300ème émission! Pour célébrer nos 8 ans de radio, le 7ème antiquaire
vous livre son ultime MANTRA du cinéma; nos 300 plus importantes
citations de films, connus et obscurs, accumulées au fil des années,
érigées en système hollistique capable de répondre à toutes les
questions existentielles.
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samedi 19 juillet 2014
jeudi 12 juillet 2012
Notre émission du 5 juillet: X-TRO et la fin des grands (V)idéaux
Pour nous écouter cette semaine, CLIQUER ICI
Non. C'est vraisemblement quand les jouets du garçon prennent vie et se mettent à décimer le gens que ce film m'a convaincu de son génie, tout involontaire soit-il.
X-TRO est sans contredit un des plus glorieux vestige de l'époque des grands (v)idéaux. Reste plus qu'une chose à dire. Merci XTRO...merci XTRO..merci XTRO...merci Xtro... merci xtro
Le 7ème antiquaire a beau être un adorateur des vestiges d'une époque révolue, nous ne sommes pas pour autant des passéistes. Certes, nous comprenons et partageons la souffrance de toute cette génération de cinéphiles qui nous a précédée, ces passionnés qui ont vaillament bâti leur culture en cinémathèque, dans les cinémas de cartier, avec une révérence que je trouve franchement inspirante.
Ces cinéphiles, pour qui la notion de rituel était forcément importante, ont tout à fait le droit de se lamenter de l'agonie du 35mm (faut dire aussi que "35 mm" sonne viril au boutte, alors que "DCP" sonne gravement comme une maladie vénérienne qu'on chope en baisant un cheval). La génération du VHS dont je suis issue ne connait pas les mêmes tourments, mais il ne faudrait pas croire que nos souffrances sont anodines. La lente agonie du club vidéo, suivie de la consécration de la vidéo sur demande, consolidera l'atomisation de la prochaine génération de cinéphiles. Disparaitra ce plaisir suranné de "bouquiner" son film, de parler cinéma avec une étrangère et vous retrouver à baiser dans une ruelle après une conversation de plusieurs heures parce que vous avez la même fascination pour Zulawski et Carpenter.
Une terrible nostalgie me tenaille depuis quelque temps; celle du plaisir que nous avions, tout jeune, à déambuler avec candeur dans les allées de club vidéos pour tomber au final sur une pochette de VHS comme celle que vous voyez plus haut. Sans le moindre avertissement. J'ai 8 ans et je viens de voir l'image d'un homme qui s'autocannibalise. Bordel...un peu tôt pour ça peut-être non? OU PAS!!!!!
Des cauchemars magnifiques s'ensuivaient, invariablement. Ces sensations me manquent: je n'ai jamais pu les retrouver.
Les traumatismes que m'ont fournis les images de pochette de VHS étaient souvent autrement plus significatifs que ceux laissés par les films eux mêmes. Cette période me manque tellement...
Celle d'un temps où un jeune homme pouvait tomber face à face avec ce genre d'image:
Putain de bordel de merde!
La délicieuse surcharge d'Éros et de Thanatos qui est contenue dans cette image hein? Kristeva elle-même s'en roulerait la bille! Pendant des années, cette image troublante de chienne de Satan aux mamelles appétissantes m'a totalement fasciné. Ce n'est pas moins d'une décennie plus tard que je vis le film en question. Sympa par ailleurs...y'a même une scène où les seins de la dame se font posséder de démons. Si si.
C'était un monde bien pervers que celui du club vidéo des premiers jours, avec ces étalages où se côtoyaient allègrement LA PLANÈTE SAUVAGE et ELSA, les mondos et les pornos. Il me manque vraiment beaucoup. Le VHS me manque. Les images des pochettes de mon enfance me manquent. Vous savez, quand les films parlant d'un jeune garçon subissant une mutation après avoir fusionné avec un canon laser s'appelaient tout simplement...RAYON LAZER!
Cette semaine, le 7ème vous parlera de ces films que l'on pense avoir vu...mais dont on a inventé la totalité de l'histoire tout simplement à cause du choc que nous procuré les images de la pochette. Vous avez assurément une.
Nous avons fait l'exercice jusqu'au bout, celui de trouver LA pochette fascinante qui nous hante depuis des décennies et regarder enfin le putain de film, question de voir enfin de quoi il en retourne.
