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dimanche 15 avril 2012

Notre émission du 4 mars: King Kong est-il la plus importante création de l'histoire du cinéma?

Pour nous écouter notre émission à ce sujet, cliquer ICI.
Le cinéma n'a pas créé d'avatar plus important que celui de King Kong. Je suis catégorique sur ce point. Certes, le 7ème art a ses légendes, ses demi-dieux du panthéon Hollywoodien mais ils sont pour la plupart de temps des acteurs élevés au statut de symboles ou des emprunts fait à la littérature. Norma Desmond dans Sunset Boulevard,  Charles Foster Kane, The Tramp...ce sont eux, les véritables avatars du cinéma, des créations indissociables de leur médium, nées au cœur même de la pellicule.

C'est en ce sens que  King Kong est selon moi sa plus puissante incarnation. Comme Atlas soutenant le poid du monde, l'image du grand singe s'agitant au sommet de l'Empire State building est désormais un monument, une évocation de la démesure des hommes et de leur besoin de tout enchainer au nom du divertissement. Les déferlements de passion qui le traverse valent en tout point ceux de Citizen Kane, deux films plus semblables qu'il n'y parait de prime abord. Par ailleurs, il n'est pas rare d'entendre de prolifiques réalisateurs l'évoquer comme le plus grand film jamais fait.
Cette semaine, nous méditons sur l'importance du symbole qu'est King Kong, sa genèse, ses influence et ses héritiers. Rien de mieux pour étayer ce point de vue que Bye Bye Monkey, (Rêve de singe), la mélancolique tragi-comédie de Marco Ferreri:
 L'évocation même du film donne le vertige: Gérard Depardieu en brute épaisse, Marcello Mastroiani en amant suicidaire et éploré, une poignée handicapés mentaux, une troupe de théâtre féministe et misandre, un musée de cire dans un New-York bien crasseux et le "cadavre" de King Kong sur une plage. Marcello et Gégé qui élève le "fils" de King Kong au centre de cette ménagerie.
Ferreri a tout compris: le cadavre du grand singe devient chez lui le symbole d'une masculinité fragile et brisée, de la solitude des hommes et de leur déchéance.
N'oubliez jamais: King Kong aussi est mort pour vos péchés...

jeudi 24 mars 2011

Notre émission spéciale sur Godzilla et les Kaijus d'Ishiro Honda

Quand les inondations ont commencé en Australie, le 7ème a été traversé de frissons. C'était comme si une de nos films préférés, The Last Wave de Peter Weir, prenait soudain des accents prophétiques. Nous avions donc fait une émission sur le sujet (cliquez sur le lien pour lire notre papier et écouter l'émission), résolument respectueuse mais avec un brin de fébrilité dans la voix.
Inutile de vous dire que depuis le commencement des cataclysmes au Japon, bon nombre de cinéphiles, le 7ème y compris, font l'association avec Godzilla, avec un degré autrement différent de frissonnement. Un compère des Mystérieux Étonnants, 'xim Sauriol, a tôt fait de faire remarquer dans un papier que le grand saurien atomique connait actuellement un regain de popularité.  

S'il peut sembler irrespectueux d'associer les drames véritables des japonais à leur création la plus populaire, le 7ème pense que c'est une nécessité d'aspect catharsique. Comme les grands monstres de l'expressionnisme allemand, véritables mise en garde presciente contre les despotes à venir, Godzilla était à sa genèse l'évocation sérieuse des angoisses d'un peuple, une métaphore évidente pour la peur des cataclysmes et de l'énergie nucléaire. 

De nos jours, la pertinence de certains épisodes de la franchise est tristement perdue auprès des occidentaux non-initiés.  Le 7ème vous propose de faire la découverte de cette création  importante qui, plus que jamais, évoque la prescience de l'imaginaire d'un peuple.
Vous trouverez les deux volets ici même en cliquant sur les liens:


 En quittant, une évocation. Le 7ème a jadis fait la conception d'un Tarot du cinéma, utilisant de archétypes de films pour en moderniser le principe. Dans tous les jeux de Tarot, on retrouve une carte portant le nom de La Force. On pourrait décrire ce qu'elle représente dans ces termes:
La Force est un arcane assez riche. Son nom a changé plusieurs fois à travers les âges et certain Tarot l'on carrément renommé. Dans tous les cas, ce n'est pas simplement l'idée de force physique ou mentale qu'elle exalte mais la détermination, l'endurance, la longévité. On parle ici de force de la nature, de volonté à toute épreuve. 
J'ai cherché pendant des jours quel symbole utiliser pour l'attribuer à mon Tarot. Je cherchais un archétype représentant la longévité, l'endurance, quelque chose qui serait à la fois l'évocation d'une force de destruction et d'une volonté implacable. Quelques jours plus tard, j'ai trouvé:
Au final, Godzilla ne représente pas qu'une force de destruction; il est désormais l'évocation paradoxale du Japon lui-même, en continuelle renaissance, survivant devant l'adversité. Un symbole approprié et nécessaire en ce moment.