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jeudi 23 août 2012

Relâche de quelques semaines pour raisons de REPRODUCTION

 
IT'S COMING!!!!!!!!!!!!Le 7ème antiquaire fera relâche pour les semaines à suivre: Jean-Michel va être papa d'un p'tit mec d'une minute à l'autre. À l'instar d'un film de Lynch, Gustav se fait attendre en ce moment et quand il sera arrivé, ça prendra assurément quelques semaines pour décanter le magnifique mindfuck qui vient avec! On se revoit bientôt les aminches!!!

jeudi 12 juillet 2012

Notre émission du 5 juillet: X-TRO et la fin des grands (V)idéaux

Pour nous écouter cette semaine, CLIQUER ICI
 
Le 7ème antiquaire a beau être un adorateur des vestiges d'une époque révolue, nous ne sommes pas pour autant des passéistes. Certes, nous comprenons et partageons la souffrance de toute cette génération de cinéphiles qui nous a précédée, ces passionnés qui ont vaillament  bâti leur culture en cinémathèque, dans les cinémas de cartier, avec une révérence que je trouve franchement inspirante.
Ces cinéphiles, pour qui la notion de rituel était forcément importante, ont tout à fait le droit de se lamenter de l'agonie du 35mm (faut dire aussi que "35 mm" sonne viril au boutte, alors que "DCP" sonne gravement comme une maladie vénérienne qu'on chope en baisant un cheval). La génération du VHS dont je suis issue ne connait pas les mêmes tourments, mais il ne faudrait pas croire que nos souffrances sont anodines. La lente agonie du club vidéo, suivie de la consécration de la vidéo sur demande, consolidera l'atomisation de la prochaine génération de cinéphiles. Disparaitra ce plaisir suranné de "bouquiner" son film, de parler cinéma avec une étrangère et vous retrouver à baiser dans une ruelle après une conversation de plusieurs heures  parce que vous avez la même fascination pour Zulawski et Carpenter.
Une terrible nostalgie me tenaille depuis quelque temps; celle du plaisir que nous avions, tout jeune, à déambuler avec candeur dans les allées de club vidéos pour tomber au final sur une pochette de VHS comme celle que vous voyez plus haut. Sans le moindre avertissement. J'ai 8 ans et je viens de voir l'image d'un homme qui s'autocannibalise. Bordel...un peu tôt pour ça peut-être non? OU PAS!!!!!
Des cauchemars magnifiques s'ensuivaient, invariablement. Ces sensations me manquent: je n'ai jamais pu les retrouver.
Les traumatismes que m'ont fournis les images de pochette de VHS étaient souvent autrement plus significatifs que ceux laissés par les films eux mêmes. Cette période me manque tellement...
Celle d'un temps où un jeune homme pouvait tomber face à face avec ce genre d'image:
Putain de bordel de merde!
La délicieuse surcharge d'Éros et de Thanatos qui est contenue dans cette image hein? Kristeva elle-même s'en roulerait la bille! Pendant des années, cette image troublante de chienne de Satan aux mamelles appétissantes m'a totalement fasciné. Ce n'est pas moins d'une décennie plus tard que je vis le film en question. Sympa par ailleurs...y'a même une scène où les seins de la dame se font posséder de démons. Si si.
C'était un monde bien pervers que celui du club vidéo des premiers jours, avec ces étalages où se côtoyaient allègrement LA PLANÈTE SAUVAGE et ELSA, les mondos et les pornos.  Il me manque vraiment beaucoup. Le VHS me manque. Les images des pochettes de mon enfance me manquent. Vous savez, quand les films parlant d'un jeune garçon subissant une mutation après avoir fusionné avec un canon laser s'appelaient tout simplement...RAYON LAZER!
Cette semaine, le 7ème vous parlera de ces films que l'on pense avoir vu...mais dont on a inventé la totalité de l'histoire tout simplement à cause du choc que nous procuré les images de la pochette. Vous avez assurément une.
Nous avons fait l'exercice jusqu'au bout, celui de trouver LA pochette fascinante qui nous hante depuis des décennies et regarder enfin le putain de film, question de voir enfin de quoi il en retourne.

