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vendredi 19 décembre 2014

Émission du 11 décembre 2014 (322) : MOVIE HIGHJACKING REMIX EXTRAVAGANZA ou le FILM DE MONTAGE


Cette semaine au 7ème Antiquaire on s'intéresse à ces oeuvres cinématographiques remixées, détournées, remontées, pour créer une toute autre oeuvre, cet art délicat du détournement cinématographique, pour divertir tout autant que faire réfléchir sur le cinéma. On plonge donc dans le phénomène de plus en plus grand du remix-cinéma. REBIRTH OF A NATION de DJ Spooky, THE CLOCK de Christian Marclay, LA CLASSE AMÉRICAINE de Hazanavicius et Mézerette et FINAL CUT de György Pálfi, en détournant par FILM IST de Gustav Deutsch et FAST FILM de Virgil Widrich. La dialectique peut-elle casser des briques? on le découvre ici même: Cliquez le lien audio http://media.choq.ca/audio/emissions/7eantiquaire/2014/12/26032-emission-du-11-decembre-2014.mp3

mercredi 30 avril 2014

VOTEZ POUR LE 7ÈME ANTIQUAIRE! (C'est un vote de tête, de coeur et de cul!)

Bonjour à toi cher auditeur-trice

J'espère que tu vas bien et que tu ne te fais pas trop chier au boulot. 

C'est le temps béni/maudit de l'année où CHOQ.CA la radio web de l'Uqam,  fait son gala d'excellence. Cette année, TOI, cher auditeur-trice, tu as la possibilité de voter pour ton émission préférée! C'est ça la puissance de la démocratie.

Si jamais tu as le temps et que tu en a envis, si jamais le 7ème antiquaire arrive parfois à égayer tes longues nuits d'hiver à grand coups de soliloques et de loghorrées sur le cinéma là où tu les veux, je t'invite à voter en cliquant sur le lien 


Merci et say him to your mother for me! Je t'aime

-FRANCIS




mercredi 9 avril 2014

POP-EN-STOCK PODCAST NO.3: LA FOLIE "GRAND THEFT AUTO 5"


À la troisième émission de Pop-en-stock podcast, une analyse multi-angle du phénomène de société qu'est GRAND THEFT AUTO 5. Au delà de l'importance du jeu, GTA5 est révélateur de profonds changements dans les pratiques vidéo-ludiques des "gamers", des mutations de l'industrie et d'un paradigme culturel qui ne cesse de prendre de l'ampleur... 

 Écoutez l´émission directement ici

Retrouvez-nous tous les mercredis sur les CHOQ.CA, la radio Web de l'UQAM à 17:00.

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Et pour ceux et celles qui veulent en savoir plus sur l´univers GTA, plongez vous avec délices dans l´essai de Samuel Archibald Real Niggaz Don't Die ! Grand Theft Auto : San Andreas entre récit et jeu

POP-EN-STOCK PODCAST NO.2: SHERLOCK HOLMES DANS LA CULTURE POP



Retrouvez pour notre émission no.2. de Pop-en-stock podcast sur Sherlock Holmes et la place particulière qu'il occupe dans le panthéon de la culture populaire. En compagnie de Sarah Grenier-Millette, on parle cette semaine des multiples incarnations du personnage. Télé, cinéma, comics, pastiches, les grandes adaptations,les mutations. The game is afoot! 

Écoutez l´émission directement ici

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POP-EN-STOCK PODCAST NO.1: YEAR ONE


Au menu de la toute première émission radio de Pop-en-stock ; la genèse du projet et la relation symbiotique particulière qu'occupera ce podcast avec le portail. Aussi, on vous présente nos chroniqueurs qui se sont prêtés à un désuet exercice: parler d'eux-même par le biais d'un objet ou d'une œuvre fétiche (Comme jadis, à la entrée, mais de manière infiniment plus inquiétante).

Écoutez l´émission directement ici 

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dimanche 6 avril 2014

Notre émission du 22 avril: Guy Maddin et l'élan expressioniste



Guy Maddin et l'élan expressioniste. 

