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jeudi 10 avril 2014

POP-EN-STOCK PODCAST NO.4: QUÉBEC SUPERHÉROÏQUE!


Superhéros tricotés serrés! 
Nous aborderons dans cette édition la relation ambiguë qu'entretient la culture québécoise avec figure du Super-héros (et le comic-book par extension). La forme par...ticulière et parodique que nous donnons à nos (super) héros nationaux. Mais le thème ne s'arrête pas là: on peut-veut aussi parler de Super-héros d'origine québécoise pour étayer, 2 invités de tailles: Jean-Dominic Leduc, qui vient de publier DEMI-DIEUX, 40 ans de super-héros dans la bande dessinée québécoise ainsi que Benoit Godbout: Bédéiste, co-créateur des "L'académie des chasseurs de prime"  et d'un projet à venir de comics de super-héros québécois avec bibi à la scénarisation, "Le Chat et la souris" (cliquez ici pour en savoir plus!)

Vous pouvez écouter l`émission ici 

Suivez-nous sur Facebook ICI

-Francis Ouellette



jeudi 6 février 2014

Émission du 6 février 2014 (no.284): ROBOCOP, sa vie, son oeuvre

POUR ÉCOUTER L'ÉMISSION , CLIQUER ICI:

Nous dédions cette émission à Alain Magloire, tombé sous les balles d'agents de la paix, avec le symbole du travail dans sa main, que ces derniers auront probablement confondu pour un engin de mort. Qui sommes nous pour remettre en question leurs réflexes et leur entrainement? 

À l'aube d'un remake déjà mort à l'arrivée, le 7ème antiquaire fait enfin son émission sur Robocop, et du même coup, notre première sur Paul Verhoeven. 



Pour le 7ème, une pléthore d’éléments font de ROBOCOP un des films les plus brillants de sa génération, une satire redoutable déguisée en "blockbuster", une tragédie costumée en film de super-héros, un vrai film de MONSTRES, mais où les monstre ne sont pas ceux que vous croyez. Une déflagration d'ultraviolence servant précisement à la critiquer. 

Au delà de ces nombreux éléments, ce qui rend le film important à nos yeux, c’est qu’il révèle avec une certaine prescience la mécanisation du travail policier et ce qu'Antonio Dominguez Leiva appelera dans un fascinant texte sur Judge Dredd (la principale inspiration de Robocop), "les charmes ambigus du super-fascisme, 

Et pourtant, Robocop, c’est aussi précisément l’inverse: ce n’est pas le plus efficace policier du monde parce qu’il est mécanisé...c’est le meilleur policier du monde parce que du fond de son conditionnement, c'est sa conscience et  son humanité qui refait surface. 


Cette semaine, au détour d'une analyse de cet "american jesus" prolétaire, on vous parle de la filiation avec Frank Miller et l'univers des comic-books, de son cousin précurseur The Vindicator (Frankenstein 88 en francais) de Jean-Claude Lord, de l"embrigadement explicitement thatchéro-reaganien qui en est fait dans le complexe médiatico-militaro-industriel", Nixon, la marchandisation du personnage, la victoire faustienne de la corporation et de la  putain de statue dont a vitalement besoin Détroit.


"UN BON SOLDAT SAIT QUAND SUIVRE LES ORDRE. UN GRAND SOLDAT SAIT QUAND DÉSOBÉIR" -Martha Washington

samedi 23 mars 2013

Les trois pièges de La Colère de Fantômas

Hey girl, c'est Jim!

Vous aurez bien remarqué que nous avons pris congé la semaine dernière afin de laisser place à une ancienne émission qui parlait des adaptations de FANTÔMAS de Louis Feuillade. On a fait ça simplement parce qu’on préparait une émission substantifique sur JUDEX qui est, en quelque sorte, sa contrepartie bénéfique. 

C’est plate, mais c’est d’même et du coup ça nous offre l’opportunité idéale de sortir de notre canevas habituel et de capitaliser sur l’absence d’émission pour parler d’un autre truc, lancé il y a deux semaines au Planète BD.
 
