', head out on the highway...
Est-ce que Dennis Hopper est aussi fabuleusement américain que le Jazz, le baseball, les comic-books et la tarte au pomme? You bet your sweet ass he is!!! À 74 ans et des poussières (d'ailleurs il les porte de façon sublime, compte tenu de la vie qu'il a menée), le bonhomme fait désormais irrémédiablement partie du paysage de l'americana. C'est un monument qui a marqué et changé son époque, qui a tout fait, tout vu, tout expérimenté. Réalisateur, scénariste, acteur, collectionneur d'art, peintre, photographe, provocateur, toxicomane, alcoolique et poète.

Parce qu'il nous fascine, le 7ème décide de parler cette semaine de l'homme durant une période très riche de sa vie, sa disparition dans le désert après une orchestration saugrenue d'art-concept avec de la dynamite et son retour en phénix déplumé dans les années 80. En 86, Hopper apparaît dans rien de moins que 6 films et plusieurs de ces performances sont les meilleures de sa carrière, bien qu'elles soient aux antipodes l'une de l'autre.

Son rôle du psychopathe Frank Booth, buveur de Pabst Blue Ribbon, érotomane sadique adepte de dry-humping, de poppers et de taffetas bleus dans Blue Velvet, n'est rien de moins qu'un des vilains les plus inoubliables de cinémas, dans la lignée de Jack Torrance et Max Caddy. On se prend à imaginer des affrontements!



Il ne faudrait pas oublier qu'il joua en même temps le lieutenant Lefty Enright dans Texas Chainsaw massacre 2, pourfendeur de cannibales combattant le feu par le feu avec...3 chainsaws.
Trop souvent sous-estimé, le deuxième volet de la famille Texane friande de chili est un classique du genre, auto parodique et grand-guignolesque. Bien que Dennis Hopper ait honte de sa participation dans ce foutoir chaotique, il a heureusement contribué à orienter la franchise dans une direction burlesque qui rejoignait dans son esthétisme Raimi et Peter Jackson.



Blue Velvet et Texas chainsaw massacre 2 dans la même émission. Pfiou! Soyez à l'écoute ici. En bonus, le Top 10 des meilleurs moments cinéma avec Dennis.

jeudi 4 février 2010

Notre émission du 3 février: Le Rouge et le Noir-La Blaxploitation et son fondateur inconnu...Gilles Carle ???

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C'était notre intention la semaine dernière de parler d'IXE-13 en lien avec le malheureusement trop méconnu Red de Gilles Carle. L'idée allait comme suit: si IXE-13 est notre James Bond, avec toute l'ironie que ça implique, alors Red est en quelque sorte une manière de Shaft (you daaamn right/ mets-en ... stie !) Les films d'espions groovys et la blaxploitation ont toujours fait bon ménage. Mêmes les affiches se complètent! Daniel Pilon y est indéniablement un des muthafuckas les plus fresh qui soit! Nous ne l'avons pas fait pour une bonne raison... Vous pouvez compter sur le 7ème pour rester idiosyncrasique à fond; nous tenons à rendre hommage à Gille Carle en parlant de son film dont personne ne semble avoir rien à câlisser ... En fait, même dans les archives de Radio-Canada ici-même, on attribue le rôle principal au frère de Daniel, Donald Pilon (et ce, même si la page est accompagnée d'un enregistrement sonore de 69 où Gilles Carle parle de long en large du casting de son film). Si Radio-canada ne peut même pas donner le nom du comédien principal correctement, c'est vous dire si on est pas sortie du bois quand vient le temps d'exalter la mémoire collective. Ceci dit, on doit le scénario du film à Ennio Flaiano, scénariste de Fellini sur tous ses grands films, de 8 1/2 à La Dolce Vita...et pourtant, pas même une mention de cette information sur Internet Movie Database. Plusieurs banques de données sur Gilles Carle ne mentionnent même pas le film. Décidément, notre émission du 11 novembre sur le cinéma de genre québécois oublié était urgente.