Loin d'être un esthète éthéré et obsédé par le passé et la référence, le 7ème est d'avis que l'esprit du cinéaste canadien est l'authentique vestige d'une époque révolu, un cinéaste "steampunk déraciné d'un passé futuriste qui n'existe plus et qui n'a jamais existé. You feel me?

SPÉCIAL DE NOËL 2011: BUSH CHRISTMAS VS KATE BUSH CHRISTMAS

POUR ÉCOUTER CETTE FULGURANTE ÉMISSION,  ICI
Bush Christmas VS The Kate Bush Christmas special. 

Notre traditionnelle emission de fin d'année; des suggestions de films de Noel atypiques. Cette annee, il est question de passer Noel bien au chaud dans le bush...avec Kate et des enfants australiens qui crèveraient 30 fois s'il n'avaient pas l'aide d'un brillant petit aborigène qui n'a rien à foutre de Noël. Bon temps des fetes les aminches.

jeudi 3 avril 2014

Émission de 3 avril (no.291) Représentation de l'amérindien au cinéma




Des sauvages sans conscience. Des âmes nobles en harmonie avec la nature qui jamais n'esquisse le moindre sourire. Des guerriers suprêmes et connectés de manière symbiotique à l'environnement. Des alcooliques violents. 

Pour le québécois cinéphiles que je suis, citadin n'ayant jamais fréquenté d'autochtones, voilà les pléthores de clichés racistes que je suis habitué de me faire servir par la culture de masse, particulièrement le cinéma.  C'est un phénomène assez fascinant que l'"indien sur pellicule" (Je cite ici le titre du bouleversant documentaire de Neil Diamond, Reel Injun, qui sert largement de base de réflexion pour notre émission cette semaine.) L'indien de pellicule est au final un personnage fantasmé de toute part par le blanc, inventé de toute pièce par nos perceptions tronqués de ces cultures diversifiées et "élusives". Ce sont LES INDIENS, sans trop de distinctions par rapport aux tribus, au langage, aux coutumes, c'est un groupe monolithique d'individu qui sont tour à tour la menace suprême et l'éternelle victime.Les grands indiens du cinéma n'en étaient la plupart du temps pas du tout.
 Je suis curieux de savoir jusqu'à quel point mes perspectives des cultures autochtones ont été affecté par le cinéma, possiblement même sous la forme d'une admiration frôlant le racisme par inversion. J'ai tout fait pour ne pas tomber dans ce piège et pourtant, je suis certain qu'à un niveau inconscient, j'ai été néanmoins influencé. La preuve: je n'ai pas été insulté par les NA'Vis, ces indigènes bleus du film Avatar. Pour moi, ils étaient la continuation directe de tous les clichés positifs gravitant autour des autochtones du cinéma, poussé au paroxysme.

Cette semaine au 7ème, L'indien de l'écran: les clichés, la perspective des amérindiens sur leur image, les acteurs qui joue des Indiens et qui n'en sont pas, les films les mettant en vedette.

jeudi 27 mars 2014

Émission du 27 mars 2014 (no.290): Discussion avec Don McKellar

Pour écouter l'émission, cliquer ici:


Je vais vous faire une confidence. 

Je ne me suis que très rarement posé la question à savoir ce qui me définit en tant que canadien. Aucune condescendance, aucun mépris là-dedans. C'est seulement qu'en tant que québécois et montréalais de naissance, j'ai toujours considéré le Canada comme un autre pays, un voisin. Un mystère même. 

Mais justement ce voisin, celui qui me "déteste" et que je ne connais pas, il m'est arrivé à quelques reprises de m'interroger sur sa nature, au-delà des clichés. Si si! Une grande part de ce qui me fait aimer la "canuckitude" aujourd'hui, je le dois au réalisateur-scénariste-acteur Don McKellar. Et je sais que c'est le cas de pas mal de québécois aussi...


