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jeudi 21 mai 2015

Émission du 21 mai 2015 (339) : MIRACLE MILE (1988)

Pour écouter l'émission cliquer ICI



MIRACLE MILE (1988) de Steve De Jarnatt. Cette semaine au 7ème Antiquaire on traite d’un excellent mais méconnu film PRÉ-APOCALYPTIQUE (Ces films qui se déroulent sur les dernières heures de l’humanité tel qu’on la connait... tsé avant Mad Max). À l’image de Last Night de Don McKellar (que le 7ème Antiquaire a déjà reçu en studio) mais abordant un ton différent, Miracle Mile offre une vision de l’écroulement rapide des repères, de la morale et de l’équilibre de l’humanité lorsque celle-ci se sait sur le point de s’éteindre. Fait avec peu de moyen, le film de De Jarnatt réussi habilement à créer une tension constante (avec l’aide de la musique de Tangerine Dream) et à mélanger les tons, insérant suspense, drame et humour. Après la bombe il ne restera que cette archive audio: (podcast)


Storyboard par Paul Chadwick:


Les critiques s'emballent pour Miracle Mile:



http://www.choq.ca/emissions/7eantiquaire

l'épisode est ici :
http://www.choq.ca/episodemp3admin/28256/




jeudi 27 mars 2014

Émission du 27 mars 2014 (no.290): Discussion avec Don McKellar

Pour écouter l'émission, cliquer ici:


Je vais vous faire une confidence. 

Je ne me suis que très rarement posé la question à savoir ce qui me définit en tant que canadien. Aucune condescendance, aucun mépris là-dedans. C'est seulement qu'en tant que québécois et montréalais de naissance, j'ai toujours considéré le Canada comme un autre pays, un voisin. Un mystère même. 

Mais justement ce voisin, celui qui me "déteste" et que je ne connais pas, il m'est arrivé à quelques reprises de m'interroger sur sa nature, au-delà des clichés. Si si! Une grande part de ce qui me fait aimer la "canuckitude" aujourd'hui, je le dois au réalisateur-scénariste-acteur Don McKellar. Et je sais que c'est le cas de pas mal de québécois aussi...


En l'espace d'une décennie, je croisais ce visage partout: chez Cronenberg, à la télé dans Twitch City, au scénario de 32 SHORT FILMS ABOUT GLENN GOULD et LE VIOLON ROUGE. Puis vint le choc de son film LAST NIGHT, film relatant les dernières heures d'un apocalypse tout ce qu'il y a de plus torontois où il FAIT TOUT (réalisation, scénario et rôle principal). En découvrant le travail de McKellar, je constatais que l'homme était fort souvent présent d'une manière ou d'une autre dans toutes les sphères de la vie culturelle canadienne.  Il m'a fait m'intéresser au cinéma canadien, il a aiguisé ma curiosité pour les thèmes qui traversent cette cinématographie. Sans m'en rendre compte, je devenais, un peu plus à tous les jours, maudite engeance, un CANADIEN. Et ça ne faisait même pas mal à ma Québécitude. 

Le temps d'une discussion d'une heure et question d'être dans l'air du temps, nous rencontrons l'homme cette semaine (EN GROS ANGLA qui plus est!) Il sera question de crise identitaire sous toutes ses formes, de fin du monde et de José Saramago, de la disparité entre le cinéma torontois et québécois, d'errance et de la dilatation de l'espace comme thème central des films canadiens, de comic-book, de séparatisme et de Geneviève Bujold comme fantasme des jeunes canadiens de jadis 


-Francis Ouellette

jeudi 13 février 2014

Notre émission du 13 février 2014 (no.285): PETER WATKINS- de la radicalité comme vertu

Cette semaine, le cinéma de PETER WATKINS. 


En focalisant sur ses deux films The war game (1965) et Punishment Park (1971), on vous parle de ce cinéaste en marge de l’industrie cinématographique, suivant une démarche très particulière, exigeant la participation personnelle des acteurs non professionnels dans l’écriture du film, provoquant chocs et débats autour de ses films et ayant assurément laissé des traces sur d’autres cinéastes après lui. À 17h30 sur CHOQ, radio web UQAM ou en archive audio après la diffusion ici même. 


jeudi 6 février 2014

Émission du 6 février 2014 (no.284): ROBOCOP, sa vie, son oeuvre

POUR ÉCOUTER L'ÉMISSION , CLIQUER ICI:

Nous dédions cette émission à Alain Magloire, tombé sous les balles d'agents de la paix, avec le symbole du travail dans sa main, que ces derniers auront probablement confondu pour un engin de mort. Qui sommes nous pour remettre en question leurs réflexes et leur entrainement? 

À l'aube d'un remake déjà mort à l'arrivée, le 7ème antiquaire fait enfin son émission sur Robocop, et du même coup, notre première sur Paul Verhoeven. 



Pour le 7ème, une pléthore d’éléments font de ROBOCOP un des films les plus brillants de sa génération, une satire redoutable déguisée en "blockbuster", une tragédie costumée en film de super-héros, un vrai film de MONSTRES, mais où les monstre ne sont pas ceux que vous croyez. Une déflagration d'ultraviolence servant précisement à la critiquer. 

