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jeudi 3 avril 2014

Émission de 3 avril (no.291) Représentation de l'amérindien au cinéma




Des sauvages sans conscience. Des âmes nobles en harmonie avec la nature qui jamais n'esquisse le moindre sourire. Des guerriers suprêmes et connectés de manière symbiotique à l'environnement. Des alcooliques violents. 

Pour le québécois cinéphiles que je suis, citadin n'ayant jamais fréquenté d'autochtones, voilà les pléthores de clichés racistes que je suis habitué de me faire servir par la culture de masse, particulièrement le cinéma.  C'est un phénomène assez fascinant que l'"indien sur pellicule" (Je cite ici le titre du bouleversant documentaire de Neil Diamond, Reel Injun, qui sert largement de base de réflexion pour notre émission cette semaine.) L'indien de pellicule est au final un personnage fantasmé de toute part par le blanc, inventé de toute pièce par nos perceptions tronqués de ces cultures diversifiées et "élusives". Ce sont LES INDIENS, sans trop de distinctions par rapport aux tribus, au langage, aux coutumes, c'est un groupe monolithique d'individu qui sont tour à tour la menace suprême et l'éternelle victime.Les grands indiens du cinéma n'en étaient la plupart du temps pas du tout.
 Je suis curieux de savoir jusqu'à quel point mes perspectives des cultures autochtones ont été affecté par le cinéma, possiblement même sous la forme d'une admiration frôlant le racisme par inversion. J'ai tout fait pour ne pas tomber dans ce piège et pourtant, je suis certain qu'à un niveau inconscient, j'ai été néanmoins influencé. La preuve: je n'ai pas été insulté par les NA'Vis, ces indigènes bleus du film Avatar. Pour moi, ils étaient la continuation directe de tous les clichés positifs gravitant autour des autochtones du cinéma, poussé au paroxysme.

Cette semaine au 7ème, L'indien de l'écran: les clichés, la perspective des amérindiens sur leur image, les acteurs qui joue des Indiens et qui n'en sont pas, les films les mettant en vedette.

mercredi 11 juillet 2012

Céréales killing: être conscient des dangers occultes véritables de ces si délicieuses céréales sucrées


Vient un jour dans la vie d'un homme où les réponses à des questions importantes sont révélées dans des circonstances douloureuses mais nécessaires. Ces moments de révélation, rares et chers, où tout est à sa place, tout est éclairé par l'iridescence de la Vérité, l'albédo indivisible du Vrai. Chers lecteurs, j'ai été récemment éclairé par une de ces vérités séculaires qui échappe à plusieurs d'entre vous. Je tiens à vous en faire part, pour votre salut et pour que vous ayez la possibilité de faire des véritables choix. Le praticien des arts occultes vous dira: "Rien n'est vrai. Tout est permis . C'est la seule vérité". Ce que le reste du monde vous dit, en ce moment, c'est que "Tout est vrai. Rien n'est permis". Que tout va bien. Que tout est parfait tout le temps.
En tant que geek et mystique initié au secret de l'univers, je suis évidemment connecté de manière intime à la puissance des symboles. Je connais leur considérable potentiel occulte. Je suis aux aguets en permanence. Nos sociétés sont tapissées de symboles qui nous semblent anodins, mais qui sont disséminés de manière élusive et efficace. Rien de mieux que le symbole pour propager aisément une idée et infecter les consciences. Par ailleurs, ce sont les symboles les plus inoffensifs en apparence qui sont forcément les plus insidieux. L'Amérique maçonnique est entièrement batie sur un efficace agencement de ces symboles, de "complèxes mémiques" propagées à des fin de renforcement du statu quo, mais "garantissant" à l'individu l'illusion de ses choix. Un choix qu'il n'a pas, bien évidemment. On arrive néanmoins à lui suggérer le contraire en lui donnant le choix de "produits". Ces produits sont beaucoup plus que de simples "marques". Ces sont des régulateurs, des niveleurs, des équarisseurs idéologiques.
Pour qu'une société puisse bien contrôler idéologiquement la populace, il est évidemment important qu'elle infecte les consciences avec ces symboles dès le plus jeune âge. C'est avec l'alimentation qu'elles y parviennent le mieux. Le jus, les conserves, les surgelés...
Les céréales...surtout les céréales.
Il est vital que vous compreniez.

En tant que geek, les céréales sucrées ne font pas seulement partie de mes souvenirs d'enfance: elles sont encore tristement reliées à mes rituels matinaux les plus agréables. Elles ne sont pas qu'UNE partie d'un petit déjeuner équilibré en demandant 24 autres, elles font aussi intimement partie de la vie de tous geeks trentenaires (et aux abords de la quarantaine aussi), comme le t-shirt et la porno matinale. Ces si délicieuses céréales qui laissent dans le coeur des palpitations de lait sucré et poisseux au goût de cancer. Combien d'entre nous, entre la béatitude et l'extase, avons lu de comics en lapant maladroitement nos bols, le lait gluant s'immisçant subrepticement entre les poils de ces barbes que les plus ventripotents d'entre nous arboront pour cacher nos clones de menton et les plus rachitiques pour dissimuler leur absence de mâchoire? Ces céréales sont le Soma de notre génération au menton sentant le fromage de chèvre.
Un illuminati alimentaire s'assure que vous ne puissiez pas arrêter d'en manger. Elles y associent des symboles totémiques particulièrement puissants, innoffensifs qu'en apparence. Rappelez-vous que plusieurs de ces céréales proviennent de la compagnie Kellogg. À l'origine, John Harvey Kellogg était un occultiste pratiquant un système mystique de fortune oscillant entre les édits de l'église Advantiste du Septième jour, la gnose chrétienne prônant l'abstinence et la contrition et certains rituels ancestraux extatiques des Potowatamis, les indiens de la région de Battle Creek au Michigan. Paradoxalement, c'était aussi un adorateur de la race aryenne indo-européenne qui croyait aux vertus de l'eugénisme. De son infatuation pour la race indo-européenne, il récupérera plusieurs éléments: le Yoga, le végétarisme, le swastika et le totem suprême des indiens, le tigre.
Kellogg était donc à la tête d'une secte qui célébrait des principes de santé "absolue", en apparence. Dans les faits, c'est la souffrance, la mortification et l'eugénisme qui constituait le message sous-jacent de sa doctrine. C'était un gourou dans la plus pure tradition. Dès le départ, plusieurs de ses produits étaient accompagnés de symboles occultes.
Cette méthode totémique est non seulement en vigueur aujourd'hui, elle est plus forte que jamais. Les autres compagnies de céréales, dans leur volonté de compétitioner avec Kellogg, ont tout naturellement émulé le modus operandi. Chaque mascotte de céréale sont aujourd'hui des symboles représentant un trait identitaire encouragé par notre société, une attitude à préconiser pour en devenir un membre acceptable (et aisément contrôlable). Elles sont les gardes-chiourmes du statu quo. À chaque bouchée que vous enfournez en regardant la mascotte sur la boîte, une association sensitive systématique et inconsciente est faite entre le goût si délicieux, rassurant dans votre yeule et l'attitude que la marque de céréale veut installer dans votre mode de vie. Bref, un rituel occulte aux accents pavloviens terriblement efficaces.
 
