Qui l’eut cru; Jésus est au FNC cette année.
samedi 22 octobre 2011
FNC '11: Critique de LOS ULTIMOS CRISTEROS-Marcher entre l'ivraie et le faux
Qui l’eut cru; Jésus est au FNC cette année.
samedi 30 juillet 2011
Fantasia 2011: critique de TRUE LEGEND et 13 ASSASSINS: Le Wuxia pian du vieux maître VS le Chambara de l'enfant maudit
Les héros sont tragiques. Le méchants sont d'une cruauté inouïe. Les femmes sont laissés derrière. Les combats sont d'une violence démesurée mais ils sont aussi traversés de poésie. La même recette, deux sauces: de l'aigre-douce dans ton coeur VS et du Wasabi dans ton âme
Pour tous ses accomplissements, il manquait à Yuen woo-ping son film-somme, un long métrage poussant au paroxysme toutes ses obsession stylistiques, thématiques et même spirituelles. True legend est précisément ça. Il remonte aux sources des mythes fondateurs sans aucun soucis de crédibilité ou de cohésion narrative. Les scènes de combats parlent d'elles mêmes. Elles sont nombreuses, bruyantes, improbables et elles cognent dure, très dure. Ce sont des surhommes qui se battent ici, des super héros chinois capables de défier les lois de la physique et de faire du breakdance de combat.
Le film nous raconte l'histoire de Beggar So, héros de guerre tragique qui sera happé par la folie et le démon de la bouteille. Créateur du drunken fist, cette forme de combat où les mouvements émulent l'état d'ébriété, on verra ce personnage au cinéma des dizaines de fois, particulièrement dans des comédies. Le véritable créateur du drunken fist, bien qu'il soit une forme de combat existante, est nul autre que Woo-Ping. Il est directement responsable des plus belles séquences de combat en état d'ébriété. True legend nous fourni enfin l'origine "complète" de ce touchant personnage, joué à plusieurs reprises par le maitre lui même.
Dès les premières minutes du film, on se croirait dans une adaptation de bédé américaine. Le film sensiblement une version asiatique de Thor: Beggar Su semble provenir d'un Valhalla chinois traversé de combat exagérément épique et à la limite du surnaturel, où il est le fils favoris. Dans ce rôle ,Man Cheuk Chiu donne la meilleur performance de sa carrière depuis The Blade
Les geeks lui trouveront quelques ressemblances avec un des grands vilains du comic-book, Master Darque, le nécromancien, qui sévissait jadis dans les pages de la compagnie Valiant.
Yuan Li est ostensiblement le Loki de cet univers: jaloux de son frère et cherchant à se venger de son père adoptif, l'assassin de son vrai père. Dans sa folie meurtrière, il possède quand même un sens tordu de la filiation, comme les meilleurs méchants du genre. Les ressemblances entre Thor et True Legend ne s’arrêtent pas là. Les deux films oscillent entre la fantaisie de comic book et la tragédie Shakespearienne: Le jeu ampoulé des acteurs et leur prononciation modulée du mandarin s'en chargent. Les mythes scandinaves et chinois font assez bon ménage. Le film finlandais Jade Warrior présenté à Fantasia voilà trois ans avait tenté un mariage de fortune en transposant le mythe de la Kalevala dans un wuxia pian classique...et ça fonctionnait.
True legend est un fantasme mythologique pure, entre la tragédie et le mélodrame. Il n'est aucunement question de conférer quelconque crédibilité à l'histoire. Le canevas est vieux comme le monde: trahison du frère usurpant le pouvoir, exil et déchéance du héros, les scènes obligatoires d'entrainement et de découverte spirituelle de même que la vengeance finale.
Mais ça ne s’arrête pas là.
Faisant preuve d'une audace peu commune dans le genre, Yuen Woo-ping ne nous permet pas de déterminer si l'histoire se passe à une multitude de niveaux dans la psyché d'alcoolique du personnage (il faut voir ses combats avec le dieu du Wushu sur les flancs d'une statue!) ou s'il est tombé d'un monde parallèle (à la manière de Thor, justement). Un inexplicable jump-cut de plusieurs décennies ajoute à la confusion, pour notre plus grand plaisir. Cepandant, un indice demeure: le plus grand combat que mène Beggar Su est contre lui même. Les art martiaux, plus que jamais chez le vieux maitre, sont des danses illustrant le combat intérieur.
TRUE LEGEND est parfois larmoyant, déchirant et particulièrement loquace dans la démonstration des prouesses physiques ...et c'est parfait ainsi. Tout est dit dans l'oxymore du titre .
13 assassins maintenant.
Enfin.
Enfin, un véritable chambara pour Takashi Miike. Un Miike tout en retenu (!) qui ne perd rien de la cruauté et l'humour qui font sa signature.
Enfin. Un chambara qui se permet d'être presque chinois dans son verbiage martial.
Enfin, un film de guerre asiatique qui m'a autant satisfait dans sa sauvagerie que Bang Rajan.