Au delà de ces nombreux éléments, ce qui rend le film important à nos yeux, c’est qu’il révèle avec une certaine prescience la mécanisation du travail policier et ce qu'Antonio Dominguez Leiva appelera dans un fascinant texte sur Judge Dredd (la principale inspiration de Robocop), "les charmes ambigus du super-fascisme, 

Et pourtant, Robocop, c’est aussi précisément l’inverse: ce n’est pas le plus efficace policier du monde parce qu’il est mécanisé...c’est le meilleur policier du monde parce que du fond de son conditionnement, c'est sa conscience et  son humanité qui refait surface. 


Cette semaine, au détour d'une analyse de cet "american jesus" prolétaire, on vous parle de la filiation avec Frank Miller et l'univers des comic-books, de son cousin précurseur The Vindicator (Frankenstein 88 en francais) de Jean-Claude Lord, de l"embrigadement explicitement thatchéro-reaganien qui en est fait dans le complexe médiatico-militaro-industriel", Nixon, la marchandisation du personnage, la victoire faustienne de la corporation et de la  putain de statue dont a vitalement besoin Détroit.


"UN BON SOLDAT SAIT QUAND SUIVRE LES ORDRE. UN GRAND SOLDAT SAIT QUAND DÉSOBÉIR" -Martha Washington

mercredi 26 octobre 2011

FNC '11: le mot de la fin, VOLCANO, TAKE SHELTER, PLAY ET SNOWTOWN

Quelques jours pour décanter la massive surdose de stimulis offerte par le FNC cette année, exceptionnelle à bien des égards.  Sur mes 16 films visionnés, le 7ème n'aura pu pondre que 6 critiques, dont 4 s'adressent aux plus importants  films découverts au Festival: SHAME de Steve McQueen, LOS ULTIMOS CRISTEROS de Matias Meyer, HORS SATAN de Bruno Dumont et GUILTY OF ROMANCE de Sion Sono (cliquer sur les liens pour  lire les critiques).

Un dernier survol des autres grandes découvertes avant de quitter...

VOLCANO de Runar Runarsson- La mémoire et la mer
Pas surprenant que ce film remporte la Louve d'or du FNC. L'éventail d'émotions riches et contradictoires qu'il est capable de générer évoque sans peine  les grands Bergman et Kurosawa. On est bel et bien dans les mêmes eaux que celles de FRAISES SAUVAGES et de IKIRU.

Hannes est un islandais renfrogné et cynique qui commence les premiers jours de sa retraite.  Ses liens avec sa famille sont tendus et ses journées sont ennuyantes. Entre son vieux bateau, sa clope occasionelle et sa pauvre femme qui ne sait plus comment le prendre, Hannes ne sait pas trop à quoi ressemblera le reste de sa vie. Alors que son coeur commence à peine à se réveiller à la vie, celui de son épouse s'arrête quelques secondes. Elle restera paralysée. Hannes considère qu'il est de son devoir de s'occuper d'elle à la maison, ne serait-ce que pour s'amender de plusieurs années de mauvais traitement. Mais sa famille ne le voit pas du même oeil...

Quand il est question de larmes et de serrements de coeur,en ce qui me concerne, les Scandinaves n'ont pas leur pareil. Il faut que je fasse le jeu de mot; VOLCANO est un film sur l'éruption, celles que l'on contient en soi et qui détruisent. Ces éruptions de vie et de bonté aussi, qui nous prennent parfois -dont un morceau d'anthologie vu dans le film, une inoubliable scène d'amour entre Hannes et son épouse. Une des grandes forces du film, c'est évidemment son interprète principal, Theodor Juliusson. Avec son physique de  viking bourru et sa mine patibulaire, Juliusson semble toujours sur le point d'exploser. Il pourrait avoir ces mots de Beckett tatoués sur les biceps "Mes meilleures années sont peut-être derrière moi... mais je ne veux pas revenir en arrière. Pas avec le feu qui brûle en moi maintenant."  Rien de plus troublant que de voir ce vieux guerrier apprendre douloureusement  la tendresse auprès de sa femme catatonique (d'emblée lorsque cette femme est le sosie vivant de Janette Bertrand). Dans VOLCANO, il y a la grande mélancolie d'une vie qu'il a fallu laisser derrière, un quotidien aux larges des îles qu'il a fallu abandonné et un homme qui doit réapprendre à vivre en se rapprochant de la mort.

En regardant VOLCANO, j'entendais des passages LA MÉMOIRE ET LA MER  de Leo Ferré, dont le film de RUNARSSON est le lointain cousin; Reviens fille verte des fjords, reviens violon des violonades, dans le port fanfarent les cors, pour le retour des camarades...

Je lance tout de suite la supposition dans l'éther; VOLCANO sera retenu aux Oscars et si c'est le cas, il gagnera.


TAKE SHELTER de Jeff Nichols- La dernière tentation de Curtis

Une famille américaine tout ce qu'il y a de plus classique. Le père, Curtis est ouvrier, la mère est femme au foyer, leur petite fille est mignonne et sourde. Ils vont à l'église le dimanche et mangent du pain de viande.  Une véritable crèche de sapin de Noel, style americana. Depuis quelques temps, Curtis s'inquiète de  phénomènes atmosphériques qui lui semblent anormaux. Pluies gluantes et brunes, étranges formations de nuages et comportement erratique des oiseaux. Curtis s'inquiète pour  sa famille; même ses rêves sont maintenant traversés d'inquiétantes visions. Sa famille s'inquiète pour lui; il est le seul à voir ces phénomènes. Et quand Curtis se met à construire fiévreusement un abri contre une catastrophe qui n'est imminente que pour lui, sa vie change drastiquement..

