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mercredi 12 août 2015

Émission du 30 juillet 2015 : Battle without honor and humanity / Fantasia 2015

 Pour écouter l'émission cliquez ici


BATTLES WITHOUT HONOR AND HUMANITY (1973) de Kinji Fukasaku au 7ème Antiquaire aujourd'hui. Pour notre couverture des films rétro du Fantasia International Film Festival, cette semaine on plonge dans l'univers du crime organisé au Japon. Mais outre les yakuzas, Fukasaku dresse surtout un portrait du Japon d'après-guerre, ainsi qu'une critique sociale, politique et économique de son pays.


 

Émission du 23 juillet 2015 : entretien avec Marc Lamothe sur la section "Genres du pays" au Festival Fantasia 2015

Pour écouter l'émission cliquez ici
  

FESTIVAL FANTASIA 2015 : GENRES DU PAYS. On reçoit Marc Lamothe, co-directeur du Fantasia International Film Festival pour nous parler de la section "Genres du pays". Nous allons explorer ces films de genre québécois que sont les rares "La LUNULE (1973)", "LES YEUX ROUGES (1982)", "MONTRÉAL BLUES (1972)" et bien sûr le sulfureux SCANDALE (1982).


 

mardi 28 juillet 2015

FESTIVAL FANTASIA 2015 - KUNG FU KILLER (Teddy Chan, 2014)


KUNG FU KILLER (Kung Fu Jungle / Yi ge ren de wu lin), de Teddy Chan, 2014. 
On y suit l'enquête d'une policière qui doit faire équipe avec un ex-entraîneur en arts martiaux (résidant maintenant en prison) afin de retrouver un tueur en série qui s'attaque aux experts en kung-fu. 

Avec une histoire plutôt convenue, le réalisateur Teddy Chan (Bodyguards & Assassins), qui co-signe aussi le scénario, a eu l'idée de faire un film qui rend hommage à l'art martial par excellence en chine, le Kung Fu. Il réussi en partie en y démontrant plusieurs styles de combat tout au long du film. De plus, chaque scène a aussi droit à son caméo de producteurs et réalisateurs ayant marqués le genre dans le cinéma chinois. Des légendes du Kung-Fu ou du Wu Xia Pian, des films de la Shaw Bros aux films de King Hu, apparaissent donc régulièrement dans le film de Chan. L’enquête quant à elle, ne sert qu’à placer des ponts entre les scènes de combats. 

Malgré cette idée de départ intéressante, Teddy Chan se contente d'enchaîner les scènes de façon bancale et va même jusqu'à rajouter de la mièvrerie au scénario par un mélodrame inutile. En effet, plusieurs scènes de souvenirs qu’a le tueur des derniers moments vécus avec sa femme décédée d'une maladie semblent servir de motivation à ses actes meurtriers sans vraiment apporter du contenu d’intérêt à l’histoire ou même faire de sens. Dommage qu’une entreprise qui veut rendre hommage au Kung Fu, tant le genre cinématographique que l'art martial lui-même, soit pris dans un emballage aussi fade. Cependant, les amateurs du genre pourront tout de même apprécier les scènes de combats qui sont plutôt bien chorégraphiées, particulièrement le combat final se déroulant sur une autoroute où Donnie Yen et Baoqiang Wang s’en donnent à cœur joie dans un combat au bô (pôle de bambou). On aurait aimé que tout le film soit aussi inspiré que cette scène.

-David Fortin

mardi 21 juillet 2015

Émission du 16 juillet 2015 : ROAR (1981) / FANTASIA 2015

Pour écouter l'émission cliquer ICI

"ON APPRIVOISE PAS LES CHATS SAUVAGES" (comme disait l'autre)
Mélanie Griffith apprend à ses dépends qu'on apprivoise pas les chats sauvages

ROAR ! "le film le plus dangereux jamais tourné : aucun animal ne fut blessé... 70 membres de l'équipe de tournage le furent". Pour débuter notre couverture des films rétro du Festival Fantasia, on vous parle aujourd'hui de la ressortie d'un film oublié de 1981 qui comprend Melanie Griffith (tsé), sa mère Tippi Hedren (The Birds), le caméraman Jan de Bont (Speed) et environ 130 lions, panthères, tigres, guépards sauvages qui les poursuivent et les attaquent pendant 1h30, le tout supervisé de façon totalement irresponsable par le père (et réalisateur) Noel Marshall qui tente de prouver sans réussite qu'il sait comment gérer des félins sauvages pour les besoin d'un film... et pour prouver que la cohabitation avec les humains c'est possible. C'est beau la vie quand on est naïf dans les années 70.

