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mardi 7 août 2012

Le Cheval-Une réflexion galopante de Jean-Michel Berthiaume


"Le cheval (Equus ferus caballus ou Equus caballus) est un grand mammifère herbivore et ongulé appartenant à l'une des sept espèces de la famille des équidés. Il a évolué au cours des dernières 45 à 55 millions d'années à partir d'un petit mammifère possédant plusieurs doigts pour devenir un grand animal à sabot unique. L'utilisation du cheval, peut-être domestiqué il y a 9 000 ans dans la péninsule arabique, se serait répandue de 3 000 à 2 000 ans av. J.-C. à toute l'Eurasie. Bien que la quasi-totalité des chevaux soient désormais domestiques, le cheval de Przewalski est considéré comme le dernier vrai cheval sauvage, et il existe de nombreux chevaux domestiques retournés à l'état sauvage." source : Wikipedia

Québequisme : Ch'val



On en a tu assez parlé du maudit cheval au cinéma? Tu sais d’avoir abordé cette veille expérience marquante durant laquelle on filmait les pattes du cheval à la course afin de déterminer s’il existait un moment durant lequel le cheval ne touchait pas au sol. Anecdote que nous avons répétée et répétée depuis notre émission sur A MAN CALLED HORSE! (à crier à voix haut, s.v.p.) 



Mais qui sert comme moteur d’analyse pour plusieurs films : CHEVAL=CINÉMA.
Des classiques qui resterons à jamais imbriqués dans nos réflexes de cinéphiles comme MALLETTE=ÂME et E.T.=CACA.

                                      (i got a feeling, that tonight's gonna be a good night...that tonight's gonna be a good good night, i got a feeling)

Une fois de plus sachez que je vais sortir cette bête de l’établi et je vais la fouetter comme MEL GIBSON(=TORTURE) car il me semble qu’il y a encore de quoi d’intéressant à faire avec ce futur pot de colle lorsque qu’on regarde les deux grands films de cheval de la dernière année. Et oui, l’un est passé étonnamment inaperçu et l’autre a garni une attention inattendue.

Et oui je parle sans doute de WARHORSE et CHEVAL DE TURIN!  

Car nous avons ici non pas seulement une variation sur le même thème (Hein, y fallait le voir celui-là!) mais aussi une variation sur une perspective du cinéma tous deux établis par des hommes qui n’en sont pas à leur premier tour de piste. Cette interprétation peut sembler galopante mais nous sommes confiants lorsque nous assumons le fait que Le Cheval de Turin et Le Cheval de Guerre ne sont pas uniquement des films qui abordent la magnifique créature équestre dans toute sa splendeur cinématographique mais qui tentent aussi de communiquer une perspective sur le cinéma lui-même. Ici, deux perspectives de maîtres celle de Señor Spielberg et celle du très honorable Tarr, inclusivement.

*Teuf* Un bref résumé!



WARHORSE raconte l’histoire d’un cheval qui parcourra le monde d’aventure en aventure et de famille en famille touchant au plus profond de leur être tout les gens qu’il croisera dans sa quête homérique afin de retourner à son premier maître un jeune homme plein d’affection et de vitalité nommé … (on s’en fout)



LE CHEVAL DE TURIN parle d’un cheval qui à une époque à servi à causer une profonde réalisation chez un philosophe et qui depuis se laisser tranquillement mourir dans une « shed » pendant qu’un père et sa fille manque clairement de stimulation dans leur maison de pierre.  

Je pense que j’en ai dit assez.



Imaginez-vous donc maintenant (et je ne crois pas la tâche bien difficile) que les deux films Spielberg et Tarr on décidé d’illustrer leur perspective du cinéma par le biais d’un cheval. Les situations qui surviennent dans la vie du dit cheval peut donc être transposé afin d’expliquer leur profonde conviction sur la situation du cinéma en ce moment. Les deux hommes, férus de symbolisme, auraient dont exécuté leur film somme, se servant d’un animal de locomotion afin de véhiculer leur impression sur la situation présente du 7eim art.
Spielberg, dans le premier cas, voit le cinéma comme utile et viril, comme une force que les gens tentent de s’accaparer que ce soit pour des raisons affectives ou pour des raisons de prestige. Le cinéma de Spielberg peut exister entre les tranchés et dans les scènes le plus bucoliques imaginables. Le cheval survit et progresse, et n’est jamais brisé par la présence d’un humain. En plus, il n’a pas de prix et s’épanouit seulement lorsque traité avec amour.