Red est une découverte à faire absolument. S'il possède de toute évidence la facture et les obsessions de Carle, c'est un film qui n'a absolument rien à envier à plusieurs films américains de son époque. En fait, il a anticipé de façon presciente l'arrivée inévitable de la blaxploitation. On croirait assister à la naissance d'un sous-genre, la Redsploitation, le film de gangster amérindien-québécois.

Daniel Pilon au sommet de sa superbe, des cours à scrap, des hot-dogs pis des oranges julep, du funk en trame sonore (musique de Pierre F.Brault, compositeur de la musique de Passe-Partout), des filles les boules à l'air. Costume trois pièces impeccables, la mine débonnaire et décontracté, la ferme intention de ne pas obéir aveuglement aux règles et de s'en payer une tranche, RED était définitivement un Sweet sweetback's baadaaass song avant l'heure.


Les corrélations sont plus que flagrantes. Pour vous le prouver, nous comparerons Red à ce film qui initia bien involontairement le mouvement de la Blaxploitation.
Pour nous écouter, cliquer ICI
TUNDRA FEVER!

mercredi 28 octobre 2009

Notre émission du 28 octobre-Spécial Halloween: Éclipso-facto ou l'extase de l'oblitération totale au cinéma

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(Ce salaud de Charlie, enfin mort, dans Apocalypto 01:31:34)

Finalement, il n'y a pas de forme d'horreur plus absolue que l'apocalypse, l'Eschaton, le Ragnarok. On dit La fin des temps. Quelle prétention. C'est simplement la fin de notre espèce. L'idée que nous nous faisons du temps disparaîtra avec nous. Nananère .



Pensez y un instant: les démons, les fantômes, les esprits, les slashers, les violeurs, les tueurs en séries, les horreurs innommables et innombrables du bastion lovecraftien (quoi que...), les zombies, les sorcières, les vampires, les cannibales, les rednecks radioactifs, les despotes, les robots tueurs, les extraterrestres sodomites, les infections incurables, les génocides, les clowns et les nazis...toutes ses horreurs palissent atrocement devant la simple et banale idée de l'annihilation inévitable du genre humain. Elles sont toutes assujetties à celle-là; sans l'humanité, le concept même de l'horreur disparaît. L'importance la plus fondamentale du film d'horreur, c'est qu'il nous définit bien plus que tout autre genre cinématographique. Bien avant l'émergence de sentiments "nobles" et l'altruisme, l'homme aura été dominé absolument et indéniablement par la peur. La terreur est la première et dernière compagne de l'homme. Au delà de l'amour et la haine, du bien et du mal, c'est le moteur de toutes nos civilisations.
Je cesse d'ergoter tout de go... pour Halloween, fête des morts devenue célébration de la peur, nous parlons du genre le plus horrifique qui soit, le film post apocalyptique. On décortique le genre, on vous fait quelques suggestions. On survit comme on peut.


On profite du peu de temps qui reste en le passant avec nous,


"They say there's a monster in the lake, but the monster is


MAN.

samedi 26 septembre 2009

Il fallait ce fardeau : Pierre Falardeau (1946-2009)