"Dis-moi quelles céréales tu manges, je te dirai ce qu'ils veulent que tu sois". C'est ce que j'ai fais pour vous avec ce texte, frères et soeurs geeks. Grâce à cette analyse basée sur des observations précises, vous serez en mesure de savoir quels sont les dangers de chacune de ces céréales. Commençons par le plus populaire d'entre eux...


TONY LE TIGRE des Frosted flakes


Né en 1951. Le plus vieux et "vénérable" de tous les totems avec Cornelius le coq. Tony le tigre est censé représenter la santé, l'énergie, le dépassement de soi et l'activité physique. À travers les décennies, il est devenu de plus en plus masculin, viril et paternel.

Ce qu'il représente en réalité: Le supériorité ethnique, masculine et paternaliste. Tony le tigre est le symbole même de la virilité guerrière. C'est un conquérant et il fait ouvertement référence à Alexandre le Grand, le Tigre de Macédoine (It's GREEEAT!) . Il faut savoir qu'initialement, Tony était un tigre blanc et que sa coloration a changé par la suite. C'est un totem souverain, célébrant la venue des grands maîtres du monde tel que voulu par Kellogg. Il est l'Amérique fasciste et dominante, le symbole maçonnique de la symétrie et de l'Ordre. Paradoxalement, il est aussi un fort symbole homosexuel. La raison est simple: il réfère à un monde d'homme pour les hommes. Kellogg aura tôt fait de changer cette aspect. Il deviendra par la suite un père de famille italien autoritaire et avenant avec une large famille
Chaque bouchée de ces délicieux flocons sucrés sont censés vous rappeler une chose; soit fier, soit dominant et surtout, cherche constamment la victoire. Imposes-toi. Les perdants ne dominent pas le monde.
"Show them your a Tiger...show what you can do". Écrase ton adversaire. Fais le pour ta nation parce "IT'S GRRRREAT!". Sois le maître du monde. Les Frosted Flakes sont au final la version populiste des Corn Flakes.


CORNELIUS THE ROOSTER des Corn Flakes:
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Le coq Cornelius, symbole d'un bon petit déjeuner équilibré, a déjà été brièvement et souvent "anthropomorphique" mais il revient invariablement au même design minimalisme et abstrait, contrairement aux autres céréales. Pourquoi donc?

Ce qu'il représente en réalité: La gloire des Adventistes et des "vrais" américains, des pères fondateurs. Une céréale saine faites pour des gens sains qui le méritent? You bet! Ceux qui travaillent bien, qui sont vertueux, abstinents auront droit à leur céréale, fondée au tout début (accidentellement) pour ceux et celles qui suivaient, selon les principes de l'église Adventiste, une stricte diète végétarienne dont le but était d'éloigner les "passions" alimentaires. Dans plusieurs religions, le sacrifice d'un coq représente le début d'une entreprise. Il aussi le symbole de la pureté de la Chrétienté. Les Corn flakes célèbrent la fondation des États-Unis (corn fed american, dit l'expression), ce temps rêvé où tout était encore à faire sans avoir des gens d'autres cultures dans les pattes. Toutes les autres céréales qui suivront seront plus ou moins réservées pour les souches inférieures de l'Amérique, celles des "faux" américains.

SAM LE TOUCAN des Froots Loops:


Le compétiteur direct de Tony. On se souviendra de son mantra "Follow my nose. It always knows!". Censé représenter l'esprit d'aventure, la découverte des mondes tropicaux à travers l'exploration. Sam est l'ami des enfants qu'il entraine dans ses aventures.

Ce qu'il représente en réalité:Le principe de la fierté militaire et de la conquête. "Suivez-moi, je connais la voie". Sam le Toucan est un général de troupe, un pilote éclaireur. Il n'est pas surprenant que le Totem du toucan ai choisi: il est une appropriation du symbole de la fierté maya. Sam (pour Uncle Sam), possède toutes les couleurs des Amériques. Il incite les enfants à le suivre sous des apparences de jeu, comme le joueur de flûte de Hamelin. En fait, il les guide fièrement vers la guerre et la conquête en faisant miroiter des rêves d'exotisme. Il forme la prochaine génération de soldats qui envahiront le monde. D'ailleurs, son bec symbolise de toute évidence la puissance de la bombe. Les jolies anneaux fruitées semblent tellement innoffensifs non? Regardez plus près: ce sont des anneaux d'explosion nucléaire. Pour la petite information, les Froot loops fût l'aliment le plus envoyé aux soldats durant la guerre du Vietnam.

SUGAR BEAR des Sugar Crisps:

Le principal adversaire de Tony le tigre. L'ourson débonnaire et décontracté qui fait glisser un soupçon de miel dans vos céréales comme le GHB dans un cocktail sucré aux pêches.