Tarr, lui, voit le cinéma comme une bête qui fût d’antan une grande source d’inspiration. Un vue sublime qui pouvait fondamentalement altérer l’être humain et qui mérite  d’être vénéré comme une créature divine malgré qu’il soit maintenant plus souvent utiliser pour traîner des charrettes (CHARRETTE=IDÉOLOGIES) désuètes et en décrépitude. Comme nous l’avons dit plus tôt, le cheval, ayant accompli sa tache principale se laisse maintenant mourir (c’est peut-être donc ça la raison de l’annonce de Tarr que Cheval de Turin sera son dernier film).

                                                                                     (Heyoooo)

Mais comme le dicton le dit si bien : A cheval drogué, regarde pas Madrid, reste à voir si cette interprétation tient le coup ou si j’ai simplement fumé trop de foin.

dimanche 13 novembre 2011

Notre émission du 9 novembre: Death bed:the bed that eats-le chef d'oeuvre inconnu

Cliquer ici pour écouter notre émission cette semaine

Cette semaine, le 7ème antiquaire vous fait visiter la section du lit.

Le lit.

Théâtre à la fois vaste et étouffant de nos plus grandes tragédies, de la naissance à la mort, du plaisir à la souffrance.

Le lit.

Une porte vers l'autre monde, peuplé à la fois d'anges et de démons. L'embarcation, le véhicule. Le mince voile, la large voile  dans lequel on se couche et se cache.

Le lit.

Avec ses monstres en dessous, Morphée au milieu et une foule au dessus.

Le lit au cinéma.

Endroit horrible oû les cauchemards prennent vie. La petite Regan Mcneil attachée. Jason Vorhees en dessous. Freddy Krueger dans le matelas. Les portes de l'enfer maculées  de  Hellraiser.
Espace d'exploration des fantasmes. Le monolithe de 2001, lit de camp de tous le genre humain.

Au cinéma, le lit n'est jamais simplement un lit. C'est encore et toujours le rideau du théâtre des rêves.
Il y a eu beaucoup de lit au cinéma, mais aucun de plus profond que le DEATH BED de George Barry.
Chef-d'oeuvre inconnu d'une surréalisme sans compromis, DEATH BED: THE BED THAT EATS fait avec le lit ce que L'ANNÉE DERNIÈRE À MARIENBAD faisait pour la villa. Le film de Barry est sans aucun doute  la plus puissante méditation existante sur l'onirisme au cinéma: le montage elliptique et traversé de non-sequitur, la grinçante musique protoindustrielle, le jeu décalé des personnages, les couleurs rappelant le Bergman de CRIES AND WHISPERS.
Mais surtout, ce lit possédé d'un démon qui fut jadis un arbre et une brise, puni d'avoir trop aimé, qui mène une guerre à un esprit enfermé dans une peinture.
DEATH BED et son lit sans fond menant vers un enfer gastrique oû tout est digéré, les rêves, les gens et les aliments.
DEATH BED le chef d'oeuvre oublié d'un artiste consummé par ses propres cauchemars, une Gérard de Nerval de la pellicule.

dimanche 16 octobre 2011

FNC '11: Critique de GUILTY OF ROMANCE-Belle de jour pour toujours

Ahhhh! Sion Sono! Pas moins de deux Sono en circuit festivalier en une seule année (et pas les moindres)! Il est parfois bon de vivre dans la cours à scrap de mononcle Tremblay!
Amateurs de sadisme cinématographique, réjouissez vous! Si COLD FISH, le précédent film de Sono présenté à Fantasia vous avait laissé froid (C’est possible?), GUILTY OF ROMANCE est le roman-savon corrosif à vous frotter vigoureusement dans le regard. 

Izumi est l’épouse servile d’un romancier à succès, froid et ennuyant de surcroit. Son quotidien est une suite de besognes monotones qui pourraient achever le plus tenace des majordomes anglais. Elle accomplie le tout avec une diligence qui n’a d’égale que sa fascination pour son mari. Même si elle vêtue jusqu’aux amygdales de robes lui donnant des allures d’Hedda Gabler du Soleil Levant, rien de pourrait vraiment dissimuler la volupté de ses formes étouffées. Pour ajouter du piquant à sa vie, Izumi prend un boulot dans un supermarché. Elle fait déguster des saucisses aux passants.
C’est dans ce contexte alimentaire qu’Izumi se fera approcher par une dame un tantinet louche qui lui propose de devenir mannequin. Ce sera aussi le point de départ d’une dantesque et (oserais-je le dire?) kafkaïenne épopée où Izumi découvre que stupre et liberté ne riment pas nécessairement mais se voisinent souvent. En plongeant tête première dans l’exploration de ses fantasmes, la confiance d’Izumi prend (trop?) rapidement de l’expansion.
 Au menu : prostitution, pornographie, viol, claque sua yeule, avec en prime une accessoire histoire de meurtre assez juteuse. Le tout servi par la plantureuse et fébrile Megumi Kagurazaka, mannequin réputée que Sono avait déjà portée aux nues dans COLDFISH, sérieusement en voie de devenir sa muse. En martyrisant sa comédienne avec des méthodes qu’approuveraient benoîtement Von Trier, Sono questionne encore le part de fantasmes féminins occultés par la société nippone. L’abandon total de Kagurazaka à ce rôle écrit pour elle est palpable. Elle agite avec souplesse tout l’éventail des clichés de la femme japonaises; servile, objet, soumise, vierge éplorée et putain hystérique…