Nous avons arrêté notre choix sur X-TRO de Neil Bromley Davenport. Après des années à être fasciné par toutes les images du film, enfin nous allions savoir de quoi il en retourne

Non mais regardez-moi ce bijou d'affiche...
Les aminches, le 7ème antiquaire vous en conjure, XTRO est une découverte à faire. Si vous avez vu ce film trop jeune, soit vous n'avez rien compris à ce que vous avez vu, vous avez engoncé le traumatisme biiiieeeen loin dans votre mémoire ou vous êtes devenu un violeur d'animaux de compagnie professionnel.  Plus qu'un simple film ovni, XTRO est  littéralement un drame de chambre psychanalitique...avec un extra-terrestre violeur en guise de tartuffe. C'est presque trop beau pour être vrai. En essayant de grappiller maladroitement les grands succès de film d'extraterrestres de l'époque, Davenport a accidentellement fait un film quasi expérimental, un agencement improbale d'influence qui donne un objet non identifiable. Une fausse suite de RENCONTRE DU TROISIÈME TYPE qui devient une relecture de E.T...avec Alien comme protagoniste. À BOUT DE SOUFFLE allait puisé à la source du film noir pour inventer un nouveau genre; XTRO fait la même chose avec le film d'extraterrestre mais dans une inconscience des plus totale. Le résultat est forcément fascinant puisque le film de Davenport s'est fait instinctivement. Tout dans ce film est une plongée dans les recoins les plus boueux de la psyché humaine...
Je parle pas juste du XTRO en question, espèce de mélange entre Alien et Stephen Hawkings, ou même du fait que l'extraterrestre en question est un humain kidnappé jadis par des ovnis qui a laissé un fils traumatisé par son départ et qui vient le récupérer même s'il n'a plus "vraiment" forme humaine


Je parle pas non plus des moments où le fils se met à menstruer, ni même quand le père re-vient au monde de vivant en accouchant-écartelant une pauvre femme en deux...

Non. C'est vraisemblement quand les jouets du garçon prennent vie et se mettent à décimer le gens que ce film m'a convaincu de son génie, tout involontaire soit-il.
X-TRO est sans contredit un des plus glorieux vestige de l'époque des grands (v)idéaux. Reste plus qu'une chose à dire. Merci XTRO...merci XTRO..merci XTRO...merci Xtro... merci xtro

vendredi 22 juillet 2011

Fantasia 2011, Jour 8: Critique de YOU ARE HERE. Espaces canadiens intérieurs à repeindre

Il est facile de se perdre à Fantasia. La quantité de films, les heures de projections, les salles, la planification de sa journée, de son sommeil et de ses repas. Les jours qui se passent  entre le noir et la lumière, le froid et la canicule, la violence gratuite et l'introspection. On fini par s'y perdre un peu, étourdie entre la surcharge d'idée et la redéfinition même de notre espace physique.  En REM toute la journée, des semaines à rêver.On catégorise ce qu'on a vu, on répertorie, quantifie et soupèse. La réceptivité de nos sens est poussé dans des retranchements...labyrinthiques. 

