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jeudi 19 janvier 2012

Notre toute première émission de 2012: Bilan à saveur sociologique de l'année 2011-La fin du monde et quelques sauveurs

Cliquer au choix sur un des 4 chevaux de l'Apocalypse pour écouter notre première émission de 2012!

Ben voilà les aminches!


Après un hiatus pas permis de presque un mois et demi, vos emmerdeurs préférés sont de retour pour vous chatouiller les enclumes...fuck yeah. Fallait bien se ressourcer. Done. Go.

Un bilan pour 2011? Mais bien sur! Mais comme à notre habitude, pas question de simplement faire un top 5, ou de parler des grands films et des honteusement oubliés. Nope! 

L'est question d'évaluer selon un angle sociologique, si si,  ce que la production cinématographique de l'an dernier a eu de pertinent à dire sur l'état de notre civilisation, rien de moins. 

Parce que Malick, Trier  et Tarr ont parlé de fin du monde...respectivement, avec des dinosaures, Kristen Dunst et, comme le disait Gerry Boulet, pour une dernière fois. C'est totalement saugrenu quand on y pense! 


De plus, question de nous sauver de l'eschaton, y'a eu des petits Jésus partout; quand ce n'est pas Branagh avec son Thor de plastique, c'est un anti-héros en bummer argenté dans une bagnole qui fait la gueule...et des chevaux.

Bref, c'est la fin des temps, et on veut quelqu'un pour nous sauver tout en nous divertissant! 

Quelle année étrange! Quelle année magnifique!

vendredi 22 juillet 2011

Fantasia 2011 jour 5: Bonus Feature. C'est pas parce qu'un film n'est pas une comédie qu'il ne peut pas être très TROLL

« For the last four years, I’ve basically been living in an Argento movie »

-Richard Stanley

Parce qu'il me fallait une phrase d’ouverture pour ma critique de Troll Hunter, je vous offre cette petite perle de sagesse qui inspire l'effroi mais aussi l'émerveillement quand on s'imagine le type d’existence au quotidien que vit Stanley, le grand chamane du cinéma. 
(Je travaille aussi sur l’édition de sa discussion publique avec Robin Hardy, vous aurez ça dans pas long…)

Mais pourquoi donc? Oui, on sait bien, rencontrer un homme d’une telle force laisse des traces dans la psyché et c’est sans doute parce que je viens tout juste de quitter Fantasia pour des vacances dans la très belle ville de Québec qu’on sent encore l’empreinte de l’homme sur mes paroles.

Oui, c’est à cause de ça, oui.

Mais c’est aussi à cause qu’elle résume la force d’un aspect dont j’ai raffolé dans TROLL HUNTER.
Pour la petite histoire : Une troupe de documentaristes (Un caméraman, une preneur de son et un réalisateur) tentent de monter un film sur une vague de corps d’ours retrouvés mutilés en Norvège. Les corps s’avèrent être un leurre lorsqu’ils font connaissance de Hans (Shit! OTTO JESPERSEN qui fait la voix du mammouth dans la version norvégienne de ICE AGE!), un homme mystérieux qu’il s’avère être celui auquel le titre du film réfère; et oui, il chasse le troll! S’ensuivra une chasse en trois actes particulièrement réussie qui n’a rien à envier à The HOST de Bon Jong-Ho.

Voila pour ça: l’histoire se déroule d’une façon bien amusante, parfois prévisible, mais toujours entraînante. Malgré les associations faites à certains canons de l’horreur, il me semble que TROLL HUNTER doit beaucoup plus à LORD OF THE RINGS version cinéma direct qu’à n’importe quel autre titre de « film de pellicule retrouvée » mais c’est mon opinion. Étant un avide joueur de Donjons et Dragons, la vitesse à laquelle André Ovredal fait entrer les archétypes D&Diens m’a immédiatement vendu au fait que TROLL HUNTER était un Table Top Twister (je parle ici du film avec Bill Paxton) doublé d’un mondo monstrous manual. Guerrier (Glenn Erland Tosterud, courageux et vaillant), Princesse (Joanna Mork, fantastique damsel-in-distress) et Clerc (Kalle, chrétien à tord) sont joint par Aragon…eh non…a Hans (Ranger, celui qui connaît les secrets de la forêt) pour vaincre les ambitions territoriales des Trolls, tout en conservant le secret de leur existence loin de la population Norvégienne.


Et me voici enfin suffisamment réjoui de pouvoir discuter de la citation qui ouvre cette critique puisque pour toutes les forces et les faiblesses de ce film, une chose prime avant tout lorsque l’on écoute TROLL HUNTER : une quasi impossibilité de discernement entre le monde réel et le monde fictif. Voyons en quelques points comment le scénario brouille brillamment les pistes entre le folklore et la réalité.


GROS GÂCHEUX À VENIR, SÉRIEUX...J'EN GRAISSE PAS MAL FORT À PARTIR D'ICI, LISEZ CE TEXTE APRÈS AVOIR VU LE FILM.

-Début du film : Hans est suspecté d’être un braconnier, responsable des carcasses d’ours délaissées sur les bords de route.

Réalité consensuelle +1

-La vérité est plus folle que la fiction, Hans est un chasseur de Troll qui cache un mystérieux secret sur la population Troll.