Admirrez la différence de marketing du film au Japon et en Angleterre:



Épisode "ROAR": http://media.choq.ca/audio/emissions/7eantiquaire/2015/07/28264-emission-du-16-juillet-2015.mp3

Pour écouter les émissions du 7ème Antiquaire sur Choq.ca : http://www.choq.ca/emissions/7eantiquaire

FESTIVAL FANTASIA 2015 - THE HALLOW (Corin Hardy, 2015)


The Hallow (aussi intitulé The Woods) est un film qui se rapproche du film d'épouvante en forêt ayant fait les beaux jours des années 80. Un couple s'installent avec leur nouveau-né dans une maison de campagne irlandaise.  Le mari y travaille à l'investigation d'une maladie qui s'attaque à certains arbres du coin, au grand dam des habitants du village qui voient dans cet acte un outrage à leurs averstissements. En effet, ces villageois croient en une force surnaturelle, ancrée dans leur mythologie locale, qui réside dans une partie de la forêt sous la forme de créatures devenant menaçantes si l'humain ose s'aventurer sur leur territoire. Le réalisateur Corin Hardy (le vidéoclip en stop-motion Warrior's Dance du groupe The Prodigy) s'efforce de donner un look "old school" à son film en n'utilisant essentiellement que des effets pratiques et mécaniques (maquillages, latex, animation image par image, etc.) en ayant le moins possible recours aux effets numériques (CGI) trop souvent utilisés dans le cinéma d'horreur des dernières années. Hardy ayant très jeune expérimenté avec la création de monstres et l'animation image par image pour des films super 8 semble trouver son aise dans ce projet. Le film est visuellement bien photographié par Martijn Van Broekhuizen qui sait créer une atmosphère mystérieuse par ses images nocturnes de campagne brumeuse en Irlande. Malgré l’aspect convenu du synopsis, plusieurs bonnes idées de réalisation parcourent le film et donnent des scènes inventives et efficaces d'effroi. Outre l'idée intéressante de faire naître la menace d'une bactérie végétale qui se propage sur les arbres, le réalisateur la fusionne à un mythe irlandais. De plus, il mise beaucoup sur la suggestion dans la première moitié de son film et le suspense y gagne beaucoup. Cependant, le film se perd en fin de parcours où on y mélange des développements d'intrigue superflus qui ne font que semer de la confusion et rallonger le film de plusieurs minutes de trop. Sans réinventer le genre, The Hallow reste un film d'horreur efficace qui sondes les sources moléculaires du film de peur en forêt.   

-David Fortin

mercredi 13 août 2014

Émission du 07 août 2014 (305) : Retour sur le Festival FANTASIA depuis ses débuts (1996)



C'est aujourd'hui que ce termine le marathon cinéphagique Fantasia avec une dernière journée de représentations. Pour l'occasion nous soufflons les 18 bougies sur le gâteau du plus important festival de films de genre en Amérique du Nord en discutant les origines et les développements de ce festival. On va partager nos histoires de vues, nos moments préférés ainsi que de dresser le portrait d'un événement unique qui a fait de nous de meilleurs cinéphiles. Une émission en guise de remerciement à ce monument du genre.
l'émission: cliquer ici


plus d'émissions:

vendredi 8 août 2014

FESTIVAL INTERNATIONAL DU FILM FANTASIA 2014 : capsule 5 + prix



Cinquième et dernière capsule audio couvrant le festival et gagnant des prix (cliquer ici ou voir au bas de la page)

Summer of Blood (Onur Tukel) 

