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jeudi 15 novembre 2012

Notre émission du 15 novembre: Le manuscrit trouvé à Saragosse de Wojcieh Has -une discussion avec Antonio Dominguez Leiva

Pour nous écouter cette semaine, cliquer ici
Et le vertige fut.

Vous souvenez-vous, cinéphiles, lecteurs, occultistes d'occasion ou philosophes de circonstances, de la dernière fois où vous vous êtes trouvés devant une oeuvre avec une véritable impression de vertige? La dernière fois que vous avez ressenti de la consternation devant la largesse d'une histoire, avec la sensation tenaillante d'assister à une fornication entre le sacré et de maudit? Voilà une sensation qui ne  se présente que très peu  dans une courte vie d'homme n'est-ce-pas? Et quand elle vous saisie, cette sensation,  quelque chose comme une reconnaissance profonde s'ensuit,  non?

Cette semaine, le 7ème vous parle de son plus intense vertige de l'année, "Le Manuscrit trouvé à Saragosse" de Wojcieh Has (1965)
 ll y a de ces  moments forts rares au 7ème antiquaire où nos explorations cinéphiliques finissent par nous mener ipso facto vers  ce genre d'oeuvre. Une histoire qui s'impose sans que nous la connaissions a priori . Ce film au titre maintes fois croisé, murmuré, mentionné au détour d'une autre découverte, comme un livre interdit que seul l'initié peut ouvrir quand il sera prêt. 
 Voilà quelques années, ce fut la découverte du film "A page of madness" de Teinosuke Kinugasa (1926) qui nous procurait ce vertige (un page qu'on imagine bien arraché du manuscrit trouvé à Saragosse, d'ailleurs). Totale consternation en se demandant comment une création à la modernité si féroce  n'avait pas trouvé la pérennité qui s'impose dans le panthéon des grandes oeuvres humaines. Je me souviens des mots qui me sont littéralement sortis de la bouche en regardant le film : "C'est aussi vital que Un Chien Andalou de Bunuel...et peut être même encore plus.."

Et c'est encore autour de Bunuel que nous découvrons une autre oeuvre de cette trempe. Nous ne vous mentirons pas; nous avons regardé "Le manuscrit trouvé à Saragosse" parce que ce titre est quelques fois évoqués comme une des plus importantes influences du cinéaste espagnol.

Et le vertige fut...
 Certes, le film du polonais Wojciech Has relève le pari improbable de s'approprier une oeuvre littéraire réputée impossible à adapter, d'un auteur  lui-même insaisissable. Le roman de Jan Potocki est à la hauteur de son auteur: furieusement exploratoire, moderne, happant au passage des myriades d'influences pour se les approprier et les réinventer. Nous aurons avec nous en studio le professeur, auteur, théoricien et libertin Antonio Dominguez Leiva , pour parler de cet auteur, véritable Buckaroo Banzai des lettres . Un penseur de taille pour en évoquer un autre. C'est de mise...

En regardant ce film gigogne qui lorgne du côté de la fractalité narrative, il devient clair qu'il a immensément influencé Bunuel et  le scénariste Jean-Claude Carrière, Jodorowsky et un maudite bonne gang qui ne l'ont probablement jamais mentionné: Robert Altman, le "Magnolia" de P.T Anderson, Le "Dracula" de Coppola pour la facture visuelle. Terry Gilliam au complet...

Et le 7ème ne comprend pas. On ne comprend pas que ce film de soit pas une incontournable référence. La maîtrise du scénario y est tout aussi parfaite que la réalisation. Le sublime, l'horreur y côtoient le drolatique et le folichon. Tous les comédiens sont exceptionnels (sans oublier les femmes, saisissantes de beauté, aux décolletés aussi vertigineux que le film)
Terminons sur cette citation tirée du film, qui explique fort bien sa mécanique en spirale  et comment il parvient à conférer  une certaine exaltation mystique:

"We are like blind men lost in the streets of a big city. The streets lead to a goal, but we often return to the same places to get to where we want to be. I can see a few little streets here which, as it is now, are going nowhere. New combinations have to be arranged, then the whole will be clear, because one man cannot invent something that another cannot solve".

Et le vertige fut.

dimanche 13 novembre 2011

Notre émission du 9 novembre: Death bed:the bed that eats-le chef d'oeuvre inconnu

Cliquer ici pour écouter notre émission cette semaine

Cette semaine, le 7ème antiquaire vous fait visiter la section du lit.

Le lit.

Théâtre à la fois vaste et étouffant de nos plus grandes tragédies, de la naissance à la mort, du plaisir à la souffrance.

Le lit.

Une porte vers l'autre monde, peuplé à la fois d'anges et de démons. L'embarcation, le véhicule. Le mince voile, la large voile  dans lequel on se couche et se cache.

Le lit.

Avec ses monstres en dessous, Morphée au milieu et une foule au dessus.

Le lit au cinéma.