Nous avons arrêté notre choix sur X-TRO de Neil Bromley Davenport. Après des années à être fasciné par toutes les images du film, enfin nous allions savoir de quoi il en retourne
Non mais regardez-moi ce bijou d'affiche...
La délicieuse surcharge d'Éros et de Thanatos qui est contenue dans cette image hein? Kristeva elle-même s'en roulerait la bille! Pendant des années, cette image troublante de chienne de Satan aux mamelles appétissantes m'a totalement fasciné. Ce n'est pas moins d'une décennie plus tard que je vis le film en question. Sympa par ailleurs...y'a même une scène où les seins de la dame se font posséder de démons. Si si.
C'était un monde bien pervers que celui du club vidéo des premiers jours, avec ces étalages où se côtoyaient allègrement LA PLANÈTE SAUVAGE et ELSA, les mondos et les pornos. Il me manque vraiment beaucoup. Le VHS me manque. Les images des pochettes de mon enfance me manquent. Vous savez, quand les films parlant d'un jeune garçon subissant une mutation après avoir fusionné avec un canon laser s'appelaient tout simplement...RAYON LAZER!

Nous avons fait l'exercice jusqu'au bout, celui de trouver LA pochette fascinante qui nous hante depuis des décennies et regarder enfin le putain de film, question de voir enfin de quoi il en retourne.
Nous avons arrêté notre choix sur X-TRO de Neil Bromley Davenport. Après des années à être fasciné par toutes les images du film, enfin nous allions savoir de quoi il en retourne
Non mais regardez-moi ce bijou d'affiche...
Les aminches, le 7ème antiquaire vous en conjure, XTRO est une découverte à faire. Si vous avez vu ce film trop jeune, soit vous n'avez rien compris à ce que vous avez vu, vous avez engoncé le traumatisme biiiieeeen loin dans votre mémoire ou vous êtes devenu un violeur d'animaux de compagnie professionnel. Plus qu'un simple film ovni, XTRO est littéralement un drame de chambre psychanalitique...avec un extra-terrestre violeur en guise de tartuffe. C'est presque trop beau pour être vrai. En essayant de grappiller maladroitement les grands succès de film d'extraterrestres de l'époque, Davenport a accidentellement fait un film quasi expérimental, un agencement improbale d'influence qui donne un objet non identifiable. Une fausse suite de RENCONTRE DU TROISIÈME TYPE qui devient une relecture de E.T...avec Alien comme protagoniste. À BOUT DE SOUFFLE allait puisé à la source du film noir pour inventer un nouveau genre; XTRO fait la même chose avec le film d'extraterrestre mais dans une inconscience des plus totale. Le résultat est forcément fascinant puisque le film de Davenport s'est fait instinctivement. Tout dans ce film est une plongée dans les recoins les plus boueux de la psyché humaine...
Je parle pas juste du XTRO en question, espèce de mélange entre Alien et Stephen Hawkings, ou même du fait que l'extraterrestre en question est un humain kidnappé jadis par des ovnis qui a laissé un fils traumatisé par son départ et qui vient le récupérer même s'il n'a plus "vraiment" forme humaine
Je parle pas non plus des moments où le fils se met à menstruer, ni même quand le père re-vient au monde de vivant en accouchant-écartelant une pauvre femme en deux...

X-TRO est sans contredit un des plus glorieux vestige de l'époque des grands (v)idéaux. Reste plus qu'une chose à dire. Merci XTRO...merci XTRO..merci XTRO...merci Xtro... merci xtro
vendredi 23 décembre 2011
En célébration
Voici que la semaine achève, notre première semaine de vacances sans émission et sans comptes à rendre à personne. Je l’ai passé en sous-vêtement à jouer au Sega Genesis (console de plus de 20 ans) et que j’en vois pas un me juger là-dessus. C’est aussi durant cette semaine que l’univers se met d’accord sur une chose et cette chose doit être vécue dans l’impératif le plus absolu : c’est la fête de Francis, nous devons donc lui faire des offrandes digne d’un héros mythologique au casque d’or, ou à la cuisse légerte ça dépends à qui tu le demande.