Comédie indépendante new yorkaise flirtant avec l’horreur, Summer of Blood rappelle beaucoup la série Curb Your Enthusiasm par son type d’humour, son aspect visuel et son personnage principal. Le 7ème Antiquaire étant particulièrement fan de cette zone humoristique franche et sans censure, le film d’Onur Tukel fut donc une bonne surprise. Cependant, le film est réalisé avec très peu de moyen (autour de 30 000$ semblait nous dire le cinéaste après la projection) et ce manque de moyen paraît parfois à l’écran. L’image n’est pas particulièrement soignée et il s’y dégage un aspect un peu brouillon rappelant justement le visuel de la série de Larry David évoquée plus haut. Le cinéaste le dit lui-même, l’esthétique de son film ne l’intéresse pas particulièrement et il ne cherche pas à créer une oeuvre cinématographique marquante. C’est ailleurs que dans l’image que le cinéaste démontre son talent. Tukel partage le sens du dialogue et même certaines obsessions de ses idoles Larry David et Woody Allen. C’est dans les dialogues que le film amuse le plus avec ses réparties cyniques livrées avec un humour incisif par un personnage égoïste. Le cinéaste y interprète Erik qui, suite à une rupture, accumule les rencontres furtives qui se répètent et se ressemblent. Le problème c’est qu’il a peur de l’engagement et des responsabilités. Ne prenant rien au sérieux, Erik provoque la déception autant chez ses conquêtes qu’avec ses collègues de travail… jusqu’à ce qu’un vampire le morde. Il se découvrira alors une facilité de séduction avec les femmes et une force de persuasion avec les gens qui l’entourent. Mais cette nouvelle condition lui apportera finalement plus de complications que de solutions. Le film restant centré sur les inquiétudes d’un personnage antipathique et l’humour y étant souvent vulgaire, Summer of Blood ne fera sûrement pas l’unanimité, mais il a le potentiel de développer un certain culte au même titre que les autres films indépendants new yorkais partageant les mêmes anxiétés. La projection du film à Fantasia a permis au public de rencontrer Onur Tukel qui était présent pour  discuter de son film. C’est d’ailleurs un être fort sympathique et particulièrement bavard que nous avons découvert. Tukel était généreux en anecdotes et ouvrait la porte à un échange critique avec le public. Il évoquait aussi ses questionnements relationnels qui se miroitent complètement dans ses films et son besoin constant de créer. Les influences diverses qu’il mentionnait, allant du film d’horreur à la comédie, me faisait réfléchir à comment résumer le ton du film et le mélange particulier des genres que le cinéaste adopte. J’en suis venu à le résumer ainsi : Si Larry David avait écrit les dialogues du film Bad Habits (1995) de Larry Fessenden, ça aurait ressemblé à Summer of Blood.




Metalhead (Ragnar Bragason)

Un film qui s’appelle Metalhead montrant sur son affiche le visage d’une femme maquillé à la manière des musiciens de black métal peut donner l’impression de cibler un public déjà adepte du genre musical et freiner les moins intéressés à ce style. Ce serait passer à côté d’un film qui démontre justement qu’il ne faut pas se fier aux apparences et aller à la rencontre de l’autre. Metalhead (Málmhaus de son titre original islandais) est tout autant un film sur la musique qu’il est un drame humain. Au-delà des apparences, on découvre une histoire universelle touchante et sincère. Hera, une jeune fille, est témoin de la mort accidentelle de son frère aîné. Suite à l’accident, elle décide d’adopter les vêtements et le style de vie de son frère et trouve refuge dans la passion qu’il avait pour la musique métal. Évoluant dans une tension calme et une très belle esthétique baignée dans une lumière crépusculaire propre au pays, le film nous dévoile  une femme dont  les paysages islandais arides et épurés qui l’entourent font écho de sa souffrance intérieure. Thorbjörg Helga Dyrfjörd livre une performance ressentie exceptionnelle en femme endurcie et isolée qui trouve dans la musique un moyen de se rapprocher de son frère disparu, de vivre son deuil et surtout d’exprimer sa douleur. Le film questionne entre autre l’image souvent négative associée aux adeptes du black métal et tente de créer un pont entre deux mondes souvent séparés par les préjugés. Dans ce petit village au mode de vie communautaire, c’est avec l’aide de tous, par empathie et par compréhension, que chacun se trouvera rapproché de l’autre. Mieux outillé pour s’entraider. Un film à l’apparence sombre derrière lequel se cache une oeuvre humaniste rythmée par une trame sonore métal qui revisite les classiques d’hier et découvre ceux de demain. Metalhead est un film sur le deuil, le rituel et la musique comme moyen d’extériorisation des souffrances. C’est aussi (et surtout) un très beau film sur la communauté, son importance et même sa nécessité. 



