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jeudi 13 septembre 2012

Notre émission du 13 septembre: Rondo Hatton, le golem de chair

Pour écouter cette émission, cliquer ICI.
Après de nombreux hiatus, les fruits confits du hasard et autres chamboulements existentiels nous réduisant à raréfier notre présence sur les ondes binaires et encore plus sur ce blogue, nous sommes, les aminches, si j'ose le dire, de retour...pour de bon.
Nous sommes de retour cette semaine avec une émission dont nous tiraille depuis longtemps, un hommage au comédien Rondo Hatton et à son personnage du Creeper.

Appelé à passer à l'histoire, la cruauté du hasard n'aura permis que partiellement la consécration de l'acteur et chez une frange "spécialisée" de la cinéphilie seulement. Pourtant, Hatton et son Creeper mérite une reconnaissance qui transcence les genres cinématographiques. Il est une créature de cinéma à part entière.
Pour les néophytes: Hatton était atteint d'un cas sévère d'acromégalie, un problème hormonal qui déforme les mains, les pieds et particulièrement le visage.  La vie de Rondo fut brève. Il ne passera pas la cinquantaine. Il connut la guerre  et un amer succès en devenant le malabar de service dans une quantité de films de série B dans lesquels il n'était que rarement crédité. Homme-singe, malfrat, fier-à-bras; la totale.
Jusqu'à ce qu'il donne naissance au tueur-étrangleur nommé The Creeper, le temps d'une aventure de Sherlock Holmes ("The Pearl of Death", 1944, avec l'éternel Basil Rathbone dans le rôle du détective). Il le jouera canoniquement dans deux autres films (trois pour les non-puristes). A star was born...mais l'étoile brûlera le temps d'une comète. Ces deux films, Rondo n'aura jamais le temps de voir en salle avant sa mort, nais sa présence silencieuse, sa démarche lourde et sa voix caverneuse n'allait pas sombrer dans l'oubli.
Impossible de ne pas voir chez The Creeper le vestige des grands monstres de l'expressionisme allemand. Il en est même en quelque sorte la synthèse. Si la Universal grappillait alors allègrement des méthodes et des thèmes chez les maîtres germaniques, c'est avec les films qu'elle produisait le mettant en vedette  que le tout devenait d'emblée flagrant.  À la fois Césare, le tueur de "M" et le Gwynplaine de "L'homme qui rit", le Creeper a beau être un des premiers tueurs en série de l'histoire du cinéma (il est même l'exemple type du proto-slasher, n'ayant besoin que de ses mains pour tuer), il est aussi l'esclave de sa propre nature. Il ne peut s'empêcher d'étrangler les femmes et de briser la colonne des hommes. Comme le somnambule du "Cabinet du docteur Caligari", le Reinfield de "Nosferatu" et la Maria de "Metropolis", il est cet individu robotisé, réduit à la servitude par un despote manipulateur, une mise en garde contre la démesure et la mégalomanie des dirigeants. Un golem de chair, cruellement sculpté par la vie.
Volontairement ou non de la part des réalisateurs, à mesure que le Creeper évoluait, plus son histoire se confondait avec celle de Rondo; le thème de l'exploitation du monstre par un maître devenait indissociable de celle que connaissait Hatton au sein des studios. Il aura "choisi" de se laisser exploiter, ne voyant pas d'autres options. En ce sens, les deux derniers films réalisés en 46 juste avant sa mort, "House of horrors" et "The brute man", exercent un pouvoir de fascination supplémentaire. Certes, ce sont des films beaucoup plus subtils qu'ils n'y parait de prime abord mais on y voit aussi le début et la fin d'un envol. Des lors, il est impossible de ne pas y voir une manière de prophétie. Celle d'un homme dégouté de lui même mais dont la cage de chair sera aussi le seul refuge.
Depuis, le visage de Rondo est célébré dans une pléthore de médium. La culture populaire a su lui rendre l'hommage qu'il méritait. Il fut le méchant Lotharo dans "The Rocketeer",
Il est le "véritable" visage de Judge Dredd...
...et une statue porte désormais son visage, le Rondo Hatton Classic Horror Awards, un prix remis par un vote de public aux  gens oeuvrant dans le milieu de l'horreur.