Demain je pars pour la guerre
avec mon grand chien qui aboie
des cailloux plein ma gibecière
et à mon côté gauche, le droit
Je suis seul de mon équipage
les gens d'ici sont peu violents
parce qu'ils ont viande sous la dent
et ventre plein n'a pas de rage
Le nom même de Falardeau est plein de poésie, comme si on avait opéré une conjonction inconfortable entre le mot fardeau et le verbe fallait. Pour plusieurs, c'est ce que le cinéaste était devenu; un fardeau, un gars qui se répète. C'était ce constant appel au devoir séparatiste, au falloir de l'indépendance. L'entêtement d'une pierre...
Pour moi, il nous fallait ce fardeau. Le fardeau n'était pas Pierre, mais bel et bien cette vigueur avec laquelle ils ne nous a pas permis d'oublier le rêve d'une nation. Il incarnait totalement la maxime du Québec, Je me souviens, alors qu'à bien des égards, notre génération se réconforte dans l'oubli. Il nous rappelait à l'ordre constamment dans sa croisade nécessaire contre les tinamis. Un homme solide et constant, même dans ses paradoxes. Une petite montagne. Un Pierre.
Je n'entend pas me lancer ici dans une tirade politique. Je suis après tous comme plein de gens de ma génération, cynique, cultivant volontiers en vieillissant mon apolitisme. Ceci dit, mon cynisme est souvent désarmé, et ça la raison même de ce blogue, par le cinéma. Peu m'importe les passions qui animent les créateurs, du moment qu'elles soient viscérales. Du cinéma viscéral, Pierre Falardeau nous en laisse deux grandes mains bien pleines. Merci Pierre.
Merci pour le suicide inoubliable de Julien Poulin dans Le Party. Les tours de magie en corset d'Angèle Coutu, une vraie fille de party. Les outardes de Bécique et sa ligne "m'a t'arracher la tête pis m'a te chier dans le corps", le pâté chinois en guise de torture, le travesti qui chante, Desjardins qui hurle "heille le screw, sort moi du trou", Luc Proulx qui pleure et Alexis Martin qui se pousse.
La lecture de Miron dans Octobre. Le vieux spaggate frette aussi. L'ambiance étouffante d'une petite révolution manquée.
Merci pour les larmes de Sylvie Drapeau dans 15 février 1839, la joie des gars quand ils mangent des cretons et la rage de l'Irlandais, brûlante comme tes poumons.
Merci de nous avoir donné une figure de proue bien méritée, un roitelet à notre mesure. Un king des kings. Un canadien français d'expression française française, un amaricain du nord français.
Merci pour la bague pétée de Gaétan Hart dans Le Steak, la lecture de Speak White de Marie Eikel, ton pounding vigoureux du Beaver Club dans Le Temps des Bouffons.
Mais par dessus tout, merci pour Pea Soup. Bien que ce ne soit pas selon toi le moment le plus important de ton film, avec la scène qui suit, pleine de poésie involontaire, tu as fais pour la ruelle d'Hochelaga ce que Pierre Perreault a fait pour l'Îles aux Coudres. Je l'écoute une dernière fois à ta santé, pis avec des sous-titres en anglais à part ça, ironiquement, question d'envoyer chier le destin.

lundi 14 septembre 2009

Notre émission du 16 septembre: Requiem pour Patrick Swayze, un danseur, un bouncer, un fantôme...The Swayze.

J'ai la gorge un peu noué. Quand je pense à Patrick Swayze, une certaine idée de l'Homme complet (du moins, celui des années 90) m'effleure le coeur. Avouons le; peu de comédien aurait pu rendre avec âme et surtout, rendre cultes, les films auxquels il est invariablement associé. Dans ce triumvirat de film incontournable (Ghost-Road House-Dirty Dancing), il a cultivé une mystique de mâle immense, à la fois rude et profond.
Avouons le derechef: Il a laissé derrière des scènes de sensualité imitées-répétées-fétichées qui font partie de la légende. Le bonhomme savait caresser des femmes en chemise blanche sur des bons vieux rocks ...


Si plusieurs générations de femmes l'ont désirées, autant d'homme ce sont identifiés à lui. Je ne suis pas sur que tout le monde comprenne la portée immense que Road house a exercé sur l'inconscient collectif masculin (je blague à peine). Nous parlerons d'ailleurs de ce film à profusion, simplement en ce qui me concerne un plaisir coupable de la plus haute distinction.
C'est avec beaucoup de nostalgie qu'on vous parle ici d'un des gars les plus cools du monde.
David Lynch VS Dirty Dancing

jeudi 25 juin 2009

Ce soir, je suis Mister Lonely...