Exploration de la condition féminine, répressions des fantasmes menant à la déviance et découverte de réalités parallèles où toutes les explorations sont permises… Encore ces violons baroques et ces espaces habités d’artefacts occidentaux. Les portraits de dégénérés de Sono n’ont jamais été aussi petinents. BELLE DE JOUR dans un pays encore déchiré entre ses paradoxes, GUILTY OF ROMANCE laisse une jolie cicatrice rose et purulente sur la conscience.


-Francis Ouellette

samedi 30 juillet 2011

Fantasia 2011: critique de UNDERWATER LOVE. Les clapotis du désir font une bien jolie musique

Vous savez ce qui manquait au Fabuleux destin d'Amélie Poulain? Il lui manquait un homme tortue qui se fait bouffer sa grosse bitte verte. Rien que ça. Si Jeunet avait compris ça, son film aurait sauvé le monde du suicide, de l'ennui et de l'impuissance.

UNDERWATER LOVE est un petit fruit gorgé de sucre et modifié génétiquement. Avec du petit jus qui pète dans ta yeule. Il fait aussi couler le petit jus dans tes culottes et ça fait sourire. Tee hee!

L'histoire: Asuka travaille dans une poissonnerie de campagne et se prépare à épouser son patron.  Elle est heureuse , si ce n'est que son futur époux est un dégoutant éjaculateur précoce. Elle est souriante et aime danser. 
Jusqu'au jour oû elle rencontre un kappa, ces yokais (créature des bois du folklore nippon) mi homme mi tortue. Et pas n'importe lequel: ce kappa est la réincarnation d'un amour de jeunesse perdu dans une noyade, Aoki (joué par un acteur dans un costume cheap)
À propos des Kappas: d'ordre général, les Kappas sont un peu libidineux, ils aiment reluquer les femmes et parfois même les violer. Ils peuvent être amicaux mais certains entrainent les gens dans la noyade. Ils raffolent des concombres, aiment le sumo, ils sentent le poisson et leur tête surmontée d'une cavité doit toujours être remplie d'eau, sinon, ils s'immobilisent.
 Ils sont aussi très poli: pour se débarrasser d'un kappa, il suffit de le saluer en se penchant. L'eau de son crane se videra. Ils aiment parfois manger le shirikodama des gens, une boule de chair qu'on peut extraire de l'anus, c'est bien connu. Vous en verrez une dans le film, c'est promis.

Mais Aoki est un kappa amoureux. Il est sans malice, n'a rien à foutre des perles anales, il aime manger des concombres et se faire sucer la bitte (qui ressemble d'ailleurs à un gros pickle), par la jolie pècheuse potelée du coin. Mais dans son coeur de tortue puante, ce qu'il veut par dessus tout, c'est aimer Aoki.

Underwater love est un film kappa, un hybride, à cheval entre deux mondes. C'est un pinku eiga (film folichon) expérimental doublé d'une comédie musicale...avec une trame sonore de Stéréo total en japonais et la photographie toujours sublime de Christopher Doyle. Filmé en 5 jours en une seule prise avec des chorégraphies improvisées et deux scènes de cul assez mémorables, c'est le film qu'il faut voir avec son conjoint pour lui faire comprendre que l'amour n'a pas plus de frontières que les orifices.
 Pendant le visionnement, une jolie geekette complètement gelée derrière moi disait continuellement "kappa kappa" pendant les scènes de cul. Je vous jure. 
Sur IMDB, les mots clés concernant le film sont Large penis, kinky sex, sodomy, animal penis, cucumber et, comme si ce n'était pas suffisant, see more. Quel film peut s'enorgueillir d'avoir tout ces libellés? Certainement pas Le fabuleux destin d'Amélie Poulain. Je payerais cher pour regarder Audrey Tautou se rentrer un shirikodama dans le cul. 

lundi 25 juillet 2011

Fantasia 2011, Jour 10: Critique de MONSTER BRAWL: Con (et merveilleux) comme la lune

Il n'y a pas si longtemps que ça, nous vous avions concocté ici même une émission pas piquée des vers sur la vénérable tradition des horror show hosts, ces individus  qui bonimentent des vieux films d'horreur à la télé (cliquer ici pour l'écouter: Notre émission du 27 octobre:Les Horror Show Hosts, une tradition américaine).
Nous y faisions  l'évidente constatation que le monde de la lutte contemporaine doit beaucoup à ces individus. Avec ses managers sinistres et caquetants, ses lutteurs souvent monstrueux et ses costumes flamboyant, la lutte a autant (sinon plus) à voir avec le théâtre athlétique que le sport. Le ring restera à jamais un espace mythologique où sont mises en scène des confrontations légendaires, où sont susurrés  les échos séculaires des batailles de Gilgamesh et Hercules. Y'a du monde bien plus intelligents que moi qui échafaudent des théories sur le sujet dans les internets, vous pouvez me croire. Marc Cassivi entre autre.
 Il fallait bien qu'un jour, quelqu'un prenne l'idée au pied de la lettre.

