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jeudi 15 mai 2014

Émission du 8 mai 2014 (296) : DUSAN MAKAVEJEV et ses films W.R. Mysteries of the Organism et Sweet Movie

L'émission est ici
Le cinéaste yougoslave Dusan Makavejev aura été un des premiers serbo croate à lire les théories de Wilhelm Reich. Ces écrits l'auront assurément influensé dans son travail cinématographique (et fort probablement dans sa vie personnelle). Déjà, son film W.R. Mysteries of the Organism (1971) est à la fois un documentaire sous forme de pellerinage sur les traces du docteur Reich ainsi  q'un film de fiction synthétisant ses théories. Le tout réutilisé dans le contexte social et politique de la Yougoslavie afin de confirmer les idées de Reich sur les parallèles entre la répression sexuelle et la répréssion politique. Voulant révolutionner le socialisme en lui redonnant son humanité, Makavejev révolutionne aussi le langage cinématographique en utilisant les techniques de collages (d'images, de genres, de styles, d'idées) chères au cinéma soviétique ainsi qu'aux surréalistes. Le film sera un succès en festival mais banni en Yougoslavie et Makavejev se fera expulsé du partie communiste. C'est après un exil à Paris qu'il pourra faire son film suivant. 
W.R. Mysteries of the Organism
Sweet Movie (1974), co-production québécoise (avec Carole Laure), n'échappe pas à l'influence de Wilhelm Reich dans ses idées et critiques face à la libération sexuelle et la libération politique. Suivant deux femmes totalement opposées dans leurs valeurs et leur contexte politique, une certaine libération sexuelle se vivra pour chacune de façon totalement différente.
Sweet Movie

Pour écouter l'émission, cliquer ici

-DF

vendredi 21 septembre 2012

Notre émission du 20 septembre: Céréales et celluloïd-Le petit déjeuner des champions-The Road to Wellville

Pour écouter cette urgente émission, vous pouvez CLIQUER ICI...

Cette semaine, le 7ème antiquaire fera l'émission la plus vitale de sa prolifique existence. Notre volonté de tisser des entrelacs complexes mais précis de liens improbables tout en restant pertinents nous entraîne aujourd'hui dans un terrain pour le moins croquant et visqueux à la fois. 
Le cinéma et les céréales ont une évolution parallèle et un insidieux partenariat. De cette volonté initiale de nourrir le corps et l'esprit, ils sont désormais devenus les outils du charlatan pour proliférer et devenir ces explosions de couleurs vides qui donnent mal à la tête et qui dominent le marché... Mais impossible d'y résister...Essayer de comprendre cette relation, c'est mieux percevoir ce qui cloche dans notre civilisation...

ARRÊTEZ DE RIRE!

Ce n'est drôle qu'en surface. Le sujet est beaucoup plus grave qu'il n'y parait de prime abord. Oh que oui! Les céréales sont le vecteur de tramautismes personnels non négligeables certes (voir ce petit vidéo explicatif ici même), mais je suis convaincu que les différentes marques arborant des mascottes qui pullulent sur le marché sont en fait d'insidieuss forces totémiques qui ont la fonction de régulateurs du statu quo, d'équarisseur idéologique et d'outil de  vénération de notre passé de colonisateur.
Néanmoins, comme de nombreux cinéphiles américains avec un appétit pour la junk, le nombre d'heures que nous avons passé devant du mauvais cinéma en mangeant un bol de froot loops poisseux est incalculable. Nous savons forcément de quoi il en retourne.
Cette semaine donc, quelques évocations de traumatismes infantiles directement connectés à la consommation de céréales et de films (et le mien ne parle pas de Sugar Crisp, c'est promis)...


...une analyse des céréales basées sur des franchise de film...

Sur la boîte de céréales de BATMAN, on peut lire qu'elle ne contient pas "d'huile des tropiques". Fioou. Ca sonne vaguement louche, de l'huile des tropiques...
...nos meilleures scènes de céréales au cinéma...