- Frank (Lenny Abrahamson)

Avec Frank, on plonge dans l’univers de la musique indépendante en étant témoin de la création du premier album du groupe musical « Soronprfbs » mené par Frank, un personnage énigmatique qui ne se départit jamais d’une tête géante en carton-pâte couvrant la sienne en permanence. Frank chante, mange et dort avec sa « fausse tête ». Le personnage est interpreté par un Michael Fassbender qui livre une étonnante performance invisible dans laquelle l’essentiel de son jeu passe par sa voix. Critiquant à sa manière l’industrie de la musique indépendante et les clichés entourant les groupes cultes, le film est lui-même proche du prototype du film indépendant avec les tics souvent retrouvés dans ces œuvres cinématographiques cherchant dans leur mise en marcher à créer un culte. Mais le film évite les pièges pour trouver sa propre voix. Débutant sur un ton humoristique, la psychologie prend lentement sa place, apportant ainsi aux personnages plus de consistance. Un apport nécessaire  pour élever le film au dessus du simple concept et y développer tout le côté humain du personnage de Frank. Cette entrée dans l’univers de la création musicale se fera par l’intermédiaire de Jon, un employé de bureau rêveur qui compose de la musique dans ses temps libre, espérant un jour devenir célèbre. Une opportunité se présentera lorsque le gérant des « Soronprfbs » lui proposera de se joindre au groupe pour remplacer leur claviériste. Sans véritable talent, Jon imposera petit à petit son ambition au groupe et réussira à créer un culte autour d’eux dans le milieu de la musique indépendante. Cependant, cette nouvelle direction apportera son lot de conflits au sein des membres. Suivant la projection, un voisin de siège m’expliquait sa « théorie de la musique indépendante » qui était essentiellement la théorie de la relativité appliqué à cette industrie musicale. Donc pour lui la musique indépendante se résumait à ceci : moins un groupe musical est connu, plus il est proche de la perfection. Donc plus il est connu, plus il s’en éloigne. Ce n’est peut-être pas la meilleure théorie mais il y a quelque chose dans cette simplification qui fait écho à la situation du groupe dans le film. Totalement inconnu et dépourvu de toute influence extérieure, le groupe de Frank propose une musique intéressante, hors norme et longuement murie. Avec l’arrivée de Jon dans le groupe, celui-ci y apporte une autre vision et les fait connaître à un plus grand nombre, apportant au sein des membres des conflits de valeurs. « Soronprfbs » se transforme alors musicalement en édulcorant son son particulier. Avec le recul, on perçoit cette création musicale comme un besoin thérapeutique plutôt qu'une étape vers la gloire. Frank dresse un portrait tantôt moqueur, tantôt sincère, de l’industrie de la musique indépendante, de son fonctionnement, de la difficulté et la nécessité de création. C’est aussi une étude de personnages marginaux s’amorçant sur la caricature pour mieux nous surprendre en laissant leur sensibilité se révéler.

  Avec 25 films sous le chapeau, plus de bonnes surprises que de mauvaises, 5 blocs de textes, 5 capsules audio, 2 émissions thématiques, notre couverture du festival Fantasia se termine pour cette année. Ce fut un plaisir  qu'on espère renouveler. Maintenant est venu le temps de rattraper du sommeil.

-David Fortin

Notre cinquième capsule audio:


Liste des gagnants :
Ken Ochiai’s “Uzumasa Limelight,” pictured, took the Cheval Noir prize at the 18th annual Fantasia Intl. Film Festival in Montreal. Hugh Sullivan’s “The Infinite Man” was named best first film in the New Flesh Award competition while the Satoshi Kon prize for animation went to Mizuho Nishikubo’s “Giovanni’s Island.”
The festival, which ran July 17-Aug. 5,  screend more than 160 films in 216 theatrical presentations. The event received a record 129,000 attendees, up 30% from the 2013 festival.
Leo Gabriadze’s “Cybernatural,” Sarah Adina Smith’s “The Midnight Swim” and Bennett Jones’ “I Am a Knife with Legs” had world premiere screenings, while Mamoru Oshii (“Ghost in the Shell”) and Tobe Hooper (“The Texas Chain Saw Massacre”) were presented with lifetime achievement awards. Other significant screenings include “Boyhood,” “Guardians of the Galaxy,” “Welcome to New York,” “Han Gong-ju,” “Rurouni Kenshin – Kyoto Inferno” and “Frank.”
The next edition is scheduled to for July 16-Aug. 4.
The full list of winners is below:
 
Cheval Noir Competition
Best Film: “Uzumasa Limelight” (Ken Ochiai)
Director: David Zellner (“Kumiko the Treasure Hunter”)
Screenplay: Billy Senese (“Closer to God”)
Actor: Seizo Fukumoto (“Uzumasa Limelight”)
Actress: Miyuki Oshima (“Fuku-chan of Fuku-fuku Flats”)
Special Mention of the Jury: “Cybernatural” (Leo Gabriadze) for technical and conceptual achievement.
 