Fantasme absolu de geek,  Monster Brawl est con et beau comme la lune, cette magnifique lune de carton deux fois trop grosse que l'on voit dans les films de la Universal. Il offre une généreuse dose de ces fantaisies masturbatoires qui traversent les conversations de geeks: qui gagneraient le combat  entre Tarzan et Mowgli, entre King Kong et le Stay Puft marshmallow man,  Inspecteur Gadget  et Robocop, le Blob et Barbapapa? Vous savez, on trouve même un jeu de combat amateur, Terrordrome, où l'on peut mener des batailles à mort avec les grands slashers du cinéma! Oui oui! 

Pour moi, de même qu'une généreuse quantité de mes semblables, ses conversations peuvent prendre des proportions épiques. C'est hautement constructif! Logique que les monstres classiques de la Universal fassent souvent partis de nos élucubration hypothétiques. 
D'accord, ces créatures se sont déjà affrontées mais goddamnit elles ne se sont jamais vraiment cognées dessus à grands coups de savates et ça, tout le monde veut le voir non?
En ce sens, Il est indéniable que le réalisateur canadien Jessy T. Cook est un philosophe geek de la plus haute distinction.
Un ring au centre d'un cimetière maudit avec des vieilles pierres tombales et un lugubre gardien...la totale. Deux commentateurs de lutte, un blasé (David Foley, au sommet de sa forme) l'autre hystérique (Art Hindle, magnifique). Jimmy Hart et son fidèle mégaphone, pour ajouter un monstre classique de plus.
Les grandes créatures de la Universal et quelques unes plus modernes (un zombie et un monstre des marais) vont s'affronter. Comment et pourquoi se retrouveront-ils sur le ring ensemble? On s'en contrefout. Mais attention! Monster Brawl n'est pas un film. C'est un gala de lutte. C'est même la répétition sentencieuse de sa structure formatée qui le rend hilarant et qui le rendra absolument insupportable pour certain.
Vous aurez droit aux statistiques complètes des monstres, à leur origine et leurs attaques de prédilections. Des commentaires animés et hilarants pendant les combats, des cartes de présentations, les monstres qui se font des speachs de confrontation, des combats éliminatoires, des logos et des managers. Il a même deux divisions: Monsters and Undead. Si la sorcière a plus d'un tour dans son sac, le monstre des marais est toxique. Le loup-garou est plus puissant les soirs de pleine lune et la momie peut t'étrangler avec ses bandelettes. Je mouille mes culottes de bonheur. Oh regardez! Le loup Garou hurle à la lune de la troisième corde! Le cyclope tire des rayons avec son œil!! J'ai envie de pleurer.

Monster Brawl est à la fois aussi cheap qu'un film d'Al Adamson et un gala de lutte de sous-sol d'église. Les designs des monstres, kitsch à souhait,  sont particulièrement  réussis (Frankenstein et le Loup-garou sont magnifiques, les interprètes ne donnent pas leur place non plus). Si les combats manquent parfois quelque peu de dynamisme et (ahum) de technique, c'est tout ce qui empêche Monster Brawl de devenir un film hautement culte. Le temps de quelques confrontations, l'esprit  des horror show host vient valser avec  celui des managers de lutte dans un décors en gyproc. Vous ne voulez pas manquez ça.


À ce titre, je suggère aux curieux d'aller lire ici même la critique élogieuse de Marc Cassivi qui corrobore mes opinions sur le génie irrévérencieux de ce film. 
C'est un rendez-vous! Si Satan le veux!


samedi 23 juillet 2011

Fantasia 2011, Jour 8: Critique de MUSTANG: Un monde de passions débridées

MUSTANG!!!!! CHEVAL NOIR INDOMPTÉ!!!!
MUSTANG!!!!! PERSONNE NE PEUT TE MONTER!!!!!