Ce qu'il représente en réalité: Un stéréotype racial servant à rendre attirant un certain mode de vie des noirs à cette époque. Proxénétisme, deal de drogue, alcool. Obsession pour "that sweet sweet honey", symbolisant autant l'alcool, la drogue, l'argent que le liquide séminal des femmes. Sugar bear est le versant "blaxploitation" des céréales, jusqu'à son nom et son attitude de "stoner" au regard glabre de violeur. Est-ce une coincidence si ces magnifiques flocons ressemblent tant à "des petites vulves crépitant dans le lait"? C'est un constat que j'ai fait tôt dans la vie, comme vous pourrez le constater vous même en regardant ce vidéo.
Bref, Sugar Bear invite les Afro-américains à rester dans ces idées de paresse, de drogue et de proxénétisme que leur attribuent si gentiment les caucasiens. Cette idée de ne jamais en avoir assez; d'argent, de femmes et de drogue. Comme le dit le slogan: "je n'ai jamais assez de Sugar crisps". Plus facile de contrôler l'autre moitié de la société en la gardant dans l'ignorance. De même, Sugar Crisps est de tout temps la céréale la plus consommée par les noirs. En créant cette céréale, la compagnie céréalière concurrente Post s'opposait directement à l'idéologie des Frosted flakes, tout en la complétant. La parfaite céréale contre les munchies. Pour compétitioner avec Post, Kellogg créera sa propre version afro-américaine en copiant en tout point la céréale et en gardant l'idée de base. Par contre, ce sera une nouvelle génération qui sera ciblée: la culture émergeante du rap, du nouveau ghetto et du speed, du smack. Son nom: Les SUGAR SMACKS (qui deviendront plus tard les Honey smacks) avec sa grenouille survoltée et sur la coke, DIG'EM FROG!
SUIVRONT ENSUITE D'AUTRES STÉRÉOTYPES AMÉRICAINS TRAITANT DU MÊME SUJET: LUCKY THE LEPRECHAUN des Lucky Charms:
On se rappellera que le petit farfadet des Lucky Charms trouvait toujours le moyen de se sauver avec ses céréales pour éviter qu'on ne mette la main dessus, comme le pot d'or de la légende.
Ce qu'il représente en réalité: Un stéréotype racial servant à banaliser la présence des Irlandais en Amérique. Les Irlandais sont arrivés en Amérique au coeur de la famine, pauvres, avec rien d'autres que la fierté de leur culture. Ils ont contribué à l'édification de ce pays. Reste que pour la véritable race blanche dominante américaine, les irlandais sont des nègres blanc, alcooliques et intimement reliés au crime organisé. Rien de plus inconfortable que cette notion de "luck of the Irish" quand on pense à la suite ininterrompue de malchances qui cribla l'Irlande. De ces trois traits qui déterminent une certaine idée de l'Irlande, la "chance", la bière et le folklore, les LUCKY CHARMS ont tout gardés. Les céréales sont à base de blé. Le farfadet symbolise cette idée de richesse et de chance pourtant inexistante chez eux. Et ces petites guimauves sont de puissantes images magiques sans aucune valeur nutritive et cachent tout simplement la céréale vide et ennuyante en dessous. Elles sont littéralement des "charmes", l'illusion de quelque chose qui est pourtant inexistant. Les lucky charms sont les céréales que l'Amérique a créé pour célébrer le travail des Irlandais chez eux: vides, aucunement nutritives et pleines de symboles magiques servant à "charmer". Un lecteur faisait d'ailleurs remarqué derechef un aspect supplémentaire: les morceaux de guimauves représentent tous justement des symboles “païens”, ils sont doux et sucré, attirants mais mauvais pour la santé, tandis que les morceaux “nutritifs” ont plutôt la forme de symboles typiquements chrétiens : le poisson et la croix. Ils sont moins “séduisants”, mais concrètement ils sont nutritifs pour le corps, de la même manière que le christianisme est nutritif pour l’âme" (Merci Banjo!).
Est-ce surprenant que l'empire britannique achètent encore cette céréale désormais inexistante chez eux pour des sommes faramineuses sur Amazon et E-bay?
TRIX RABBIT de céréales TRIX
De manière diamétralement opposé à Lucky the Leprechaun, Trix est un lapin survolté qui veut de toutes ses forces des céréales mais ne parvient jamais vraiment à les avoir parce qu'on lui refuse.
Ce qu'il représente en réalité: Le traitement réservé aux junkies et aux prostitués par le système. Le lapin, symbole de fertilité systématique. Cobaye de laboratoire dans lequel on inocule des maladies terribles. Impossible de savoir si Trix et femelle ou mâle. Une chose est certaine: le lapin ferait n'importe quoi pour une dose. N'importe quoi. Ça le rend hystérique. Mince, blanc et émacié, il est le dur réveil du "peace end love". Dans le jargon de la prostitution, des "trix" veut dire "tirer un coup" pour de l'argent. Ça veut aussi dire "jouer un tour". Encore cette notion de magie et de tromperie; l'illusion des fruits. Reste que le seul tour qui est joué ici, c'est que pour des milliers de mères prostituées et toxicomanes, cette céréale absolument sans valeur nutritive est le seul repas qu'elles pourront se mettre sous la dent. Et sous celle de leurs enfants illégitimes qui eux aussi, feraient n'importe quoi pour des Trix.
SONNY THE CUCKOO BIRD des Cocoa puffs:
Un oiseau complètement hystérique qui est "cuckoo" pour le bon goût des Cocoa Puffs.
Ce qu'il représente en réalité: le traitement réservé au gens qui souffrent de maladies mentales. Vol au-dessus d'un bol de cocoa puffs. Cuckoo est le symbole inversé de Sam le Toucan, au même titre que Sugar bear est opposé à Tony Tiger. Les États-Unis ne tolèrent pas les états seconds et les maladies mentales. Impossible de faire des membres productifs de la société, des soldats ou des travailleurs avec eux. Il faut donc les isoler, cacher leur hystérie. Ils sont la lie du système, la merde laissée derrière, à traiter comme telle. D'où l'aspect de ces céréales. Elles donnent des palpitations tellement elles sont sucrées d'ailleurs. Et elles font terriblement mal au palais.
SNAP, CRACKLE ET POP des Rice Krispies:
Les trois petits lutins aux noms multiples. La céréale la plus mangée dans le monde. Un dessert connu de tous. Le riz: l'aliment le plus consommé dans le monde. Chacun des trois lutins représentent un des "sons" que produisent les céréales. Ah oui?
Ce qu'ils représentent en réalité: LES TROIS GRANDES FORCES EUROPÉENNES AUXQUELLES LES ÉTATS-UNIS FURENT IDÉOLOGIQUEMENT RELIÉES, L'ITALIE, L'ALLEMAGNE ET L'ANGLETERRE. En fait, SNAP , CRAKLE et POP, ce sont les bruits que font les armes à feux qui ont servi à décimer tous ces villages jadis au nom d'une ressource, le riz. Regardez les costumes: le chef cuisinier italien, le lutin bavarois aux cheveux blonds et le militaire anglais. Rien à dire de plus.
CAP'N CRUNCH:
Un produit de Quaker. Un capitaine avec une calle de bateau pleine de céréales.
Ce qu'il représente en réalité: La suprématie de l'homme blanc colonisateur, toutes catégories confondues. La pire céréale de toute. Une des meilleures au goût, comme la saveur sucrée de la victoire et du génocide. Cap'n Crunch est en quelque sorte la continuation de Snap, Crackle et Pop (d'où le "Crunch"). On remarquera par ailleurs qu'il est le seul humain du groupe, qu'il est armé et qu'il possède un terrible regard sanguinaire. Bordel...il s'appelle "Capitaine Écrase" Tout dans cette céréale est une célébration ouverte de la gloire militaire: même un des fameux sifflets que l'on trouvait jadis au fond de la boîte est à l’origine du "phreaking", le piratage des lignes téléphoniques, ancêtre du hacking moderne (merci Nikolavitch!). Captain Cruch n'est pas un totem du tout. Il est les premiers européens des conquêtes. Diamétralement opposé au pouvoir déjà installé des Corn Flakes. C'est aussi la céréale la moins nutritive de toutes...et douloureuse en plus: elle donne le "crunch mouth", une inflammation de gencives et du palais en raison de sa consistance qui rappelle le scorbut. En fait, le Capitaine est la seule céréale qui ne cache pas ses véritables intentions. Je viens pour m'installer, prendre vos richesses, vos aliments et je vais vous faire souffrir. Je vais vous "cruncher" jusqu'aux derniers.
Et j'en passe... Pourquoi croyez vous qu'il n'y a plus de "surprises" dans les fond de vos boîtes? Parce que le travail de conditionnement est déjà fait. Plus besoin de rien mettre au fond pour vous avoir.
Manger des céréales n'est JAMAIS une activité innocente. C'est volontairement ou non une position idéologique et même spirituelle. Et si vous mangez des céréales "santé", des "natures crunch" ou autre chose du genre, grand bien vous en fasse. Vous avez échappé à UN des plus grands pièges. Je serais bien curieux de voir ceux auxquels vous n'avez pas échappé...Le Géant Vert? Aunt Jemimah? Tôt ou tard, ils vous auront.
-FRANCIS OUELLETTE