New Flesh Award Competition
First Feature Film: “The Infinite Man” (Hugh Sullivan)
Special Mention of the Jury: “I Am a Knife with Legs” (Bennett Jones) for the audacity of its vision and a talent well worth discovering.
 
International Short Film Awards
Best Short Film: “Jiminy” (Arthur Molard)
Special Mention of the Jury: “How to Make a Nightmare”(Noah Aust) for its cinematic and psychological vision.
 
Satoshi Kon Prize for Excellence in Animation
Animated Feature: “Giovanni’s Island” (Mizuho Nishikubo)
Animated Short: “The Portrait Studio” and “Supervenus” (tie)
Special Mention of the Jury: “The Satellite Girl and Milk Cow” (Chang Hyung-yun) for its inventiveness and original story, and “The Looking Planet.”
 
Audience Award Winners
 
Asian Film
Gold: “Miss Granny” (Hwang Dong-hyuk)
Silver: “Han Gong-ju” (Lee Su-jin)
Bronze: “Rurouni Kenshin – Kyoto Inferno” (Keishi Otomo)

 
International Film
Gold: “In Order of Disappearance (Hans Petter Moland)
Silver: “Dead Snow: Red Vs. Dead” (Tommy Wirkola)
Bronze: “The Hundred-Year-Old Man Who Climbed Out the Window and Disappeared” (Felix Herngren) and “Boyhood” (Richard Linklater) (tie)

 
Canadian Film: “Dys-“ (Maude Michaud)
 
Animated Film: “Giovanni’s Island” (Mizuho Nishikubo) and “Cheatin’” (Bill Plympton) (tie)
 
Documentary: “To be Takei” (Jennifer M. Kroot and Bill Weber)
Guru Prize: “Once Upon a Time in Shanghai” (Wong Ching-po)
Most Innovative Film : “Cybernatural” (Leo Gabriadze)
 
Short Film
Gold: “The Chaperone” (Fraser Munden and Neil Rathbone)
Silver: “Memorable Moi” (Jean-Francois Asselin)
Bronze: “Raging Balls of Steel Justice” (Mike Mort) and “Sea Devil” (Brett Potter and D.C. Marcial) (tie)

 
Frontieres Intl. Co-Production Market
2014 Frontieres Project Award: “Extraordinary” (Ailish Bracken and Kattie Holly, producers; Mike Ahern and Enda Loughman, co-writers/directors)

http://www.choq.ca/emissions/7eantiquaire


mercredi 30 juillet 2014

FESTIVAL INTERNATIONAL DU FILM FANTASIA 2014 : capsule 4


Le 7ème Antiquaire revient sur quelques films du festival Fantasia pour cette troisième semaine qui s'amorce
 Capsule audio 4 : 


Creep

-          Creep (Patrick Brice)

   Mark Duplass est un hyperproductif. Il est autant acteur que scénariste, réalisateur, producteur ou musicien (il chante et joue du clavier pour le groupe « Volcano, i’m still excited ») et se retrouve régulièrement à participer à quatre projets par année.  Avec son frère Jay, Mark a mis sur pied la « Duplass Brothers Productions » au milieu des années 90 mais c’est surtout en 2004 que les frères Duplass se sont fait connaitre avec le succès critique de leur film indépendant The Puffy Chair.  On attribue souvent aux frères Duplass la paternité du sous-genre cinématographique nommé « mumblecore » caractérisé par des productions à très petits budgets, des acteurs non-professionnels et des dialogues naturalistes.  Creep, le premier long métrage de Patrick Brice auquel Mark Duplass a participé en tant que coscénariste et acteur, pourrait facilement être qualifié de mumblecore. Il en détient toutes les caractéristiques et l’esthétique qui en découle. Plus connus pour les comédies dramatiques que pour les films d’horreur, les frères Duplass avaient déjà essayé le genre avec leur film Baghead que Mark Duplass avait écrit et réalisé en 2008. Avec, Creep, Mark Duplass s’associent cette fois avec Patrick Brice pour ce projet qui est une variation réussie du film d’horreur de type « found Footage ». Le film vacille entre la comédie et l’horreur et arrive autant à faire rire qu’à faire peur. Josef  engage Aaron (Patrick Brice) pour qu’il le suive avec sa caméra vidéo portative et le filme durant quelques jours. Plus les jours avancent et moins les réelles intentions de Josef sont claires. Mark Duplass y interprète magistralement Josef, un personnage aussi effrayant qu’émouvant et réussit à passer régulièrement du personnage « creepy » à celui plus humain qui se confie au personnage d’Aaron. Ce jeu entre l’angoisse et la compréhension affecte tout autant  le spectateur qui se questionne tout au long du film. Un petit film indépendant fait à deux têtes qui fonctionne totalement grâce à la profondeur du personnage de Josef et au malaise qu'il projette.