Cette semaine, Rondo Hatton, une analyse de ses films, une évocation de sa vie, une célébration de l'homme.

mercredi 14 septembre 2011

Notre émission du 14 septembre: Humour juif et cinéma

 "L'humour n'est qu'une autre forme de protection contre l'univers"    
-Mel Brooks

Tel que promis, nous avons enfin accouché de notre émission sur l'humour juif au cinéma...Oy Vey! 
Pour de ne pas vous servir un truc qui serait du bupkis ou pire, du dreck, on aura en studio un pote spécialiste de la question, Nicolas Krief, qui nous donnera de son chutzpah.  

Ça nous évitera de sonner  comme des klutz ou pire, de passer pour des schmucks. 

Pourquoi l'humour juif? Parce qu'il est impossible de parler de cinéma américain (ou même d'entertainement) sans considérer la part de l'âme juive qui l'habite. Certes, le cinéma doit énormément aux producteurs juifs, mais encore plus à ses auteurs et ses grands comiques. L'humour juif est une forme d'expression extrêmement codifiée qui reste pourtant irréductible.  Comme le disait Louis Armstrong, dans ce qui est sans doute le plus célèbre koan zen occidental,  "if you have to ask what jazz is, you'll never know". Il en va de même pour l'humour juif. Savant mélange de mots d'esprit, d'auto dérision et défense contre la cruauté de l'histoire, on y trouve parfois une structure, un rythme qui n'est pas sans rappeler un koan où l'illumination vient par le rire. Un zen inversé en quelques sorte, un zen noir.  Et les juifs, c'est bien connu, ont un talent inné pour rouler leur zen noir (cymbales...scandale).
Au détour de théories et de tentatives de vulgarisations vaines mais assumées, on vous parle des grandes comédies juives, leurs thèmes et leurs grands créateurs: des Marx Brothers à Mel Brooks, des différences entre l'humour séfarade et ashkénaze, le relation entre le mot d'esprit et le delivery du punch line. Shalom!

vendredi 22 juillet 2011

Fantasia 2011, Jour 6: Critique de MIDNIGHT SON-fils déchu de race surhumaine

Cette critique est légèrement tardive, mais je trouve approprié de la faire après en avoir parlé avec le plus de gens possible. La polarité qui entoure Midnight son est assez surprenante. Navet de Fantasia 2011 pour certains, le film de vampire appelé à devenir culte pour d'autres.
 Est-ce surprenant? Nous sommes actuellement dans le creux de la monstrueuse vague d'histoires de vampire qui revient sporadiquement éclabousser le public à toutes les décennies. Tout le monde a forcément une prédilection pour un certain type d'histoire de suceurs de sang. Personnellement, si on exclu le bouleversant Let the right one in, j'attendais ce type de film avec impatience. Depuis le terriblement sous-estimé The Addiction d'Abel Ferrara, en fait. Ceux qui ont soif de vampires "naturalistes" seront grandement désaltérés (à ce sujet, nous vous recommandons notre émission sur ce thème ici même)
 Jacob a une condition de peau qui l'empêche de vivre sous la lumière du soleil. Il vit donc la nuit et travaille comme gardien de sécurité. Il n'a que très peu de contacts humains et il peint à cœur de jour de magnifiques toiles où brille ce soleil qui est une menace pour lui. Ces derniers temps, rien ne semble rassasier sa fin grandissante... à part la nourriture très saignante. C'est à ce moment consternant de sa vie monotone qu'il rencontre une autre âme solitaire. Mary, serveuse et toxico, créature aussi nocturne que lui et encore plus tourmentée. Le désir s'installe peu à peu entre les deux âmes blessées. 
 Midnight son ne réinvente pas le mythe vampirique. Il reprend les codes classiques du genre pour les distiller un compte-goutte avec un réalisme assumé. L'évolution psychologique du personnage et la découverte de son état se font à pas feutrés, jusqu'à l'inévitable conclusion.   La banalité de son quotidien nocturne traversé de mélancolie est particulièrement crédible.  
Plus que jamais, le vampirisme apparait ici comme une véritable condition, une maladie, une toxicomanie. Il n'est pas ici une métaphore comme dans l’existentialiste film de Ferrara: Jacob est en tout point un junkie qui veut retrouver son thrill initial et en redoute les conséquences. Car Midnight Son est également une histoire de drogue, avec son lot de dealer et de clichés inhérents à ce genre également. À ce titre, il faut voir la scène où Jacob fait découverte du sang frais, aussi efficace que chargée de double sens. Les efforts que doit fournir le pâle jeune homme pour avoir un fix donnent lieu aux scènes les plus puissantes (et sanglantes) du film, tour à tour pathétiques et troublantes.
Tout en assumant son réalisme, Midnight son prend quand même le risque de conserver la dimension romantique du vampire, au plus pur sens du terme. À ce niveau, c'est tout ou rien. Plusieurs décrocherons. D'autres, (c'est mon cas), seront aspirés par la passion qui nait entre Jacob et Mary. .Dans le rôle de Jakob, le jeune Zak Kilbe, sorte de croisement entre Jude Law et Joseph Gordon-Levitt, est tout en nuances. Par moment, on croirait voir une variation vampirique du drame romantique Untamed Heart avec Marisa Tomei et Christian Slater (come on! Qui n'aime pas ce film là?)
 Dans ses thèmes comme dans sa facture, Midnight son est l'antidote du film de vampire hollywoodien. On y explore les thèmes les plus profonds de la créature: les liens étroits entre Éros et Thanatos, la solitude, la souffrance et la soif d'amour qui double celle du sang. Une très belle trouvaille de la part des gens de Fantasia.