dimanche 30 octobre 2011

Sid Haig en entrevue: le goon est triste?

(Cette entrevue est initialement parue sur le site de l'émission LES MYSTÉRIEUX ÉTONNANTS dans le cadre d'une couverture du ComicCon de Montréal 2011)



Sid Haig se déplace d'un pas lent et pesant, comme s'il avait tout le temps du monde. Les épaules voutées et la tête en avant, avec le regard fixe. Les gens se tassent sur son passage. Même à son âge, le bonhomme est menacant. On devine cependant à sa démarche qu'il a probablement eu quelques accidents et que sa charpente en a vu de toutes les couleurs. Haig  s'exprime comme il se déplace; à son rythme. La surprise est de taille lorsqu'on écoute ses propos. Il a beaucoup d'humour, il est chaleureux et, avec un peu d'amertume, il sait bien que son physique de tueur l'a tristement condamné à certains rôles.


Au début, mes questions semblent le laisser froid mais très vite, Haig est surpris de constater que je connais sa carrière. Il répond généreusement à mes questions sur son meilleur ami le réalisateur Jack Hill, ce copieur patenté nommé Francis Ford Coppola, Pam Grier et la blaxploitation, le  film culte Spider Baby et son importance, les biscuits fait maison de Sheri Moon Zombie, ses films préférés, Che Guevara, Tarantino et sa folie. Qu'on se le dise: Sid Haig ne supporte pas l'ennui. Il se fait donc un devoir, avec succès, de ne jamais être ennuyant. (à partir d'ici, cliquez sur les noms souligner pour écouter nos émissions complète  sur le sujet)

Sid Haig : Salut tout le monde. Content de voir qu’il a des fans d’horreur dans la place!


Francis Ouellette : Bonjour tout le monde. Je suis le co-animateur de l’émission de radio Les Mystérieux étonnants et de l’émission de cinéma le 7ème antiquaire. Ne perdons pas de temps car nous avons avec nous Mr. Sid Haig. 
(Haig s’inquiète en m’attendant parler en francais)
Oui Mr. Haig, cette émission sera bel et bien en anglais!


S.H: Bien, parce que sinon, je serais resté assis à t’écouter!


F.O: Mr. Haig, c’est un plaisir de vous avoir avec nous aujourd’hui. Si vous me le permettez, je vais vous introduire à ceux qui ne vous connaissent  pas - mais je doute qu’il y en ait  beaucoup ici! Pour la plupart d’entre vous, le gentleman ici même est Captain Spaulding, le patriarche de la famille Firefly dans les films de Rob Zombie House of a thousand corpses et The Devil’s rejects, mais également The Haunted world of El Superbeasto, pour ceux qui l’ont vu (c'est une trilogie quand même). Pour d'autres maniaques de cinéma, il est aussi une figure familière dans plusieurs productions de Roger Corman , mais aussi un ami personnel du réalisateur Jack Hill, un des grands initiateurs du genre de la  blaxploitation et de la WIP (le sous-genre de la Women in Prison). Il fut aussi, le gardien, le pimp, le chasseur et le bourreau de la sublime Pam Grier.
S.H: Yup.

F.O: J'imagine que ce fut un plaisir de chasser cette femme encore et encore pendant plus de 20 ans à l'écran?

S.H: Ce n’était pas du boulot éreintant, je peux te l’assurer.

F.O: Pendant plus de 40 ans, Haig a été une figure récurrente de l’horreur, de la télévision, il a prêté sa voix à plusieurs productions. Pour ma part, je vous ai vraiment découvert dans le film de Jack Hill Spider Baby or the maddest story ever told et vous.. m’avez…foutrement… EFFRAYÉ dans ce film!!!

S.H: J’étais juste un gros bébé! Allons donc! (il me lance un regard lugubre)

 
F.O: Vous étiez un gros bébé actif sexuellement! Vous chassiez les femmes dans cette maison étroite…pour moi –vous allez pouvoir me le confirmer- le film a toujours été une manière d’antépisode aux films de Rob Zombie, comme si votre personnage allait devenir un jour le Captain Spaulding.
S.H: Oui. Et Spider Baby était le premier film du genre à parler d’une famille de campagnards cinglés qui tuent et mangent des gens. 11 ans avant Rocky Horror, 13 ans avant Texas chainsaw massacre. Nous étions les premiers de notre genre!
F.O:Vous étiez cannibales! Ils mangeaient bel et bien de la chair humaine!!!