Deux lignes qui reviennent souvent à propos  de TAKE SHELTER, c'est qu'il emprunte  à Malick et que Michael Shannon est le nouveau Christopher Walken.
Pour ma part, tant qu'à grapiller dans les hautes sphères de la référence, TAKE SHELTER est un drame psychologique à ranger entre deux de mes films préférés, JACOB'S LADDER et THE LAST WAVE. Du premier, il partage les angoisses existentielles, la paranoia et le sous-texte gnostique. On y trouve aussi un comédien immense jouant un personnage en chute libre et incertain de ses propres visions. TAKE SHELTER devient un peu le pendant champêtre de JACOB'S LADDER oû le protagoniste ne cherche pas le salut de son âme, mais la survie de sa famille .
De LAST WAVE, il partage l'ambiance, les visions apocalyptiques et un rythme allant en crescendo vers l'inéluctable révélation qui n'est pas celle que l'on croit..
Au delà des références, TAKE SHELTER reste un drame psychologique d'une efficacité troublante.. Est-ce que Curtis est fou ou est-il un prophète?  La réponse à cette question devient vite accessoire. Qu'il soit un chamane sensible aux changements de la terre ou un schizophrène, Curtis souffre profondément de ces visions et perd tranquillement la confiance de ses proches.  Là est le drame. Il est familial et la famille, c'est évidemment les États-unis au grand complet, avec ses angoisses des dernières décennies.  TAKE SHELTER n'est cependant pas du tout un film apocalyptique. Et oui, Shanon rappelle les belles années de Walken, mais son registre de jeu est infiniment plus diversifié.
Jeff Nichols a réussi à faire un classique instantané, un film qui aurait pu se faire à n'importe qu'elle époque sans qu'on y  apporte le moindre changement.  Un phénomène en soi; c'est son deuxième film. Mais c'est aussi sa deuxième collaboration avec un acteur trop peu célébré et en voie de connaître sa consécration. Michael Shannon retrouve ici ce registre de jeu tout en folie et en vulnérabilité qui l'a fait remarquer dans le BUG de Friedkin (rappelons que Shannon avait précédemment interprété ce personnage plusieurs fois au théatre). Sans aucun cabotinage, Shannon incarne l'angoisse de son personnage en lui conférant des dimensions sartriennes.

Nichols a déjà la trempe d'un auteur. C'est son prochain film avec Shannon, intitulé MUD, qui nous confirmera s'il l'est ou pas.

PLAY de Ruben Östlund- Funny games!  pour les 8 à 15 ans
Avec des plans-séquences évoquant souvent de simples caméras de surveillance, Ostlund nous fait suivre un petit gang de jeunes immigrants africains qui s'adonnent avec une inventivité hors du commun au taxage de  jeunes bourgeois. Il n'est pas seulement question pour la bande de dépouiller leurs victimes, mais d'exercer sur elles un niveau de domination psychologique et de manipulation digne des plus grands arnaqueurs. Pour eux, c'est un simple jeu. Un jeu qu'ils pousseront au paroxysme en choisissant parcimonieusement trois jeunes victimes qu'ils dépouilleront de tout, vêtement, argent et amour propre. Le tout avec une caméra qui ne recule devant aucune proximité, renchérissant la  tension et l'inconfort.

Il n'y a pas vraiment de violence physique dans PLAY. C'est à un niveau autrement plus insidieux que la cruauté se joue. L'intelligence des jeunes de la bande est grande et leur mesquinerie, née d'une relative indifférence,  l'est tout autant. En l'espace d'une journée, ils soumettront les jeunes garcons à une série d'humiliations plus inventives les unes que les autres. Les adultes sont évidemment absents et quand ils y sont, ils ont eux aussi peur de la jeune bande. Haneke qui réalise un épisode de Charlie Brown.  
Les victimes de bullying auront sérieusement froid dans le dos en regardant PLAY. Ces derniers  se retrouveront lancés à nouveau dans ces jeux de pouvoirs dont les subtilités semblent échapper cruellement à certains parents. L'ordre de préséance montrée sans fard, à  hauteur de jeune homme
En parallèle, Ostlund nous montre sa vision d'une Suède contemporaine en redéfinition; une scène oû des latinos déguisés en iroquois font du World beat  sur un coin de rue consolide dans son absurdité ce sentiment de perte de repère. Il prend aussi quelques risques en  ne se complaisant pas à peindre des jeunes immigrants qui souffrent de pauvreté et en démontrant les mécanismes pervers de l'instrumentalisation du racisme.

Bien au delà de tout désir de commentaire social, PLAY est un suspense naturaliste qui dérange grandement, servi par de jeunes comédiens tout à fait  crédible. Une découverte de taille

SNOWTOWN de Justin Kurzel- GUMMO 2: goin' down under!

La grande qualité de SNOWTOWN, c'est d'être candide tout en gardant  son sens indéfectible de la fumisterie. Accessoirement, le film nous raconte l'histoire d'une famille australienne défavorisée vue à travers le regard d'un des fils, Jamie. Pour échapper à sa vie merdique, il se lie d'amitié avec John, un individu charismatique qui intégrera rapidement sa famille. Ça tombe plutôt mal, l'individu est John Bunting, aujourd'hui le plus tristement médiatisé des tueurs en série d'Australie. Jamie découvre rapidement que John n'est pas le papa dont il avait besoin...ou peut-être que si justement, ce qui est bien pire.