LA COLÈRE DE FANTÔMAS tome 1

Après plusieurs lectures, je me dois maintenant d'avouer mon appréciation unilatérale pour l’œuvre de Bocquet/Robillard, qui attire le lecteur avec la force incontrôlable de l’interdit. D’autant plus que c’est à travers les pièges que l’œuvre m’a tendu, à travers les intrigues et le sentiment de danger que mon affection a gonflée jusqu'à ce que j’oublie que j’ai relu le livre plusieurs fois depuis. À l’image du personnage, qui tend des pièges pour capturer ses proies, je crois que le premier tome de cette trilogie m’a capturé à l'aide de pièges forts et efficaces. À l’image de son protagoniste charmeur, je me suis retrouvé ensorcelé par le charme de ce Fantômas. Voici, de façon élémentaire, les pièges que j’ai pu débusqué dans le livre; j’en compte trois mais je suis certain que vous en trouverez plus. Et ne vous gênez pas pour nous le faire savoir!

Les trois pièges de Fantômas:

En premier lieu, le titre est une promesse quasi jouissive attribué un personnage si cruel. Déjà, le simple fait de pouvoir retourner et revivre de nouvelles aventures de Fantômas est une opportunité en or... mais se faire promettre SA COLÈRE évoque un titillement sadique presque incontrôlable. Après avoir été témoin de sévices impensables de la part du personnage, le lecteur ne peut qu’être dangereusement attiré par l’annonce d’une mise en scène de l’humeur la plus massacrante du personnage. Et voilà, le premier piège du livre, la première annonce sans équivoque qui nous indique que si nous possédons un tantinet de sens, on devrait se douter que la colère d’un tel personnage sera forcément cataclysmique. C’est ce qui rends l’histoire d’autant plus captivante; le fait de VOULOIR voir cette colère se manifester devant nos yeux (et je ne vous gâche rien en avouant qu’elle vaut amplement la peine d’être vue!!!)

Ce qui m’amène évidemment au deuxième piège qui est, hors de tout doute, l’esthétique de l’œuvre. Comme un prédateur efficace ou une plante carnivore, nous savons tous que les couleurs vives et les courbes lascives décèlent toujours le plus grand danger. Le fait d'attirer, tranquillement et de façon hypnotique, le lecteur à coup de MAGNIFIQUES illustrations est sans aucun doute le deuxième piège de Fantômas (et de Julie Rocheleau en conséquent). Ces grandes illustrations, fortement inspirées des couvertures de romans de Souvestre et Alain avec une mixture de ténébreux parfaitement mesurée, viennent attirer le lecteur à plonger dans l’univers de Fantômas, une invitation alléchante qui comporte son lot de danger. Les yeux fermés ou même grands ouverts, les cascades de sang qui tranchent les cases et même les queues de phylactère qui s’entrecroisent de manière sinueuse comme la fumée furtive d’un fusil fumant accrochent à merveille. 
Du coup, le troisième piège de l’œuvre, c'est que Fantômas semble enragé d’être manipulé médiatiquement, furieux du fait que l’on utilise sa figure pour faire des films et même écrire des livres. Une idée de génie que d’avoir lié le personnage à ses adaptations filmiques et même d’avoir rendu le fameux Fantômas offusqué par le fait que certains producteurs capitalisent sur son histoire. Cette strate méta réflective du personnage qui frappe violemment ceux qui osent exploiter son mythe (et donc de pervertir la construction de son personnage) m’apparaît comme l’une des innovations les plus intéressantes offerte à la légende de Fantômas. À la manière de ce qu’Alan Moore proposait avec "League of extraordinary gentlemen: black dossier (dont Fantômas faisait parti, dans sa version Hexagonale) Fantômas devient donc un personnage « plus que réel » qui émerge des pages du livre pour venir menacer l’auditeur (et ici le lecteur simultanément) qui ose consommer les œuvres écrites sur lui à son insu. Certains lecteurs, dont moi, ne peuvent ignorer la frousse qu’une telle observation peut causer. Chaque page tournée du livre est accompagnée d’une certaine réticence de continuer la lecture car la menace de l’assassin plane continuellement...Et si le vilain lui-même était offusqué que je lise ce livre en cet instant bien précis? Peut-être que la colère de Fantômas s’abattrait sur moi, juste ici…maintenant…pendant qu’il s’approche tranquillement derrière moi!
De plus, ce Fantômas est présenté comme un être qui peut être partout simultanément, un homme à mille visages et aux mille incarnations qui nous rappelle la terreur toute contemporaine qui accompagne les "menaces" bien concrètes des celle d’Anonymous. Aucune personne n’est hors de danger ni trop loin pour être agrippé par sa longue poigne.  Il est omniprésent, inquiétant et il est présenté avec brio par les deux artistes qui nous ont livré ce livre.