Une petite toune de Diane Juster et pour finir, une analyse de fond de ce qui est sans contredit pour les céréales ce que "There will be blood" était pour le pétrole, "The Road to Wellville" d'Alan Parker.
À mi-chemin entre P.T Anderson,Terry Gilliam et Mel Brooks, avec une sensibilité burlesque grosse comme ça, truffé de blagues d'anus aux 15 secondes, tapissés des seins mur à mur et avec un Anthony Hopkins hystérique qui joue un Kellogg qui abuse des Frosted flakes, il est absolument impensable que cette comédie parfois surannée, souvent indigeste ne soit pas LE film culte des amateurs de céréales.
En fait, en tant que film improbable sur un sujet qui n'intérèsse personne réalisé avec inspiration, on ne peut pas faire mieux que "The road to Wellville"
 Et surtout n'oubliez pas les aminches, les céréales, comme le cinéma, ne sont QU'UNE partie d'un petit déjeuner complet!





dimanche 13 novembre 2011

Notre émission du 26 octobre-Spécial Halloween:THE ROCKY HORROR PICTURE SHOW-la totale!

CLIQUER ICI pour écouter notre émission! Allez! Qu'est-ce que tu attends? Tu sais que tu en as envie! Fais le!
Don't dream it...be it!
Let's do the time warp again, shall we?

Pour Halloween, le 7ème antiquaire se fait enfin son émission sur
THE ROCKY HORROR PICTURE SHOW!

LE FILM-CULTE: Tout ce que vous devez savoir sur sa genèse, ses inspirations et son importance! L'introduction parfaite pour le néophyte!

LE FILM DE CULTE: Comment le film est devenu un phénomène culturel sans précédent! Le cinéma comme  outil de célébration et d'euphorie! Les méthodes et les techniques!

LE FILM OCCULTE: Les aspects philosphiques du film, ceux qui vont aux fondements même du renouveau occulte britanique! Le film en tant que pamphlet magicke exhaustif! Même le plus ardents des exégètes y trouvera son compte! 

Let's get caught in a celluloid jam!

mardi 18 octobre 2011

FNC '11: Critique de SHAME-Vérités ou conséquences

(Cette critique est originellement parue dans Baron Magazine).
Le premier film de McQueen, HUNGER, montrait avec une approche quasi clinique l’atomisation d’un membre de L’IRA incarcéré qui menait une grève de la faim. Le spectateur voyait son interprète principal, Michael Fassbender, disparaitre graduellement à vue d’œil. L’acteur avait pratiquement accepté de se laisser mourir. Le corps de Fassbender devenait en quelque sorte le paysage aride du film, arpenté dans ses moindres anfractuosités.
Le premier truc que j’ai fait en terminant le premier film de McQueen, c’est de manger avec révérence la première chose comestible qui me tombait sous la main. Une brioche aux petits fruits pour être exact, forcément une des meilleures de toute ma vie. J’ai ensuite attendu patiemment le deuxième film de McQueen.

Avec SHAME, McQueen retrouve Fassbender pour nous montrer le quotidien d’un homme qui souffre de dépendance sexuelle.
En terminant le film, j’ai constaté que je l’avais regardé dans un véritable état de dédoublement. Le cinéphile et l’obsédé sexuel l’ont vu en même temps, mais ils ne l’ont pas vécu de la même manière. Je les laisse donc alternativement s’exprimer.

Le cinéphile :

Brandon travaille dans une compagnie anonyme au cœur de New-york. Il a des fringues d’enfer, un corps superbe et une bitte aussi imposante que sa bourse. Il pourrait sortir tout droit d’un roman de Bret Easton Ellis, une sorte de lointain cousin des Bateman. Brandon est incapable de connecter aux gens parce qu’il est dépendant sexuel. Toute sa vie est organisée en fonction de ses appétits. Le tableau est large : séduction constante et chevronnée, multiples relations sexuelles par jour, masturbations compulsives et consommation outrancière de pornos. Rien ne semble remplir le vide qui l’habite. Une réalité qu’il devra affronter quand sa sœur, une envahissante hystérique assoiffée d’amour, vient s’installer chez lui. Avec en prime, un généreux side order d’ambigüité…
Là où McQueen nous montrait l’atomisation physique de Fassbender dans HUNGER, il nous montre celle de son cœur dans SHAME. Au sommet de son talent et de sa beauté, absolument bouleversant, Fassbender est filmé dans tous les détails de son obsession; son regard de prédateur affamé, ses larmes, ses grimaces de jouissances, la dureté de son corps et de ses gestes. La musique d’Harry Escott souligne avec emphase la mélancolie de ses ébats qui ne lui apporteront jamais satiété. Avec HUNGER, SHAME forme un dyptique informel sur la vacuité et la nature de l’appétit. Espérons une trilogie, parce que McQueen est un formaliste fascinant.
Avec LAURENTIE, présenté au festival cette année, deux films traitent sensiblement le même sujet avec une approche similaire; le vide idéologique et existentiel d’une certaine génération, montré frontalement et organiquement. 
 L’obsédé:

Oh la honte. SHAME m’a confirmé que je suis un obsédé sexuel. Vous l’êtes probablement aussi. Disons le bien franchement, je ne doute pas qu’il y a en ce bas monde des gens qui souffrent profondément de cette dépendance et je ne la ridiculise pas. Impossible cependant de croire au drame de Brandon, malgré le jeu magistral de Fassbender. La totalité des gestes qu’il pose dans le film, je les ai posé un nombre incalculable de fois. J’en ai assumé les conséquences. Une quantité raisonnable d’hommes font de même. Mon quotidien est façonné en permanence par les exigences de mes instincts, de la masturbation récurrente au boulot jusqu’aux baises urgentes devant les passants. Si si. C’est un enfer bien douillet que semble vivre Brandon. Impossible de ne pas sourire devant ces scènes où il pleurniche sur des envolées de piano en faisant du triolisme. La souffrance du mâle alpha blanc des États-unis est une chose assez drôle à voir, avec ou sans ironie de la part de réalisateur (rappelons que Steve McQueen est afro-américain). Si le protagoniste avait été dodu, moche et vaguement inquiétant, le tout aurait pris une dimension autrement plus convaincante. Or, en filmant de façon si inspirée la tension érotique qui habite Brandon, avec cette attention aux détails, à son corps magnifique et au plaisir évident de ses jouissances, McQueen ne parvient pas à inciter la moindre sympathie pour la condition de son personnage. Par contre, il est parvenu à exciter pas mal de monde dans la salle et je me suis fais un plaisir à observer la chose. Si on voulait me servir une bonne leçon, elle a eu l’effet d’une fessée invitante. 

Je le dis sans honte; SHAME est terriblement excitant. Beaucoup même…tellement que le premier truc que j’ai fait le générique à peine terminé, c’est de me satisfaire dans les toilettes du cinéma. 

-Francis Ouellette


jeudi 29 septembre 2011

Notre émission du 28 septembre: Eldorado et autre quichottisme de pellicule: Aguirre VS Cabeza de Vaca


 I believe the common character of the universe is not harmony, but hostility, chaos and murder- Werner Herzog (me rend heureux)
Salut. C'est Francis qui parle. 

Au 7ème antiquaire, on aime les vieilles choses qui scintillent dans la pénombre de nos craintes séculaires, comme les hautes d'un truck à vidange dans le regard d'un écureuil.  Nous sommes des dompteurs de chimères, des insoumis et des éboueurs idéologiques. C'est bel et bien pour ca que le cinéma est notre principal outil de méditation: les rêves démesurés des hommes, c'est notre violon d'Inde!!!!!!!!!! Justement les aminches: cessons de jouer du violon et passant du côté des Indes, là où nos ancêtres de voilà très longtemps allaient hardiment scorer le scorbut. 

Ahhhh Eldorado...
 Symbole de toutes les démesures humaines, de nos cœurs fourrés jusqu'aux ventricules de cupidité. Eldorado: les Mystérieuses Cités d'Or avec un gros bol de Corn-Pops qui te grafignent le palais en sang si tu ne les laissent pas ramollir suffisamment dans le lait. Eldorado: un film qui a mal vieilli où une Macha Limonchik tout en décolleté se fait ramasser par James Hyndman dans les toilettes  des Foufs (que de bons moments je me suis donné avec ma main et ma manette sur le rewind. Je venais késiment aussi vite que lui!!!). 
C'est aussi un excellent film de Bouli Lanners (le gros belge de Louise-Michel), distribué par FunFilm  (cliquer sur le lien pour acheter une copie, c'est moi qui vend le film!)

Eldorado. : preuve unilatérale que nous sommes des ostis de singes, hurlant avecl a yeule beurrée de marde. Ça fait des bonnes vues, l'Eldorado!
Évidemment, le plus grand film sur le sujet, y'a pas de doute, ce sera toujours l'opus de Herzog, Aguirre ou la colère de Dieu. Une petite image? (tout le monde ici la vu j'imagine?)
Aujourd'hui, nous allons méditer sur les grandes leçons que nous offre ce film, parler un peu de Castaneda et de Conrad, de Kinski et de colonisation. 