The One I Love

-          The One I Love (Charlie McDowell)

Produit par les frères Duplass et mettant en vedette le prolifique Mark Duplass, la comédie fantaisiste de Charlie McDowell The One I Love fut une excellente découverte du festival. Ethan (Mark Duplass) et Sophie (Elizabeth Moss) sont en thérapie de couple pour aider leur mariage qui bat de l’aile et se font offrir de passer quelques jours dans une retraite pour couples en difficultés. Une fois sur place, ils découvriront que vivent dans la maison d’invités une version idéale de chacun d’eux. Confrontés à cet autre idéalisé (ou oublié) ils devront faire face à leurs sentiments divergents face aux possibilités offertes par ces doubles. C’est sous l’angle de la comédie que le cinéaste approche cette thématique de science-fiction qui fait justement penser par moment aux « dramédies » de science-fiction « low profile » des Duplass comme Jeff who lives at Home ou Safety Not Guaranteed de Colin Trevorrow dans lequel Mark Duplass y tient le rôle principal. Des films de science-fiction misant sur un concept scénaristique original plutôt que sur des effets visuels. The One I Love réussit à traiter avec intelligence des relations de couple tout en offrant un très bon divertissement par l’originalité de son scénario.






The Midnight Swim

-          The Midnight Swim (Sarah Adina Smith)

Lorsqu’on a l’impression qu’il n’y a plus rien à faire avec le film de « found footage », la cinéaste Sarah Adina Smith réussit à se réapproprier ce sous-genre souvent associé au film d’horreur pour en faire un film, presque bergmanien, suivant trois sœurs qui retournent à la maison familiale quelques jours suite au décès de leur mère, et devront confronter leur passé. L’une d’elles sera constamment derrière la caméra pour filmer ce qu’elle appelle les archives familiales pour un éventuel documentaire. La mère, qui était une scientifique un peu excentrique, n’est jamais remontée d’une de ces régulières plongées dans le lac « spirit lake » pour y faire ses nombreuses recherches sur la mystérieuse composition du-dit lac. Tout en douceur, légendes fantomatiques, spiritualité et liens entre les éléments se faufilent subtilement dans ce récit où se mélangent les genres. On est dans un espèce de conte réaliste avec Midnight Swim. Une expérience envoûtante réalisée avec peu de moyens par une très jeune cinéaste à suivre.




The Creeping Garden

-          Creeping Garden (Tim Grabham, Jasper Sharp)

Bien que le festival Fantasia soit plus connu pour sa programmation de films de fiction, il ne faudrait passer à côté des documentaires, souvent en marge de ce que nous offre habituellement ce genre. The Creeping Garden fait partie de ces belles trouvailles documentaires offertes par les programmateurs du festival. On y traite des myxomycètes, ces organismes étranges qui sont souvent pris à tort pour des champignons car ils en présentent certaines caractéristiques mais qui sont en partie animales, fungi et végétales. Les cinéastes Tim Grabham (artiste visuel/iloobia cinema) et Jasper Sharp (auteur spécialiste du cinéma japonais et co-créateur du site Midnight Eye) ont réalisé un documentaire scientifique qui démontre une poésie visuelle faisant parfois écho aux films scientifiques de Jean Painlevé. Le film est visuellement très beau lorsque les cinéastes laissent les myxomycètes prendre tout l’espace de l’écran. On y découvre alors par la magie de la microscopie un monde aux multiples schémas et couleurs qui se développent sous nos yeux à vitesse accélérée. Il s’en dégage une atmosphère étrange que la musique de Jim O’Rourke souligne subtilement. Une fois l’émerveillement pour ces créatures passé, le film donne la parole à diverses personnes utilisant les myxomycètes chacun à leur manière. Que ce soit un spécialiste de la robotique, un archiviste des champignons, ou une artiste qui les utilise entre autre pour la production de schémas visuels. Gageons que ces espèces de « blob » intelligents sauront exercer la même fascination sur vous.   