Milles mercis pour la terreur,

XxX
Le 7ème  Antiquaire.

jeudi 14 mars 2013

Notre émission du 14 mars: JUDEX, The Shadow rocambolesque de Feuillade à feuilleton

POUR ÉCOUTER L'ÉMISSION, CLIQUER ICI
Pour compléter notre dernière émission  sur le Fantômas de Louis Feuillade (1913), nous vous parlerons cette semaine d'une autre personnage, celui là créé de toute pièce par le grand maître français, Judex (1914). Fils de pulp au plus pur sens du terme, héritier de Rocambole, cousin bâtard de The Shadow et Zorro, notre découverte de Judex, aux bons soins de la rétrospective sur Franju de la Cinémathèque québécoise, a depuis sévèrement chamboulé une vision de la réalité à laquelle nous tenions mordicus. Judex, en bon salopard prestidigitateur qu'il est, est venu brouiller les cartes. Par sa seule existence, il anime le débat de ce qui détermine, sur papier comme sur pellicule, cette zone floue et transitoire entre le roman-feuilleton et le comic-book, le héros classique ou super. Même Batman, la vision Nolanienne et ses épanchements pour les petits drames bourgeois investis de démesure à la David Lean en particulier, ne peut plus échapper à la comparaison.
 
Judex a vu le jour quelques années après le Fantômas de Feuillade. Réalisé en 1914, les épisodes de la série ne seront projetés qu'en 1916-18. Épuisé suite à des déboires avec la police française pendant la sortie de son sulfureux "Les Vampires", Feuillade tente de créer un pendant héroïque au cruel voleur-assassin, question de stimuler un peu la vertu publique. En quelque sorte, Judex est à Sherlock Holmes ce que Fantomas est à Arsène Lupin. Et la réussite est de taille; blafard, mélancolique, volontiers juge et bourreau (Judex veut dire juge en latin), le personnage a quelques chose de volontiers inquiétant, à l'instar de celui qui fera les beaux jours de la radio américaine, le Shadow. Pour le moins qu'on veuille donner des paramètres précis à ce débat, Judex est sans contredit un "super-héros" de la toute première génération, avant même que le pulp ne commence sa mutation vers le comic-book (des détails dans l'émission)
 Il faudra attendre 1963 pour que George Franju, plus que jamais frère d'arme de Mario Bava, lui donne son incarnation définitive. Bien qu'il soit de toutes évidences conscient de cet héritage dont Judex est le digne précurseur, Franju ne s'en formalise pas: c'est d'abord et avant tout un amour pour le cinéma de Feuillade qui anime son envie de lui dédier un film. De l'inquiétante étrangeté digne de Lynch et des plans stimulant parfois la fibre kubrickienne (une scène de bal masqué où tout les célébrants portent des masques d'oiseau est captivante et morbide à la fois), si c'est un hommage à Feuillade que veut faire Franju, il fera aussi bon gré mal gré un brillante synthèse des thèmes qui traverseront par la suite un demi-siècle de littérature populaire. Et rappelons que Judex est d'abord et avant tout une créature de cinéma! 

vendredi 8 mars 2013

Notre émission du 8 mars: FANTOMAS de Louis Feuillade (1913)-L'esthète de la cruauté


Fantômas, la série magnifique de Louis Feuillade (1913) est une découverte que le 7ème s'est imposé pour vous cette semaine avec bonheur. À une époque où les geeks ont la possibilité de se gaver jusqu’à plus soif de références, c'est un plaisir de pouvoir retourner au fondements  des grandes influences, souvent inconnus des principaux concernés (c'était notre cas il n'y a pas si longtemps!). 
Il n'y a pas beaucoup de méchant plus grandiose que Fantômas. Il est le précurseur de tellement d'entre eux: Joker, Thomas Ripley, Hannibal Lecteur. Il est tout simplement le premier des Super vilains digne de ce nom. Grandiloquent, théâtral, séduisant...absolument sans la moindre once de pitié.
Un tour d'horizon du personnage, des premiers films le mettant en scène, des petits morceaux de méchanceté qui font chaud au cœur. En se délectant des faits et gestes de ce grand esthète de la cruauté, on constate que cinéma de la préhistoire était souvent passablement contemporain.