La première heure de SNOWTOWN est hilarante bien malgré elle : le réalisateur s'acharne avec une diligence déroutante à copier tous les grands plans de GUMMO, le film d'Harmony Korine, à quelques inflexions près...mais avec un sérieux qui frôle le pompeux.  Je ne parle pas de quelques emprunts prétextant l'hommage mais bel et bien de la totale, the whole shebang, le rip-off de long en large. Tout y est: photo jaune-pisse, acteurs avec des gueules de consanguins et freaks de grand chemin, la cuisine en contre-plaqué, les engueulages familiales inconfortables, les goons qui se tiraillent et même  les repas dégoutants de spaghettis mastiqués en stéréo. On a même remplacé les scènes de trituration de cadavres de chats par des kangourous. La totale je vous dis!

Jusque là, l'idée de voir un GUMMO 2 en Australie me plaisait plutôtt bien. Le problème, c'est que Kurzel est occupé à donner à son film des airs de WAR ZONE, le film de Tim Roth. Qu'est-ce qui manquait à GUMMO selon lui? Un Ray Winstone. Un personnage charismatique et inquiétant qui se révèle être un monstre. Ray Winstone joue toujours les figures paternelles déviantes dans ces étouffants drames sociaux anglais. Trouvez moi tout de suite un Ray Winstone! Le rôle du tueur Bunting sera donc tenu par Daniel Henshall (seul point fort du film, du vrai gaspillage), sorte de Ray Winstone océanique.

Exit GUMMO. La deuxième heure, Kurzel fait du pilote automatique en pastichant maintenant HENRY:PORTRAIT OF A SERIAL KILLER...avec le même sérieux débonnaire dans l'appropriation. Tout y sera, même la  scène réglementaire d'étranglement trop longue. SNOWTOWN est un de ces produits bâtards et amorphes qui se cachent derrière de vagues justifications conceptuelles, en prônant à fond la carte du post-modernisme.  Ce qui est miraculeux, c'est qu'il arrive à plaire à quelques cinéphiles, malgré sa vacuité presque totale.

Plusieurs personnes quittaient pendant le film. Ce fut le cas aussi à Cannes, dit-on. Les producteurs pourront crier à qui veut bien l'entendre que le film est trop choquant pour certaine personne. Alors qu'en réalité,  les gens quittaient parce que SNOWTOWN est aussi captivant qu'une tempête de neige dans l'écran et aussi pertinent que le son de l'écho. 

vendredi 30 septembre 2011

Votez T IS FOR TURBO!

Salut les aminches! 


J'ai un petit service à vous demander...
Il vous suffira de prendre cinq minutes de votre temps pour regarder ceci:

Vous avez aimé? 
Alors je vous invite à aller voter en CLIQUANT ICI et en appuyant tout simplement Vote for this has 26th filmaker'' et confirmer ensuite son vote par courriel.



Je ne vous demande pas ça parce que je joue dans le film et que je suis un narcisse de paille, ni parce que ce sont des potes qui l'ont fait. Je ne vous demande pas ça non plus parce qu'on y voit une homérique et grand guignolesque bataille sur fond de paysage post apocalyptique fait par des cinéphiles passionnés...avec des BMX. Ni même parce que les méchants sont vêtus de cuir et font peur et qu'Yves Corbeil joue le chef.


Je vous demande simplement de voter pour lui parce que c'est déjà un des meilleurs films de la sélection The ABC's of Death et que RKSS mérite grandement de gagner les 5000$ du concours dans le but d'en faire un long métrage. 


Merci.


lundi 25 juillet 2011

Fantasia 2011, Jour 9: Critique de THE DIVIDE. Huis clos à louer...style nihiliste-chic

Il y a des juxtapositions qui font sourire et qui font froid dans le dos en même temps. À la première Fantasienne de The Divide, le public  était particulièrement survolté. Au tiers constitué d'un groupe qui semblait justement sortir d'un film post-apocalyptique, leurs réactions étaient pour le moins surprenantes, légèrement plus que de coutume à Fantasia. Cet atavisme donnait chaud au cœur : des cris, des commentaires d'une violence surprenante (Pour ma part, kill that bitch! et Suck it Faggot! sont en tête de liste) et une ovation debout pour Michael Biehn (vraiment?).
Le réalisateur Xavier Gens devait être aux anges. D'entrée de jeu, le public était presque une extension naturelle de son  film: bavard et tapageur. 
 The Divide est un huis clos post-apocalyptique comme vous en avez vu plusieurs. L'idée n'est de renouveler une recette moult fois éprouvée mais d'insuffler une vie nouvelle au sous-genre à grand coup de stéroïdes(comme les personnages qui nous rappellent que les radiations et la faim, ce n'est pas une raison pour perdre ses biceps).

1-Une attaque nucléaire qu'il n'est pas nécessaire de montrer ou d'expliquer.
2-Une bande bigarrée qui se réfugie et se barricade dans le sous-sol de leur immeuble. La mère de famille fragile, les baveux de service, la jeune femme silencieuse, le noir qui en vu d'autre et le pleutre habituel. Le concierge, maître des lieux, un homme au lourd passé avec un sens aiguë de la paranoïa qui sait de quoi il en retourne. 
3-Montrer "graduellement" le niveau de dégénérescence physique et psychologique de notre bande de chouettes copains, jusqu'à les faire sombrer dans l'inévitable sauvagerie. 
 En tentant de renouveler tout ca, Xavier Gens fait des choix particulièrement consternants.