Endroit horrible oû les cauchemards prennent vie. La petite Regan Mcneil attachée. Jason Vorhees en dessous. Freddy Krueger dans le matelas. Les portes de l'enfer maculées  de  Hellraiser.
Espace d'exploration des fantasmes. Le monolithe de 2001, lit de camp de tous le genre humain.

Au cinéma, le lit n'est jamais simplement un lit. C'est encore et toujours le rideau du théâtre des rêves.
Il y a eu beaucoup de lit au cinéma, mais aucun de plus profond que le DEATH BED de George Barry.
Chef-d'oeuvre inconnu d'une surréalisme sans compromis, DEATH BED: THE BED THAT EATS fait avec le lit ce que L'ANNÉE DERNIÈRE À MARIENBAD faisait pour la villa. Le film de Barry est sans aucun doute  la plus puissante méditation existante sur l'onirisme au cinéma: le montage elliptique et traversé de non-sequitur, la grinçante musique protoindustrielle, le jeu décalé des personnages, les couleurs rappelant le Bergman de CRIES AND WHISPERS.
Mais surtout, ce lit possédé d'un démon qui fut jadis un arbre et une brise, puni d'avoir trop aimé, qui mène une guerre à un esprit enfermé dans une peinture.
DEATH BED et son lit sans fond menant vers un enfer gastrique oû tout est digéré, les rêves, les gens et les aliments.
DEATH BED le chef d'oeuvre oublié d'un artiste consummé par ses propres cauchemars, une Gérard de Nerval de la pellicule.

jeudi 29 septembre 2011

Notre émission du 28 septembre: Eldorado et autre quichottisme de pellicule: Aguirre VS Cabeza de Vaca


 I believe the common character of the universe is not harmony, but hostility, chaos and murder- Werner Herzog (me rend heureux)
Salut. C'est Francis qui parle. 

Au 7ème antiquaire, on aime les vieilles choses qui scintillent dans la pénombre de nos craintes séculaires, comme les hautes d'un truck à vidange dans le regard d'un écureuil.  Nous sommes des dompteurs de chimères, des insoumis et des éboueurs idéologiques. C'est bel et bien pour ca que le cinéma est notre principal outil de méditation: les rêves démesurés des hommes, c'est notre violon d'Inde!!!!!!!!!! Justement les aminches: cessons de jouer du violon et passant du côté des Indes, là où nos ancêtres de voilà très longtemps allaient hardiment scorer le scorbut. 

Ahhhh Eldorado...
 Symbole de toutes les démesures humaines, de nos cœurs fourrés jusqu'aux ventricules de cupidité. Eldorado: les Mystérieuses Cités d'Or avec un gros bol de Corn-Pops qui te grafignent le palais en sang si tu ne les laissent pas ramollir suffisamment dans le lait. Eldorado: un film qui a mal vieilli où une Macha Limonchik tout en décolleté se fait ramasser par James Hyndman dans les toilettes  des Foufs (que de bons moments je me suis donné avec ma main et ma manette sur le rewind. Je venais késiment aussi vite que lui!!!). 
C'est aussi un excellent film de Bouli Lanners (le gros belge de Louise-Michel), distribué par FunFilm  (cliquer sur le lien pour acheter une copie, c'est moi qui vend le film!)

Eldorado. : preuve unilatérale que nous sommes des ostis de singes, hurlant avecl a yeule beurrée de marde. Ça fait des bonnes vues, l'Eldorado!
Évidemment, le plus grand film sur le sujet, y'a pas de doute, ce sera toujours l'opus de Herzog, Aguirre ou la colère de Dieu. Une petite image? (tout le monde ici la vu j'imagine?)
Aujourd'hui, nous allons méditer sur les grandes leçons que nous offre ce film, parler un peu de Castaneda et de Conrad, de Kinski et de colonisation. 

Mais plus encore, nous vous ferons découvrir un grand film inconnu (merci à David Fortin de la Cinémathèque québécoise) traitant du même sujet avec un autre angle, Cabeza de Vaca.

 Film condamné, réalisé en 1990 par Nicola Echevarria et découvert pour la première fois sur les écrans français l'année dernière, c'est une bête hautement improbable et unique, comme l'Okapi. Une sorte de pendant initiatique à Aguirre, un western-peyotl sur fond d'évocations historiques et anthropologiques et de délires chamaniques jodorowskiens...produit par Roger Corman et avec des maquillages de Guillermo Del Toro! 