S.H: (au public) Vous savez quoi que ce soit à propos de l’histoire? Cette famille a une maladie qui s’appelle le syndrome Merrye qui fait qu’à mesure qu’ils vieillissent, ils régressent mentalement et physiquement jusqu’au point ou ils deviennent presque des bêtes, donc, on tuaient des gens et les foutaient dans le sous-sol de notre maison pour que le reste des membres de la famille les mangent.

(il fait un petit rire et un regard de maniaque tout à fait convaincant)

F.O: C'était un film horrifique mais aussi très drôle par moment, avec beaucoup d'humour noir. Ce n'était pas seulement un des premiers films à parler de cannibales rednecks qui chassent les gens mais il était un précurseur du vidéoclip de heavy-metal. Il serait probablement possible de refaire le montage de ce film avec du metal sans problèmes!

S.H: En fait, quelqu’un l’a déjà fait…oui…et ca marche. C’est dingue. Je suis dingue.

F.O: Magnifiquement dingue!

S.H: C’est amusant d’être dingue! Vous devriez essayer.

F.O: Est-ce que Rob Zombie vous a déjà dit s’il avait vu Spider Baby et si ça l’avait inspiré?

S.H:  Ok. Je vous raconte l’histoire. Comment me suis-je retrouvé dans House of thousand corpses? On me dit de me rendre dans un édifice, je signe un contrat, on me donne un scénario, on me dit de rentrer chez moi et de le lire et que si j’aime ça, le rôle est pour moi tout de suite. C’est beaucoup plus tard au mariage de Rob Zombie, alors que je parlais à son frère, que j'apprend un truc. Le frère de Rob me dit "C’est étrange!" Je lui demande "Quoi? Le mariage de ton frère?".  "Non…être là devant vous à vous parler"'

"De quoi parles-tu?"

"Quand Rob et moi étions petit, on se levait tout les samedis matins et on regardait Jason of Star command  à la télé et tu nous donnais une frousse pas possible".(Dans cette émission de télé à la Star Wars, Haig jouait le cruel Dragos, maître de l'univers auto-proclamé)

Il s'avère donc que  j’ai été dans la vie de Rob depuis qu'il a neuf ans. Il a suivi ma carrière tout ce temps et le jour où il m’a donné mon prix pour l’ensemble de ma carrière, mon Eyegor, il m’a confirmé que toute sa vie, il voulait devenir réalisateur et faire un film avec moi. C’est de là que tout part...

F.O: Puisqu’on parle de Zombie, nous allons devoir parler de Tarantino également, puisqu’il fait en quelque sorte partie de son nouveau clan. Tarantino s’est déjà fait poser la question à savoir qui était les trois plus grands réalisateurs de tous les temps et il a répondu trois fois Jack Hill! Il est obsédé par ce réalisateur.

S.H: Ouais..et il a dit ça d’ailleurs au Daily show de Jon Stewart... et Stewart a demandé qui était Jack Hill (rires)! Tarantino n’a pas cessé de le gronder durant les 5 minutes suivantes de l'entrevue parce qu’il ne le savait pas qui c'était!  Voilà. Jack est vraiment chouette. (Haig prend soudain de l’expansion) Jack Hill a fait ses études en cinéma au UCLA en même temps que Francis Ford Coppola. Jack Hill était un meilleur réalisateur. Coppola était un meilleur homme d’affaire. Il savait mieux faire sa promotion. C’est ça la différence entre les deux hommes.

F.O: Drôle que vous parliez de ça, parce que dans le premier film que vous avez fait avec Jack Hill (le court métrage  THE HOST 1960) la dernière partie ressemble à s’y méprendre à la finale d'Apocalypse now? On dirait que Coppola l’a copiée…
S.H: (Son visage se fait dur) C’était le cas. C’était totalement le cas. Francis n’a jamais voulu l’admettre mais son épouse l'a confirmé! Il cherchait une finale appropriée pour Apocalypse now et il s’est rappelé le film que j'avais fait avec Jack et s’est dit '"voilà, je vais finir mon film exactement comme ça!" C’est ici que vous l'avez attendu en premier les amis!

F.O: Jack Hill était Tarantino avant même que  Tarantino ne devienne Tarantino, mais en tant que cinéphile, il est évident que ce dernier a vu tous les grands films de blaxploitation dans lesquels vous avez joué, Foxy Brown et Coffy, où vous interprétez des effrayants gangsters et des pimps inoubliables…sérieusement, vous avez incarné des pimps mémorables!

S.H: (il rit) Je devrais peut-être me ré-orienter!

F.O: Tarantino avait donc eu la brillante idée de vous donner le rôle du juge de Pam Grier dans JACKIE BROWN, en hommage à tous vos rôles avec elle...

S.H: Oui…un jour je recois un coup de fil de Tarantino...je ne sais pas comment il a eu mon numéro de téléphone mais j’imagine que lorsque tu te nommes Tarantino, tu as des connexions à la CIA!-Il me dit : « je sais que tu n’es plus intéressé à jouer les balourds dangereux mais je t’ai écris un rôle et tu va le jouer et c’est tout!" J’ai donc obéis!

F.O: Je dois vous poser la question à l’instant. J’ai toujours voulu vous voir dans un véritable western, un western classique…vous jouiez un personnage appellez Django dans BLACK MAMA, WHITE MAMA

S.H: Il était dingue ce personnage!

F.O: C’était un révolutionnaire dangereux, une sorte de méchant Che Guevara…

S.H: ...mais il était drôle! Je mets de l’humour dans tout ce que je fais. Je vais t’expliquer la formule et gâcher toutes tes attentes mon pote : si tu parviens à faire rire quelqu’un, tu peux lui faire vivre n’importe quelle émotion par la suite. Le rire ouvre les gens et c’est à ce moment là qu’il faut leur rentrer dedans avec un camion...WHAM. (Rires dans la salle)

F.O: C’était ça la recette de Captain Spaulding hein?

S.H: Yup.

F.O: Un petit rire et ensuite, il tuait quelqu’un?

S.H: Dans ma scène avec les deux gars dans mon magasin dans HOUSE..., c’est précisément ce que je fais... je les pousse à bout et je les fais rire tout de suite après et ensuite, je les massacre.

F.O: Il faut que je vous demande …allez vous être dans le DJANGO de Tarantino?

S.H:  Je devrais non? Personne ne m'en a parlé encore.

F.O: Faut insister svp!

S.H: Je m’excuse. Je vais l'appeler de ce pas! Ok c'est fait!