Réalité mythologique +1

-Les Trolls n’existent pas : ils sont des fabulations d’un vieil Hermite barjo qui vit dans une caravane.

Réalité consensuelle +1

-C’est bien faux, les Trolls existent parallèlement à notre civilisation et Hans est un homme au destin tragique, forcé de vivre en nomade, avec pour unique but de chasser et tuer les Trolls.

Réalité mythologique +1

-La responsabilité du contrôle de la population Troll est accordée à un groupe d'élite nommé le TSS (Troll Security Service) qui opère dans les bas fonds du gouvernement Norvégien. Ce groupe engage Hans comme « scalp-hunter » de Troll en mettant à sa disposition des lampes UV et des canons à lumière hautement technologiques pour mener sa quête cruciale (Greimas et les artéfacts magiques, houpla!)

Réalité consensuelle +1

-Lorsque Hans fait du terrain, il s’assure de n'avoir aucun chrétien dans son équipe car les Trolls sentent le sang catholique...en plus de se couvrir d’une substance qu’il nomme Troll-Smell pour se couvrir des narines monstrueuses.

Réalité mythologique +1

-Hans se bute à un jeune opportuniste arrogant responsable du cover-up des Trolls (Hans Morten Hansen, important stand-up comic Norvégien, porteur du record de la plus longue performance sur scène : 38heures et 14 minutes), le jeune fucker tire sur toutes les plugs possibles empêchant la troupe de documentaristes de faire le jour sur la situation. Il faut à tout prix empêcher l’étalement de cette connaissance auprès de la population.

Réalité consensuelle +1

-Thomas se fait mordre et est infecté par la rage, Kalle se fait débusquer dans une caverne par son odeur de Chrétienté.

Réalité mythologique +1

La finale du film, trop grandiose pour décrire. Le tout finement bouclé dans un combat entre le réel (tel que déterminé par la masse) et le fantastique (qui se partage par un petit groupe sélect). Nous retournons à notre partie de Donjons et Dragons,  qui ne fait aucun sens lorsque observée de l’extérieur. Troll Hunter, en terme de film, devient cette partie d’immersion dans le fictif, une expérience de groupe contenue dans le groupe, une quête partagée dans un imaginaire commun et qui se traduit difficilement lorsque nous tentons de la partager avec des observateurs externes.

BONUS FEATURE :

La source d’inspiration de TROLL HUNTER mesurée à celle de WATCHMEN. 





Réalité mythologique +1

-JIM

mardi 3 mai 2011

Notre émission du 27 avril: Slam et cinéma- l'art de l'insulte poétique au cinéma

 
 Loin de se vouloir une évocation exhaustive de ce qu'est l'art du Slam (nous réserverons un jour cet honneur à des Slameurs certifiés en studio), l'émission de cette semaine parlera de la rhétorique au cinéma, de l'insulte poétique dans les films. Les coups d'estocs donnés avec la langue en direction du cœur.
En l’occurrence, le thème de cette semaine n'est qu'une excuse pour faire trois trucs:

-Parler avec amour d'un artiste qui nous obsède, le poète-chanteur-slameur-acteur Saul Williams. Saul est au verbe ce que Coltrane était à la note et Basquiat à la couleur. Déclaration péremptoire: sans aucune hésitation, Saul Williams est pour le 7ème l'artiste majeur du 21ème siècle, toutes catégories confondues, rien de moins. Les slameurs actuels lui doivent beaucoup, particulièrement grâce au film qui l'a révélé au grand public en 1998, SLAM de Marc Levin. Drame social sur fond de rite initiatique, Slam est un 8 miles avant l'heure...qui serait réalisé par les frères Dardennes.  Le talent de poète et d'acteur y est si inspirant qu'il fait regretter la décennie de gangsta rap qui a suivi. Écoutez ça les aminches:


-Ensuite, nous ferons une brève analyse comparative entre Ridicule de Patrice Lecomte (qui n'est rien d'autre qu'un film de Slam francais au 17ème siècle) et 8 Miles. C'est le même film!!! Charles Berling et Slim Shady: même combat! 


-On fait un battle: les disparités entre la joute verbale française et américaine.

-Faire une truculente évocation des nos insultes préférées au cinéma. On vous promet de ne pas simplement répéter les énumérations de ce vidéo magnifique

mercredi 16 mars 2011

Notre émission du 16 mars: PATTERNS, le NETWORK de Rod Serling

Nous terminons cette semaine notre bloc d’un mois sur les grands scénaristes de la télévision. Étrangement, nous n’avions pas prévus ce thème à l’avance. Nos émissions se sont imposées d’elles-mêmes, comme une suite évidente d’informations permettant l’édification d’une généalogie informelle des grands innovateurs de ce milieu: de la radio au la cinéma, d’Arch Oboler à Leslie Stevens, de Paddy Chayefsky à Darin Morgan. Si rien ne semblait les relier a priori, en écoutant nos émissions du dernier mois, vous serez surpris de constater à quel point ils se sont tous ces auteurs succédés au quart de tour.