Dans les arrières-boutiques en plywood et les routes poussiéreuses de Saint-Tite, il y a un monde de passions sauvages qui ruent dans les brancards. Des secrets, des amours déçus et des colères qui grondent. Johnny Cooper, le grand Sachem du Festival country aimé de tous, est mort horriblement au rodéo, piétiné par Mustang.
Mustang: le cheval noir indompté.
MUSTANG. Que personne ne peut monter. 
MUSTANG est enfermé dans un enclos en exemple, symbole et témoin vivant des mensonges qui sclérosent le village. Mais MUSTANG n'est que le catalyseur du drame. Et MUSTANG, le film, est une découverte sans précédent. Il mérite un culte, un DVD, la trame sonore en 8-track et un laser-disc. Il est inadmissible qui ce magnifique pur-sang galope au loin, narguant les cinéphiles québécois de ma génération, sans que nous ayons eu droit de le monter auparavant.

Si seulement MUSTANG n'était qu'un Western-poutine hybride (le seul en fait) où sont mélangés les genres dans une concoction lourde mais hautement appétissante, ce serait déjà suffisamment bourratif. Mais il est encore plus que ça; c'est un tragédie antique à Saint-Tite. La recette est parfaite: La patate du Western classique , la sauce brune du drame de cuisine québécois et le fromage en crottes de la tragédie antique, permettant la cohésion improbable des éléments précédents. 

Willie Lamothe, le légendaire, joue Dick Lachance, chanteur de country qui n'a rien à voir avec son alter ego. C'est un cowboy fantaisiste (c'est le titre d’une de ses tounes) qui n'aime pas les chevaux. Il arrive avec son groupe au Festival de Saint-Tite pour constater que la mort de son vieux chum Cooper a laissé le village dans un état de dévastation psychologique indéniable. Affublé de ses compagnons de routes, dont le nom moins légendaire et souriant Bobby Hachey, il soupçonne quelque chose de louche. Il fera sa petite enquête  Le groupe de Lachance  a en quelque sorte une fonction de poutinage narratif (poutinarration?): ils sont le chœur grec de la tragédie, les fous du roi et des desperados du verbe au grand cœur.

La Tragédie se met en place: Un maire louche et libidineux joué avec gravitas par Claude Blanchard, Muriel Millard est son épouse fardée comme les clowns de ses peintures impressionnistes, la veuve blessée est Luce Guilbault, la femme fatale de Calgary est campée par Nanette Workman. On a aussi l'indien de service et la petite fille espiègle. Albert Millaire se la joue Western-spag en tant que bad boy tourmenté et Marcel Sabourin est l'idiot du village.  Il est amusant de constater que la parlure populaire de ce magnifique groupe rend la performance de Millaire et Sabourin des plus comiques. Ces deux acteurs de théâtre sont pratiquement incapables  de harnacher le  joual du reste du groupe. Millaire a le regard d'un tueur et l'élocution d'un notaire de Saint-Bruno. C'est hilarant.

Est-ce que Klo, le bad boy du village, saura relever le défi du maire? Pourra t-il monter MUSTANG et ainsi venger Johny Cooper? 

Seule réalisation de Marcel Lefebvre, il signe aussi la grandiloquente trame sonore (je ne déconne pas: c'est de l'immense orchestration mur à mur). Lefebvre est d’abord et avant tout reconnu comme auteur-compositeur pour à peu près tout le monde de Céline Dion ("Une colombe", c’est de lui!) à Jean Lapointe ("Qu'est-ce qui fait donc chanter les p'tits Simard! C'est les poudings...LAURA SECORD" c'est de lui aussi !!!!) 
MUSTANG est traversé de moment de grâce et d'absurdité. Des morts atroces, des regards tout droit sortie d'un Leone qui ne cesse de se répéter sans qu'il y ait le moindre combat, les tounes de Willie Lamothe qui détonnent avec les amples orchestration de Lefebvre. Impossible de déterminer où commence et fini le niveau de conscience qu'avait Lefebvre de son propre projet.

Mais c'est justement l'improbabilité d'une cohésion entre tous ses éléments qui est la grande force du film. Saouler par les trop nombreux whiskies servis à Fantasia, ça prenait la poutine bien grasse et savoureuse qu'est Mustang pour remettre mon foie de cinéphile à la bonne place.

Qu'on se le dise: MUSTANG est un MUST(on veut un Dvd calisse)

Par ailleurs, j'ai une théorie.
Pendant une scène, on voit une statue de Mustang suspendue dan les airs comme si elle volait, cambrée de colère et les yeux rouges de haine.
Je suis maintenant certain que MUSTANG est la véritable inspiration pour le cheval emblématique de Fantasia 2011. Il représente aussi leur volonté secrète de faire passer ce film à l'histoire, comme il se doit.

Parce que Fantasia est le Mustang des festivals de cinéma: sauvage et indompté.

mercredi 16 février 2011

Notre émission du 16 février: The Honeymoon killers et les couples qui tuent au cinéma

POUR ÉCOUTER L'ÉMISSION, CLIQUER ICI

Sinon, écoutez donc ça pendant que vous lisez...