F.O: Une question à propos de la chimie que vous aviez à l’écran avec Pam Grier. Certaines de ces scènes étaient assez violentes. Vous êtes un homme imposant : comment ca c’est passé avec elle à ce niveau là? Êtes-vous devenus des amis par la suite?

S.H : Nous sommes de grands…(il hésite et sourit) tu sais, quand tu passes ta journée à tripoter quelqu’un, t'as pas le choix de le devenir! J'ai rencontré Pam dans le film The Big doll house..... 
...un film de femmes en prison, évidemment. Pour moi, faire un film comme celui là aux Philippines, c’était le rêve de tout homme. Il y avait toujours 9 femmes nues sous cette chaleur…avec moi! (rires) Fallait que quelqu’un le fasse! Nous sommes forcément devenus des bons amis. Elle est comme ma petite sœur.

F.O: Êtes vous encore amis avec Jack Hill?

S.H: Mais oui! On se parle tout le temps!

F.O: Y’a t'il des chances qu’on vous voit à nouveau dans un film réalisé par lui?

S.H: (sardonique)Jack écrit aujourd’hui des comédies romantiques…

F.O: Huh? Le gars qui a révolutionné la blaxploitation et les Films de femmes en prison écrit des comédies romantique?

S.H: Faut bien évoluer! (rires)

F.O: Quel est le réalisateur avec lequel vous avez préféré travailler? Est-ce Jack Hill?

S.H : « Préféré » est un terme large…il y a les amis avec lesquelles j’ai aimé collaborer et les professionnels consumés...Jack Hill m'a gardé en vie durant les années 70 et 80. C’est un fait. D’un certain point de vue, c’est lui mon préféré. Tarantino est un de mes préférés parce qu’il est un cinéphile maniaque. Quand j'ai fais Jackie Brown avec lui, il a passé la journée à citer par cœur toutes les lignes de tous les films dans lesquels j'avais joué! Et Rob Zombie pour m'avoir donner une seconde vie…parce que j’avais laissé tomber. En 1992, je me suis dit « si personne ne me donne d’autre rôle que celui de pointer un fusil, je me retire… ». Quentin m’a fait revenir pour Jackie Brown mais ca n’a rien changé. C’est à Rob que je le dois. C’est à cause de lui que je suis ici, à Toronto et Calgary et San Diego. Je lui suis très reconnaissant. En ce qui concerne les réalisateurs avec une perspective artistique et à l'écoute de leurs acteurs,  j’en connais deux qui vont dans cette catégorie, trois en fait : Jack Hill…Rob Zombie…et Richard Fleischer. Fleischer a gagné un Oscar pour Doctor Dolittle, l’original, qui est un grand film. J'ai joué dans un de ses films avec Omar Shariff intitulé CHE!

À la fin de ce film, Che Guevara se décompose à vue d'oeil. J’y jouais un jeune révolutionnaire qui considère Che comme son frère et qui le voit tranquillement devenir un monstre. Nous y avons une dernière rencontre. Che est couché dans un hamac et ses problèmes d’asthmes empirent. J’étais à vingt pieds d’Omar Sharif pendant cette scène. Je suis inconfortable, Sharif me demande ce qui ne va pas. Je lui répond que mon personnage voit quelqu’un qu'il considère comme son frère en souffrance, qu'il me semble que la distance entre nous ne fait pas de sens et que nous devrions nous rapprocher. Omar a proposé l’idée de changer la scène à Fleischer- il savait que Fleischer n’y tiendrait pas compte si ça venait de moi, un jeunôt. Omar lui propose l’idée de nous rapprocher et Fleischer acquiesce en disant « Eh ben! On reçoit des nouvelles leçons tous les jours! ». Ça prend de l’humilité de la part d’un réalisateur de cette trempe pour faire, ce qui prouve sa qualité. Mais je ne voulais pas vous emmerdez avec cette histoire…

F.O: Non, non, c’était une histoire magnifique. Une toute nouvelle génération se familiarise avec vos films. Il y a peu de temps de ça, trop peu de gens respectaient les films de genres, de Hill et Corman, la blaxploitation ...Cette nouvelle génération traite ça avec révérence et en  considérant la pertinence sociale. Même les films de Femmes en prison véhiculent parfois des idéologies féministes…

S.H: Oh oui! Et quand nous faisions ces films, c’était évident pour moi que ça pouvait être interessant pour les femmes -et les hommes…comment ne pas être interressé par ses visions de femmes magnifiques sous la douche? C’est vrai que les gens et les critiques faisaient la gueule aux genres à l’époque. En fait, quand House of a thousand corpses est sorti, les critiques l’ont massacré…ils ont tous changé d’opinion quand le film est devenu populaire. Rob se disait : Ah Voilà! Maintenant que nous avons fait 37 millions, nous avons droit à des critiques positives!" Les critiques de cinéma de comprennent pas les films d’horreur. C'est probablement la raison pour laquelle il n’y a jamais eu de film d’horreur nominé aux Oscars. C’est aussi pourquoi les studio Universal, qui fut jadis la maison de l'horreur, ont créé leur propre cérémonie, les prix Eyegor, pour célébrer les créateurs du milieu de l’horreur.
L'an dernier, j’y ai reçu un prix pour l’ensemble de ma carrière de la main de Rob (applaudissements). Ce fut mon plaisir, je peux vous l’assurer.
F.O: Et vous n’avez pas arrêter de travailler depuis que Rob Zombie a fait ses films. Je dois le dire : dans Devil's rejects, vos personnages étaient absolument terribles et amoraux, mais à la fin du film, je me souviens que plusieurs personnes pleuraient dans le cinéma quand même. Votre mort était épique.

SH: Suffit de cracher un peu de sang et de s’évanouir!

Une question du caméraman, nul autre que Yoann-Karl Whissel, co-animateur des Mystérieux étonnants et réalisateur dans le collectif Road kill Superstar, un vrai fan :

Yoann: J’ai pleuré aussi quand vous êtes mort! Qu’est-ce qui rendait votre personnage si fascinant? Il était un peu moins monstrueux que les autres non?

S.H: Il était fascinant parce qu’il était honnête. Il ne se laisse pas emmerder et se faisait sa propre justice. C’est mon travail en tant qu’acteur d'inventer un être humain crédible à l’écran et d'en considérer les multiples facettes. Je suis certain qu'Al Capone pouvait faire rire sa bande avant de tuer une vingtaine de personnes contre un mur! Chacun d’entre nous dans cette salle sont des monstres et des gens magnifiques. L’acteur va chercher ces contradictions en lui-même.