En l'espace d'une décennie, je croisais ce visage partout: chez Cronenberg, à la télé dans Twitch City, au scénario de 32 SHORT FILMS ABOUT GLENN GOULD et LE VIOLON ROUGE. Puis vint le choc de son film LAST NIGHT, film relatant les dernières heures d'un apocalypse tout ce qu'il y a de plus torontois où il FAIT TOUT (réalisation, scénario et rôle principal). En découvrant le travail de McKellar, je constatais que l'homme était fort souvent présent d'une manière ou d'une autre dans toutes les sphères de la vie culturelle canadienne.  Il m'a fait m'intéresser au cinéma canadien, il a aiguisé ma curiosité pour les thèmes qui traversent cette cinématographie. Sans m'en rendre compte, je devenais, un peu plus à tous les jours, maudite engeance, un CANADIEN. Et ça ne faisait même pas mal à ma Québécitude. 

Le temps d'une discussion d'une heure et question d'être dans l'air du temps, nous rencontrons l'homme cette semaine (EN GROS ANGLA qui plus est!) Il sera question de crise identitaire sous toutes ses formes, de fin du monde et de José Saramago, de la disparité entre le cinéma torontois et québécois, d'errance et de la dilatation de l'espace comme thème central des films canadiens, de comic-book, de séparatisme et de Geneviève Bujold comme fantasme des jeunes canadiens de jadis 


-Francis Ouellette

lundi 10 mars 2014

Émission du 6 mars 2014 (no.288) : Hommage au cinéaste ALAIN RESNAIS (1922-1914) et son chef d'oeuvre PROVIDENCE (1977).




Pour écouter l'émission cliquer ici
 
Alain Resnais
Alain Resnais a déjà dit « Je crois en la liberté des personnages et je me sens obligé de respecter leur volonté ». Cette phrase qui peut s'appliquer à beaucoup de ses films fait totalement écho à son film Providence. Cette liberté des personnages c'est aussi, et surtout, une liberté de la pensée créative. Avec Providence, Alain Resnais signe un film sur le processus de création (littéraire et, indirectement, cinématographique de par l'écriture de son scénario) et y insuffle une bonne dose d'humour, parfois noir, en démontrant de façon efficace et ludique les transformations de la pensée créatrice et de la part de réel qui envahit la fiction.


Ayant obtenu plusieurs prix (Bodil Awards du Meilleur Film Européen, 7 Prix Césars dont celui du meilleur film, Prix de la critique Française, Décibel d'Or de la meilleure bande-sonore) et reçu essentiellement des critiques élogieuses, il est dommage de constater la difficulté d'accès à un film aussi important. Le film ayant longtemps été hors-circuit des distributions domestiques, on devait espérer des projections pellicule en cinémathèques et cinémas de répertoire. Ce n'est que tout récemment qu'une édition DVD restaurée du film a vu le jour chez Jupiter films (pourquoi une version restaurée HD ne se retrouve pas sur un blu-ray pour en apprécier réellement la qualité? C'est un mystère). Cette édition étant limitée (le dvd vient avec un bout de la pellicule 35mm à l'intérieur), on peut imaginer qu'elle sera vite épuisée.
http://www.jupiter-films.com/film-providence,8.php



Providence est un film sur la création et la désintégration. Sur un créateur aux prises avec sa propre création. Sur Clive (John Gielgud), un vieil écrivain malade, au lit durant une nuit entière à élaborer en songe ce que pourrait être son prochain (et probablement dernier) roman.
Alain Resnais aura dit dans un entretien que son film Providence peut se résumer à une question: Est-ce que nous sommes ce que nous pensons être, ou est-ce que nous devenons ce que les autres font de nous dans leurs jugements?
Alain Resnais et Dirk Bogarde sur le plateau