Une des plus sidérantes étrangetés du 7ème antiquaire et de son mandat cherchant à couvrir des films de plus de vingt ans, c'est qu'à plus d'une reprise, en préparant une émission ou simplement en faisant mes devoirs de cinéphage, quelqu'un ayant participé au film meurt. Ces déplaisantes synchronicités se multiplient à une vitesse alarmante. Ricardo Montalban est mort le jour même où j'écoutais Space seed, l'épisode de Star Trek oû il jouait Khan. Patrick Mcgoohan est suivant alors que nous préparions notre émission sur son film de Walt Disney, The Three Lives of Thomasina . Je termine la lecture de Cat's Craddle et quand je ferme le bouquin, je vais sur Internet pour lire des informations sur Kurt Vonnegut Jr... pour apprendre qu'il est mort pendant que je terminais la lecture. John Phillip Law meurt quelque jours après notre émission sur Barbarella. Bergman et Antonioni le même jour. Occasionnellement, faire cette émission convie à une certaine mélancolie, un peu comme si le party le plus hallucinant du monde se vidait peu à peu de ses plus grands fêtards.

Au moment où vous lisez ceci, je termine l'écoute du troisième film de Harmony Korine, Mister Lonely. Ça fait presque un an qu'il attend sur le coin de ma table que je le regarde. La raison? Voilà deux semaines, le 7ème a fait une émission sur un de ses films préférés, Gummo, écouté d'ailleurs en rafale au moins cinq fois. Ce qui m'a évidemment foutu le coup de pied au cul nécessaire pour enfin donner une chance à son film de la maturité. Après tout, un film sur un personnificateur de Michael Jackson qui s'éprend d'une fausse Marylin Monroe, la prémisse à elle seule vaut bien le détour hein?

Quand le film se termine, j'ai un vague à l'âme énorme. Je me demande si le personnage de Diego Luna est si seul précisément parce qu'il personnifie quelqu'un qui est encore vivant. Les autres personificateurs vivant dans la commune peuvent se permettre d'incarner pleinement leur héros parce ces derniers font désormais partis de la légende. En ce sens, ils sont habités, possédés, chevauchés par la légende.
Je me prend à penser à Michael Jackson, à tous les bons souvenirs associés à sa musique et question de combattre ce vague à l'âme que m'a laissé le film, je vais regarder le clip de Scream avec lui et sa soeur sur Youtube, un des vidéos les plus hallucinants de tous les temps, à mon humble avis. Ce qui me donne envie d'aller lire son entrée de Wikipedia, question de voir ce qui se passe avec le Peter Pan de la Pop.

Je crois évidemment à une erreur ou à une blague quand je lie qu'il est mort d'un crise cardiaque. Je me dis que sa mort sera aussi immense que celle de Marylin Monroe, justement...J'ouvre la page d'accueil de Yahoo, pour être bien certain.

Et paf. Un immense froid dans le dos.

Il y a de ces coïncidences qui rendent le monde un peu plus angoissant. Le party se termine bel et bien. Il y en aura d'autre, bien sur, mais mon party se termine de plus en plus vite.


Ce soir, Mister Lonely, c'est moi...

La ligne qui suivra est spontanée et je sais que le cerveau collectif la psalmodiera sans concertation, sans communication virale, sans échange mémique, parce que c'est une évidence, une nécessité, une marque d'affection;


The king of Pop is dead. Pop...Long Live the King...


jeudi 4 juin 2009

Au revoir, David Carradine...

Un des gars les plus cool du monde sort par la grande porte en se pendant. Menait il son ultime combat contre un ennemi trop fort (alzheimer, sida, cancer ou pire, le désespoir) ou est-il allé trop loin dans son trip auto asphyxie masturbatoire (George Carlin, you knew it allllll along?
Weeellll...Prescribe the malingerer with a fucking can o'peaches and show him the fucking door...