Il parvient à faire oublier au spectateur l'étroitesse des lieux: le sous-soul de l'immeuble est filmé avec une énergie digne d'un Panic Room (la caméra n'en fini plus de passer par des tuyaux et les trous de serrure) . 
Exit: la claustrophobie. On se croirait parfois dans une relecture de Frontière(s) avec les tics de réalisation de Hitman. L'esthétique de jeu vidéo bien perceptible.

Ensuite, Gens choisi de couvrir le tout d'une trame sonore extrêmement tapageuse qui ne laisse pas deux secondes de répit ni aux spectateurs ni même à ses personnages :effets de violons, orchestrations "déchirantes". On s'attend d'une minute à l'autre à voir un visage pleurer avec Mad World de Gary Jules qui joue à fond. Les personnages passent par ailleurs une bonne partie de leur temps à hurler et s'insulter. Il n'est pas vraiment question ici de montrer une tension psychologique crédible. On veut transformer au plus vite nos personnages en menace
Exit: le silence et la tension. Impossible dans ce contexte d'être affecté par la dégradation mentale des personnages. Heureusement, leur grotesque transformation physique (cheveux qui tombent et yeux cernés) est là pour nous indiquer leur niveau de dégénérescence empirique. La direction d'acteur encourage donc à fond le cabotinage. À ce niveau, le jeu survolté de Milo Ventimiglia, protéiné et homoérotique, est plutôt réjouissant. Le personnage grand guignolesque campé par Michael Eklund est hilarant et inquiétant à la fois. Il lui seul, il finit par sceller notre manque d'implication émotive. 

Que nous reste-t-il devant ce large huis clos gavé de musique où les personnage deviennent des déchets vivants entre deux postillons? Eh bien, il nous reste "le plaisir" de les voir se détruire jusqu'au dernier. Il a beau être racoleur, The Divide assume au moins son coté nihiliste-chic. Dans notre manque absolu d'attachement pour cette brochette de personnages tour à tour clichés et irritants, on veut forcément les voir se faire torturer et s'entretuer, question d'avoir quelque chose à se mettre sous la dent. Difficile dans ces circonstances de reprocher aux macaques à côté de toi de glousser des que quelqu'un se fait trancher la gorge ou arracher un ongle.  Après tout, il ferait probablement de même. 
C'est à ce moment que le huis clos, pour mon plus grand plaisir et mon dégout, est devenu la salle de cinéma. 
J'adore Fantasia.


mercredi 20 juillet 2011

Richard Stanley-Conversation avec un chaman de la caméra, le temps d'un thé et d'un Tarot (avec une apparition surprise de Karim Hussain)



Nous recevrons Richard Stanley aujourd'hui à 3:30 pour un entretien sur le cinéma comme outil d'expérimentation occulte. Pour écouter l'émission, cliquer sur la photo du bas

Voilà maintenant 6 ans, Fantasia faisait découvrir le cinéma de Richard Stanley à des hordes de cinéphiles assoiffés de découvertes. Certain le connaissait déjà en tant que réalisateur du film-culte HARDWARE (90), une prenante relecture cybernétique du mythe de Pygmalion dans un futur post-apocalyptique. 

Le temps d'un film d'horreur aux échos résolument tarkovskiens (Dust Devil, 92), de quelques documentaires à saveur occulte sur le vaudou et le Saint-Graal et d'un débâcle picaresque sur The Island of Doctor Moreau, il devient une des voix uniques et distinctives du cinéma fantastique. 
Reste que pour la plupart, Stanley est une découverte récente. Je me permet de dire que la découverte est aussi celle de Stanley lui-même, parce que l'homme est aussi fascinant que ses réalisations. Explorateur du monde et de l'inconscient, c'est un mystique doublé d'un réalisateur et l'outil-cinéma n'est qu'un des artefacts avec lequel il s'exprime. C'est aussi un redoutable cartomancien.  Au cinéma comme au Tarot, il demeure d'abord et avant tout un conteur capable de captiver en quelques mots.
Hier,  il attendait patiemment dix quidams venus se faire lire la bonne aventure, assis à une table du Blue Sunshine . Un thé en main, un chat qui se prélasse dans un rayon de soleil, des affiches de films vintages de documentaires antidrogues. Stanley a l'air d'un grand chamane avec son chapeau de cowboy, ses longs cheveux noirs et son t-shirt orné d'un mandala. Son sourire est aussi laconique que son regard est profond. Je suis en sueur et étourdi: tout conspuait à ce que je ne puisse pas le rencontrer ce jour là. Contre toute attente, je suis là devant lui, à m'empiffrer de biscuit feuille d'érable et de thé. Je n'ai  jamais été aussi canadien.


Je le remercie pour deux raisons: la torride séance amoureuse que son film DUST DEVIL avait jadis initié avec ma copine et son documentaire sur le vaudou WHITE DARKNESS (2002), simplement le plus beau film jamais fait sur le sujet . Il me parle de sa mère mourante, de la quête de sa sœur inconnue dans un village africain reculé, d'une chasse au  shape-shifter qui se passe là bas. Nous parlons de son cinéma, d'horreur en général, de notre passion pour le Tarot et de sa présence au Festival Fantasia. Je lui fait savoir que je n'ai jamais laissé personne me lire le Tarot auparavant. Il m'invite à participer étroitement à la lecture avec lui.