jeudi 28 juin 2012

Notre émission du 28 juin: SUPERMAN: I'ts a bird? It's a plane? NO! It's...It's...5000 comic-books lui étant dédiés, des milliers d'apparitions dans d'autres titres, 70 ans de film, des dizaines dessins animés, une décennie d'émissions de radio...

(Pour écouter notre émission à ce sujet, CLIQUER ICI)
...8 acteurs qui ont prêté leur peau au personnage, des centaines de mentions dans des chansons en tout genre, plusieurs en jeux vidéos...c'est même une comédie musicale. Une putain de comédie musicale d'une telle "kitscherie" qu'elle prend des proportions...cosmiques!
Mais trève d'énumérations; nous garderons ça pour l'émission de cette semaine. Le 7ème ne vous apprend rien en déclarant, avec la plus totale des convictions,  que Superman n'est plus simplement qu'un personnage. Des auteurs prolifiques n'ont cessé de le pousser vers une certaine transcendance, depuis bientôt 75 ans. Superman est désormais une idée totémique, le symbole de ce qu'il y a de meilleur dans le coeur des hommes, une idée d'une telle pureté qu'elle en est devenue presque virale. Absolument tout le monde connait le symbole, le nom, la légende. En fait (et voilà un concept qui est aujourd'hui régulièrement évoqué par les auteurs), Superman fonctionne comme un antidote: il suffit de voir le personnage, de penser à lui pour qu'une série de réflexions profondément humanistes et charitables  nous traversent l'esprit. Il est, après tout, le "premier" et ultime super-héros mais il est aussi une des grandes figures messianiques célébrées par le 20ème siècle. The american Jesus!
Tous les enfants sont passés par le même rituel, tout naturellement. Vous savez de quoi je veux parler pas vrai? Ce rituel là:
Une serviette sur les épaules et voilà! L'esprit gonflé à bloc par la force, la puissance, le sacrifice de soi.
Superman et le Père Noel; même combat! D'ailleurs, il suffit qu'un adulte porte le costume pour qu'un enfant, pendant une fraction de seconde, se demande si c'est "le vrai". Ceux qui ont porté le costume jadis, de George Reeves à Bob Holiday, ce sont souvent vus  "infectés" par le personnage.
C'est cette idée que célèbre le 7ème cette semaine, en parlant des multiples incarnations que le personnage aura eues à travers les décennies. Il sera moins question de parler des films de Superman que d'évoquer certains aspects de son évolution, des moments qui ont déterminé le personnage à l'extérieur des comic-book: des dessins animés des studio Fleischer à la célèbre émission de radio...
jusqu'aux possibles influences ...
...et pour finir en beauté, une analyse de fond de l'adaptation télé du "fameux" musical avec David Wilson dans le rôle titre...parce qu'il le faut, c'est vital!
Up up and AWAY!


On t'aime Superman

dimanche 15 avril 2012

Notre émission du 15 avril: Les productions Full Moon-Série B comme dans Balzac

Blade, la poupée tueuse de la prolifique franchise de Full Moon, Puppet Master. Avec son costume d'agent de Gestapo rappelant également le tueur de giallo, Blade est un hommage délibéré à Klaus Kinski, comédien fétiche du réalisateur. Il partage par ailleurs un je ne sais quoi de la physionomie de l'acteur hystérique.

