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samedi 19 juillet 2014

Émission du 19 juin 2014 (301) : Paddy Chayefsky : MARTY-1955 et THE HOSPITAL-1971

MARTY-1955 et THE HOSPITAL-1971: double-bill analytique du génie du scénario Paddy Chayefsky . Parce que, CIBOIRE, il fallait bien qu'un jour, notre obsession pour NETWORK remontre le courant comme un saumon en rut avant de finir dans la bouche du grizzly de la spéculation sauvage.
c'est ici que ça s'écoute : 
http://media.choq.ca/audio/emissions/7eantiquaire/2014/06/24973-emission-du-19-juin-2014.mp3

jeudi 22 septembre 2011

Notre émission du 21 septembre: Le 7ème a 5 ans- 5 de nos plus grandes découvertes des 5 dernières années

Fais moi un high five avec ton curseur pour écouter notre émission parce que je t'aime.
Salut les aminches...

Aujourd'hui, le 7ème antiquaire célèbre sa cinquième année de la manière la plus désinvolte  et sincère possible: on médite tout simplement sur la raison d'être de notre existence...en réfléchissant sur l'importance du chiffre 5 au cinéma (no fucking joke).

On termine cette cinquième année avec un exercice à la fois formel et conceptuel, beaucoup plus complexe qu'il n'y paraitra, celui de vous faire découvrir une série de 5 films absolument incontournables que vous ne connaissez probablement pas du tout. Il ne sera pas nécessairement question des 5 plus grands films couverts pas le 7ième, ni des plus importants,  mais de 5 découvertes qui ne nous ont jamais quittées depuis, de films pouvant nourrir l'âme, l'intelligence et le cœur pendant des mois. 
Ensemble, ces 5 films forment une sorte d'organisme Gestalt, un enchevêtrement narratif pouvant remplir tous vos besoins spirituels à satiété. Un pentagramme de chef d'œuvres inconnus permettant d'exorciser à peu près tout vos démons.

C'est notre cadeau pour vous les aminches. Non non, ne pleures pas...nous serons toujours là pour toi, c'est promis.

Merci de nous écouter depuis 5 ans. 
Bonne découverte

Frank et Jim

mercredi 16 mars 2011

Notre émission du 16 mars: PATTERNS, le NETWORK de Rod Serling

Nous terminons cette semaine notre bloc d’un mois sur les grands scénaristes de la télévision. Étrangement, nous n’avions pas prévus ce thème à l’avance. Nos émissions se sont imposées d’elles-mêmes, comme une suite évidente d’informations permettant l’édification d’une généalogie informelle des grands innovateurs de ce milieu: de la radio au la cinéma, d’Arch Oboler à Leslie Stevens, de Paddy Chayefsky à Darin Morgan. Si rien ne semblait les relier a priori, en écoutant nos émissions du dernier mois, vous serez surpris de constater à quel point ils se sont tous ces auteurs succédés au quart de tour.

Un seul nom manquait à cette liste, bien que nous l’ayons systématiquement mentionné durant tout le mois. Le plus grand, Rod Serling.
L’émission de cette semaine lui sera consacrée. Nous parlerons plus précisément de son premier grand succès, Patterns (1951). Si vous êtes le moindrement du monde intéressés par la science-fiction, l’horreur, un simple fan de télé ou de notre émission, vous êtes probablement familiers avec « le jeune homme en colère » de la télé américaine. Reconnu principalement comme le créateur, producteur, scénariste et présentateur du séminal Twilight Zone, Serling est un cas d’espèce comme il ne s’en fait plus. Héros de guerre, testeur de parachute, homme de main pour toutes les formes médias existants, la consécration viendra tard pour cet homme aux visées progressistes, devenu à force de combat un humaniste désabusé doublé d’un cynique idéaliste. Twilight Zone n’était pas simplement une émission moralisatrice, mais chaque épisode avait la puissance de fables où Serling était le chanteur de geste en costume trois pièces.
En remontant aux sources du premier scénario de Serling , Patterns, on est soudainement pris de vertige et on peut se permettre sans hésitation une déclaration péremptoire: tout Chayefsky, tout Sorkin (et probablement Morgan) vient de là. C’est assurément Patterns qui a partie le bal. Tout est là : échanges verbaux cinglants et syncopés, les lignes inoubliables, les études de mœurs des gens de pouvoir et un sens aiguisé de la satire sociale. Le 7ème vous propose de faire la comparaison entre ces deux scènes de Patterns et Network, toutes les deux avec l’actrice Béatrice Straight . Les similitudes entre les deux renchérit la filiation et à ce qu'on sache, personne sur Internet semble avoir  traité du sujet.
Cliquer sur la photo du haut pour voir la scène de NETWORK en comparaison

Patterns, c’est le grand-père rusé de Social Network (lui-même rien d’autre que le rejeton respectueux et cynique de Network : j’en parle à profusion dans ce texte) , le vieux salaud qui sait que les méthodes de communication changent, mais les capacités d’écoute des hommes demeurent en tout point les mêmes. Patterns, c’est un 12 angry men corporatif qui serait écrit par Kafka.