Une question du public :

J’ai entendu que vous deviez être dans PULP FICTION?

S.H: Une des erreurs les plus stupides de ma vie. Tarantino voulait que je joue Marcellus Wallace. Je voulais le jouer. Tarantino me complimente après mon audition et me dit qu’il est fan. Il me dit de regarder autour de moi. Partout dans son bureau, il y a des grandes photos de moi. Je lui en signe une. Plus tard, je parle à mon agent pour lui faire comprendre que je ne veux plus faire de tournage sous pression et dans le stress. L’offre pour Pulp FICTION ne m’accordait qu'une seule journée de tournage. Je trouvais ça irritant: tourner en une seule journée est compliqué, il faut se déplacer constamment et travailler comme un dingue. On ne réalise rien de bon dans ce temps là. Je ne voulais plus faire ça. Personne n’avait penser à me faire savoir que Tarantino ne travaillait pas comme ca. Je ne le savais pas. Depuis, je n’ai jamais eu de gros rôles dans un de ses films et je le regrette.

F.O: C’était plus amusant de voir Ving Rhames se faire violer non? Je n’aurais pas pu supporter de vous voir vous faire violer...
S.H: (il est hésitant et perplexe) euhh…j’imagine que c’est effectivement mieux de le voir lui que de me voir moi…mais ça fait partie du boulot!

F.O: Mais Tarantino a quand même insisté par la suite pour que vous faire jouer le juge de Jackie Brown par la suite. Ca n’a malheureusement pas redémarré votre carrière vous disiez ?

S.H: Non c’est vraiment grâce à Rob. Laissez moi vous dire une chose: Rob Zombie est un être humain magnifique. Je suis conscient que lorsqu’on le voit, on se dit tout de suite "Bordel ! Je ne laisserais pas ce gars là approcher ma fille!". En 2000, quelques jours avant Noël, j’ai eu un terrible accident de voiture: Sternum fracassé, traumatisme cranien, le sang me sortait des oreilles et blah blah blah. Nous devions à ce moment là filmer des scènes supplémentaires pour House... Quand je suis arrivé à l’hôpital , je me suis dis que ce serait raisonnable de ma part d’expliquer à Rob que je ne pourrais pas filmer pour quelque temps. Ce que j'ai fais. Pas de problème. Quelques jours plus tard, Rob me téléphone pour me demander ce qui est advenue de ma voiture. "Ma voiture se lêche elle même le cul en ce moment Rob". Les assurances faisaient chiées et je n’avais plus de voiture. Rob me dit alors qu’il m'en achetera une. Je lui dit que je le rembourserai. Il me dit "Sid…c’est qu’une voiture. Ta gueule…".Quelques jours plus tard, il cogne à ma porte avec son épouse Sheri Moon qui tient un panier bourré de ses biscuit maison, de pots de confitures et de soupes. Je suis atterré. "On va pas te laisser crever de faim ok!" Et Rob me donne les clés de ma nouvelle voiture.

F.O: Vous l’avez entendu ici les amis! Les Zombies font des biscuits maison!

Un question insipide du public sur la marque de sa voiture. Une autre, pertinente, sur ses prochains films.

S.H: J'ai tourné un film ici au Canada qui s’intitule CREATURE. J’ai un film qui commence bientôt au Blue Water film festival et deux autre qui s’en viennent , ZOMBEX et THE INFLICTION, où je joue un psychiatre…(rires instantanés). Yup. C’est très important pour moi. J’ai été cantonné à jouer les gangsters et des maniaques de film d’horreur assez longtemps. THE INFLICTION est un film d'horreur mais je joue un véritable psychiatre qui veut aider une jeune fille.
Question du public

Est-ce que vous serrez dans le prochain projet de Rob Zombie?

S.H: Je ne sais pas. Nous avons pas mal parlé. Rien d’officiel encore mais nous parlons.

F.O : Une autre question. Dans SPIDER BABY on retrouvait un fort sentiment familial. Même chose avec Texas chainsaw massacre et dans les films de Rob Zombie aussi, où Bill Moseley est un peu lui au final. Êtes vous devenu une figure paternelle pour lui?

S.H : Je ne sais pas…j’ai assez d'enfants comme ca (un rire narquois)

F.O : Vous en avez eu avec Pam Grier.

S.H : Quoi? Euh...non.

Un commentaire du public. Quelqu’un s’excuse auprès de Sid. Il semble que Doug Bradley et Sid avaient demandé à ces gens de la convention un bon endroit où manger le soir d'avant, mais que ces derniers ne savaient pas et cherchaient également.  Ils ont trouvé seul finalement. Où ont-ils mangé, l'histoire ne nous le dira pas. Mais imaginez: Captain Spaulding et Pinhead en train de manger du St-Hubert!!!!! Creepy.

F.O : Parlez nous un peu de ZOMBEX?

S.H :Non je ne peux pas. Je ne sais rien du film. Je peux vous dire que j'y joue avec Malcolm McDowell.
F.O : C’est bien pour ca qe je vous pose la question…lui est vous ensemble…ca me donne mal à la tête…

S.H : Mcdowell joue un docteur-scientifique qui fait des expérimentations inappropriées sur les gens et je suis le commandant d’un bataillon militaire spécial, un vrai dur à cuire…. j’ai appris récemment que c’était une comédie musicale!!!!

F.O: Huh? Oookkkk. Quand vous avez commencer votre carrière, vous n'aviez pas prévu le DVD évidemment, qui permet d’intéressantes expérimentations. Je ne sais pas si des gens se souvienne du menu du DVD de HOUSE...où on peut voir Haig, hurler, s’adresser au spectateur en lui disant de commencer le putain de film! C’est effrayant!
S.H: J'ai entendu dire que des gens mettent le menu de DVD en loop durant des fêtes…il  le laisse tourner toute la nuit…C’est fou! Bien plus fou que moi…

F.O: J'ai travaillé jadis dans un club vidéo et nous avons fait ça pendant une semaine…pas des farces! Les clients devenaient dingues.

S.H: T’es malade! C'était une des premières fois que quelqu’un utilisait le personnage du film comme élément interactif du menu!

YOANN : Comment vous préparez vous pour un rôle?

S.H: Je ne fais pas grand-chose! (il rit). Comme je vous disais tout à l’heure, je suis dingue. Je m’ouvre et je laisse tout sortir. SPIDER BABY avait été difficile parce que je n’avais aucun référence. Je suis allé au zoo pour regarder les singes et les imiter. Je regardais des enfants jouer dans un parc. (Tout ce que Sid Haig vient dire à ce moment là déclenche des images effrayantes dans ma psychée)

F.O: Je somme tout le monde de regarder SPIDER BABY d'ailleurs!