Enfin, le jidaigeki que les maniaques attendaient depuis des lustres.
Qu'on se le disent. Dans la démonstration des arts martiaux, les Japonais n'ont rien à voir avec les Chinois. Économie de moyens, mouvements brefs et parfaits, tension à couper au Ginsu. Le samouraï et au haïku ce que le guerrier chinois est à la poésie épique. C'est le propre d'un vrai chambara: les combats ne sont jamais au centre de l'histoire. Ils sont d'incisives ponctuations. Admettons le: Vous attendiez un film de samouraï où les combats ont une place prépondérante depuis longtemps non?
Jouons avec les chiffre: Il a beau être un remake du film Eiichi Kudo de 63 portant le même titre, 13 assassins est le versant sombre de 7 samourais et le frère d'arme de 47 ronins, auxquels il fait par ailleurs souvent référence. Même les chiffres des titres se miroitent; le lucky seven et les héros humanistes de Kurosawa en opposition au 13 de malheur des kamikazes assoiffés de justice de Miike. 13 assassins offre une variante du grand classique de Kurosawa en capitalisant volontiers sur des scènes de combat à l'énergie bien contemporaine. Il en devient en quelque sorte l'inversion. Mais il est aussi une relecture de 300 à la manière nipponne. Faites le calcul: 47 X 7 -13= presque 300. ha HA!
N'ayez crainte: ça fonctionne à merveille. Miike s'était déjà prêté à l’exercice, (de manière beaucoup plus expérimentale), en faisant IZO, une suite informelle et jodorowskienne du classique d'Hideo Gosha TENSHU (cliquer ici pour écouter notre émission sur à ce sujet)
Si 7 samourais se passait à l'apogée d'une période de guerre, 13 assassins se déroule à la toute fin de leur règne, en temps de paix. Les 7 samourais protègent un village d'une attaque de brigands. Les 13 assassins doivent débarrasser le japon de son plus dangereux tyran.
Dans le rôle du leader du groupe, Koji Yakusho, en voie de devenir le comédien japonais le plus important de sa génération, continue de devenir l'héritier spirituel de Takashi Shimura (faut le voir lui rendre hommage dans Dora heita). S'il est le même personnage, il est cependant une version sombre de Shimada, satisfait de pouvoir enfin mourir au combat.
La réponse à Kyuzo, le bretteur virtuose au visage stoïque est Hirayama Kujūro. Deux personnages inoubliables interprétés par deux comédiens (et escrimeur) de grand talent, tout en finesse, en élégance et en furie guerrière.
Dans le rôle du rônin joueur et désabusé, le surprenant Takayuki yamada (qui jouait les trois personnages principaux de Milocrorze:a love story) devient la conscience du groupe.
On a aussi droit au jeune guerrier voulant se tester au combat, au samouraï bedonnant et jovial et à l'assistant général qui reprend du service.
Il fallait forcément que le personnage de Kikuchiyo, le fermier courageux et opiniâtre avec une très grosse épée (et comedy relief), campé avec brio par Toshiro Mifune, ait un remplacement à sa mesure.
C'est chose faite avec Kiha Koyata, interprété par Yūsuke Iseya.
Personnage typiquement Miikéen, Kiha est à la fois un comedy relief et le personnage insaisissable. Hommage évident à l'animalité de Mifune dans le film de Kurosawa, Kiha n'est pas un samouraï; c'est un homme des bois, un chasseur habile qui a lui aussi un tempérament opiniâtre et une...très grosse épée. Il y a fort à parier que Kiha ne soit pas un être humain: pour ma part, je me plais à croire qu'il est un Tanuki, un esprit animal de la forêt qui a pris forme humaine (les ratons laveurs avec des grosses bittes dans le Pompoko de Miyazaki, pour les non-initiés)
Miike est passé maitre dans l'art d'inventer des personnages qui sont des experts de la cruauté. Il a probablement inventé son plus beau monstre en la personne du sadique souverain Matsudaira Naritsugu . Un enfant de pute comme on en fait plus. Si le vilain de True Legend est admirablement suranné, celui de 13 assassins à des psychopathologies Ô combien modernes.
Déviant et obsédé par la mort, le souverain n'a pas son pareil pour infliger la souffrance. Il est sans aucune morale, complètement insensible et il est au centre des scènes les plus Miikéennes du film (une est particulièrement éprouvante et inoubliable) Vous allez vraiment vouloir voir le salopard souffrir. .
Presque parfait dans son exécution, 13 assassins culmine sur une scène de combat final exemplaire en tout point. Longue de presque 30 minutes, elle aurait fait bander Sun Tzu comme un cheval. Dans un village transformé en machine de guerre, nos treize assassins deviennent des vikings doublés des salopards de Western spaghettis. C'est la fin de Sword of doom d'Okamoto multiplié par 20.