La crise épiphanique des deux personnages brisées, en comparatif: 




Si les admirateurs de Serling seront surpris par l’absence relative d’éléments fantastiques de sa première création, il est important de souligner que son sens aiguisé du punch et de la tension dramatique y sont déjà présents. Par ailleurs, on y trouve déjà du fantastique, au sens le plus profond du terme. Cette corporation qui est mise en scène dans Patterns, mystérieuse et inquiétante, n’est rien de moins que LA seule et unique corporation, celle qui les gouverne toutes. Si on y parle le langage des affaires et du pouvoir, on ne sait strictement jamais de quoi il en retourne précisément dans ce cruel terrain de bataille où les chars sont des fauteuils capitonnés.


Dans ces films constituant les composantes mythiques dans une nouvelle et impitoyable cosmogonie corporative, Patterns est assurément un des fabliaux fondateurs.


Pour nous écouter cette semaine, cliquez ici. 


mardi 1 février 2011

Social NETWORK: Are we still "Mad as hell"?

Face à Facebook, je suis foncièrement comme tout le monde. J'ai l'ai détesté, adoré, abandonné, retrouvé, condamné et je l'ai encore retrouvé. Il a été un outil, une malédiction, un vecteur de frustrations et de rencontres, une lentille pour le voyeur, une fenêtre pour l'exhibitionniste. Jusqu'à ce que je me rende compte, Ô comble de l'horreur, que je lui devais directement plusieurs de mes moments le plus importants des dernières années. J'y ai trouvé des ressources, des camarades et des amours. Il a été le lien direct de changements d'orientation dans mon existence. Évidente mais vertigineuse constatation. Je ne suis pas, pour paraphraser Durden dans Fight Club, "un flocon magnifique et unique".
C'est suite à cette réflexion que je décidai de faire un visionnage honteusement tardif de Social Network. Pour le récalcitrant contradictoire que je suis, un film au complet sur Facebook me semblait définitivement une manière d'abdication. Les réseaux sociaux peuvent parfois stimuler de profonds paradoxes chez l'utilisateur et je n'y fait pas exception.Puis, je me suis mis à réfléchir à l'amplitude du sujet et sur la figure Wellsienne que représente le créateur de FB, Zuckerberg. Juste avant de commencer le film, il me semblait de plus en plus évident qu'il y avait la possibilité qu'il soit le Citizen Kane du 21ème siècle. Non pas qu'il soit le prochain plus grand film de l'histoire, mais les thèmes du monstre sacré d'Orson Welles y sont plus au moins en entier. Énumérons: un jeune innovateur de génie dans le milieu des communication gravit les échelons du succès et du pouvoir pour finalement devenir paranoïaque et isolé. Nous sommes en présence dans les deux cas de personnages réels qu'on a transformé subrepticement en purs personnages de cinéma, deux révolutionnaires du langage hantés par leur propre incapacité à connecter aux autres, sombrant dans le despotisme. Avec un scénario composé de dialogues précis et d'une structure narrative elliptique. Allais-je regarder Citizen Kane 2.0?

Je m'en était presque convaincu jusqu'à ce que je m'arrête à la réalisation. Avec David Fincher, je m'attendais à quelques expérimentations formelles, quelques innovations techniques qui auraient consacré son statut de nouveau Citizen Kane. Quelque chose qui va avec l'ampleur du propos. Mais non. Une réalisation sobre, efficace, entièrement au service du scénario vertigineux d'Aaron Sorkin. Rien d'exceptionnel du coté de Fincher, qui laisse toute la place à la voix unique du scénariste. Une urgente impression de déjà vue me traverse l'échine; si plusieurs éléments rapprochent Social Network de Citizen Kane, il va puiser ses sources ailleurs. Et puis pourquoi est-ce que Fincher préconise cette approche minimaliste, évocatrice de drame politique des années 70? Zodiac avait déjà le mood de All the president's men.