Un seul nom manquait à cette liste, bien que nous l’ayons systématiquement mentionné durant tout le mois. Le plus grand, Rod Serling.
L’émission de cette semaine lui sera consacrée. Nous parlerons plus précisément de son premier grand succès, Patterns (1951). Si vous êtes le moindrement du monde intéressés par la science-fiction, l’horreur, un simple fan de télé ou de notre émission, vous êtes probablement familiers avec « le jeune homme en colère » de la télé américaine. Reconnu principalement comme le créateur, producteur, scénariste et présentateur du séminal Twilight Zone, Serling est un cas d’espèce comme il ne s’en fait plus. Héros de guerre, testeur de parachute, homme de main pour toutes les formes médias existants, la consécration viendra tard pour cet homme aux visées progressistes, devenu à force de combat un humaniste désabusé doublé d’un cynique idéaliste. Twilight Zone n’était pas simplement une émission moralisatrice, mais chaque épisode avait la puissance de fables où Serling était le chanteur de geste en costume trois pièces.
En remontant aux sources du premier scénario de Serling , Patterns, on est soudainement pris de vertige et on peut se permettre sans hésitation une déclaration péremptoire: tout Chayefsky, tout Sorkin (et probablement Morgan) vient de là. C’est assurément Patterns qui a partie le bal. Tout est là : échanges verbaux cinglants et syncopés, les lignes inoubliables, les études de mœurs des gens de pouvoir et un sens aiguisé de la satire sociale. Le 7ème vous propose de faire la comparaison entre ces deux scènes de Patterns et Network, toutes les deux avec l’actrice Béatrice Straight . Les similitudes entre les deux renchérit la filiation et à ce qu'on sache, personne sur Internet semble avoir  traité du sujet.
Cliquer sur la photo du haut pour voir la scène de NETWORK en comparaison

Patterns, c’est le grand-père rusé de Social Network (lui-même rien d’autre que le rejeton respectueux et cynique de Network : j’en parle à profusion dans ce texte) , le vieux salaud qui sait que les méthodes de communication changent, mais les capacités d’écoute des hommes demeurent en tout point les mêmes. Patterns, c’est un 12 angry men corporatif qui serait écrit par Kafka.

La crise épiphanique des deux personnages brisées, en comparatif: 




Si les admirateurs de Serling seront surpris par l’absence relative d’éléments fantastiques de sa première création, il est important de souligner que son sens aiguisé du punch et de la tension dramatique y sont déjà présents. Par ailleurs, on y trouve déjà du fantastique, au sens le plus profond du terme. Cette corporation qui est mise en scène dans Patterns, mystérieuse et inquiétante, n’est rien de moins que LA seule et unique corporation, celle qui les gouverne toutes. Si on y parle le langage des affaires et du pouvoir, on ne sait strictement jamais de quoi il en retourne précisément dans ce cruel terrain de bataille où les chars sont des fauteuils capitonnés.


Dans ces films constituant les composantes mythiques dans une nouvelle et impitoyable cosmogonie corporative, Patterns est assurément un des fabliaux fondateurs.


Pour nous écouter cette semaine, cliquez ici. 


mardi 1 février 2011

Social NETWORK: Are we still "Mad as hell"?

Face à Facebook, je suis foncièrement comme tout le monde. J'ai l'ai détesté, adoré, abandonné, retrouvé, condamné et je l'ai encore retrouvé. Il a été un outil, une malédiction, un vecteur de frustrations et de rencontres, une lentille pour le voyeur, une fenêtre pour l'exhibitionniste. Jusqu'à ce que je me rende compte, Ô comble de l'horreur, que je lui devais directement plusieurs de mes moments le plus importants des dernières années. J'y ai trouvé des ressources, des camarades et des amours. Il a été le lien direct de changements d'orientation dans mon existence. Évidente mais vertigineuse constatation. Je ne suis pas, pour paraphraser Durden dans Fight Club, "un flocon magnifique et unique".
C'est suite à cette réflexion que je décidai de faire un visionnage honteusement tardif de Social Network. Pour le récalcitrant contradictoire que je suis, un film au complet sur Facebook me semblait définitivement une manière d'abdication. Les réseaux sociaux peuvent parfois stimuler de profonds paradoxes chez l'utilisateur et je n'y fait pas exception.Puis, je me suis mis à réfléchir à l'amplitude du sujet et sur la figure Wellsienne que représente le créateur de FB, Zuckerberg. Juste avant de commencer le film, il me semblait de plus en plus évident qu'il y avait la possibilité qu'il soit le Citizen Kane du 21ème siècle. Non pas qu'il soit le prochain plus grand film de l'histoire, mais les thèmes du monstre sacré d'Orson Welles y sont plus au moins en entier. Énumérons: un jeune innovateur de génie dans le milieu des communication gravit les échelons du succès et du pouvoir pour finalement devenir paranoïaque et isolé. Nous sommes en présence dans les deux cas de personnages réels qu'on a transformé subrepticement en purs personnages de cinéma, deux révolutionnaires du langage hantés par leur propre incapacité à connecter aux autres, sombrant dans le despotisme. Avec un scénario composé de dialogues précis et d'une structure narrative elliptique. Allais-je regarder Citizen Kane 2.0?