Le tir commence. L'espace de quelques cartes seulement, tout ce que Stanley lit est déjà absolument, totalement adéquat: perte d'emploi, jonglage existentiel, confrontation avec la mère, omniprésence d'archétypes féminins et immobilité à la croisée des chemins. Je suis saisi de frissons. Pas de place pour le moindre scepticisme. Richard Stanley m'a ouvert comme un vieux coffre. Je pense à mes échecs et mes peurs; je les vois devant moi comme autant de démons que je laisse me narguer.

J'étais venu ici par curiosité pour parler avec un réalisateur que j'admire. Je suis partie remplie jusqu'au cœur de conseils, d'histoires et d'anecdotes, déjà impatient des blessures et de caresses à venir. Je lui demande s'il veut participer à une émission avec nous.Sure. Rien que ca.


En quittant, je pense à une ligne du personnage principal de DUST DEVIL:  
"il n'y a pas de bien ni de mal, seulement l'esprit et la matière. Et des mouvements qui se rapprochent ou s'éloigne de la lumière". 


Je regarde le chat qui se prélasse de plus belle dans un rayon de soleil. Je le flatte.  Ma journée commence.


Richard Stanley-Conversation avec un chaman de la caméra, le temps d'un thé et d'un Tarot (avec une apparition surprise de Karim Hussain)



Nous recevrons Richard Stanley aujourd'hui à 3:30 pour un entretien sur le cinéma comme outil d'expérimentation occulte. Pour écouter l'émission, CLIQUER ICI
Voilà maintenant 6 ans, Fantasia faisait découvrir le cinéma de Richard Stanley à des hordes de cinéphiles assoiffés de découvertes. Certain le connaissait déjà en tant que réalisateur du film-culte HARDWARE (90), une prenante relecture cybernétique du mythe de Pygmalion dans un futur post-apocalyptique. 

Le temps d'un film d'horreur aux échos résolument tarkovskiens (Dust Devil, 92), de quelques documentaires à saveur occulte sur le vaudou et le Saint-Graal et d'un débâcle picaresque sur The Island of Doctor Moreau, il devient une des voix uniques et distinctives du cinéma fantastique. 
Reste que pour la plupart, Stanley est une découverte récente. Je me permet de dire que la découverte est aussi celle de Stanley lui-même, parce que l'homme est aussi fascinant que ses réalisations. Explorateur du monde et de l'inconscient, c'est un mystique doublé d'un réalisateur et l'outil-cinéma n'est qu'un des artefacts avec lequel il s'exprime. C'est aussi un redoutable cartomancien.  Au cinéma comme au Tarot, il demeure d'abord et avant tout un conteur capable de captiver en quelques mots.
Hier,  il attendait patiemment dix quidams venus se faire lire la bonne aventure, assis à une table du Blue Sunshine . Un thé en main, un chat qui se prélasse dans un rayon de soleil, des affiches de films vintages de documentaires antidrogues. Stanley a l'air d'un grand chamane avec son chapeau de cowboy, ses longs cheveux noirs et son t-shirt orné d'un mandala. Son sourire est aussi laconique que son regard est profond. Je suis en sueur et étourdi: tout conspuait à ce que je ne puisse pas le rencontrer ce jour là. Contre toute attente, je suis là devant lui, à m'empiffrer de biscuit feuille d'érable et de thé. Je n'ai  jamais été aussi canadien.


Je le remercie pour deux raisons: la torride séance amoureuse que son film DUST DEVIL avait jadis initié avec ma copine et son documentaire sur le vaudou WHITE DARKNESS (2002), simplement le plus beau film jamais fait sur le sujet . Il me parle de sa mère mourante, de la quête de sa sœur inconnue dans un village africain reculé, d'une chasse au  shape-shifter qui se passe là bas. Nous parlons de son cinéma, d'horreur en général, de notre passion pour le Tarot et de sa présence au Festival Fantasia. Je lui fait savoir que je n'ai jamais laissé personne me lire le Tarot auparavant. Il m'invite à participer étroitement à la lecture avec lui.


Le tir commence. L'espace de quelques cartes seulement, tout ce que Stanley lit est déjà absolument, totalement adéquat: perte d'emploi, jonglage existentiel, confrontation avec la mère, omniprésence d'archétypes féminins et immobilité à la croisée des chemins. Je suis saisi de frissons. Pas de place pour le moindre scepticisme. Richard Stanley m'a ouvert comme un vieux coffre. Je pense à mes échecs et mes peurs; je les vois devant moi comme autant de démons que je laisse me narguer.

J'étais venu ici par curiosité pour parler avec un réalisateur que j'admire. Je suis partie remplie jusqu'au cœur de conseils, d'histoires et d'anecdotes, déjà impatient des blessures et de caresses à venir. Je lui demande s'il veut participer à une émission avec nous.Sure. Rien que ca.


En quittant, je pense à une ligne du personnage principal de DUST DEVIL:  
"il n'y a pas de bien ni de mal, seulement l'esprit et la matière. Et des mouvements qui se rapprochent ou s'éloigne de la lumière". 