Spécial Saint-Valentin mortel! Sang-Valentin! Seras-tu mon Valentin...pour toujours???
 Avez-vous encore un grave cas de spleen de Saint-Valentin, même après les suggestions que nous vous avons fait ici ?   Le 7ème a teeeeeellllleeeement le remède contre les maux qui vous assaillent! On combat le feu avec le feu; une bonne dose d'Éros et Thanatos...et hop! Votre couple se portera mieux et s'il se porte déjà bien, il n'en ira que mieux encore. Cette semaine: Les couples qui tuent!!!! Vous pouvez tout de suite écouter l'émission en cliquant cliquant ici.


 Martha Beck et Raymond Fernandez étaient deux solitaires. Lui, faux latin lover, mariait des femmes pour les dépouiller de leur bien. Elle, infirmière de 250 livres, n'avait jamais connu l'amour. Quand ils se sont trouvés par le biais d'annonces classés, ce fut le coup de foudre instantané. S'ensuivra une dévorante passion où Martha sera le molosse meurtrier et docile de Ray. On leur donnera le nom de Lonely Hearts killers. Leur amour laissera un cortège de 12 cadavres de femmes...et inspirera un brillant petit drame de mœurs, le film américain préféré de François Truffaut, Honeymoon Killers.

Le grand écran raffole des couples qui tuent. C'est Éros et Thanatos se tenant littéralement main dans la main ou plutôt, c'est l'amour incestueux de leur progéniture hermaphrodite bâtarde, Sex & violence.Or, ces couples sont souvent des misfits bien glamours. C'est là où Honeymoon Killers devient unique. Pas de glamour ici mais nous ne sommes pas non plus devant un film de pure exploitation. L'époque veut nous le vendre comme un John Waters ou un Russ Meyer, mais il est une toute autre créature. Dans ma Vidéothèque, il est tout naturellement placé entre Whatever happened to Baby Jane? et Badlands.
Cette semaine, c'est avec un plaisir non dissimulé que nous vous parlerons de The Honeymoon killers... 

 
 
My story is a love story. But only those tortured by love can know what I mean … in the history of the world, how many crimes have been attributed to love?
-Martha Beck

dimanche 23 janvier 2011

Fais moi Mel: Gibson et la passion de la torture

Récemment, l'épouse de Mel Gibson a eu la très mauvaise idée de déclarer au tribunal que son tonitruant ex-mari aimait bien la battre au lit (je l'ai lu dans le journal Métro, c'est sur que c'est vrai). Je dis mauvaise idée parce que si son innocente épouse s'était donnée la peine de regarder la totalité des films de Mel en loop, elle se serait vite rendu compte que son mari entretient une relation plutôt étroite avec la souffrance et la torture. Voyant Shirley! Réveilles! C'est partout dans l'œuvre de ton colérique époux.

Monsieur Mel est un catholique pratiquant ultra traditionaliste. La souffrance, c'est le sport préféré de son idole, le p'tit Jésus. La vertu par association, vous voyez? La douleur lave plus blanc pour blanc pour les Catholiques: c'est le nettoyage en profondeur avec le détergent Contrition.
L'homme avec un grand H, le vrai, celui qui cherche à se rapprocher de son Dieu, laisse son corps être assailli par les coups de fouets de l'existence. Yé faite fort. Ça élève l'esprit, dit-on. Cependant, Ô insidieuse engeance, l'homme peut à peu près érotiser n'importe quoi. C'est un impératif biologique. Le sublime corps du Christ crucifié, en pâmoison et tordu, est une image puissamment érotique. Jésus serait en train de se faire pomper la miche, il aurait probablement la même expression faciale, ce me semble.
Je n'invente rien quand j'énonce que la Catholicisme a raccourci le pont chambranlant qu'il y a entre la douleur et l'extase sexuelle: les pénitents, le flagellés, les martyrs, les cénobites...du Christ de bon monde ça! Du monde de party!!!!