Chaque année nous revisitons les classiques : une peau d’humain tué (et tamisé) pour que Frank puisse se coucher dessus comme un pin-up sexy, un mouton à l’haleine chaude qui puisse souffler sur son front pour préserver sa chaleur ou un long bâton de bois avec les trois premières phrases du Quran inscrites dessus. Seules les offrandes les plus redondantes seront escortées à la porte car ceci est plus qu’un amoncellement de lettres forgeant un texte de qualité (argumentable), les mots qui s'approchent sont une offrande, comme du beurre clarifié que l’on coule sur le dos de Ganesh, que je fais à mon pote Francis. Cette offrande est publique, car à la manière d’une cérémonie faite en groupe, je crois fondamentalement que les hommages qui sont fait en publics propagent un plus grand sentiment de sacré. La prière isolée, comme celles que nous faisons toutes les semaines à Choq.fm, rempli la nécessité de son usage mais ici nous offrons quelque chose pour un des plus illustres des bipèdes. Trève de demi-mesure, the dude deserves the whole shebang!
Alors moi, qui n’a plus rien à offrir d’autre que ce qui est fabriqué de mes mains Tchekhoviennes et mon esprit galvaudé aux jujubes, je me suis mis les mains au jeu. Que l’inspiration des muses viennent gratter de la neige en face de chez nous à cinq heures du matin, je me réveille et offre ici une tergiversation typiquement 7eim antiquairiesque dans laquelle nous ferons l’analyse d’une pochette, mais pas n’importe quelle pochette, aujourd’hui nous parlerons de Mammuth de Benoît Delépine et Gustave Kervern.
Pour la petite histoire sachez que c’est durant l’année 2011 que le Francis Ouellette à commencé un emploi qui, pour moi, faisait amplement de sens considérant son talent pour la jonglerie symbolique, responsable de DVD pour FunFilm, Francis s’est vu daigner la responsabilité de la conceptualisation des pochette de films de la boite de distribution, Mammuth n’est pas un sujet d’analyse anodin chois par hasard ou parce qu’il venait soutenir mes propos correctement, non. Mammuth est le tout premier film dont lequel Francis était entièrement responsable. Le DVD que je tiens dans mes mains est (un travail de longue haleine porté par plusieurs braves gens qui travaillent avec acharnement pour rendre ces titres disponible pour un public québécois) un produit 100% Frank the Bear (parce que oui : y’a un petit ours sur la pochette).
L’analyse qui suivra tentera de démontrer hors de tout doute que pour son premier DVD, Francis s’est donné dans toute sa splendeur symbolique pour livrer une présentation qui synthétise tout les grandes thématiques du film mais qui sert aussi comme rappel à son créateur. Dans les années à venir, lorsque des robots arriverons sur la terre glaciale et tenterons d’analyser les œuvres de ce cher fils de la Gaspésie ils découvriront que la clé de voute de toute sa création se retrouve dans cette pochette.
Premier point d’analyse : Francis est Depardieu, mais pas vraiment Depardieu mais plutôt le rôle le plus important que Depardieu à eu de sa carrière. Francis est Cyrano de Bergerac. Maître de l’usage de la langue et des hanches, Francis Ouellette porte le masque divin de Cyrano. La filiation entre les deux hommes se manifeste par une présence plus grande que nature. Malgré que Depardieu est maintenant parfois vu d’un œil peu flatteur, il inspire toujours autant l’immensité de l’âme du bon vivant, les deux hommes vivent avec une force d’existence alimentée par l’art, je crois que d’avoir Depardieu comme tête d’affiche n’est pas un hasard, comme cette première arcane que l’on utilise pour entreprendre un voyage, Depardieu sert comme père spirituel, un homme qui n’a pas d’égal et qui sert comme incarnation d’un autre homme qui habite Môsieur Francis : Honoré de Balzac. (Ouf je suis allé loin avec celui-là, allez voir des photos des sculptures de Rodin, c’est un peu weird comment les deux se ressemblent dans leur posture.)
Deuxièmement : Mammuth lui-même, qui désigne la monture et le personnage en même temps, dans le cas de notre cher « roasté » nous pouvons appeler Francis « Bixi » Ouellette. Fuckin’ A.
La pochette est aussi un usage fort d’un des premiers préceptes filmiques que Francis m’a légué. L’usage de la direction du parcours pour représenter la quête du personnage. Je sais de source sûre que Frank regarde beaucoup les transitions horizontales qui se font dans un film car, comme il me l’a dit une fois : Un personnage qui roule en direction droite symbolise l’avancement, si le personnage roule vers la gauche, sa quête en est une de régression.