Je regarde le chat qui se prélasse de plus belle dans un rayon de soleil. Je le flatte.  Ma journée commence.


mardi 19 juillet 2011

Fantasia 2011, Jour 4: Critique de PHASE 7-l'ennui au temps de la pandémie

Presque à tous les ans, je me souviens avoir vu au moins un film à Fantasia qui disparait sensiblement de la circulation par la suite (ou qui ne connaitra jamais de distribution massive). Rien à voir avec la piètre qualité du film. C'est qu'ils sont parfois spécifiquement "nationaux". Quelqu'un a vu, voilà quelques années, l'adaptation de la bédé espagnole Mortadel et Philémon? La qualité du film était indéniable mais le produit final était spécifiquement espagnol. Il demandait un minimum de référents. Dans ces conditions, le dépaysement est encore plus fort à mon sens. C'est aussi ça pour moi, le plaisir de ce festival. C'est voir des productions  au budget microscopique qui seraient pratiquement impossibles à découvrir dans un autre contexte et qui dépaysent dans tous les sens du terme. 

Phase 7 est ce film. L'idée est convenue. Le traitement lui, ne l'est guère. Pipi et Coco, un jeune couple qui n'en est plus à ses premières idylles, vont bientôt avoir un enfant. Le contexte n'est pas des plus reluisants: une épidémie ravage lentement mais surement plusieurs pays. Est-ce la guerre? La fin du monde? On n'en apprendra que très peu sur la chose. L'édifice de Pipi et Coco doit être mis en quarantaine. Dans ce contexte, vont-ils se tomber sur les nerfs à en crever?
 On pourrait présager un huis clos étouffant, une folie généralisée qui s'installe. Eh bien non. Les soucis des protagonistes sont d'une banalité effarante: une ampoule brulée, le rationnement des Froot-loops, les voisins paranos et ceux, encore plus chiants, qui veulent emprunter des trucs. En fait notre couple n'est pas des plus jovial. Ils s'engueulent légèrement et constamment pour des peccadilles. Il en va de même des voisins. Quand l'un des leurs disjoncte et se met à décimer les autres, c'est aussi pour un malentendu. 
 À part les films de Fabian Bielinsky et de Juan Jose Campanella, je n'ai pour ainsi dire que très peu de connaissances du cinéma argentin. Je ne connais pas les mécanismes de l'humour là bas. Mais après avoir vu tout au plus une dizaine de films provenant de la terre du tango, il est  possible d'y constater un rythme, une cadence bien précise. Je dirais même une langueur. Phase 7 n'y échappe pas. En fait, il n'échappe à rien. C'est la moins paniquante des attaques virales de l'histoire. Évidemment, le budget famélique limite les possibilités de démonstrations de la situation, mais des films fauchés y sont néanmoins parvenus (Right at your door et REC). En fait, le réalisateur Nicolas Goldbart fait le choix délibéré de nous montrer une fin du monde traversée d'une certaine lenteur.

C'est là que les mécanisme comiques du film opèrent le mieux. C'est "Les Zombies attaquent l'Auberge du chien noir" sans que l'on voit un seul zombie. La lenteur et l'indifférence finissent par faire sourire le spectateur qui craignait de s'ennuyer quelques minutes plus tôt. Même la bavarde trame sonore de synthétiseur rappelant les films de zombies italiens fini par faire rire tellement elle est juxtaposée à des scènes anticlimatiques. 

Fantasia, c'est aussi ça: un petit film argentin de fin du monde où le couple joue au battleship en regardant le monde crever. Et vous savez quoi? Après les virus et les cannibales Mccarthien, les gens qui se suicident et violent des bébés, je ne serais pas surpris que les survivants de notre monde ressemblent à Pipi et Coco...un couple qui s'emmerde. Ha ha.

jeudi 9 juin 2011

Notre émission du 9 juin: Le cannibalisme au cinéma-faits et fictions


Le charmant petit troll japonais de la photo, c'est Issei Sagawa. En 1981, Sagawa étudie la littérature française à la Sorbonne. À plusieurs reprises, il courtisera une dénommée Renée  Hartevelt, une jolie étudiante dont il tombe amoureux. Elle se refusera à lui poliment à toutes le fois...
 Frustré dans son désir mais encore amoureux, Sagawa reçoit une ultime fois la dame chez lui pour souper. Ce qu'il fera tout de go...en la mangeant. La liste des sévices que le petit ogre nippon fera subir au corps de la jeune femme est longue. Nécrophilie avec différentes partie du corps, consommation de sa chair en sushi. De sa propre déclaration, il voulait "absorber" la beauté et l'énergie de la femme qu'il aimait.  
Il est par ailleurs facile de  trouver des photo du corps mutilé  et plein de traces de dents de Renée Hartevelt sur Internet (que je ne mettrai pas ici, par respect pour elle).  On trouve aussi des clichés du frigo de Sagawa plein à craquer d'escalopes  de la dame. 
Pour un détail judiciaire nébuleux (probablement aussi parce que le père du monstre est riche à craqué), Sagawa est libéré de l'asile où il est interné en 1986. À ce jour, il habite au Japon, totalement libre. Il écrit des recueils de poésie sur la femme qu'il a aimé manger, donne des entrevues et des conférences sur le cannibalisme. Pour une somme rondelette, les femmes le payent pour avoir des relations sexuelles avec lui et se faire mordre. Bref, il vit bien et parle à qui veut bien l'entendre du plus important repas de sa vie. Les autorités japonaises considèrent que tant qu'il aura ce type de notoriété, Sagawa n'aura pas envie de récidiver.Bref.