YOU ARE HERE n'est pas seulement une évocation de cet état de désorientation avec lequel le public Fantasien est assez familier. YOU ARE HERE est une expérimentation. Votre cerveau est la souris. Attention-STOP. Je ne dis pas que le film est expérimental; c'est littéralement une expérience, un mécanisme méta fictionnel et fractal aux contours escheriens. Vous allez obligatoirement vous y perdre; la carte de ce territoire cinématographique est tracée sur un miroir craqué que vous devez regarder avec une loupe et une bougie. C'est aussi, fort probablement, le film le plus élusif et unique présenté à Fantasia cette année. Bien sur, il conviendra probablement plus aux gens affamés par des questions qui en apportent deux autres, aux passionnés de puzzle, de labyrinthes, d'énigmes et de maladies mentales. Les autres auront droit à un mindfuck d'une qualité indéniable. Je sais pour ma part que c'est la grande découverte du Festival pour au moins trois personnes: le programmeur Simon Laperrière, moi et l'autre.
Un résumé est forcément inutile mais l’exercice est néanmoins irrésistible. Une porte donnant sur le vide à un étage inaccessible d'une gratte-ciel. Des expériences sur le cerveau se passant dans  une pièce vide. Une archiviste accumulant des documents audiovisuels apparaissant sur son chemin. Une prothèse oculaire qui change le monde. Un conférencier qui vous met en garde de suivre le point rouge de son laser. Tous ces éléments sont reliés  par d'infimes détails dans un réseau de filaments narratifs aux tensions variables. 
Vous êtes directement responsable de votre itinéraire. Si jamais vous vous sentez perdu, ne perdez pas de vue que vous êtes ici.
 Amalgame physique (et mental) de Cronenberg, Egoyan et André Sauvé, le réalisateur Daniel Cockburn investi sa métafiction d'un généreuse dose d'angoisses et de névroses. De sa propre déclaration, son film est une exploration sinueuse d'une crise existentielle et matérialiste où il a jadis failli se perdre par excès de causalités. 
À  mon sens, il y a quelque chose de typiquement canadien dans le film de Cockburn, des angoisses typiquement locales, situées entre les contraintes budgétaires, la crise identitaire et un obsession nationale voilée gravitant autour de la notion d'espace (Du Spider de Cronenberg jusqu'aux films de Vicenzo Natali...le Canada fait les meilleurs huis-clos en plein air. La perte, l'oblitération, la contraction et la dilatation de l'espace; un thème omniprésent dans la cinématographie canadienne (vous pouvez écouter notre émission sur le sujet ici même pour en avoir le cœur net). On y trouve forcément aussi une mélancolie urbaine délicieusement torontoise. Cockburn deviendra assurément une réalisateur canadien à suivre là où il voudra bien se rendre

Je terminerais sur cette blague, au mécanisme typiquement canadien; C'est une fois l'espace, le temps et l'esprit qui rentre dans un bord. L'esprit se tasse. Le temps passe de l'autre bord et rentre dans l'espace. Si vous riez, c'est que VOUS ÊTES ICI et ce film est décidément dessiné pour vous. 


Un gros merci à Simon Laperrière: ces obsessions personnelles sont responsable de l’apparition de ce film au Festival.

vendredi 15 avril 2011

Notre émission du 13 avril: La bouffe au cinéma-théories et évocations cinématogastronomiques (ouch)

Pour nous déguster cette semaine, cliquer ici

À côté de la boutique flottante qu'est le 7ème Antiquaire, pawn-shop des idées -flanqué d'une arrière boutique où un donjon huileux des fantasmes sert à chatouiller les glandes de l'épicurieux-,  il y a un petit restaurant, un jolie restaurant. Un troquet sans prétention où l’expérimentation est de mise. On n'y sert rien de bien extravagant, mais la place est toujours pleine et les repas sont copieux. On en ressort avec le sourire, le ventre plein, avec au cœur la conviction que vos besoins ont été satisfaits et que ceux qui viendront dans quelques heures seront rabelaisiens. Dans les toilettes, il y a des graffitis cinglants qui parle de ma mère et de ton dentiste, des numéros de téléphone où on offre des sévices spécialisés.
C'est autour de cette intangible table que nous allons faire l'émission cette semaine. Deux grandes passions: la bouffe et le cinéma. Manger en regardant des films, parler de cinéma en mangeant... des amitiés scandées par le tintement des ustensiles et les souvenirs du grand écran. Il va sans dire, forcément, que le thème de la bouffe au cinéma devenait pour nous un pièce de choix. Les films de repas, repas classiques dans des films qui le sont tout autant, les films sur la bouffe, celle qui réconforte et excite mais aussi celle qui dégoute et repousse. De l'orange fatale dans la bouche du GODFATHER aux petits beignes au sucre de THE FLY, des étrons fumants de SALO jusqu'à la soupe tout aussi fumante de TAMPOPO, un historique des petites boustifailles et des grands festins de l histoire du cinéma.