samedi 9 juillet 2011

Notre émission du 6 juillet: Brother from another planet VS White man's burden-une histoire fantasmée des noirs américains

Cliquer ici pour  écouter notre émission sur le sujet
Nous continuons cette semaine notre volet "exploration des représentations ethniques au cinéma". Le tout culminera bientôt sur le thème de l'humour juif, oû nous recevrons un spécialiste en la matière, Nicolas Krief (animateur de l'émission Le temps d'un vue, collaborateur à Cinéfix, les deux sur les ondes de CIBL et également critique pour la revue en ligne Panorama cinéma. Tout un tableau de chasse le torrieux hein? Heureusement que c'est un type formidable. Par ailleurs, vous pouvez écouter notre passage à son émission le 30 juin en cliquant ici. On y parlait de films a priori impertinents mais dans lesquelles se cachent des messages importants et\ou dangereux, GYMKATA et HUDSON HAWK)

Cette semaine, les noirs "alternatifs" du cinéma. Pas question de faire les choses normalement, non non les aminches... On allait pas vous entretenir de Spike Lee et John Singleton ou même d'un cinéma parlant sincèrement de la condition afro-américaine. Pas quand il est beaucoup plus fascinant de parler de perspectives fantasmées, fournies en toute vraisemblance par... un caucasien et un asiatique. Bref, des films de "science-fiction" qui parlent de la condition noire à grands renforts de métaphores parfois risquées, souvent maladroites, quelquefois pertinentes et un tantinet comiques.

Le premier, Brother from another planet (1984), deuxième film du trop peu célébré John Sayles, fraîchement sorti à l'époque des écuries de Roger Corman. 
Un extra-terrestre en cavale écrase son vaisseau en plein milieu de Harlem. Ça tombe bien, il ressemble à s'y méprendre à un homme noir...excepté ses pieds qui ont trois orteils et des griffes, ses membres qui se regénèrent et sont amovibles, son don de télékinésie et sa faculté de guérir à la fois humain et machine. Oh...il est aussi complètement muet! 
Le Brother en question va vite se rendre compte qu'il est un "illegal alien" à plus d'un titre. Particulièrement quand deux Hommes en noir caucasiens se mettrons à le poursuivre dans les rues de Harlem.
Dans ce film candide et sincère, à l'instar du personnage principal interprété par Joe Morton, l'homme noir est à la fois sauveur et victime, esclave et libérateur, étranger invisible et minorité (trop) visible. Le tout sur une déstabilisante trame sonore de steel drums.