Mel a compris quelque chose; l'exaltation de sa Mystique virile dans la souffrance. Swarzenneger, c'est des muscles. Eastwood, c'est une voix et un regard. Van Damme, c'est les deux quartiers de parfaits cantaloups tranchés qu'est son omniprésent cul. Mais Mel... c'est l'homme qui encaisse, noueux comme l'arche de Noé, bandé comme le Christ au Jardin des oliviers. Un homme, un vrai.
Conséquemment, il a bâti une énorme partie de sa Mystique autour du corps meurtri.
Énumérons prestement:Apocalypto: On y retrouve une quantité non négligeable de viols, de décapitations, de sacrifices humains et de torture. Le film est essentiellement le chemin de croix en accéléré d'un jeune homme qui ne deviendra un adulte qu'en traversant l'épreuve.The Passion of the Christ: le meilleur vidéoclip de Nine Inch Nails EVER. Aucun propos, aucun message, aucune portée mais un des plus sublime goregasme de l'histoire du 7ème art!
Braveheart: pas facile de crier "liberté" avec les tripes qui sortent, les membres disloqués et la verge arrachée!
Payback, pas Paycheck: la version produite par Gibson est enrichie de scènes de tortures qu'on ne trouve pas dans le montage du réalisateur. Une coquetterie d'auteur de la part de Mel, qui s'y fait tirer, se fait casser les orteils à coups de marteau, arrache des piercings et autres douceurs. On y trouve aussi une dominatrice qui aime donner des coups de poing. Pas moins de trois femmes s'y font par ailleurs talocher allègrement, dont une qui adore et... sa femme! Tiens Tiens.Conpiracy Theory: torture inspirée de la CIA dans une baignoire! Splish splash une dizaine de fois,

La tétralogie des Lethal Weapon: les épaules disloquées de Riggs et la séminale scène d'électrochoc dans le deuxième de la série.

What Women want: même dans une comédie romantique, Mel trouve le moyen de souffrir; l'épilation à la cire est une barbarie pour le hommes aux jambes poilues.
The man without a face: la visage brûlé, mentalement scarifié.
Forever young: vieillit en accéléré après une cryogénie défectueuse, quasiment dans les bras de la femme qu'il aime...

Sans oublier les nombreux sévices subit par Mad Max, de sa jambe blessée à son œil...

Mel Gibson, c'est le Christ crucifié sur le grand H du Hollywood Sign! C'est précisément pour ça qu'il interprète toujours des personnages au bord du gouffre, auto-destructeurs, renégats, accablés de solitude et/ou veufs qui veulent venger sa femme et/ou un autre membre de sa famille. Même South Park a compris ça. Vas-y fais lui Mel!



samedi 1 janvier 2011

Des tentacules et des femmes...(âmes sensibles s'abstenir)

C'est toujours suite à une séance amoureuse matinale que l'envie me prend d'évoquer des sujets saugrenus (généralement à caractère sexuel, on devinera). Récemment, sans crier gare, post -coital et taquin, je me suis surpris moi-même à parler sur l'oreiller de bestialité. Il faut dire que j'avais failli me faire lécher le gland par un chat curieux, quelques secondes plus tôt. Heureusement, l'événement aurait été accidentel. Peut-être suis-je vieux jeu, mais j'aime les chats (et le reste des bêtes) d'un amour platonique. Après la peur initiale s'ensuivit le rire, les anecdotes salaces et une discussion générale sur les mythes urbains: une fille, un chien et du beurre de cacahuète (un film pour toute la famille!), le fermier et la narine de veau...les japonaises et les tentacules...

"Des tentacules?" de rétorquer mon amoureuse. "Ben voyons..."

Inutile de vous décrire l'incrédulité tout à fait justifiable de la dame que j'aime sur ce sujet pourtant séculaire...
Devant cette incrédulité, je suis porté à l'évidence de la nécessité d'un article de fond sur le sujet. Je ne prétendrai pas à l'exhaustivité; un simple survol thématique suffira aux néophytes. L'exégète trouvera son compte dans certaines évocations pertinentes et des théories imagées.On doit essentiellement la fascination du "sexe tentaculaire" à ces braves gens du soleil Levant. Un adage de Lao-Tseu va comme suit :"dis moi ce que tu manges, je te dirai ce que tu baises". C'est d'ailleurs au Japon, dit-on, qu'on trouve un charmant restaurant où pour la rondelette somme de 7000$, vous pouvez baiser votre repas vivant avant de le déguster. Dit-on. On retrouve en outre les premières manifestations de pornographie tentaculaire nippone au tout début du 19ème siècle et ce, bien avant l'apparition des premiers textes de H.P Lovecraft où la suggestion du viol par des créatures marines hybrides et démoniaques font figures de récits fondateurs."Le rêve de la femme du pêcheur" estampe érotique de Hokusai Karsushika, 1820


Il est cependant clair que l'explosion des archétypes Lovecraftiens dans la culture populaire typiquement nommés les mythes de Cthulhu (voir la créature en bas), aura considérablement enflammé l'imagination des Japonais. Ces visions de femmes impuissantes et violées dans tous les orifices par des démons antédiluviens est une extension justement "tentaculaire" de mythes Lovecraftiens. Chez Lovecraft, l'horreur est bel et bien un phénomène physique, naturel, entrainant chez l'homme un viol de l'esprit, une destruction de l'entendement. Les japonais auront conjugué ces notions à la pornographie, au viol total.
Depuis, on retrouve "le viol tentaculaire" dans toutes les sphères de la culture populaire nippone.
Les mangas:

Les animes, (les dessins animées appelés les hentais):L'art pornographique conceptuel:
...et conjugués à d'autres sous-genres, comme le cyber-punk...Or, le phénomène n'est pas strictement japonais. Ce que les japonais ont grappillés à Lovecraft, la dimension sexuelle de ces imageries, les occidentaux "nipponophiles" l'ont récupérés également, souvent en le conjuguant au cyberpunk:

Ridley Scott avec "Alien":Cronenberg avec "The Naked Lunch"

Zulawski avec "Possession":

La petite sirène:Chose certaine, la recette reste sensiblement la même partout dans le monde: une jeune femme innocente se fait violer dans tous les trous en même temps. avec des degrés variables de plaisir. Comme il est plus au moins interdit de montrer des pénis au Japon, on devinera que le tentacule aura fait office de remplacement de fortune.
Ce qui rend le phénomène intéressant, c'est qu'il est véritablement devenu une sous-catégorie de la pornographie. Il se sera insinué dans la réalité. La chose est d'emblée ambiguë que les victimes de ces appendices sont souvent vaguement satisfaites par ces pénétrations intégrales. Au Japon, la consommation des hentais est faite par une majorité écrasante de femmes (des femmes occidentales ont aussi un intérêt marqué pour la chose) . Le néophytes n'aura aucune difficulté à trouver un véritable film où une femme se fait pénétrer par des tentacules. Des sites se dédit spécifiquement à la chose, qu'elle soit fictive comme le site Rough Tentacle Hentai:


Ou véritable.
(MISE EN GARDE: Cliquer sur la photo pour une vidéo. Soyez conscient de la nature particulièrement choquante de la chose et prenez une grande respiration avant)
Mais que représente véritablement ce fantasme? La mémoire distante et atavique d'une sexualité informe et protoplasmique, où tout était à la fois pénétrant et pénétrée? La mise en scène d'un désir de viol intégral, commun aux femmes et aux hommes, socialement acceptable parce que fantaisiste?
Le symbole de la domination sexuelle des femmes japonaises, conditionnées à faire croire que leur soumission et leur souffrance leur est plaisante? Il suffit de regarder un film pornographique avec des japonais pour voir comment cette attitude est omniprésente: les pornstarlettes japonaises sont présentées comme d'éternelles fillettes innocentes subissant, entre le consentement résigné et l'extase, les risibles prouesses d'hommes abusifs n'ayant par ailleurs aucunement les phallus volumineux si fortement prisés par la pornographie occidentale.
Les tentacules violeurs des japonais sont-ils l'illustration inconsciente d'un complexe d'infériorité génitale? Je ne parle pas simplement de la taille du pénis mais aussi de cette peur du sexe féminin, abysse apparemment insondable d'où surgit la vie hurlante et fumante, vision d'horreur pour bon nombre d'homme.
Faut-il, symboliquement, un énorme tentacule Lovecraftien pour sonder cette abysse? Est-ce le fantasme de vengeance d'hommes incertains de leur capacité à satisfaire une femme? Est-ce la vision que certain d'entre nous avons de la femme, un puits sans fond de désir impossible à remplir?
N'allez surtout pas croire que l'occident est en reste: des variations de ce phénomène se retrouve partout dans notre pornographie. On y retrouve des scènes de phallus volumineux pénétrant tous les orifices d'une femme simultanément, dans une espèce de danse frénétique et cadencée, devenant parfois autant de visions cauchemardesques de corps protéiformes, de chairs en métamorphose, dépersonnalisées et sans visages.

Toutes ces réponses ont probablement une certaine validité. Or, arrêtons nous sur le nom du grand-père involontaire de ce sous-genre: H. P Lovecraft.
Peut-être que la clé d'une autre explication se trouve dans l'étymologie tout aussi involontaire de son nom (Merci à Somoza!).

"Love"=amour. "Craft"= un art, une méthode, une technique.

L'amour/le sexe en tant que méthode, technique, mécanique, froide et visqueuse. Les créations de Lovecraft, des créatures d'amour/de sexe mécanique, physique, des machines corporelles de pénétrations absolues, d'infiltration totale. Des créatures qui violent la réalité et s'infiltrent partout dans l'existence.

Le viol tentaculaire, ce n'est rien d'autre que ça. L'excitation par l'avilissement, l'écrasement de l'homme par la vie déchainée, le forçant à l'humilité. Les femmes comme les hommes sont ici dans l'avilissement: devenant une victime, la femme connait enfin la satisfaction et bien que ces mises en scène sont le fruit d'esprit masculin, on remarquera que ce dernier est absent de l'équation sexuelle. Il est en conséquent inefficace.

Le viol tentaculaire devait tôt ou tard s'infiltrer dans la pornographie qui n'est au final rien d'autre que l'excitation par la démesure et l'avilissement volontaire.