Les cinéphiles de demain auront le pire et le meilleur des mondes. Alors qu'il fut un temps où il fallait trimer dur pour débusquer  les brûlots introuvables de la légende, à peu près tout est désormais à la portée de main de l'homme de bonne volonté. Le volume de matériel disponible pour le cinéphile, bien qu'il soit de qualité variable et aucunement présenté dans des conditions optimales, est absolument sidérant. Pour cette raison, plus d'un cinéphile devra choisir son camp et se "spécialiser"; la vie sera beaucoup trop courte pour regarder certain type de film. Reste que si la ligne médiane séparant la culture populaire du grand Art est encore bien là, elle n'a assurément pas la même "tension" que jadis.
Le 7ème antiquaire se positionnera toujours avec souplesse au centre même dans cette oscillation: le film de genre sera traité comme du cinéma et le classique indiscutable dévoilera les secrets les plus...honteux.
Le sujet de l'émission de cette semaine est un bon exemple: Les films du studio Full Moon. Maison de production de série  B offrant des petits trésors comme Puppet Master, Demonic Toys, Trancers et Doll Man, Full Moon a longtemps été considérée comme une blague, une compagnie d'exploitation faisant du navet à la chaine. Quelques décennies plus tard, il est surprenant de constater que bien au contraire, Full Moon était en quelque sorte à l'avant-garde d'une approche qui fait maintenant école. Il y a plus derrière cette compagnie qu'il n'y parait.
Cette approche, on la doit à Charles Band, père spirituel de la maison de production. Band avait très clairement deux maîtres à penser: Roger Corman et Stan Lee. Du premier, il partage l'énergie et le volume de production de même qu'une affection particulière pour le genre. Il est l'héritier de la Nouvelle B, celle qui est née pour être exploitée directement en club vidéo. De Stan Lee, il a hérité une volonté d'ériger un monde balzacien où toutes les histoires se recoupent tôt ou tard, un univers cohérent propre au comic-book, dans les thèmes comme la structure narrative. Band a aussi fondé sa propre compagnie de comic et fait collaborer plusieurs artisans du milieu.  Des deux créateurs, il possède aussi le sens indéfectible du marketing et de la production de masse.
Au moment, où The Avengers se prépare à fracasser les écrans par sa seule et unique improbabilité, il est surprenant de constater que Full Moon avait déjà pavé modestement mais sincèrement la voie avec un amour véritable de la culture populaire et une volonté faire cohabiter son bestiaire. Aucune prémisse n'était trop ridicule; des poupées tueuses, des démons et des nazis dans un même film, c'est forcément toujours génial.  Il a fallu une décennie d'alignement d'astres pour que les personnages de Marvel convergent dans une seule direction. Accomplissement hautement improbable mais aucunement impossible. Mais ça, Full moon l'avait déjà fait...
Chez Full Moon, Les Demonic Toys ont affronté les poupées meurtrières de Puppet masters. Dollman, le policier de l'espace haut de 13  pouces, a combattu les jouets démoniaques. Full Moon a même son propre Père Goriot, une infirmière rappetissée par des extraterrestres dans le film Bad Channels qui apparait d'un film à l'autre. Des zombies, des vampires, des policiers de l'espace et d'autres du futur... de même que des petits bonhommes de pain d'épice assassin. Le bonheur quoi! 

En fait, avant de partir et de vous laisser écouter notre émission, une déclaration d'amour pour se que je considère personnellement le grand film du studio, Doctor Mordrid, avec l'ineffable Jeffrey Combs.
Toute ressemblance avec Doctor Strange, super-héros magicien créé par Stan Lee et Steve Ditko, est totalement volontaire. Doctor Mordrid est l'avorton bienheureux et survivant d'une adaptation de Doctor Strange qui n'a pas pu se concrétiser. Charles Band, plus étroitement lié à cette adaptation que d'habitude, a simplement changé les noms dans le scénario et certaines des intrigues de bases. Si Doctor Mordrid n'a plus un serviteur tibétain du nom de Wong, il a en revanche un corbeau parlant portant le sobriquet de Poe. 
 Il récupéra également les grandes lignes d'un scénario écrit précédemment et mis sur tablette, Doctor Mortalis, dont les stroyboards avaient été griffonés par un certain...Jack Kirby.
Il en résulte un morceau de cinéma B profondément kitsh et jouissif, un hommage situé parfaitement a mi-chemin entre les héros de papier de  Stan Lee et les productions "recyclées" de Roger Corman, le magnifique The Raven en tête. Une comparaison s'impose...
Ahh Full Moon! Que de plaisirs "coupables" tu nous aura donné! 