Mais plus encore, nous vous ferons découvrir un grand film inconnu (merci à David Fortin de la Cinémathèque québécoise) traitant du même sujet avec un autre angle, Cabeza de Vaca.

 Film condamné, réalisé en 1990 par Nicola Echevarria et découvert pour la première fois sur les écrans français l'année dernière, c'est une bête hautement improbable et unique, comme l'Okapi. Une sorte de pendant initiatique à Aguirre, un western-peyotl sur fond d'évocations historiques et anthropologiques et de délires chamaniques jodorowskiens...produit par Roger Corman et avec des maquillages de Guillermo Del Toro! 


L'horizon t'attend mon ami, et dans les rumeurs frétillantes des mirages, il y aura ma voix: il te suffit de cliquer ici même pour l'écouter

mercredi 1 juin 2011

Notre émission du 1 juin: La Nazisploitation-Sexe, torture et nazi-chic pour toute le famille!

Cliquer ICI  pour nous écouter cette semaine!

Au delà des érections que le genre provoque chez Lars Von Trier, l'importance de la  nazisploitation (les films de nazis qui font subir tortures et sévices sexuels à des juifs) est à revoir de toute urgence. Le 7ème voulait depuis longtemps le visiter avec sérieux. Contrairement au WIP (women in prison), avec lequel il partage pourtant plus d'un point de corrélation, le simple fait de son existence soulève une quantité de questions dérangeantes mais cruciales.
Durant sa brève existence, il va sans dire que le genre a fait couler beaucoup d'encre et pas mal de sang, mais il a laissé aussi derrière des films  d'une importance indéniables: le Salo de Pasolini et Night Porter de Liliana Cavani ne sont que ça, quoiqu'en dise les amateurs de ces films (et le film de Cavani compte parmi mes préférés). À lui seul, Ilsa la louve des SS, film fondateur du genre, anticipait avec prescience notre dernière décennie de Torture porn, mais aussi l'émergence d'un certain fétichisme, qu'il a fort probablement consolidé.
En plus d'un survol du genre, notre émission de cette semaine sera en outre une excuse de taille pour étayer une théorie de la sexualité au début du 21ème siècle qui me démange ferme, selon un concept que j'appelle LA THANATÉROSE  parce que je trouve que ça sonne bien pompeux mais que c'est étymologiquement défendable. Si tout ce passe comme on veut à l'émission, on passe à l'histoire dans quelques heures, sans déconner, c'est tout comme.

Une théorie légère et sans prétention, qui se prend comme un glaçon de cyanure dans un verre de scotch et hop! Quel plaisir d'avoir une tribune aujourd'hui pour pouvoir débiter des trucs qui n'intéresse que nous.

jeudi 31 mars 2011

Notre émission du 9 Mars: Santa Sangre- Alejandro Jodorowski et les liens du sang

Il a fait pleuvoir des poules sur un de ses fils, assoiffé des dizaines de lapins dans le désert pour ensuite tous les manger et fait revivre la massacre des mayas en faisant exploser des grenouilles. Il a dépucelé langoureusement l'hymen du 4ième mur à une époque où le cinéma n'osait même pas s'en approcher. On sait qu'il a trois testicules et que Godard n'en a qu'une (il l'a dit). Il a inventé le western-peyotl (où du moins, il l'a exalté), le tir de Tarot cinématographique et le psychodrame sur pellicule. Ses films sont par la force des choses devenus des violentes créations collectives sous influence, des fantasmes communautaires et expérimentaux.  L'échec picaresque de son adaptation de Dune, qui fera à jamais fantasmer les cinéphiles, est devenu une des plus importantes sage métaphysique de la bédé, L'Incal..
Enfant terrible des late-nights showings, gourou pluridisciplinaire, icône de la contre-culture (à une époque où le terme avait encore une certaine pertinence), tout a été dit sur Jodorowski et on en fera jamais le tour. 
Mime, réalisateur, poète, dramaturge, auteur de bédé, guérisseur, père expérimental;  l'existence de l'homme est une suite ininterrompue de créations. Il se qualifie lui-même de psycho-magicien. Si le terme lui va plutôt bien, au final, Jodorowski n'est rien de moins qu'un authentique mystique. The Real deal. Sans édulcorant.
Il va sans dire que pour son passage à Montréal, prenant des véritables airs de célébration occulte, le 7ème veut être de la fête. Nous ne pouvions pas ne pas parler de Jodo. Il est directement une de raisons de l'existence de notre émission. Nous avons donc décidé de parler tout simplement de l'homme, de son œuvre et de son film que nous ne connaissions pas du tout, Santa Sangre. 