S.H: C'est un film magnifique. Nous l’avons fait en 1964, avant même que vos parents soient nés et tous les cinq ans, les gens semblent redécouvrir ce film. En fait, un des seuls endroits où il a été longtemps disponible, c’est ici, au Canada. Des copies VHS trafiquées! C’était 120 $ le VHS.

Question du public :

Y’a-t-il un type de rôle que vous n’avez pas fait et qui vous intéresse?

S.H: Oh oui…plusieurs…j’aimerais jouer un policier. Je pourrais être un flic pur et dur. J’aimerais jouer un prêtre. Jouer dans une comédie romantique…

F.O: Jack Hill en écrit en ce moment!!! (rires)

S.H: C’est le seul genre que je n’ai jamais fait! Pourtant, je suis un grand romantique. Tu devrais me voir pendant la Saint-Valentin!

F.O : Quel est ton film préféré?

S.H : Lawrence of Arabia. Mon film d'horreur préféré est HOUSE OF WAX. Je l’ai vu au cinéma en 3d et j'ai eu la peur de ma vie! C’était un des plus importants films en 3-D de l’époque. Les mannequins se lançaient sur toi! J’y était avec mon père qui m’a tout de suite dit que ca lui rappelait THE JAZZ SINGER (le premier film parlant). Les gens était effrayé par la voix d'Al Johnson !
Mon deuxième film d’horreur préféré est CUJO. Pensez-y un moment: c'est effrayant, un Saint-Bernard de 200 livres qui veut bouffer ta voiture!

F.O: Une question cruelle. Tout ce que vous avez fait est brûlé par une foule de maniaques et vous ne pouvez sauver non pas un seul film mais une seule scène...Laquelle? Une seule scène où vous avez mis tout votre cœur et votre talent…

S.H : (Il réfléchit longuement. Un peu ému) Je pense que ce serait la scène avec Omar Sharif dans CHE!

F.O: Justement…vous avez joué pas mal de personnage arabes non?

S.H: J'ai joué toutes les nationalités imaginables. Quand nous faisions COFFY, un des techniciens noirs s’est approché de moi pour me dire ceci « Si tu dis à quiconque que je t’ai posé cette question, je vais le nier, te traiter de menteur et te botter le cul par la suite mais il faut que je saches…es-tu noir?". Je lui ai répondu « À l’intérieur mon frère! Juste à l’intérieur! J’ai même joué des Suédois!!! Je fais le profil non?

F.O: Vous avez aussi travaillé avec un autre réalisateur intéressant, Eddy Romero, un autre nom associé avec les Women in prison? Il est moins connu que Jack Hill cependant. Parlez nous de lui...

S.H: C’était quelqu’un de particulièrement intelligent. Très méthodique. Un grand technicien et un homme généreux. J’ai tellement fait de film avec aux Phillipines durant cette période; je terminais un film et on en commencait tout de suite un autre, BLACK MAMA WHITE MAMA...
 
Les gens du  studio étaient pingres et ils considéraient que c’était une bonne idée de me garder là-bas entre les deux productions. Cinq semaine se passent et j'y suis encore. Les producteurs ne savent pas trop qui sera dans le film. Je leur ai tout de suite dit «C’est évident! Vous allez le demander à Pam Grier et une autre fille, probablement une blonde. Est-ce qu’on va faire un putain de film? Je m'emmerde ici". Durant cette période, je mangeais souvent au restaurant avec Romero et il payait toujours. Un jour, je lui dit que c’est mon tour de l’inviter. Nous allons au Manilla Press club. On mange bien, on parle philosophie, politique et religion. Le gars connaît tout. À la fin du repas je lui demande où payer et il me répond « Je suis membre du club. Je ne paye pas ici! » C’était Eddy Romero. Un bon gars et un bon réalisateur.

Filmer à l’étranger était assez primitif. Nous étions tout le temps dans la jungle et j’y ai tourné quatre ans avant que l’invention de la toilette chimique ne se fasse! Avant, c’était le buisson. Les actrices n’en revenaient pas. Un jour, j'ai dis à l'une d’elle « Tu es dans la jungle! Tu es tellement sans conséquences ici…tout ce qui vit ici peut te tuer et le fera sans hésitation,  donc, fais tout avec prudence et respect. » Je lui demande de lever une feuille et de regarder en dessous. Il y avait une colonie d’insectes qui y vivaient. Je lui ai expliqué qu’il en était ainsi pour tous les centimètres carrés de la jungle et qu’il fallait constamment être aux aguets et aller dans les buissons avec quelqu’un. J’adorais filmer là-bas! Quand je suis retourné à Los Angeles après avoir vécu dans cet atmosphère raréfié, je pouvais littéralement sentir le smog me brûler la peau et les poumons. Aux Philippines, pour passer le temps, je me faisais faire des costumes sur mesure tous les jours par la costumière. Je tournais un truc qui s’appelait Wonder Women et quand la designer n’était pas là, je créais mes propres costumes. J’adorais ça! Ils ont même télévisé un show de mode où il y avait mes créations! Je fais toujours des trucs comme ça quand je m'ennuis! J’étais à une convention à Phoenix, le pire endroit pour une convention de film d’horreur, dans un hôtel Marriot 5 étoiles. Hôtel de luxe et film d’horreur, mauvaise idée. Il n’y a pas eu 300 personnes à cet événement. Je m'emmerdais. Jusqu'à ce que je vois dans un des lobbies un Chihuahua en peluche, que je veux acheter à son propriétaire et qu’il m’échange contre un autographe. Je me suis promené avec ce Chihuahua autour du mollet toute la fin de semaine, en faisant des sons de gémissements! Faut pas me laisser m’ennuyer…

F.O: Monsieur Haig, merci de votre temps.

Quelques minutes après l'entrevue, Sid Haig vient me voir à ma table. Encore sa démarche lente et les gens qui se tassent de son chemin. Il vient me serrer la main. Il me fait un grand sourire. "Tu as fait une très bonne entrevue mon gars...très bonne. J'ai eu du bon temps. Tu avais fait tes devoirs en tout cas, c'est évident!" "J'ai simplement vu vos films Mr.Haig". Il me fait une claque sur l'épaule et repart aussi lentement.

-FRANCIS OUELLETTE