-Entrée-  

Anecdotes croustillantes sur nid de concepts
Amuses gueules déployées
méli mélo de mélos croutés

-Plat principal  

 Pièces montées avec son coulis d'évocation
 avec
Suite de scènes caramélisées
suivi de
dégustations énumératives

dessert

Verrine de grivoiserie
et 
théories au sucre  et digressions digestives

Santé



samedi 1 janvier 2011

Des tentacules et des femmes...(âmes sensibles s'abstenir)

C'est toujours suite à une séance amoureuse matinale que l'envie me prend d'évoquer des sujets saugrenus (généralement à caractère sexuel, on devinera). Récemment, sans crier gare, post -coital et taquin, je me suis surpris moi-même à parler sur l'oreiller de bestialité. Il faut dire que j'avais failli me faire lécher le gland par un chat curieux, quelques secondes plus tôt. Heureusement, l'événement aurait été accidentel. Peut-être suis-je vieux jeu, mais j'aime les chats (et le reste des bêtes) d'un amour platonique. Après la peur initiale s'ensuivit le rire, les anecdotes salaces et une discussion générale sur les mythes urbains: une fille, un chien et du beurre de cacahuète (un film pour toute la famille!), le fermier et la narine de veau...les japonaises et les tentacules...

"Des tentacules?" de rétorquer mon amoureuse. "Ben voyons..."

Inutile de vous décrire l'incrédulité tout à fait justifiable de la dame que j'aime sur ce sujet pourtant séculaire...
Devant cette incrédulité, je suis porté à l'évidence de la nécessité d'un article de fond sur le sujet. Je ne prétendrai pas à l'exhaustivité; un simple survol thématique suffira aux néophytes. L'exégète trouvera son compte dans certaines évocations pertinentes et des théories imagées.On doit essentiellement la fascination du "sexe tentaculaire" à ces braves gens du soleil Levant. Un adage de Lao-Tseu va comme suit :"dis moi ce que tu manges, je te dirai ce que tu baises". C'est d'ailleurs au Japon, dit-on, qu'on trouve un charmant restaurant où pour la rondelette somme de 7000$, vous pouvez baiser votre repas vivant avant de le déguster. Dit-on. On retrouve en outre les premières manifestations de pornographie tentaculaire nippone au tout début du 19ème siècle et ce, bien avant l'apparition des premiers textes de H.P Lovecraft où la suggestion du viol par des créatures marines hybrides et démoniaques font figures de récits fondateurs."Le rêve de la femme du pêcheur" estampe érotique de Hokusai Karsushika, 1820


Il est cependant clair que l'explosion des archétypes Lovecraftiens dans la culture populaire typiquement nommés les mythes de Cthulhu (voir la créature en bas), aura considérablement enflammé l'imagination des Japonais. Ces visions de femmes impuissantes et violées dans tous les orifices par des démons antédiluviens est une extension justement "tentaculaire" de mythes Lovecraftiens. Chez Lovecraft, l'horreur est bel et bien un phénomène physique, naturel, entrainant chez l'homme un viol de l'esprit, une destruction de l'entendement. Les japonais auront conjugué ces notions à la pornographie, au viol total.
Depuis, on retrouve "le viol tentaculaire" dans toutes les sphères de la culture populaire nippone.
Les mangas:

Les animes, (les dessins animées appelés les hentais):L'art pornographique conceptuel:
...et conjugués à d'autres sous-genres, comme le cyber-punk...Or, le phénomène n'est pas strictement japonais. Ce que les japonais ont grappillés à Lovecraft, la dimension sexuelle de ces imageries, les occidentaux "nipponophiles" l'ont récupérés également, souvent en le conjuguant au cyberpunk:

Ridley Scott avec "Alien":Cronenberg avec "The Naked Lunch"

Zulawski avec "Possession":