Je m'en était presque convaincu jusqu'à ce que je m'arrête à la réalisation. Avec David Fincher, je m'attendais à quelques expérimentations formelles, quelques innovations techniques qui auraient consacré son statut de nouveau Citizen Kane. Quelque chose qui va avec l'ampleur du propos. Mais non. Une réalisation sobre, efficace, entièrement au service du scénario vertigineux d'Aaron Sorkin. Rien d'exceptionnel du coté de Fincher, qui laisse toute la place à la voix unique du scénariste. Une urgente impression de déjà vue me traverse l'échine; si plusieurs éléments rapprochent Social Network de Citizen Kane, il va puiser ses sources ailleurs. Et puis pourquoi est-ce que Fincher préconise cette approche minimaliste, évocatrice de drame politique des années 70? Zodiac avait déjà le mood de All the president's men.

Ce qui aurait du être une évidence ne m'a sauté au visage que très tard. C'est le titre qui m'a tiré de ma torpeur analytique. Social NETWORK. Pas Facebook:The Movie. Social NETWORK.
Fincher et Sorkin ont purement, simplement et brillamment fait un Network 2.0. Aaron sorkin, un des scénaristes de télé les plus prolifiques de sa génération a décidé d'émuler sont maître à penser, Paddy Chayefsky, le plus prolifiques scénaristes de la télévision avant lui. Dans sa série Studio 60 on the Sunset Strip, Sorkin nous montrait la crise live d'un producteur d'émission de télé à la Saturday Night Live. Sa crise était volontairement calquée (par le scénariste ET le personnage) sur celle de Howard Beale dans Network. Un personnage dira plus tard dans l'épisode que sa crise aura au moins fait parler de Paddy Chayefsky. C'est vous dire à quel point Sorkin se répond de ce maître à penser. Même sens du dialogue mordant, de la logorrhée intempestive contrôlée , même amplitude des thèmes, même sens aiguë de la satire . Le génie de Social Network tient de son scénario, qui n'est au final qu'un bouleversant prétexte pour rendre hommage au film préféré de Sorkin.
C'est selon cette perspective que la réalisation de Fincher est admirable. Pour donner de la pertinence à ce suspense corporatif où des bureaux sont les lieux de toutes les angoisses et de toutes les victoires, Fincher emprunte subtilement au langage des années 70. Les couleurs, jaunâtres et boisées, sont les mêmes. On a beau se trouver au 21ème siècle, l'arène des communications est sensiblement la même. Les salles d'université, les bureaux, les salles de conférences sont les mêmes. Elles sont figées dans le temps. Fincher, à l'instar de Lumet, a su s'effacer sans pour autant se faire absent. Sage décision de la part d'un réalisateur prenant de plus en plus de maturité.

Reste le message de Network. Survit-il à la transfusion? Sommes-nous toujours "mad as hell". Probablement...et nous avons tous la possibilité de l'exprimer à tout moment. Des milliards de gouttes de colère diluées dans le même courant. Nous sommes désormais, tous autant que nous sommes, les "prophètes fâchés des ondes". Personne n'a besoin d'articuler notre rage. Oui nous sommes sans doute tous un peu en colère...jusqu'à la prochaine fois.

mercredi 22 décembre 2010

Un 7ème antiquaire chez les Mystérieux Étonnants (crossover time y'all!)

C'est la réalisation d'un rêve! Je suis dans un magasin de comic-book, entouré de compagnons geeks de tout acabit et je déblatère sur la "consécration" de la pop-culture! Hasta la victoria siempre!!!!
Au menu: état de l'industrie de la bande dessinée, des coups de cœur de jeux vidéos, de mangas, de supports électroniques, le tout présenté par individus de taille (dont le moindre n'est pas le bédéiste Jimmy Suzan qui vient parler de ses projets).
Merci aux Mystérieux Étonnants de leur invitation. Live long and prosper...

mercredi 13 octobre 2010

Notre émission du 12 octobre: Rik Mayall, le Tartuffe enragé de sa majesté

Pour écouter cette émission, cliquer ici



Malgré son omniprésence en Angleterre, le talent du comédien Rik Mayall ne sera pratiquement pas connu outre-mer. Prophète en son pays, il s'en est fallu de peu pour qu'il connaisse un succès international. Malheureusement, outre son "grand succès" commercial, Drop Dead Fred et ses nombreuses et hilarantes publicités de Nintendo... ...

...il demeure vaguement inconnu en Amérique. Jusqu'à ce que MTV (et plus tard YTV) diffusent en rafale des reprises de The Young ones et Bottom à des heures impossibles durant les années 90. Pour le 7ème, la découverte aura été de taille. Avec sa bande de maniaque et son pote de toujours, Adrian Edmonson......Rik Mayall aura été, tous genres confondus, une bombe comique d'un rare talent, un tartuffe méprisant à la plastique hilarante, aussi confortable avec la satire politique que le slapstick ultra-violent et l'absurde. Cette semaine, on vous parle du bonhomme au regard qui louche. Pour nous écouter, cliquer sur la photo...

mercredi 21 juillet 2010

Festival Fantasia: A serbian Film- Sex nihilo ou l'amour au temps du vide

Ce papier est la synthèse d'une logorrhée nauséeuse et colérique entre deux inconnus qui cherchent encore à se connaitre, suite au visionnement de A Serbian film. Si le film de Srdjan Spasojevic est le vecteur de quoi que ce soit, dans ce cas bien précis, il aura forcé deux personnes à se conjuguer dans un débat, à affronter l'horreur à grands coups de raison et conséquemment, à se rapprocher. Peut-être est-ce la finalité du film où le vide, le chaos est riche de sens.