On rappelle par ailleurs à nos auditeurs que la quasi totalité des productions de Full Moon sont disponibles sur Youtube au Full Moon Channel...des heures de bonheurs devant vous les aminches!!

dimanche 17 juillet 2011

Fantasia 2011, Jour 3: SUPERHEROES- Hérotomanie, chronique d’un phénomène annoncé‏

C'était inévitable. Le phénomène était inévitable. Un documentaire le sujet aussi, forcément.

Voilà de cela plus d'un an, nous avions écrit quelques articles sur la venue inévitable d'un phénomène social, les "véritables" super-héros, alors vaguement émergents. (vous pouvez trouver les articles en cliquant ici et ici) Initialement, le phénomène se voulait évidemment marginal; des clowns qui se promènent en collants, qui donnent des coup de mains aux gens, des sites internets de discussion et des répertoires pour "vrais super-héros". Rien de bien avilissant. Le tout possédait déjà un certain charme naïf quoique jubilatoire.
Comme nous l'avions postulé, au moins une personne, directement inspirée du comic Kick-ass et du film du même nom, allait forcément tenter l'aventure. D'autres films ont depuis traité du même sujet: Defendor de Peter Stebbings et l'encore Super de James Gunn, présenté   le 21 et le 27 juillet à Fantasia également . Watchmen aura probablement aussi joué un chouïa dans l'équation. Il suffit de voir le macaron qu'arbore fièrement le justicier nommé "Superhero" sur son opulente poitrine dans le documentaire de Michael Barnett.
Il était inévitable que le phénomène évolue.

 Des geeks qui rêvent en 3-D? Du cosplay urbain? Du D&D superhéroïque? Faites votre choix...
Pour ma part, au delà de la simple curiosité et d'une condescendance généralisée sur le sujet,  les real-life superheroes sont deux choses. Ils sont tributaires d'une nouvelle et fascinante forme de psychopathologie, une Hérotomanie en somme. Ils sont aussi, très simplement, des individus qui font de leur mieux pour inspirer. Parfois, ils échouent lamentablement. Quand ils y parviennent, cependant, c'est une chose assez magnifique à voir.

C'est le point de vue qu'a décidé d'emprunter le réalisateur Michael Barnett en nous montrant le quotidien de ces défenseurs de la veule et de l'orgelet. Point de simple condescendance ici. En fait, Barnett nous montre différents types de héros. Certains sont risibles. D'autres sont vaguement attachants. Quelques uns impressionnent. Mais collectivement, ils forment un phénomène qui commence à devenir trop important pour qu'on ne fasse qu'en rire. Le tout avec une facture qui emprunte occasionnellement une esthétique aux comic-books où nos protagonistes deviennent immortalisés dans des cases. Ces scènes sont particulièrement émouvantes. Stan Lee est même de la partie en tant que commentateur.

Mr. Extreme est clairement simplet. Il est grassouillet et totalement déconnecté. Mais dammit, il est valeureux comme 20, le grand dadet! On ne peut que l'aimer. Et vous savez quoi? Il aide vraiment les gens.
 Master Legend est en quelque sorte le Ozzy Osbourne du genre super-héroique. Drôle malgré lui, convaincu de ses capacités. Probablement alcoolique. C'est une évidence que les boulons du bonhomme sont lousse. Et vous savez quoi? Tout le monde apprécie le bonhomme pour sa candeur et sa joie de vivre. Il inspire d'autre à faire comme lui: aider son prochain. 

Et puis il y a Zimmer et son équipe The New-york initiative, qui reprennent un peu les méthodes préconisées par les Street Angels. Ils n'ont pas l'air de deux de pique. On a aussi Dark Gardian, qui chasse les dealers de drogues. Ses individus sont tous en excellent forme et ont des cojones à revendre. Il y aussi LIFE, un jeune juif aussi inspirant qu'il est articulé, qui rend un hommage direct aux super-héros de la première génération, justement créés par des juifs.

J'ai moi même deux identité. Le cinéphile et le geek. 

Le cinéphile est allé voir le documentaire de Barnett avec une pointe de cynisme. Il s'est retrouvé profondément ému et troublé. Et si...ces étranges personnages avaient raisons, malgré le ridicule de toute leur  mascarade?

Et vous savez ce que le geek en moi voulait faire? 
Je voulais hurler de joie. Peut-être que moi aussi...je pourrais...je ne sais pas...
Naaaaaa.