Regardons les grands exemples :
En plus d’avoir un Depardieu qui se dirige vers le passé (vers la gauche), voilà que notre cher Francis a habilement ajouté l’image de feuilles qui s’envolent au vent du déplacement du personnage. Nous voilà avec un très beau double message rempli de sens. En mettant les deux figures ensemble on suggère que non seulement Mammuth recule vers son passé mais en faisant cela il se débarrasse aussi des mémentos de son vécu. Comme un Ishtar bedonnant, Mammuth revisite sa propre narrative tout en se débarrassant du poids de son passé, il se réinvente en conservant ce qui lui sera le plus utile sur sa route : le souvenir. Le voyage étant tout ce qui compte pour notre personnage, les traces de son histoire ne semble guère le préoccuper. C’est l’histoire qui compte, l’intériorisation des évènements et la possibilité de les avoir au bout de doigts et non pas empilés dans une commode. Le souvenir est la plus belle trace, sans trace, qui existe.
Pour un film qui met à l’affiche Gérard Depardieu, Yolande Moreau, Isabelle Adjani et une chick qui s’appelle Miss Ming. Ajoute Francis là-dedans et t’a un casting Francophile de The Expendables. Si Frank avait un strike-team à monter pour une dernière mission, on peut être sur qu’elle compterait ces gens et peut-être Isaach de Bankolé.
Nous savons aussi fort bien que tout homme féru d’occultisme comprend l’importance de l’élément caché in plain sight. En véritable coup de théâtre derrière la première image, celle de la première impression, Francis nous ajoute une seconde image, plus large cette fois-ci qui sert de deuxième et troisième de couverture. Cette image, qui n’en est pas moins symbolique mais qui, cette fois-ci, évoque plus de sensations que de réflexions. L’image de l’intérieur, un Gérard qui semble géant avec son petit verre de blanc semble inconfortable à l’idée d’être vu, d’être pris en photo, nous avons à l’intérieur de la pochette un Mammuth plus intime qui a la pêche devant un honneur qu’il ne croit pas mériter. Son bras est aussi levé, en guise de protection. Si l’extérieur de la pochette nous présente avec un buffet réflexif, un assemblage intelligent de symboles à déchiffrer, l’intérieur, comme l’homme, est rempli d’une émotivité touchante et gênée. En ouvrant la pochette, il y a des sourires, des regards fuyants, des véritables camaraderies, des strates que l’on porte pour se protéger, des chips pis de la piquette. C’est aussi un lieu de regard vers l’extérieur car le groupe, regardant le photographe, nous regarde aussi, on sourit à moitié mais on est d’abord et avant tout inconfortable avec l’autre qui vient s’immiscer dans notre quotidien sans invitation. (je clos ici, le festival de la virgule)
Quand à sa thématique, la quête immense et Quichotesque d’un homme qui réclame un peu de cohérence dans son environnement, reçu par plus de chaos et de non-sens à chaque pas qu’il entreprend dans son voyage englobe plusieurs « dadas » de notre cher ours. La défaite de la bureaucratie Kafkaesque, l’inconfort des rapports sociaux (« vous avez quelque chose juste-là ») de Muthafuckin’ LD et le culbutage dans les toilettes publiques sont des archétypes typiquement FrankOuellettiens (à ne par confondre avec la poésie FrankEtiennenienne) et la scène (à la césure) va sans dire si vous avez rencontré l’ours.
C’est avec moult analyse que j’arrive à la conclusion que la maxime « Un bon artiste copie, un grand artiste s’approprie » s’agence parfaitement bien avec le point que je tente de faire ici. Mammuth, malgré qu’elle soit l’œuvre de Benoît Delépine et Gustave Kervern, s’est véritablement fait intériorisé par le dude qui à pensé la pochette. Ce grand artiste de la verve iconographique s’est approprié cet œuvre et à pressé..wait for it…wait for it…la substantifique moelle du récit pour synthétiser les images les plus puissantes du film qui sont aussi un réflexion de l’homme qui en à fait l’agencement. On dit aussi que quand Paul parle de Pierre on fini par en savoir plus sur Paul que sur Pierre, allons voir ici que quand Francis Ouellette conçoit une pochette pour Gérard Depardieu on en comprend plus sur Francis que sur Gérard. L’artiste ici se camoufle habilement, il laisse les symboles crier le nom de leur maître d’orchestre.
PS. Ah oui, y’à aussi la ligne « D’ailleurs…j’ai eu l’idée de faire un CV, avec du papier de toilette et le sang de mes règles ». Je crois foncièrement que Francis aurait voulu l’écrire cette ligne-là.
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