Inévitablement, les papiers sur A Serbian film seront légion. Bien en deçà de la qualité du film, de son propos ou de son contenu, la déflagration de viscéralité de l'engin ne pourra que lascérer les consciences, laissant dans les souvenirs du spectateur des instants de fulgurances qui ne seront pas loin du symptôme post-traumatique. Certains voudront oublier, d'autre chercheront à ratiociner ses effets. Les détracteurs et admirateurs se complairont malgré eux dans leur colère, leur dégoût ou leur indifférence.

Face à la polarisation générée par le film, il sera impossible d'éviter la répétition de quelques lieux communs. Les clichés seront ponctués de sempiternelles dithyrambes. Alors pourquoi donc écrire sur A Serbian film? C'est la prérogative du 7ème de considérer le médium cinéma comme un baromètre de nos maux de société. Il importe guère ici de jauger le film en soi, mais bel et bien d'évaluer ce qu'il représente, son utilité fondamentale dans un canevas social encore à esquisser. Utile, A Serbian film l'est...
De la transgression comme révélation

En tant que cinéphiles sensibles au potentiel philosophique du médium, nous sommes de toute évidence en quête perpétuelle de transgression. Or, nous n'attendons pas simplement la provocation. Nous attendons, fébrile, l'extase de la fêlure fatale, l'instant suprême de la déchirure. Nous soulevons sincèrement la question: est-il possible que la coupure se fasse parfois trop vite, trop profondément, même sur les consciences les plus aguerries?
Il serait tentant, voir même rassurant, d'inclure A Serbian Film à cette peau de chagrin suintante que représente le cinéma dit transgressif. Il sera invariablement comparé, associé, juxtaposé à Salo et autre Irréversible. Nous ne nous prêterons pas à cette exercice. A Serbian Film est sa propre référence. Nous devrons tôt ou tard considérer collectivement la problématique du cinéma et de l'image (sa surexposition) au 21ème siècle. A Serbian film est-il justement un film de son temps? Assurément mais il est plus encore. Une offre que vous ne pouvez pas refuser...littéralement
A Serbian film nous transmet l'idée de la disparition progressive de la réalité dans la vie elle-même, celle que nous côtoyons. Le film est le témoin bruyant de l'effacement de la réalité, dans le monde des représentations dont le cinéma fait parti. La réalité s’est donc raréfiée et les spectateurs la recherche avec avidité. Sa valeur marchande à donc augmenté comparativement au fantastique, au rêve, à la simulation, au jeu grossier de la pornographie traditionnelle dont les formes pullulent et se banalisent par leur omniprésence (le film ridiculise la pornographie de la décennie précédente déjà obsolète et dont le jeu nous semble infiniment ampoulé).
Prenons cet exemple: la séquence où le frère du personnage principal se masturbe devant une scène de famille montrant les bonheurs simples qu’il visionne sur vidéo. En putifiant la réalité, le frère la réifie la consomme, l'anéantie. Du monde auquel cet homme appartient, une simple scène de famille devient l'objet suprême des fantasmes et le suicide d'une famille au seuil du désespoir est désormais matière à spectacle. Le film annonce l'imminence d'un monde où nous subsistera la marchandise.

Sur l'autel des grands négoces, Éros et Tanathos ne sont pas simplement complémentaires, il sont désormais identiques et indissociables. C'est un "package deal" bonifié par A Serbian film et ses velléités violentes d'oblitération de l'indicible. C'est aussi là sa plus grande force. Il en va du protagoniste comme du spectateur, coincé dans un contrat faustien, fractal et élusif, duquel n'y a absolument pas d'échappatoire. Une fois happé par son vide, le spectateur peut boucher ses oreilles et masquer son regard, quitter la salle en trombe ou s'évanouir; une place l'attend dans les limbes, pour une modique somme. Le film dénonce t-il quoi que ce soit? Non. Pas plus qu'il annonce. En fait, il énonce, purement et simplement, beaucoup plus qu'il ne démontre. Pour être cru, nous dirions même qu'il n'a qu'un seul but véritable...défoncer. Le quatrième mur est ici l'hymen de l'histoire.

Se cacher derrière les jupons sanglants de l'Histoire?

Le film se targue d’être une représentation de l’histoire Serbe. Il s'y trouverait des références directes aux pratiques de torture, telles cette drogue facilitant la suggestion donnée au soldat pour en faire du viol une véritable arme de guerre. Le cinéma, essentiellement la pornographie aurait joué un certain rôle des années 90, durant et après la guerre entre les autorités serbes et l’UCK albanophone, dans le cadre de la guerre du Kosovo. La pornographie connait toujours une explosion en temps de guerre. La Serbie n'a pas fait exception. La pornographie et la prostitution infantile en tête.