Film d'horreur psychodramatique sur les liens du sang sous toutes des formes, il laisse dans la conscience du spectateur un arrière-goût ferrugineux de cunnilingus prodigué durant la mauvaise (la bonne) période. 
 Quel bonheur de plonger goulument notre langue, le temps d'un brève heure cette semaine,  dans cette plaie béante et nourricière qu'est Santa Sangre.
La magie existe, c'est indiscutable. La preuve: Jodorowski sera à Tout le monde en parle ce soir. C'est pas weird ca les aminches! La vie est pleine de mystères improbables!

mercredi 16 février 2011

Notre émission du 16 février: The Honeymoon killers et les couples qui tuent au cinéma

POUR ÉCOUTER L'ÉMISSION, CLIQUER ICI

Sinon, écoutez donc ça pendant que vous lisez...



Spécial Saint-Valentin mortel! Sang-Valentin! Seras-tu mon Valentin...pour toujours???
 Avez-vous encore un grave cas de spleen de Saint-Valentin, même après les suggestions que nous vous avons fait ici ?   Le 7ème a teeeeeellllleeeement le remède contre les maux qui vous assaillent! On combat le feu avec le feu; une bonne dose d'Éros et Thanatos...et hop! Votre couple se portera mieux et s'il se porte déjà bien, il n'en ira que mieux encore. Cette semaine: Les couples qui tuent!!!! Vous pouvez tout de suite écouter l'émission en cliquant cliquant ici.


 Martha Beck et Raymond Fernandez étaient deux solitaires. Lui, faux latin lover, mariait des femmes pour les dépouiller de leur bien. Elle, infirmière de 250 livres, n'avait jamais connu l'amour. Quand ils se sont trouvés par le biais d'annonces classés, ce fut le coup de foudre instantané. S'ensuivra une dévorante passion où Martha sera le molosse meurtrier et docile de Ray. On leur donnera le nom de Lonely Hearts killers. Leur amour laissera un cortège de 12 cadavres de femmes...et inspirera un brillant petit drame de mœurs, le film américain préféré de François Truffaut, Honeymoon Killers.

Le grand écran raffole des couples qui tuent. C'est Éros et Thanatos se tenant littéralement main dans la main ou plutôt, c'est l'amour incestueux de leur progéniture hermaphrodite bâtarde, Sex & violence.Or, ces couples sont souvent des misfits bien glamours. C'est là où Honeymoon Killers devient unique. Pas de glamour ici mais nous ne sommes pas non plus devant un film de pure exploitation. L'époque veut nous le vendre comme un John Waters ou un Russ Meyer, mais il est une toute autre créature. Dans ma Vidéothèque, il est tout naturellement placé entre Whatever happened to Baby Jane? et Badlands.
Cette semaine, c'est avec un plaisir non dissimulé que nous vous parlerons de The Honeymoon killers... 

 
 
My story is a love story. But only those tortured by love can know what I mean … in the history of the world, how many crimes have been attributed to love?
-Martha Beck

lundi 14 février 2011

Pour une Saint-Valentin cinéphilique trashy

Rien comme le spleen de la Saint-Valentin pour se rendre compte de l'échec lamentable de son couple. Le repas était foireux, les cadeaux, risibles et le sexe forcé évoquait le dernier sursaut de vie d'un amour déçu et agonisant. Le silence remplissait la pièce. Brrr. Si vous n'êtes pas de ceux là, ce papier ne s'adresse pas à vous. À moins que votre palais d'amoureux en pince pour une célébration trashy bien assumée. Dans ce cas, vous êtes à la bonne place.
Il est toujours bon de relativiser votre couple pathétique et de regarder des histoires d'amours malsaines qui finissent dans un bain de sang. Ce sont les plus belles, demandez le au Barde. À la limite, on peut s'en tenir à des histoires atypiques. Tu vois, si Julia Roberts était une authentique crackwhore dans Pretty Woman et que Richard Gerebil la payait des sommes faramineuses afin de satisfaire, de façon hautement méta textuelle, la paraphilie animalière qu'on lui connaît tous, je regarderais ce film avec une dame le 14 février de ce pas. Kinky Bitches d'Amos Kollek pour toute la famille!