Ce qui aurait du être une évidence ne m'a sauté au visage que très tard. C'est le titre qui m'a tiré de ma torpeur analytique. Social NETWORK. Pas Facebook:The Movie. Social NETWORK.
Fincher et Sorkin ont purement, simplement et brillamment fait un Network 2.0. Aaron sorkin, un des scénaristes de télé les plus prolifiques de sa génération a décidé d'émuler sont maître à penser, Paddy Chayefsky, le plus prolifiques scénaristes de la télévision avant lui. Dans sa série Studio 60 on the Sunset Strip, Sorkin nous montrait la crise live d'un producteur d'émission de télé à la Saturday Night Live. Sa crise était volontairement calquée (par le scénariste ET le personnage) sur celle de Howard Beale dans Network. Un personnage dira plus tard dans l'épisode que sa crise aura au moins fait parler de Paddy Chayefsky. C'est vous dire à quel point Sorkin se répond de ce maître à penser. Même sens du dialogue mordant, de la logorrhée intempestive contrôlée , même amplitude des thèmes, même sens aiguë de la satire . Le génie de Social Network tient de son scénario, qui n'est au final qu'un bouleversant prétexte pour rendre hommage au film préféré de Sorkin.
C'est selon cette perspective que la réalisation de Fincher est admirable. Pour donner de la pertinence à ce suspense corporatif où des bureaux sont les lieux de toutes les angoisses et de toutes les victoires, Fincher emprunte subtilement au langage des années 70. Les couleurs, jaunâtres et boisées, sont les mêmes. On a beau se trouver au 21ème siècle, l'arène des communications est sensiblement la même. Les salles d'université, les bureaux, les salles de conférences sont les mêmes. Elles sont figées dans le temps. Fincher, à l'instar de Lumet, a su s'effacer sans pour autant se faire absent. Sage décision de la part d'un réalisateur prenant de plus en plus de maturité.

Reste le message de Network. Survit-il à la transfusion? Sommes-nous toujours "mad as hell". Probablement...et nous avons tous la possibilité de l'exprimer à tout moment. Des milliards de gouttes de colère diluées dans le même courant. Nous sommes désormais, tous autant que nous sommes, les "prophètes fâchés des ondes". Personne n'a besoin d'articuler notre rage. Oui nous sommes sans doute tous un peu en colère...jusqu'à la prochaine fois.

lundi 28 septembre 2009

Notre émission du 30 septembre: Network et la cosmogonie corporative

CLIQUER ICI POUR ÉCOUTER L'ÉMISSION
Ce sera cette semaine notre troisième émission sur Network de Sydney Lumet et Paddy Chayefsky. La première en duo. Que peut-il nous rester à dire sur cette bombe?


Ohhhhh, bien des choses en somme...


On a très souvent dit de Network que c'était un film visionnaire. Effectivement, dans sa volonté de satiriser à l'extrême les médias de son époque, Chayefsky a perçu de manière presciente ce que les médias de notre époque allaient devenir.


Ce n'est pourtant pas cet aspect visionnaire qui nous intéresse tout particulièrement à l'émission cette semaine. Dans le mot visionnaire, nous retenons le mot vision; Network a su saisir le langage ultra codifié d'une nouvelle religion, une cosmogonie électrique et sauvage.
Il ne faudrait pas croire que la télé (et par extension, Internet) a échappé à des forces anciennes nous définissant sur lesquelles nous pensons avoir une certain contrôle. Avec la télé, l'histoire ne fait que se répéter. L'empire ne s'est jamais effondré, nous sommes à la même place que nous étions voilà 4000 ans, nos boob-jobs et ab-rollers ne changent rien.
Cliquez sur l'oeil droit de Howard Beale pour écouter Jim en solo sur Network!
Tergiversons sur un paradigme: actuellement, en club vidéo, on ne loue que très peu de film. Les gens se descendent, de façon maladive et hallucinée, deux trois série télé à la fois. Je n'y fais pas exception. Au moins un dvd de Six feet under est loué à tous les jours depuis 7 ans dans la plupart de clubs, c'est un fait inargumentable. Au delà du simple culte, Six feet under est le Bardo Thodol d'une génération: on y trouve des réponses fondamentales sur la mort, la famille, le couple. Lost est un microcosme de notre civilisation, une ferme de fourmis expérimentale, Heroes un Dynasty nietzschéen, The wire une méditation kafkaienne sur l'échec de nos institutions, The Shield est un Macbeth en col bleu...

...Sex and the City un conte de fées urbain... ...Gossip girl est du Jane Austen pornographique pour pédérastes.
La série télé et l'obsession qu'elle engendre dans la populace est la continuation directe du roman feuilleton, du conte du Jongleur, de la Chanson de geste et de la légende du conteur dans la grotte auprès du feu. Ces séries nous définissent et nous sculptent. Sex and the city est un mode de vie embrassé par des hordes de femmes.
Et je ne parle que de série télé! Imaginez le reste...
C'est cet aspect de Network que nous allons couvrir, celui du film-parabole sur nos nouveaux anges et démons. Cette méditation, Alan Moore l'a fait en profondeur dans son texte A Light of thy countenance, adapté en bande dessinée par Felipe Massafera et Anthony Johnston dans Avatar press. Je vous offre en cadeau cette page, absolument bouleversante.

For I am He, the voice you turned to in your loneliness.
I am the one who shrank the mountains and the jungles;shrank whole wars and brought them unto your bottle. In your billions you adore me, faces underlit with grace.
I am the lenght and breadth of your reality and all your dearest toughts are but extensions of my own, my perfect dreaming mercy, born in brightness.
I am the silence of the will.