Si le concept vous rappelle un peu le STARMAN de John Carpenter, on vous informe que ce film est venu quelques mois avant et qu'il est meilleur. Brother...est en quelque sorte un film de super-héros low-fi sur fond de rite initiatique, une relecture de l'origine de Superman dans un contexte urbain. La métaphore est étirée jusqu'au point de la rupture mais la candeur qui s'en dégage fait que l'argument tient jusqu'au bout. On n'y sent pas la moindre once de condescendance.

White man's burden (1995)...c'est une autre paire de manche de boubou.
Réalisé par Desmond Nakano (un japonais américain), le film inverse les rapports de pouvoir dans une Amérique improbable. Une uchronie oû les Noirs forment la classe dirigeante et les Blancs sont essentiellement des ouvriers. Les banlieues sont pleines de maisons oû trônent des petits nègres blancs en plâtre, les décorations et les costumes de la haute société ont des sensibilités hautement africaines et les blancs ont tous l'air de skinheads ou d'itinérants. Un monde de "Blithes" et de "Whacks", en somme. Le patron noir injuste sera kidnappé par l'ouvrier blanc désespéré. Ils apprendront ainsi à se connaitre et se respecter. Vous voyez oû le film est inconfortable? 

Il est parfois particulièrement inventif: 

Les émissions de télé de ce monde parallèle ont toutes l'air de pastiche de blaxploitation, des vieilles bourgeoises noires traitent les "jeunes blancs de la rue" comme des jolie petites créatures souffrantes. Superman est noir et les petits blancs l'adorent...ils n'ont rien à foutre de son sidekick blanc stéréotypé dont les figurines sont moins dispendieuses (pour permettre au nègre blanc de les acheter).

Il peut cependant devenir rapidement inconfortable et involontairement drôle, ce qui ne fait que lui conférer plus d'intérêt, en quelque sorte:
Les acteurs noirs jouent d'une manière ampoulée des blancs riches et vaguement fascistes, incapable de comprendre la réalité des Blancs, dans des costumes qui sont vaguement africains mais gardent un vague inspiration de couture européenne. En homme d'affaire irascible, Harry Bellafonte à l'air de se prendre pour Donald Trump. 
Les blancs jouent des caricatures de noirs cinématographiques. John Travolta parle comme s'il sortait de Harlem...en 1984!!! Il "jive" et n'accorde pas ses verbes correctement (la honte). J'ignore pourquoi le "joual" des blancs dans ce film n'est pas d'inspiration italienne ou irlandaise. Reste que Travolta est assez divertissant à regarder...et à écouter.

Mais White man's burden n'a jamais eu la prétention d'être une étude sociologique sérieuse. Le film fonctionne bien parce qu'il est manichéen à souhait, totalement noir et blanc, une approche qui est de toute évidence choisie volontairement pas Nakano. Il suffit de voir la scène d'ouverture dans une usine de barre de chocolat à la noix de coco pour comprendre la volonté d'"en beurrer épais" côté symbole.

Une scène du film résume bien mon propos. 

Dans un bouiboui tout ce qu'il y a de plus "whacks" oû l'on mange des "corn chips" et de la choucroute, Travolta, sous les yeux ébahis de Bellafonte, met du sel dans son ketchup  avant d'y plonger une frite. 

Bellafonte demande à Travolta pourquoi diantre il fait ce geste barbare.
Ce dernier, plein de sagesse populaire, lui répond ceci:

"Quand tu mets du sel sur tes frites, il n'y reste pas. En le mélangeant directement dans le ketchup, tu peux contrôler le volume de sel que tu veux avoir dans ta bouchée"

Stupide-blanc-Bellafonte teste la théorie. Il est conquis par le bon sens pratique de moins con qu'il n'y parait-noir-Travolta. 

Il suffisait donc d'écouter l'autre c'est ca? Ou est-ce une parabole sur le rêve de l'homogénéité, la possibilité des mélanges culturels? Est-ce la toute puissante présence de Travolta qui exigeait encore et toujours de manger de patates frites dans un de ses films, comme Van Damme qui doit toujours montrer ses petites fesses en forme de parfaite moitié de cantaloup coupé en deux ou Mel Gibson qui veut toujours se faire torturer comme le crisse dans ses vues? 