Admettons que la réalité dans la vie tend à perdre sa valeur face à sa reproduction, par exemple au cinéma, le film exacerbe également le rôle du cinéma dans nos vies d'individu et par extension dans l'histoire. La confusion entre l’Éros et le Thanatos qui caractérise le fantasme d'aujourd'hui est lié à cette confusion voulue ou non entre le cinéma comme sublimation positive de la réalité et le cinéma comme arme de guerre autant que le viol.
Aussi, la pornographie est le lieu privilégié de la canalisation de la violence dans la culture de masse occidentale et de fait a peut-être remplacer dans les esprits des grandes idéologies politiques.
Prétexte patenté par des créateurs essayant d'engoncer de la substance là où il n'y a que le vide? Véritable tentative d'exorcisme des souffrances d'un peuple? Vaste fumisterie ou brulôt incandescent? Il y assurément un peu de tout ça dans A Serbian film. Admirons ici la pertinence pernicieuse de son titre, où les degrés de significations métatextuelles sont vertigineux (ajoutons que le film est la première production indépendante du pays).

Qu'en est-il du film en tant que film? Loin d'être le vulgaire "torture porn" annoncé, il crée l'agonie de ce sous-genre. En opposition aux thèmes de prédilection du genre, cette "effrayante" européanité scarifiée par la guerre en tête de liste, il prend la forme d'un psychodrame dont la structure est celle d'un thriller banal mais efficace. Il y a assurément du grand-guignolesque dans toute l'affaire mais il tend vers une certaine idée du sublime dans l'horreur, se justifiant métatextuellement au nom de l'art. Justification malaisée mais...pour le moins efficace.
Insidieusement, le film propose également aux spectateurs de quantifier la cruauté et l'horreur, à grands renforts d'habiles juxtapositions conceptuelles (des gâcheux -"spoilers"- commencent ici):
-Le viol du bébé à la seconde même de sa naissance est-il moins choquant que le sourire de sa mère s'en délectant?
-Mourir étouffé avec un phallus dans la gorge...sans pouvoir mordre parce que nos dents ont été arrachés...
-Couper la tête de sa partenaire pendant la pénétration...et continuer de tringler son cadavre désarticulé avec une excitation renouvellée.
-Se rendre compte que l'enfant que l'on sodomise malgré soi est son propre fils...pendant que notre épouse est violée par notre propre frère.
-Le réalisateur se faisant bousiller le crâne...en étant traversé d'extase par ce grand moment de fougue artistique, privant le spectateur et le protagoniste de la satisfaction d'une vengeance.
-L'ultime ironie de se suicider avec sa famille pour échapper à l'horreur...sans savoir que même mort, nos corps seront souillés.
FIN DES GACHEUX

Face au vertige que génère le film, deux options se posent. Le spectateur peut filtrer ce qu'il voit; avec une froide distanciation intellectuelle, une indifférence feinte, un refus en bloc, en riant. Par le rire, une part du public de Fantasia, dont l'atavisme légendaire et porcin se confond avec le manque d'hygiène le plus élémentaire, a créé un grand moment d'obscenité pendant la dernière représentation. Lors de la désormais célèbre scène de "viol occulaire", efficace métaphore pour le film s'il en est, moment bunuelesque pour le nouveau millénaire, les "freaks" hurlaient de bonheur comme des singes dans leur fiente, créant la consternation résignée et habituelles des pauvres "geeks".
Doit-on se refugier dans l’amour ou reproduire la violence? Les deux constituent une fuite : face à l’horreur, pour lui survivre, il n’y a que la philosophie. Après visionnement, dégoût profond, révulsion viscérale. Le film fait-il une critique des catégories journalistiques en posant cette question : peut-on et doit-on quantifier la violence, pour établir l’importance historique d’un évènement dans nos vies ou dans l'histoire?
C'est là où nous proposons l'autre option, faire le choix de vivre le film avec les conséquences impliquées. Ensuite, on observe les dommages, préférablement à deux, sentencieusement. Ce qui ressort de cette approche, c'est une reconnaissance de l'altérité. Et peut-être, à travers le vide, un bref moment de tendresse.

vendredi 23 avril 2010

Switchblades: rien n'est plus tranchant que l'esprit

Si vous écoutez parfois notre émission, vous vous êtes forcément rendu compte que la voix de Jim, mon fidèle co animateur, s'est nettement modifiée à travers les années. Peut-être avez vous remarqué qu'il se cache quelque chose derrière cette voix d'encore plus changeant, une forme de langage triturée, syncopée, qui balance comme un jongleur ivre les langues, les citations et les références. La langue de Jim est une des plus colorée qui existe; elle est chaotique, parfois déstabilisante, chantante, comme une poste de radio changée sans la moindre constance. Pour moi, la voix de Jim, ce n'est rien de moi qu'un Jazz linguistique; elle peut couler de source ou déborder de manière torrentielle.

Vous savez d'où ça vient? La gorge, la langue, la voix, faites les analyses que vous voulez si vous connaissez le gars mais moi, je sais ce que c'est... Jim est un mutant, créé de toutes pièces par son époque. Sa mutation ne cesse de prendre de l'expansion. Il a la faculté de libérer le langage et les symboles: ils sont autant de ballons qu'il échappe de son esprit et qu'il laisse flotter au hasard, comme un jeu, comme une expérimentation, une prière ou une conjuration. Sa langue a le complexe de Zelig et elle s'adapte à tous les environnements. Jim est le pur fruit du breeding mémique et il est capable de se programmer lui même, à une époque où la communication et totale et ne dit rien du tout.