-          Starry eyes (Kevin Kolsch, Dennis Widmyer)

Déception. Le film part sur une idée qui aurait pu être intéressante: La corruption des dirigeants des studios hollywoodiens, l’ambition maladive des jeunes filles voulant devenir des stars, la difficulté à réaliser un projet de film dans cette grande ville du cinéma. Le tout est raconté de façon métaphorique dans un film d’horreur qui, partant sur un ton fantastique (et encore intrigant) se dirige ensuite vers le "slasher" violent (beaucoup moins intrigant). Malheureusement, ce n'est ni la bonne trame sonore synthétique 80's, ni la "surprise" finale qui peut racheter la minceur du film.  Dire que j’ai manqué une projection 35mm de Boss Nigger pour ça. Ceci dit, le film est techniquement bien fait au niveau des effets sanglants et du maquillage alors il risque tout de même de plaire à certains.





Predestination

-          Predestination (Michael Spierig, Peter Spierig)

Surprise totale que ce film. Le film que personne n’a vu venir. On devait être une bonne partie de la salle à penser aller voir le prochain film des frères Spierig, c'est-à-dire un film de science-fiction avec une belle esthétique,  de l’action occasionnelle et une intrigue intéressante mais déjà vue. Un divertissement sympathique quoi. Ce fut tout sauf ce à quoi on s’attendait. Il serait impossible de résumer le film sans vendre de « punch ». Sinon qu’on a affaire à un agent de voyage temporel qui doit retourner dans le passé pour empêcher un évènement de se produire. Cette mission implique la rencontre de deux personnages interprétés par Ethan Hawke et Sarah Snook (découverte totale que cette actrice qui livre une performance incroyable) qui vont chacun se raconter leur histoire personnelle. Des révélations surprenantes en ressortiront. On peut déjà prendre le pouls du film avec sa très longue scène d’introduction dans laquelle le personnage interprété par Sarah Snook raconte la surprenante histoire de sa vie au personnage interprété par Ethan Hawke. Non seulement on y découvre un film au rythme lent et posé mais un film qui demande une écoute patiente et attentive pour comprendre l’ampleur du récit et éventuellement faire les liens nécessaires lorsque le film prendra tout son sens. L’histoire elle-même et les révélations qui en sortent sont fascinantes. Le fait que je ne m’attendais pas du tout à ce que le film fut réellement a probablement joué sur mon enthousiasme. Je serais donc très curieux de le voir une deuxième fois, non seulement pour réévaluer le choc et la pertinence du film mais parce que c’est justement le genre de film qui demande à se faire regarder de nouveau pour mieux comprendre la complexe toile scénaristique d’un type de récit généralement difficile à faire fonctionner. 

-David Fortin 

programmation du festival Fantasia
http://www.fantasiafestival.com/2014/fr/

vendredi 25 juillet 2014

FESTIVAL INTERNATIONAL DU FILM FANTASIA 2014 : capsule 3



-   Le 7ème Antiquaire retourne une autre fois sur certains films vus à Fantasia
http://www.fantasiafestival.com/2014/fr/  
capsule audio 3 : cliquer ici



Infinite Man
Infinite Man (Hugh Sullivan)
Dans la section non-nommée du festival que j’aime appeler « loop temporel » se place Infinite Man (aux cotés de Premature, Time Lapse, Predestination et House at the End of Time). Un film-concept à mi-chemin entre Groundog day et Multiplicity (en saupoudrant le tout d’un peu de Eternal Sunshine of the Spotless Mind) qui roule sur un concept science-fictionnel en jouant régulièrement la carte de l’humour. Avec trois interprètes et un lieu unique, l’australien Hugh Sullivan réussi à créer un film hautement divertissement si on accepte d’entrer dans le jeu (les films qui misent sur l’effet de répétition des scènes ne fonctionnent pas toujours pour tout le monde). À l’occasion de son anniversaire de couple, Dean cherche à revivre le week-end parfait vécu dans un passé où lui et sa femme semblaient plus unis. Dean aimant contrôler tout, il planifie ce nouveau week-end dans le détail mais le plan ne fonctionne pas comme prévu. Par l’utilisation d’une machine de son cru, Dean se projettera dans le passé afin de reprendre le plan depuis le début en évitant les mêmes erreurs, réussir son week-end parfait et garder sa femme auprès de lui. Les aléas du voyage dans le temps s’en mêleront et le film devient alors une course obsessionnelle à répétition au ton humoristique. Un très bon divertissement indépendant.