Non. 

À l'instar du film, cette leçon démontre en fait que des grands problèmes ont parfois des solutions simples qu'on se nie tous en bloc. 

Vous imaginez?

Un monde ou le ketchup serait salé?

dimanche 17 avril 2011

Le 7ème antiquaire est bon pour vous! (Nos nominations au Gala CHOQ.FM le confirme!)

Voilà qu'une autre magnifique saison du 7ème Antiquaire tire à sa fin (l'émission continuera sans interruptions n'ayez crainte; ce n'est que la fin de la saison les aminches!) Il fut bon d'être avec vous pendant  cette magnifique année, décidément notre plus éclectique et expérimentale.  
On ne se leurre pas ici: on sait éperdument bien que le concept même de notre émission est "spécialisé" à l’extrême, voir même hermétique, qu'elle peut être rébarbative à certain. Le 7ème antiquaire n'a jamais été qu'une émission d'analyse de vieux films; c'est un espace thérapeutique, un cercle d'expérimentation occulte, une vomitoire à nos obsessions théoriques et sexuelles et un terrain neutre sarclée avec la bêche de notre amitié.

 C'est d'emblée pour cette raison qu'on vous remercie de votre présence, vos commentaires, vos remarques et vos nombreuses photos cochonnes. Il est bon de sentir en permanence un sentiment de filiation, y compris outre-mer (on remercie les potes qui nous écoute dans l'Hexagone! Vous êtes de la  crisse de bonne pâte!!!)

C'est votre présence à tous qui fait que le 7ème est en nominations au gala d'excellence de CHOQ.Fm dans pas moins de 6 catégories:

-Meilleure émission variété
-Animateur de l’année  (2 fois, pour Jim et Frank)
-Bénévole de l’année 
-Émission de l’année
-Meilleur effort promotionnel

Le gala aura lieu dimanche le 1er mai au Petit Campus (et non au Belmont). 

Nous félicitons derechef les autres nominé(e)s. Vous êtes nos frères et nos sœurs et souvent, on pense à certain d'entre vous en se tripotant le manche de lard salé.

Bonne chance à tous!

jeudi 24 mars 2011

Notre émission du 23 mars: Critters, une grande saga incomprise (avec un spécialiste du sujet, Gary Ouellette)

CLIQUER ICI POUR ÉCOUTER L'ÉMISSION

Le 7ème Antiquaire n'a  jamais été autre chose qu'un espace de fraternisation. C'est ici que nous venons nous recueillir à chaque semaine, écouter, parler et évoquer les Évangiles, les Sourates du celluloïd. Pour les prophètes auto-proclamés que nous sommes, TOUT  film est prétexte à la réflexion pure, au recueillement devant le déferlant maelström des idées.
Il va sans dire que le plus innocent des divertissements, le plus risible des films de cul est forcément  (et d'emblée) pour nous un réseau de secrets séculaires échappant  à plusieurs, y compris leurs  propres créateurs. Ces derniers ne sont souvent que les oracles  hallucinés de messages leur échappant totalement. C'est notre devoir, notre bénédiction, notre fardeau de vous révéler que le Verbe est parfois engoncé là où on s'y attend le moins.
Cette semaine, nous l'avons trouvé dans une grande Saga traversant les genres et les siècles...