Anecdote: dans le roman adapté du livre Gremlins, on nous apprend que Gizmo le mogwai n'a pas la faculté de parole parce que le processus de sa pensée balance trop rapidement les concepts. Conséquemment, la petite créature utilise des agrégats émotionels; elle fredonne et laisse sa gorge vibrée, elle fait des Ohms de bonheur. Jim se fait appelé Gizmo depuis des années. Référence à un film, gadget, petit bouddha qui chante et garde ses Gremlins calmement en lui ...bref c'est Jim. Je ne sais pas s'il a pensé à tout ça. Sans doute, mais il n'en a jamais parlé.

Il était presque inévitable que la rencontre entre Jim et l'admirable rappeur-slameur-poète Bleubird se fasse un jour. Ce sont des individus de nature similaire, qui ont une approche du language ludique et profonde. Quiconque a passé 2 minutes avec Bleubird sait de quoi je parle; il fait sentir tout le monde comme si il était unique.

Il était donc évident qu'une collaboration entre les deux donnerait quelque chose allant de soi, une évidence pleine de simplicité mais fabuleusement complexe en contenu. Le vidéoclip réalisé par Jim de la chanson-grenade Switchblades en est l'expression la plus pure...


Rien n'est simple dans cette chanson, rien n'est simple dans ce clip. Premièrement, notez que la référence au vidéoclip de Bob Dylan pour Subterranean Homesick Blues, considéré comme le "premier" clip de l'histoire du medium, n'est pas simplement qu'une référence...


...c'est une méditation sur l'urbanisme et la terre (notez qu'à la désolation urbaine et anguleuse du vidéo de Dylan, Jim a opposé une certaine luxuriance, comme si la végétation envahissait la ville. On ressent tout de suite la chaleur de l'environnement, la terre qui se réchauffe...)

C'est aussi une manière de s'approprier le langage du clip en allant directement au balbutiement initial de son alphabet, de rendre hommage à ce Bob Dylan en puissance qu'est Bleubird, de méditer sur l'éternel retour des idées et de canaliser de manière occulte des symboles...

Notez le choix éclairé des symboles sur les feuilles qui viennent parfois souligner les mots puissants du rappeur, parfois conjurer un concept...notez leur synchronisme. La page blanche dans la page qui ouvre la fractalité de la chanson, la flèche one way qui pointe le chanteur pendant le mot EGO, et qui pointe ensuite Dead-end. Le Je est un cul-de-sac. La présence de penseurs suggérant les thèmes de la chanson comme Carlos Castaneda, Will Wheaton (c'est un philosophe geek), Isaac Asimov Kurt,Vonnegut Jr, Big Lebowski. La récurrence sensuelle des idées.

Chez Jim et Bleubird, tout est tranchant et la lame est affutée dans le fourreau du coeur, comme un tattoo délavée sur la peau agonisante de Denis Vanier...


"même si nous étions chimiquement liés aux mots avant la préhistoire et décrivions la réalité avant que l'image ne s'en saisisse dans la technique des sentiments clairs de l'amour imaginaire"

Denis vanier, "L'amour propre" -Renier son sang, Les Herbes Rouges

mardi 20 avril 2010

Notre émission du 21 avril: Long live the new flesh! Cyberpunk-body horror pour l'âme du masturbateur

CLIQUER ICI POUR ÉCOUTER CETTE ÉMISSION
Cette semaine, il s'en est fallu de très peu pour que cette émission crève. Un zeitgeist personnel de taille a saisi vos animateurs et semblait indiquer qu'on l'achèverait d'une balle dans le tête. Des ablations et des mutilations ont eu lieu et on croyait fermement que la petite salope ne pourrait peut-être pas survivre à certaine de ces nouvelles conditions. Fucked up hein, c'est littéralement le thème qui a défoncé cette émission depuis un mois. Wouh!


La satiété des appétits, le vide, le manque. Cette zone de frisson entre le froid lumineux d'une lame et l'ouverture bien chaude qu'elle taille doucement dans les nerfs. Suicide et autres considérations anodines...hummmmmm

Juste au moment de lui trancher la gorge, elle nous a souri l'incroyable putain. Elle m'a regardé avec des grands yeux mouillées en mordant la lèvre du bas et en disant "Alors le voilà votre thème pour cette semaine! C'est pas un peu toujours ça que vous essayez de faire, de l'analyse sous influence, de la méditation cinématographique sous changement de parallaxe?"
Ah ben ouais, elle a raison. Faut faire l'émission précisément parce qu'on ne peut pas la faire.Puis soudain, j'ai compris. Elle ne voudra jamais crever cette émission. Elle est désormais une excroissance purulente et pleine de terminaisons nerveuses à laquelle nous sommes connectées en permanence. Même avec un seul auditeur, elle va continuer de se tortiller en haletant chaudement et nous, on va continuer ad nauseam et ad nauseum à enfoncer les doigts dedans. Dans le fond, c'est elle qui a le contrôle depuis le début. Bref, le thème nous a choisi plus que l'inverse. L'érotisme fusionnel entre la chair et la machine, le détritus, la scrap. Cette semaine, on parle de fétichisme Cyberpunk body horror Cronenberg-Tsukamoto parce dans le fond, quand on se plug pour la faire notre émission, c'est précisément cette zone d'érotisme qu'on explore. On la viole et elle en redemande en riant. Pour nous écouter, C'EST ICI

vendredi 9 avril 2010

Des oisillons qui piaillent sur Twitter!