Le film se sépare facilement en trois parties. On pourrait même dire que sur bien des aspects, le film possède trois niveaux. On peut d'abord voir le film découpé en  trois étapes : la presentation des personages, de leurs liens, de leurs personnalités que Clive, l'auteur, fabule durant une longue nuit cloué au lit, affecté par la maladie et l'alcool. Par les commentaires narratifs que l'écrivain porte sur les images de ses pensées en cours, on comprend que ses personnages fictifs sont en fait des membres de sa famille qu'il juge sévèrement. S'ensuit alors l’étape du "déphasage" dans lequel ces mêmes personages inversent leurs rôles, changent de voix, se surprennent à dire une réplique ou avoir une réaction qu'il ne comprennent pas eux-mêmes. Leurs actes, leurs propos sont alors ceux que produit la peur de vieillir et de mourir. Ils sont ceux de Clive, l'écrivain malade, mourant, incrustant ses peurs et ses remords dans la bouches de ses personnages. Les angoisses de Clive ont donc envahi ses personnages de la même manière que la végétation envahit les murs et décors de son roman en devenir. La troisième et dernière étape du film s'amorce au lendemain matin, suivant la nuit fièvreuse qu'aura vécue Clive, en nous faisant découvrir tous les personnages de son possible roman (ou du moins ceux qui les ont inspirés) dans la réalité, lors d'un déjeuner extérieur. On s'aperçoit alors que ces personnages ne sont pas du tout comme les a imaginés l'écrivain dans son flot de pensées nocturnes. On assiste dans cette dernière partie à des confrontations idéologiques et des propos sur la morale qui se centrent vers la figure maternelle absente. Durant cette nuit de création mentale, Clive était alors dans un processus d'auto-punition et projetait ses remords, ses torts, sur ses personnages, sa famille, en les observant et en les évaluant. Les mêmes thèmes développés durant cette partie nocturne du film sont alors repris sous un nouvel éclairage et les personnages, nous apparaissant véritablement comme ils sont, nous font mieux comprendre cet écrivain, ce qu'il a été et ce qu'il est devenu. Au final, dans un dernier plan magnifique, Clive fera ses adieux à sa famille et se retrouvera seul à trinquer avec lui-même, réconcilié.

Sonia Langham (Ellen Burstyn) dans la maison de Claude (Dirk Bogarde)

On peut donc voir trois niveaux de réalités qui existent en parallèle dans ce film. Celle de Clive, l'écrivain, dans le monde "réel", seul ou avec sa famille. Ensuite, la fiction qu'il élabore dans sa tête au fil de la nuit. Puis les rêves et cauchemars dans lesquels il devient plus spectateur de ses pensées qu'il ne les contrôle.

Alain Resnais aura aussi choisi de faire jouer ses acteurs de trois façons différentes pour chaque scène du film. Une première fois de façon caricaturale, une deuxième fois complètement neutre (degré zéro d'interprétation), puis une troisième fois de façon comique. Jamais il ne dira à ses acteurs laquelle il allait prendre, ne sachant pas encore lui-même. C'est au montage que Resnais décidait de ce qui allait se dégager d'une scène ou d'une autre. Dans quelle zone il voulait aller. Il réussit de cette façon à créer des détraquements de réalités qui amènent ce sentiment de déphasage durant le film.
John Gielgud se fait dirigé par Alain Resnais

Rarement le processus de création aura aussi bien été transposé à l'écran. Alain Resnais a su, avec l'aide de son scénariste, représenter ses moments où le cours d'une pensée se transforme et se laisse envahir par d'autres jusqu'à ce que l'initiateur de cette pensée se laisse mener par celles-ci. Pensons au personnage du joueur de foot qui traverse occasionnellement l'écran en courant, se faisant même questionner par un personnage sur le pourquoi de sa présence récurrente (l'écrivain lui-même qui ne sait plus pourquoi il garde encore ce personnage qui n'est plus qu'une trace d'une autre idée). Ces moments sont forts car très représentatifs aussi du processus par lequel Resnais est passé pour aboutir à ce scénario final. Le scénario initial apporté par David Mercer était plus fortement en réaction au coup d'état chilien. Avec Resnais, il aura travaillé ce scénario à plusieurs reprises en y apportant tous les changements permettant de mener le récit vers où Resnais souhaitait se diriger. Cependant, ils auront laissé des traces de toutes ces idées laissées de côté ou à peine développées se glisser dans le récit, le contaminant. Lui apportant au final un aspect surréaliste-comique. Par exemple, l'idée de départ de faire des parallèles avec les évènements suivant le coup d'état au Chili s'est dissoute jusqu'à ne devenir que des scènes de militaires traversant occasionnellement le décor pour se rendre dans un stade à l'intérieur duquel sont disposés plusieurs cadavres (faisant écho aux nombreuses détentions, tortures et exécutions ayant eu lieu au stade de Santiago). Tout en étant une trace ancienne de l'élaboration de son récit (autant le cinéaste Alain Resnais que l'écrivain Clive), cette scène peut aussi être vue comme un monde dans lequel les vieux n'ont plus leur place et se font exécuter par la jeunesse. Cette peur on la perçoit à plusieurs moments du récit de l'écrivain (le personnage de Kevin (David Warner) qui est jugé au début du film pour avoir tué un viel homme malade, se transformant en loup-garou et lui implorant d'alléger ses souffrances). Le joueur de foot fait aussi partie de ces personnages élaborés plus amplement dans les premiers jets du scénario qui au final se retrouvent à n'être qu'un souvenir qui passe. Resnais aura donc su les utiliser doublement : pour mieux définir ce processus de création mais aussi pour définir les peurs et angoisses du personnage de l'écrivain.