Bref, la Saint-Valentin, c'est aussi la période où le couple se loue un film romantique, voire érotique, pour attiser des passions faméliques, souvent déjà anéanties. Elle voudra un truc avec Jennifer Aniston, vous voudrez un truc avec Jenna Jameson. L'amour, c'est aussi des conciliations. Horreur ET amour! Sang ET sexe! Déviance ET tendresse!

On a 8 suggestions pour vous
:
Max, mon amour de Nagisa Oshima (1988). Envers et contre tous, un diplomate anglais bourgeois continue d'aimer sa femme même si elle se fait sauter par un singe. Un bonobo pour être exact, dont elle, Charlotte Rampling, est infatuée. Il tentera de la reconquérir, de comprendre cet amour bestial et de garder le caca dans le living room. Si c'est pas de l'amour... Nous avons couvert ce film dans une de nos émissions avec brio ICI. Maintenant, si seulement quelqu'un pouvait me redonner mon osti de VHS...

L'année dernière à Marienbad d'Alain Resnais (1962). Errants dans la méandres d'une monstrueuse villa sans âme, échappant à toutes formes de structure où l'espace-temps est définissable, un homme tente de convaincre une femme qu'ils se sont aimés jadis. Un peu comme ce que vous allez faire ensemble ce dimanche au Ikéa, la poésie en moins. On en parle dans une émission ici.
The Night Porter de Liliana Cavani (1974). Il est ancien nazi devenu portier de nuit après la guerre. Clandestin. Elle est juive, fut internée dans un camp de concentration où il se la tapait brutalement à tout le soir. Mais grâce à lui, elle a survécue. Plusieurs années plus tard, ils se croisent à la porte de l'hôtel...et ils remettent ça! Le désir est trop fort. Après un singe, Rampling se fait des nazis! On en parle aussi dans une émission ici. Possession d'Andrzej Zulawski (1981). Je vous laisse la surprise. Ce film là contient toutes les réponses à vos questionnements de couple. Ahhh l'amour, quand ça nous tient dans ses tentacules gluantes et que ça serre! Vous allez passer une soirée intense en écoutant notre émission sur le sujet en cliquant ici.


Death in love AKA Dr.Mengele in love! de Boaz Yakin (Cliquez sur la photo pour lire mon petit billet sur le film en question).
Une juive qui a un petit oumph pour un nazi tortionnaire donne naissance en secret à une progéniture forcément névrosée et incapable d'amour. S&M, trahison, jewish guilt et dégoût de la chair...la parfaite combinaison pour la romance! Votre tendre moitié en redemande! À écouter back to back avec Night porter, pendant que votre belle vous circoncis avec ses dents. Back in da day, Oy Vey!
Bad Timing.

Aaaaah ! Nicolas Roeg ! À une époque reculée, avant que le terme sulfureux et Antichrist ne soient invariablement associés (je persiste et signe, le film de Trier, dont je suis par ailleurs un inconditionnel, est une banale et hilarante version-piste d'hébertisme du Possession de Zulawski et de Don't look now...mais avec plus de glands!), il n'y avait que toi pour nous montrer des idylles suintantes de vitriol. Julie Christie et Donald Sutherland s'éloignant douloureusement l'un de l'autre après la mort de leur enfant, Bryan Brown massant goulûment 1:30 de temps l'opulente poitrine de Mimi Rogers tout en l'engueulant dans Full Body massage. Mais dans mon livre à moi, c'est Art Garfunkel qui se taille la part du lion dans le plus grand film de Roeg, Bad Timing. Une des plus belles relations malsaines du cinéma.

Bad Biology de Frank Henenlotter Si vous ne connaissez pas Frank Henenlotter, il faut vite allez écouter notre émission sur ce génie en cliquant sur la photo du haut. Grand manitou du Schlock, de la série Z (+ XXX), il ne faut jamais perdre de vue que le monsieur n'a jamais raconté autre chose que des grandes histoires d'amour et de jalousie. Que ce soit un frère siamois cannibale arraché en moton qui voudrait lui aussi connaître la passion, un savant fou qui se fait la fille de rêve en se cousant les morceaux de choix de plusieurs putains ou un parasite lubrique qui t'envoie du jus bleue de bonheur dans l'hypothalamus, les protagonistes des films de Henenlotter ont un dévorant besoin d'intimité. Bad biology est sa plus grande histoire: fille avec 7 clitoris qui vire folle et meurtrière quand ils sont titillés en boucle cherche homme seul au pénis amovible et meurtrier pour briser la solitude. Un peu comme le Matador d'Almodovar si la bitte de Banderas avait un trou de graine hurlant.