Nous l'avons trouvé dans Critters. 
 Critters, la saga complète de 4 films, n'est pas du tout ce que vous croyez. L'académicien reniflera de contentement en lisant ces mots, mais il s'agenouillerait humblement devant la richesse de cette  franchise s'il se donnait la peine de la voir véritablement pour ce qu'elle est. 
 Critters, c'est la consécration du prédateur ultime, parfait dans ses proportions et ses fonctions. Une machine absolue de destruction et de consommation, une colonie aux membres interchangeables  et comprenant parfaitement bien les prérogatives de l'ordre de préséance. Vous pensez que les Critters sont des pales copies de Gremlins? Que nenni...Vous pensez que le plus grand prédateur des confins cosmiques est Aliens? Vous n'y êtes point...En tant que prédateurs, les Critters sont le pinacle du bestiaire cinématographique. Un Critter, c'est l'enfant parfait d'un Alien et d'un Gremlins.  
 Les gens brillants derrière la conception de cette saga ont façonné les pires créatures de cauchemar qui puisse exister: des boules de poils avec une bouche immense éternellement affamées, continuellement en chasse, perpétuellement indifférentes à la survie de l'individu. Critters, c'est la vengeance venu des cieux, toutes les plaies d'Égypte incarnées en une seule créature, la souvenir atavique de la Peste revenant nous hanter.  (Par ailleurs, j'ai appris le mot atavisme dans  la version française de Gremlins 2. C'est le Gremlins intelligent avec des lunettes qui le disait et c'est Yves Corbeil qui faisait sa voix...est-ce une coïncidence? Je ne pense pas). 
Il faudra, le jour de la résurrection (Tous les Critters se passent le jour de Pâques), une âme pure et humble pour assurer le Salut des hommes, un mécanicien alcoolique et maladroit avec des plombages pouvant capter les ondes radios. Ce sont les dents de ce Messie récalcitrant qui nous prévient de l'Apocalypse des bouches venues des Enfers...Saurons-nous entendre ses paroles, le temps de 4 films? 

Mission de taille que de parler avec la diligence requise de Critters. Pour nous aider cette semaine, nous aurons une expert en résidence, j'ai nommé mon cousin Gary Ouellette. Cinéphage vorace, connaisseur de toute ces franchises où des petites créatures tuent du monde, il sera des nôtre en studio pour alléger la tâche et propager la bonne parole.

Je tiens à remercier personnellement mon cousin de nous avoir fourni sa grande verve pour couvrir le tout en profondeur.

mercredi 8 septembre 2010

Notre émission du 8 septembre: Requiem pour Écran Total


Cliquer ici pour écouter l'émission


Pour nous autre, le 7ème, faire de la radio est une activité essentiellement masturbatoire. C'est un trip cinématonanique entre deux singes qui s'astiquent frénétiquement la verve. parfois maladroitement, souvent de façon inquiétante, toujours avec passion. On comprendra donc que cette spécificité tenant de la plus stricte paraphilie fait que notre émission est "spécialisée".

Or dans cette émission, à l'occasion, il n'est cependant plus question de se masturber mais bel et bien de partager un véritable moment d'affection, de respect. Tout ça n'empêche vraisemblablement pas la projection d'une généreuse dose de viendu façon 7ème, mais il est projeté avec amour, atterrissant sur des visages attendris comme la langue d'une vierge (donc aux alentours de 8 ans, j'imagine) qui lèche sciemment une crème à glace à gomme balloune.

C'est avec ce respect que nous avons tenu à faire nos adieux à l'émission de deux cinéphiles de la plus haute distinction, des animateurs passionnants et passionnés, désormais des potes de pellicules, Nicolas Krief et Sabine Garcia (mentionnons que si l'émission a connu plusieurs collaborateurs de qualité, nous avons seulement eu le privilège de nous rapprocher de ces deux là ). Pour le plus grand plaisir des cinéphiles, ces deux animateurs ont tenu la barque d'Écran Total, une émission de radio traversé d'amour (et parfois de haine) pour le cinéma, partageant souvent une dialectique rappelant les beaux jours du tandem Homier-Roy-Petrowski. Il y avait deux émissions de cinéma à Choq.Fm; la nôtre, sorte de vieillard libidineux atteint de priapisme et celle-là, véritable orgie de jeunes étalons fringants. Ils nous manqueront.

Pour les remercier et leur faire nos adieux en bonne et due forme, nous avons demandé à ce délicieux faux-couple de vrais potes de faire LEUR version d'une émission typique du 7ème. Et ces adorables maniaques ce sont prêtés au jeux pour vous cette semaine, avec classe et distinction.

Le 7ème vous remercie, vous félicite et vous souhaite bonne chance dans vos nouvelles entreprises. Laissons au cinéma les dernières paroles:

"I think this the beginning of a beautiful friendship"