végétation envahissante sur la maison de Claude / La terrasse donne vue sur la mer ou la ville selon les plans

Le directeur artistique et chef décorateur Jacques Saulnier, collaborateur de longue date d'Alain Resnais (L'année dernière à Marienbad, Mon oncle d'Amérique, Smoking, No smoking) a aussi réussi, avec la collaboration de Resnais, à faire des décors évoquant ce processus de création. Resnais demandait à Saulnier de ne pas faire de recherche pour l'élaboration de certains décors qui le demandent habituellement afin de reproduire l'idée du souvenir d'un lieu. Ce cette façon, le décor du tribunal n'est pas celui d'un véritable tribunal mais plutôt l'idée que se fait l'écrivain d'un tribunal en pensant sa scène. De la même manière, la terrasse de la maison de Claude (Dirk Bogarde) donne occasionnellement vue sur la mer ou la ville se lon les plans (et souvenirs). Tout ce qu'on voit à l'écran durant ces évasions sont des germes d'idées qui seront probablement le prochain roman de Clive donc les lieux n'en sont pas encore définis totalement. Jacques Saulnier aura aussi intégré quelques éléments dans ses décors qui, de façon très subtil, font référence à Lovecraft. Comme le mentionne Resnais dans des entretiens, Saulnier est un admirateur de Lovecraft (ainsi que lui-même) et travaillant sur un film intitulé Providence, il ne pouvait faire autrement que glisser ces détails dans la direction artistique. Mais cette végétation tentaculaire qui envahi occasionnellement les décors, la tapisserie, ne fait pas que faire référence au célèbre écrivain ayant vécu (malade) à Providence, elle vient aussi donner une référence visuelle à cette idée de contamination des idées de l'écrivain sur ses personnages, de la contamination de nouvelles idées sur d'anciennes idées. Clive aura passé d'une idéologie communiste "bolchévique" à une idéologie plus bourgeoise durant sa vie. Un autre artiste s'incrustant dans les décors du film est H.R. Giger qui aura prêté ses oeuvres pour décorer les murs de la maison de Claude (Dirk Bogarde). Avec certains décors en trompe-l'oeil (L'Année dernière à Marienbad vient en tête) et des découpages de plans très recherchés (parfois proches de la bande dessinée), le film est aussi un pur plaisir esthétique.


exemple de découpage de plan élaboré et décor en trompe-l'oeil

Ces multiples fonctions aux décors, aux personnages, aux paroles apportent de multiples interprétations et niveaux de lecture au film et en font une oeuvre riche qui mérite plus d'un visionnement. Au final, Providence est l'histoire d'un père qui fait passer en jugement tous les membres de sa famille en imaginant, au travers d'une fiction qu'il élabore, une sorte de complot contre lui-même. Et à la fin du film, l'accusateur se retrouve accusé. Assurément un des meilleurs films d'Alain Resnais, il est intéressant de revoir aujourd'hui ce film sur un créateur approchant de sa fin, refusant de mourir, réévaluant sa vie, et par le fait même dévoilant son processus de création. Alain Resnais s'est toujours dit cinéaste instinctif plus que réfléchi. Avec Providence, il aura instinctivement fait un film de départ anticipé.

-David Fortin