La petite sirène:Chose certaine, la recette reste sensiblement la même partout dans le monde: une jeune femme innocente se fait violer dans tous les trous en même temps. avec des degrés variables de plaisir. Comme il est plus au moins interdit de montrer des pénis au Japon, on devinera que le tentacule aura fait office de remplacement de fortune.
Ce qui rend le phénomène intéressant, c'est qu'il est véritablement devenu une sous-catégorie de la pornographie. Il se sera insinué dans la réalité. La chose est d'emblée ambiguë que les victimes de ces appendices sont souvent vaguement satisfaites par ces pénétrations intégrales. Au Japon, la consommation des hentais est faite par une majorité écrasante de femmes (des femmes occidentales ont aussi un intérêt marqué pour la chose) . Le néophytes n'aura aucune difficulté à trouver un véritable film où une femme se fait pénétrer par des tentacules. Des sites se dédit spécifiquement à la chose, qu'elle soit fictive comme le site Rough Tentacle Hentai:


Ou véritable.
(MISE EN GARDE: Cliquer sur la photo pour une vidéo. Soyez conscient de la nature particulièrement choquante de la chose et prenez une grande respiration avant)
Mais que représente véritablement ce fantasme? La mémoire distante et atavique d'une sexualité informe et protoplasmique, où tout était à la fois pénétrant et pénétrée? La mise en scène d'un désir de viol intégral, commun aux femmes et aux hommes, socialement acceptable parce que fantaisiste?
Le symbole de la domination sexuelle des femmes japonaises, conditionnées à faire croire que leur soumission et leur souffrance leur est plaisante? Il suffit de regarder un film pornographique avec des japonais pour voir comment cette attitude est omniprésente: les pornstarlettes japonaises sont présentées comme d'éternelles fillettes innocentes subissant, entre le consentement résigné et l'extase, les risibles prouesses d'hommes abusifs n'ayant par ailleurs aucunement les phallus volumineux si fortement prisés par la pornographie occidentale.
Les tentacules violeurs des japonais sont-ils l'illustration inconsciente d'un complexe d'infériorité génitale? Je ne parle pas simplement de la taille du pénis mais aussi de cette peur du sexe féminin, abysse apparemment insondable d'où surgit la vie hurlante et fumante, vision d'horreur pour bon nombre d'homme.
Faut-il, symboliquement, un énorme tentacule Lovecraftien pour sonder cette abysse? Est-ce le fantasme de vengeance d'hommes incertains de leur capacité à satisfaire une femme? Est-ce la vision que certain d'entre nous avons de la femme, un puits sans fond de désir impossible à remplir?
N'allez surtout pas croire que l'occident est en reste: des variations de ce phénomène se retrouve partout dans notre pornographie. On y retrouve des scènes de phallus volumineux pénétrant tous les orifices d'une femme simultanément, dans une espèce de danse frénétique et cadencée, devenant parfois autant de visions cauchemardesques de corps protéiformes, de chairs en métamorphose, dépersonnalisées et sans visages.

Toutes ces réponses ont probablement une certaine validité. Or, arrêtons nous sur le nom du grand-père involontaire de ce sous-genre: H. P Lovecraft.
Peut-être que la clé d'une autre explication se trouve dans l'étymologie tout aussi involontaire de son nom (Merci à Somoza!).

"Love"=amour. "Craft"= un art, une méthode, une technique.

L'amour/le sexe en tant que méthode, technique, mécanique, froide et visqueuse. Les créations de Lovecraft, des créatures d'amour/de sexe mécanique, physique, des machines corporelles de pénétrations absolues, d'infiltration totale. Des créatures qui violent la réalité et s'infiltrent partout dans l'existence.

Le viol tentaculaire, ce n'est rien d'autre que ça. L'excitation par l'avilissement, l'écrasement de l'homme par la vie déchainée, le forçant à l'humilité. Les femmes comme les hommes sont ici dans l'avilissement: devenant une victime, la femme connait enfin la satisfaction et bien que ces mises en scène sont le fruit d'esprit masculin, on remarquera que ce dernier est absent de l'équation sexuelle. Il est en conséquent inefficace.

Le viol tentaculaire devait tôt ou tard s'infiltrer dans la pornographie qui n'est au final rien d'autre que l'excitation par la démesure et l'avilissement volontaire.



vendredi 10 décembre 2010

The Babies de David Lynch/Cronenberg...

...remake libre de The Birds d'Alfred Hitchcock.