Au cas où ce blogue ne serait pas un endroit suffisant pour éjecter du trop plein, les quelques gouttes faméliques qui restent seront jetées sur Twitter. Haven't you hear that the bird is the word?
Pour nous y suivre, cliquez sur l'oiseau mort.

dimanche 4 avril 2010

Critique Cryptique: Dans le doute et le désir-apprendre à faire l'amour

Durant les années 90, les adolescents québécois étaient des bêtes de sexe sempiternellement à l'affût du vice, c'est une chose bien connue. Plusieurs jeunes hommes arboraient férocement la moustache et la coupe de cheveux dites "de Longueuil", question d'exalter leur virilité primaire. Un des membres du 7ème n'y a en fait pas échappé (devinez lequel?)

C'était l'état d'urgence au sein du gouvernement québécois. Il devenait vital de trouver un moyen d'enseigner aux jeunes la vertu de la tendresse et du sexe non précipité. Il fallait leur apprendre à faire l'amour, dans le doute et le désir. Et bien, qu'à cela ne tienne, des braves gens mirent la main à la pâte à répétition et répendirent une pléthore de vidéos éducatifs pour leur apprendre à mettre des capotes et à ne pas constamment sodomiser leur copine.
À mon sens, il n'y eu pas de vidéo plus pertinent sur le sujet que Dans le doute et le désir, non pas seulement parce que votre brave animateur y jouait - en fait, j'ai été choisi en quelque sorte pour me jouer moi-même, après des milliers d'auditions infructueuses...ma réputation n'était plus à faire et je représentais précisément le type de problème auquel le gouvernement québécois voulait faire face. J'étais insatiable, tout le monde savait mon infatuation pour les caresses orales and I was bad to the bone Oh yes I was! Fringuant!-


Non en fait, la pertinence de ce vidéo vient de son sens aigu de la cohésion, un équilibre parfait entre des éléments qui semblaient a priori inconciliables.

Premièrement, on y retrouve la comédienne Anik Vermette, reconnue pour ses prestations dans Watatatow, Ent'cadieux, C.R.A.Z.Y et Providence, déjà passablement croquignolette avec ses petites tresses... On a aussi droit à un chanteur assez réputé des années 90, avec une permanente et un petit bassin invitant, Hervé Hovington. Vous vous souvenez de son tube, Sur le Pavé?

Mais c'est indubitablement ma présence à l'écran qui donne de la crédibilité à un ensemble plutôt bien fignolé. C'est que voyez vous, j'y était allé à fond avec une approche Method acting. Que je sois à l'écran quatres scènes seulement n'importe peu...ce qui compte, c'est que je n'incarne pas Paul, je suis Paul. Des preuves:
Je suis allé jusqu'a me faire pousser une Longueuil bien frisée...

...et à me faire pousser une moustache écoeurament molle...

...j'ai même porté un wife beater déclarant Je suis québécois et fier de l'être. En toute vraisemblance, c'est la fabuleuse synergie que je partage à l'écran avec la comédienne qui joue mon prof d'éducation physique, femme que je tente de charmer et qui doit malheureusement résister à cause de mon âge. Je tiens à vous assurer qu'il n'en fut pas de même sur le plateau où mes charmes bourgeonnant ne la laissait Ô combien pas indifférente. Restons en là...
Vous allez tous me demander: mais où puis-je donc trouver ce vidéo? Que reste-il de sa pertinence? Est-ce qu'on reverra mon personnage, Paul, dans une suite?


À ces trois questions Je vous répondrai simplement ceci. Je ne pense pas que le vidéo soit encore en circulation, je l'ai donc mis sur You Tube (vous pouvez le trouver ici, en bas). C'était urgent. J'espère que les braves gens qui ont oeuvré à sa réalisation comprendront l'importance de mon geste.
Ensuite, le film n'a rien perdu de sa pertinence. Il est figé dans le temps, petit moment d'extase au coeur des années 90, un temps où les filettes ne se rasaient pas les poils pubiens devant leur webcam et où les jeunes hommes étaient fiers de leur pilosité. Un autre temps...où on apprenait à faire l'amour...dans le doute et le désir...bercé par la mélopée de Hervé Hovington.
Le retour de Paul est inévitable. C'est un personnage beaucoup trop riche. Je tente depuis des années de faire lever des fonds pour un spin-off, avec un succès plus ou moins grand.

Il n'en tient qu'à vous, le public, de faire savoir votre amour pour le personnage. Il faut le crier haut et fort: Paul, je t'aime. Reviens Paul. Prend moi... je saurai vous entendre.


Sinon, en attendant, on regarde avec nostalgie le film ici même...