LE TOP 1 DU DÉCRISSANT POUR LES ÂMES EN PERDITION:
Sombre de Philipe Grandrieux.

Une expérience sensorielle plus qu'un simple film, pour le réalisateur comme le spectateur. Jeune femme triste et suicidaire trouve enfin l'homme qui lui faut, un serial killer torturé qui étrangle lorsqu'il aime, façon archétypale-loup garou-monstre de Frankenstein. Tout ça dans une ambiance de désolation glaciale qui fera durcir les mamelons de votre douce comme jamais, c'est garanti. Ça manque un peu de Diana Krall en trame de fond mais moi, le film me donne des monstrueuses et turgescentes érections à toutes les fois.
Bonne Saint-Valentin XXXXXX

samedi 1 janvier 2011

Des tentacules et des femmes...(âmes sensibles s'abstenir)

C'est toujours suite à une séance amoureuse matinale que l'envie me prend d'évoquer des sujets saugrenus (généralement à caractère sexuel, on devinera). Récemment, sans crier gare, post -coital et taquin, je me suis surpris moi-même à parler sur l'oreiller de bestialité. Il faut dire que j'avais failli me faire lécher le gland par un chat curieux, quelques secondes plus tôt. Heureusement, l'événement aurait été accidentel. Peut-être suis-je vieux jeu, mais j'aime les chats (et le reste des bêtes) d'un amour platonique. Après la peur initiale s'ensuivit le rire, les anecdotes salaces et une discussion générale sur les mythes urbains: une fille, un chien et du beurre de cacahuète (un film pour toute la famille!), le fermier et la narine de veau...les japonaises et les tentacules...

"Des tentacules?" de rétorquer mon amoureuse. "Ben voyons..."

Inutile de vous décrire l'incrédulité tout à fait justifiable de la dame que j'aime sur ce sujet pourtant séculaire...
Devant cette incrédulité, je suis porté à l'évidence de la nécessité d'un article de fond sur le sujet. Je ne prétendrai pas à l'exhaustivité; un simple survol thématique suffira aux néophytes. L'exégète trouvera son compte dans certaines évocations pertinentes et des théories imagées.On doit essentiellement la fascination du "sexe tentaculaire" à ces braves gens du soleil Levant. Un adage de Lao-Tseu va comme suit :"dis moi ce que tu manges, je te dirai ce que tu baises". C'est d'ailleurs au Japon, dit-on, qu'on trouve un charmant restaurant où pour la rondelette somme de 7000$, vous pouvez baiser votre repas vivant avant de le déguster. Dit-on. On retrouve en outre les premières manifestations de pornographie tentaculaire nippone au tout début du 19ème siècle et ce, bien avant l'apparition des premiers textes de H.P Lovecraft où la suggestion du viol par des créatures marines hybrides et démoniaques font figures de récits fondateurs."Le rêve de la femme du pêcheur" estampe érotique de Hokusai Karsushika, 1820


Il est cependant clair que l'explosion des archétypes Lovecraftiens dans la culture populaire typiquement nommés les mythes de Cthulhu (voir la créature en bas), aura considérablement enflammé l'imagination des Japonais. Ces visions de femmes impuissantes et violées dans tous les orifices par des démons antédiluviens est une extension justement "tentaculaire" de mythes Lovecraftiens. Chez Lovecraft, l'horreur est bel et bien un phénomène physique, naturel, entrainant chez l'homme un viol de l'esprit, une destruction de l'entendement. Les japonais auront conjugué ces notions à la pornographie, au viol total.
Depuis, on retrouve "le viol tentaculaire" dans toutes les sphères de la culture populaire nippone.
Les mangas:

Les animes, (les dessins animées appelés les hentais):L'art pornographique conceptuel:
...et conjugués à d'autres sous-genres, comme le cyber-punk...Or, le phénomène n'est pas strictement japonais. Ce que les japonais ont grappillés à Lovecraft, la dimension sexuelle de ces imageries, les occidentaux "nipponophiles" l'ont récupérés également, souvent en le conjuguant au cyberpunk:

Ridley Scott avec "Alien":Cronenberg avec "The Naked Lunch"

Zulawski avec "Possession":

La petite sirène:Chose certaine, la recette reste sensiblement la même partout dans le monde: une jeune femme innocente se fait violer dans tous les trous en même temps. avec des degrés variables de plaisir. Comme il est plus au moins interdit de montrer des pénis au Japon, on devinera que le tentacule aura fait office de remplacement de fortune.
Ce qui rend le phénomène intéressant, c'est qu'il est véritablement devenu une sous-catégorie de la pornographie. Il se sera insinué dans la réalité. La chose est d'emblée ambiguë que les victimes de ces appendices sont souvent vaguement satisfaites par ces pénétrations intégrales. Au Japon, la consommation des hentais est faite par une majorité écrasante de femmes (des femmes occidentales ont aussi un intérêt marqué pour la chose) . Le néophytes n'aura aucune difficulté à trouver un véritable film où une femme se fait pénétrer par des tentacules. Des sites se dédit spécifiquement à la chose, qu'elle soit fictive comme le site Rough Tentacle Hentai:


Ou véritable.
(MISE EN GARDE: Cliquer sur la photo pour une vidéo. Soyez conscient de la nature particulièrement choquante de la chose et prenez une grande respiration avant)
Mais que représente véritablement ce fantasme? La mémoire distante et atavique d'une sexualité informe et protoplasmique, où tout était à la fois pénétrant et pénétrée? La mise en scène d'un désir de viol intégral, commun aux femmes et aux hommes, socialement acceptable parce que fantaisiste?
Le symbole de la domination sexuelle des femmes japonaises, conditionnées à faire croire que leur soumission et leur souffrance leur est plaisante? Il suffit de regarder un film pornographique avec des japonais pour voir comment cette attitude est omniprésente: les pornstarlettes japonaises sont présentées comme d'éternelles fillettes innocentes subissant, entre le consentement résigné et l'extase, les risibles prouesses d'hommes abusifs n'ayant par ailleurs aucunement les phallus volumineux si fortement prisés par la pornographie occidentale.
Les tentacules violeurs des japonais sont-ils l'illustration inconsciente d'un complexe d'infériorité génitale? Je ne parle pas simplement de la taille du pénis mais aussi de cette peur du sexe féminin, abysse apparemment insondable d'où surgit la vie hurlante et fumante, vision d'horreur pour bon nombre d'homme.
Faut-il, symboliquement, un énorme tentacule Lovecraftien pour sonder cette abysse? Est-ce le fantasme de vengeance d'hommes incertains de leur capacité à satisfaire une femme? Est-ce la vision que certain d'entre nous avons de la femme, un puits sans fond de désir impossible à remplir?
N'allez surtout pas croire que l'occident est en reste: des variations de ce phénomène se retrouve partout dans notre pornographie. On y retrouve des scènes de phallus volumineux pénétrant tous les orifices d'une femme simultanément, dans une espèce de danse frénétique et cadencée, devenant parfois autant de visions cauchemardesques de corps protéiformes, de chairs en métamorphose, dépersonnalisées et sans visages.

Toutes ces réponses ont probablement une certaine validité. Or, arrêtons nous sur le nom du grand-père involontaire de ce sous-genre: H. P Lovecraft.
Peut-être que la clé d'une autre explication se trouve dans l'étymologie tout aussi involontaire de son nom (Merci à Somoza!).

"Love"=amour. "Craft"= un art, une méthode, une technique.

L'amour/le sexe en tant que méthode, technique, mécanique, froide et visqueuse. Les créations de Lovecraft, des créatures d'amour/de sexe mécanique, physique, des machines corporelles de pénétrations absolues, d'infiltration totale. Des créatures qui violent la réalité et s'infiltrent partout dans l'existence.

Le viol tentaculaire, ce n'est rien d'autre que ça. L'excitation par l'avilissement, l'écrasement de l'homme par la vie déchainée, le forçant à l'humilité. Les femmes comme les hommes sont ici dans l'avilissement: devenant une victime, la femme connait enfin la satisfaction et bien que ces mises en scène sont le fruit d'esprit masculin, on remarquera que ce dernier est absent de l'équation sexuelle. Il est en conséquent inefficace.

Le viol tentaculaire devait tôt ou tard s'infiltrer dans la pornographie qui n'est au final rien d'autre que l'excitation par la démesure et l'avilissement volontaire.