Après avoir regarder le vidéo, fermez les yeux et écouté le...
Ce son est est celui de vos pires cauchemars.
Tout ça est véritablement une horrible scène de Bosch, une punition infernale, une attaque de bébés rampants diaboliques qui vont bouffer ton âme. Comme si cette femme produisait sans aucune forme de contrôle des hordes de mioches identiques et ricanants qui vont ramper sur la terre, de plus en plus nombreux...pour toujours.

samedi 20 novembre 2010

Des tentacules et des femmes...(âmes sensibles s'abstenir)

C'est toujours suite à une séance amoureuse matinale que l'envie me prend d'évoquer des sujets saugrenus (généralement à caractère sexuel, on devinera). Récemment, sans crier gare, post -coital et taquin, je me suis surpris moi-même à parler sur l'oreiller de bestialité. Il faut dire que j'avais failli me faire lécher le gland par un chat curieux, quelques secondes plus tôt. Heureusement, l'événement aurait été accidentel. Peut-être suis-je vieux jeu, mais j'aime les chats (et le reste des bêtes) d'un amour platonique. Après la peur initiale s'ensuivit le rire, les anecdotes salaces et une discussion générale sur les mythes urbains: une fille, un chien et du beurre de cacahuète (un film pour toute la famille!), le fermier et la narine de veau...les japonaise et les tentacules...

"Des tentacules?" de rétorquer mon amoureuse. "Ben voyons donc..."

Inutile de vous décrire l'incrédulité tout à fait justifiable de la femme que j'aime sur ce sujet pourtant séculaire...
Devant cette incrédulité, je suis porté à l'évidence de la nécessité d'un article de fond sur le sujet. Je ne prétendrai pas à l'exhaustivité; un simple survol thématique suffira aux néophytes. L'exégète trouvera son compte dans certaines évocations pertinentes et des théories imagées.On doit essentiellement la fascination du "sexe tentaculaire" à ces braves gens du soleil Levant. Un adage de Lao-Tseu va comme suit :"dis moi ce que tu manges, je te dirai ce que tu baises". C'est d'ailleurs au Japon, dit-on, qu'on trouve un charmant restaurant où pour la rondelette somme de 7000$, vous pouvez baiser votre repas vivant avant de le déguster. Dit-on. On retrouve en outre les premières manifestations de pornographie tentaculaire nippone au tout début du 19ème siècle et ce, bien avant l'apparition des premiers textes de H.P Lovecraft où la suggestion du viol par des créatures marines hybrides et démoniaques font figures de récits fondateurs."Le rêve de la femme du pêcheur" estampe érotique de Hokusai Karsushika, 1820

Il est cependant clair que l'explosion des archétypes Lovecraftiens dans la culture populaire typiquement nommés les mythes de Cthulhu (voir la créature en bas), aura considérablement enflammé l'imagination des Japonais. Ces visions de femmes impuissantes et violées dans tous les orifices par des démons antédiluviens est une extension justement "tentaculaire" de mythes Lovecraftiens. Chez Lovecraft, l'horreur est bel et bien un phénomène physique, naturel, entrainant chez l'homme un viol de l'esprit, une destruction de l'entendement. Les japonais auront conjugué ces notions à la pornographie, au viol total.
Depuis, on retrouve "le viol tentaculaire" dans toutes les sphères de la culture populaire nippone.
Les mangas:

Les animes, (les dessins animées appelés les hentais):L'art pornographique conceptuel:
...et conjugués à d'autres sous-genres, comme le cyber-punk...Or, le phénomène n'est pas strictement japonais. Ce que les japonais ont grappillés à Lovecraft, la dimension sexuelle de ces imageries, les occidentaux "nipponophiles" l'ont récupérés également, souvent en le conjuguant au cyberpunk:

Ridley Scott avec "Alien":Cronenberg avec "The Naked Lunch"

Zulawski avec "Possession":