Miike continue de prouver qu'il est une magnifique tache de sang et de merde en forme de papillon sur la face du soleil levant. Il nous enfin donné le chambara qu'on attendait de lui.
jeudi 28 juillet 2011
Fantasia 2011, Jour 14: Éloge d'UN GÉNIE, DEUX ASSOCIÉS, UNE CLOCHE. Une arlequinade en guise d'oraison
Si.
Le titre est un indice.Ça les aminches, on appelle ca une ARLEQUINADE.
-Pierrot (le lunaire, le distrait, celui qui se fait exploiter par Arlequin)= Robert Charlebois dans le rôle de Locomotive Bill
-Colombine,(naïve, pure et amoureuse des deux) = Miou miou dans le rôle de Lucie
-Pantalon (le fourbe, l'avare, la cruel, l’alcoolique)= Patrick Mcgoohan en Major Cabot
-Le clown=Piero Vida dans le rôle de Jacky Jolly Roll.
Charlebois prendra quelques cuites avec Mcgoohan avec lequel il s'entendait très bien (étant le seul à parler l'anglais sur le plateau) qui, en bon irlandais, " déjeunait au gin tonic le matin". Il jouera quelques jours sur le piano de Debussy, jammera chez Morricone et ne se pointera pas pendant une journée de tournage pour cause de gueule de bois, prétextant un congé de Pâque. Ce qui mettra Leone en beau joual vert (J'ai réussi à ploguer cette phrase! Je peux quitter...)
Le 7ème antiquaire vous en remercie du fond du cœur.
samedi 23 juillet 2011
Fantasia 2011, Jour 8: Critique de MUSTANG: Un monde de passions débridées
Dans les arrières-boutiques en plywood et les routes poussiéreuses de Saint-Tite, il y a un monde de passions sauvages qui ruent dans les brancards. Des secrets, des amours déçus et des colères qui grondent. Johnny Cooper, le grand Sachem du Festival country aimé de tous, est mort horriblement au rodéo, piétiné par Mustang.
Mustang: le cheval noir indompté.
MUSTANG. Que personne ne peut monter.
samedi 30 janvier 2010
Geek Chronique no.27: Le bon, la brute et le...petit salopard qui m'a tiré dans les burnes?
Récemment, un compagnon cinéphile (un grec sculptural et couvert de tatouage dénommé Kosta, créateur du blog Meat et Meat, en hyperlien ici même à votre droite) me prête un film absolument unique, un truc si étrange que je l'ai tout de go classé dans mon top 10 de mes OUATE DE PHOQUE!!!
Vous avez peut-être entendu parler: The terror of tiny town, un western musical de 1938 mettant en vedette...des nains. Un casting entièrement composé de nains. Des nains qui montent des Shetlands, des nains qui se donnent des coups de poing. Si vous pensez que tout ça est drôle, vous avez en partie raison. Si vous trouvez l'idée de mauvais goût et abusive, vous avez également raison. Mais il y a une chose que le film génère involontairement et c'est ça qui le rend fascinant, du moins pour moi. Le film est creepy. Pas les nains, que je ne trouve par ailleurs ni drôles ni étranges. L'atmosphère est, disons, décalée. Un John Ford pastiché par Lynch ressemblerait probablement un peu à ça. Je ne sais même pas si le titre est volontaire, mais c'est comme si le film en cachait un autre; La Terreur serait celle, indicible et inexplicable, de ce monde parallèle, identique au nôtre, où tout les gens sont des nains (un Howard the duck avant l'heure). Un univers entier où les films sont exactement comme les nôtres, mais où Ben-hur a un traîneau à chien, où Tarzan protège des pygmées, où les vélocéraptors de Jurassic Park sont des iguanes, où Lord of the rings est un film mettant en scène des lutins, des gnomes et des farfadets et où Star Wars n'existe tout simplement pas. Le seul film que nous ayons reçu de cette étrange monde parallèle, par je ne sais quelle machination lovecratienne, est La Terreur qui est venue dans la ville minuscule.
Si The Terror of tiny town est un John Ford avec des nains, le monde du cinéma attendait avec une impatience peu contenue l'équivalent sauce western-spaghetti. Ce jour béni est enfin plus ou moins arrivé, grâce à l'exceptionnel Peter Dinklage.
Si en voyant ça photo vous vous êtes dit "ah oui, ce nain-là", ne le faites plus jamais. Peter. Dinklage. Vous avez vu Dinklage dans Nip-tuck, 30 rock, Lost in oblivion, c'était l'inoubliable personnage principal de Station agent, Peter dans Death at a funeral (il revient d'ailleurs dans le remake version afro-américaine), il sera également de la partie pour l'adaptation HBO de Game of Thrones. C'est un comédien immense, capable de jongler entre le drame et la comédie et qui n'a aucun problème à jouer l'éléphant dans la pièce.
Je peux vous le garantir: dans The Last rites of Ransom Pride, Dinklage va jouer un Lee Van Cleef de 4'5'' et il va vour faire chier dans votre froque (cliquer ici pour le sit web du film).
