Pourquoi je vous raconte cette histoire? C'est que le crime de Sagawa, pour toutes ses particularités, est assez courant et banal. Le cannibalisme sexuel est plus fréquent que vous ne pouvez l'imaginer. Albert Fish, Otis Toole, Henry Lee Lucas, Bokassa, Ed Gein ne sont que les noms les plus prolifiques et médiatisés... sans compter le cannibalisme de survie, encore pratiqué aujourd'hui. Toutes ces histoires, horribles et à la fois fascinantes dans leur morbidité, ont plus ou moins inspiré des films qui ne font qu'effleurer la surface du sujet.
Le cinéma n'invente rien au sujet du cannibalisme. Il calque, tout au plus. Ce sera le sujet de cette semaine.

dimanche 1 août 2010

200 entrées de blogue, on se paye une traite: Chérie, ôte tes raquettes...pis embarque dans mon char!

On vous fait une petite promesse; 200 entrées de blogue, c'est bien, mais on peut faire mieux.

Dorénavant, cet endroit virtuel deviendra un véritable bombardement d'informations, à l'instar de nos deux blogues préférés, celui des Mystérieux étonnants, entretenu avec bravoure et générosité par Benoit Mercier et ses multiples collaborateurs, de même que le brillantissime, l'incontournable Ici, je suis ailleurs, incroyable pièce montée de crémage hallucinogène dont on bouffe goulûment sans jamais s'en écoeurer, entretenu par ce virtuose de la pâtisserie informative qu'est Artemus Dada. Man, this guy can cook!
Vous êtes des inspirations. Merci le mecs.
Sans plus tarder, on fait le party avec ce film qui a hanté mon enfance, que je veux vous faire découvrir. Il me crissait une chienne de la mort, mais je le regardais toujours en pâmoison avec des rictus figés de stupeur quand il passait à tivi. J'en parlais avec des camarades aujourd'hui; en le cherchant, en le trouvant et en le regardant à nouveau pour la première fois depuis 22 ans, je me suis rendu compte que ce truc est absolument délirant et génial... mais il me crisse encore et toujours une chienne de la mort!

Les aminches, on vous présente ce bad trip inexplicable d'André Leduc, avorton hystérique de Lynch et de Svankmejer:

Chérie...Ôte tes raquettes (pis embarque dans mon char!)

mardi 16 février 2010

Notre émission du 17 février: Corman et ses Wonder Boys

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L'époque a enfin donné justice au grand Roger Corman. Jadis simplement Roi de la série B, trop souvent avec la condescendance que l'épithète impliquait auprès de l'intelligentsia, on reconnaît désormais son génie multidisciplinaire. Il en aura fallu plusieurs révolutions dans le milieu avant qu'on lui offre en 2009 un Oscar honorifique. Une tout particulièrement: allez savoir comment ce miracle s'est produit mais la sous-culture aura eu le temps de devenir la culture populaire. Quelques Oscars pour des Hobbits, la moitié de la planète se déplaçant pour voir un Batman et des indigènes bleus combattant des robots, ce genre de petits trucs...

Il est facile de se perdre dans les méandres labyrinthiques de son oeuvre. Les nombres sont écrasants: près de 400 films à la production, 60 à la réalisation, acteur dans pas moins de 32. C'est sans compter le nombre de carrière dont il est directement responsable. Sans aucune exagération, Corman a modifié à jamais le cinéma moderne. L'adage est connu: Corman est l'oncle de Wonder Boys, ce groupe de réalisateurs ayant révolutionné le cinéma américain au tournant des années 60. Coppola, Scorsese, Joe Dante, Spielberg. C'est sous son égide qu'ils ont tous commencés. Vous l'avez remarqué, les superlatifs ramenant à la mythologie abondent quand on parle du bonhomme.

Pour vous cette semaine, le 7ème démèle tout ça: les grands films du réalisateur, ses pires, ses grandes productions, ses thèmes, ses méthodes de travail, les jeunes réalisateurs qu'il a épaulés. Même les plus férus des Cormanites en apprendront une tranche.
Corman, c'est une saga qui permet littéralement de comprendre la généalogie de l'univers cinématographique moderne.

jeudi 14 janvier 2010

Notre première émission pour 2010: Bilan d'une année exceptionnelle

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Bonne année les aminches. Désolé de cette longue absence. J'étais sur la bolle.
J'ai vomi toute la bile de mon âme en 2009 et il est temps de faire le point. Ah tiens...y'a le mot bile dans bilan.

Cette semaine, le 7ème revient sur l'année qui vient de passer, contre toute attente, une des meilleures de la décennie. Une année de réussite critique, artistique, économique et... numérique. 12, 9, 9, District 9, 2012, 1981, 12 rounds, Cargo 200, 17 again, Year One, Taking Of Pelham 123, 500 hundred days of summer, planet 51. C'est un signe! Si on multiplie tout les titres de ces films, le total donne le montant d'argent que va faire Avatar.
En 2009, on a eu encore peur de la fin de monde et de la crise énergétique, on a parlé de solitude, de vampires chialeux, de petit film qui font de grosses vagues, de premiers films vertigineux, de retour aux sources pour de grands réalisateurs. L'année où les geeks ont hérités de la terre, celle où la science-fiction se refait une beauté.