La petite sirène:Chose certaine, la recette reste sensiblement la même partout dans le monde: une jeune femme innocente se fait violer dans tous les trous en même temps. avec des degrés variables de plaisir. Comme il est plus au moins interdit de montrer des pénis au Japon, on devinera que le tentacule aura fait office de remplacement de fortune.
Ce qui rend le phénomène intéressant, c'est qu'il est véritablement devenu une sous-catégorie de la pornographie. Il se sera insinué dans la réalité. La chose est d'emblée ambiguë que les victimes de ces appendices sont souvent vaguement satisfaites par ces pénétrations intégrales. Au Japon, la consommation des hentais est faite par une majorité écrasante de femmes (des femmes occidentales ont aussi un intérêt marqué pour la chose) . Le néophytes n'aura aucune difficulté à trouver un véritable film où une femme se fait pénétrer par des tentacules. Des sites se dédit spécifiquement à la chose, qu'elle soit fictive comme le site Rough Tentacle Hentai:


Ou véritable.
(MISE EN GARDE: Cliquer sur la photo pour une vidéo. Soyez conscient de la nature particulièrement choquante de la chose et prenez une grande respiration avant)
Mais que représente véritablement ce fantasme? La mémoire distante et atavique d'une sexualité informe et protoplasmique, où tout était à la fois pénétrant et pénétrée? La mise en scène d'un désir de viol intégral, commun aux femmes et aux hommes, socialement acceptable parce que fantaisiste?
Le symbole de la domination sexuelle des femmes japonaises, conditionnées à faire croire que leur soumission et leur souffrance leur est plaisante? Il suffit de regarder un film pornographique avec des japonais pour voir comment cette attitude est omniprésente: les pornstarlettes japonaises sont présentées comme d'éternelles fillettes innocentes subissant, entre le consentement résigné et l'extase, les risibles prouesses d'hommes abusifs n'ayant par ailleurs aucunement les phallus volumineux si fortement prisés par la pornographie occidentale.
Les tentacules violeurs des japonais sont-ils l'illustration inconsciente d'un complexe d'infériorité génitale? Je ne parle pas simplement de la taille du pénis mais aussi de cette peur du sexe féminin, abysse apparemment insondable d'où surgit la vie hurlante et fumante, vision d'horreur pour bon nombre d'homme.
Faut-il, symboliquement, un énorme tentacule Lovecraftien pour sonder cette abysse? Est-ce le fantasme de vengeance d'hommes incertains de leur capacité à satisfaire une femme? Est-ce la vision que certain d'entre nous avons de la femme, un puits sans fond de désir impossible à remplir?
N'allez surtout pas croire que l'occident est en reste: des variations de ce phénomène se retrouve partout dans notre pornographie. On y retrouve des scènes de phallus volumineux pénétrant tous les orifices d'une femme simultanément, dans une espèce de danse frénétique et cadencée, devenant parfois autant de visions cauchemardesques de corps protéiformes, de chairs en métamorphose, dépersonnalisées et sans visages.

Toutes ces réponses ont probablement une certaine validité. Or, arrêtons nous sur le nom du grand-père involontaire de ce sous-genre: H. P Lovecraft.
Peut-être que la clé d'une autre explication se trouve dans l'étymologie tout aussi involontaire de son nom (Merci à Somoza!).

"Love"=amour. "Craft"= un art, une méthode, une technique.

L'amour/le sexe en tant que méthode, technique, mécanique, froide et visqueuse. Les créations de Lovecraft, des créatures d'amour/de sexe mécanique, physique, des machines corporelles de pénétrations absolues, d'infiltration totale. Des créatures qui violent la réalité et s'infiltrent partout dans l'existence.

Le viol tentaculaire, ce n'est rien d'autre que ça. L'excitation par l'avilissement, l'écrasement de l'homme par la vie déchainée, le forçant à l'humilité. Les femmes comme les hommes sont ici dans l'avilissement: devenant une victime, la femme connait enfin la satisfaction et bien que ces mises en scène sont le fruit d'esprit masculin, on remarquera que ce dernier est absent de l'équation sexuelle. Il est en conséquent inefficace.

Le viol tentaculaire devait tôt ou tard s'infiltrer dans la pornographie qui n'est au final rien d'autre que l'excitation par la démesure et l'avilissement volontaire.