 
Cold Eyes

    Cold Eyes (Cho Ui-seok, Kim Byung-seo)

Cold Eyes est un thriller policier typique du cinéma coréen ou chinois qu’on a déjà vu souvent, mais ça ne l’empêche pas de  fonctionner. La formule est usée mais l’efficacité de sa construction nous laisse embarquer dans cette histoire de filature où le plaisir du film se situe dans l'observation des divers moyens q'une équipe de surveillance  doit prendre pour effectuer la filature d’un groupe de criminels  afin d'en démasquer l’organisation complète. Une réalisation efficace mais conventionnelle (l’éternelle caméra qui « shake » pour créer une tension) avec de bons comédiens qui savent apporter au tout une personnalité rendent le film  amusant et divertissant.


The Harvest

-  The Harvest (John McNaughton)

Des parents dont la vie de couple a vu des meilleurs jours, s’occupent tant bien que mal de leur enfant atteint d’une maladie qui réduit sa mobilité. L’arrivée d’une jeune fille qui cherche à faire ami avec l’enfant sous l’œil méfiant de sa mère protectrice.

La prémice du film de McNaughton n’est peut-être pas des plus attirantes mais en révéler plus serait vendre les éléments de surprises que le film récèle. McNaughton nous donne une bonne histoire avec de bons revirements et quelques surprises inattendues. Un film qui débute en mélodrame et qui se termine en thriller à haute tension. Le seul problème c’est qu’il est confortablement enveloppé dans une réalisation très conventionnelle qui donne parfois l’impression d’un téléfilm. Ceci dit, tous les acteurs sont excellents (particulièrement Michael Shannon et Samantha Morton dans les rôles des parents ainsi que Natasha Calis dans le rôle de la jeune fille) et le film arrive à garder l’intérêt du spectateur du début à la fin grâce à un bon scénario mais au final, ce n’est pas le retour attendu du cinéaste à ses œuvres plus fortes, ou du moins plus iconoclastes, comme Henry: portrait of a serial killer (1986) ou The Borrower (1991). The Harvest reste un bon film mais peut-être un peu trop générique pour vraiment se démarquer du lot. Du moins c’est l’impression qu’il m’en restait au sortir de la salle.

Ceci dit, peut-être l’ai-je vu avec mes yeux d’adulte et mes attentes par rapport aux premiers films du cinéaste, espérant un retour à ses sources. McNaughton serait-il plutôt retourné non pas à ses sources de réalisateurs mais aux sources premières de la peur.  Peut-être faut-il le voir, comme son réalisateur le suggérait après la projection, comme un film d’épouvante pour enfants. Du moins, un  scénario allant chercher les racines profondes des peurs enfantines. Cette peur et cette incompréhension des enfants face aux parents et au monde adulte. Surtout que The Harvest, avec ces deux jeunes protagonistes principaux, nous sert un thriller horrifique sans sexe et sans véritable violence dans lequel toute la terreur perçue par les enfants est psychologique. Dans ce cas le film fonctionne totalement. Le film de McNaughton se place finalement dans cette zone moins fréquentée de films d’épouvante intelligents visant l’identification d’un public plus jeune. Un film qui puise sa terreur non pas dans le surnaturel mais dans ce qui est le plus réaliste (Le scénario original est d’ailleurs tiré d’un fait divers). Le lancement du livre dirigé par Kier-La Janisse « Kid Power » durant le festival est probablement venu faire son effet sur ma volonté de voir le film sous un autre angle.



Kumiko the Treasure Hunter

-  Kumiko The Treasure hunter (David Zellner)

Coup de cœur que ce Kumiko. L’idée de base du film à lui-seul intriguera tous cinéphiles : Kumiko, une « office lady » d’une firme à Tokyo vivant de façon très solitaire est convaincue que le film Fargo des frères Coen indique un trésor caché (la fameuse mallette pleine d’argent que Steve Buscemi cache dans la neige) et part obsessionnellement à sa recherche en Amérique. Le ton du film se situe sur la mince ligne entre l’humour et le pathos, parfois même proche d’un humour que l’on retrouve chez les frères Coen (il est d’ailleurs intéressant de noter que le film est lui aussi écrit et réalisé par des frères), mais le film n’en est pas pour autant une véritable comédie. Ni totalement un film méta, ni vraiment un film hommage, Kumiko the Treasure Hunter est une œuvre à part avec son atmosphère étrange et décallée. La dernière partie du film nous amène dans une transe insolite qui n’est pas sans rappeler la zone d’Under the Skin sortie plus récemment sur nos écrans. Cette ambiance est d’ailleurs rendue en grande partie grâce à l’excellente trame sonore offerte par le groupe « Octopus Project » qui est composé de riches textures sonores appuyant l’étrangeté du film. Chaudement recommandé à ceux qui veulent s’aventurer dans une contrée cinématographique encore peu explorée.

-David Fortin