L'horizon t'attend mon ami, et dans les rumeurs frétillantes des mirages, il y aura ma voix: il te suffit de cliquer ici même pour l'écouter

samedi 9 juillet 2011

Notre émission du 6 juillet: Brother from another planet VS White man's burden-une histoire fantasmée des noirs américains

Cliquer ici pour  écouter notre émission sur le sujet
Nous continuons cette semaine notre volet "exploration des représentations ethniques au cinéma". Le tout culminera bientôt sur le thème de l'humour juif, oû nous recevrons un spécialiste en la matière, Nicolas Krief (animateur de l'émission Le temps d'un vue, collaborateur à Cinéfix, les deux sur les ondes de CIBL et également critique pour la revue en ligne Panorama cinéma. Tout un tableau de chasse le torrieux hein? Heureusement que c'est un type formidable. Par ailleurs, vous pouvez écouter notre passage à son émission le 30 juin en cliquant ici. On y parlait de films a priori impertinents mais dans lesquelles se cachent des messages importants et\ou dangereux, GYMKATA et HUDSON HAWK)

Cette semaine, les noirs "alternatifs" du cinéma. Pas question de faire les choses normalement, non non les aminches... On allait pas vous entretenir de Spike Lee et John Singleton ou même d'un cinéma parlant sincèrement de la condition afro-américaine. Pas quand il est beaucoup plus fascinant de parler de perspectives fantasmées, fournies en toute vraisemblance par... un caucasien et un asiatique. Bref, des films de "science-fiction" qui parlent de la condition noire à grands renforts de métaphores parfois risquées, souvent maladroites, quelquefois pertinentes et un tantinet comiques.

Le premier, Brother from another planet (1984), deuxième film du trop peu célébré John Sayles, fraîchement sorti à l'époque des écuries de Roger Corman. 
Un extra-terrestre en cavale écrase son vaisseau en plein milieu de Harlem. Ça tombe bien, il ressemble à s'y méprendre à un homme noir...excepté ses pieds qui ont trois orteils et des griffes, ses membres qui se regénèrent et sont amovibles, son don de télékinésie et sa faculté de guérir à la fois humain et machine. Oh...il est aussi complètement muet! 
Le Brother en question va vite se rendre compte qu'il est un "illegal alien" à plus d'un titre. Particulièrement quand deux Hommes en noir caucasiens se mettrons à le poursuivre dans les rues de Harlem.
Dans ce film candide et sincère, à l'instar du personnage principal interprété par Joe Morton, l'homme noir est à la fois sauveur et victime, esclave et libérateur, étranger invisible et minorité (trop) visible. Le tout sur une déstabilisante trame sonore de steel drums.


Si le concept vous rappelle un peu le STARMAN de John Carpenter, on vous informe que ce film est venu quelques mois avant et qu'il est meilleur. Brother...est en quelque sorte un film de super-héros low-fi sur fond de rite initiatique, une relecture de l'origine de Superman dans un contexte urbain. La métaphore est étirée jusqu'au point de la rupture mais la candeur qui s'en dégage fait que l'argument tient jusqu'au bout. On n'y sent pas la moindre once de condescendance.

White man's burden (1995)...c'est une autre paire de manche de boubou.
Réalisé par Desmond Nakano (un japonais américain), le film inverse les rapports de pouvoir dans une Amérique improbable. Une uchronie oû les Noirs forment la classe dirigeante et les Blancs sont essentiellement des ouvriers. Les banlieues sont pleines de maisons oû trônent des petits nègres blancs en plâtre, les décorations et les costumes de la haute société ont des sensibilités hautement africaines et les blancs ont tous l'air de skinheads ou d'itinérants. Un monde de "Blithes" et de "Whacks", en somme. Le patron noir injuste sera kidnappé par l'ouvrier blanc désespéré. Ils apprendront ainsi à se connaitre et se respecter. Vous voyez oû le film est inconfortable? 

Il est parfois particulièrement inventif: 

Les émissions de télé de ce monde parallèle ont toutes l'air de pastiche de blaxploitation, des vieilles bourgeoises noires traitent les "jeunes blancs de la rue" comme des jolie petites créatures souffrantes. Superman est noir et les petits blancs l'adorent...ils n'ont rien à foutre de son sidekick blanc stéréotypé dont les figurines sont moins dispendieuses (pour permettre au nègre blanc de les acheter).

Il peut cependant devenir rapidement inconfortable et involontairement drôle, ce qui ne fait que lui conférer plus d'intérêt, en quelque sorte:
Les acteurs noirs jouent d'une manière ampoulée des blancs riches et vaguement fascistes, incapable de comprendre la réalité des Blancs, dans des costumes qui sont vaguement africains mais gardent un vague inspiration de couture européenne. En homme d'affaire irascible, Harry Bellafonte à l'air de se prendre pour Donald Trump. 
Les blancs jouent des caricatures de noirs cinématographiques. John Travolta parle comme s'il sortait de Harlem...en 1984!!! Il "jive" et n'accorde pas ses verbes correctement (la honte). J'ignore pourquoi le "joual" des blancs dans ce film n'est pas d'inspiration italienne ou irlandaise. Reste que Travolta est assez divertissant à regarder...et à écouter.

Mais White man's burden n'a jamais eu la prétention d'être une étude sociologique sérieuse. Le film fonctionne bien parce qu'il est manichéen à souhait, totalement noir et blanc, une approche qui est de toute évidence choisie volontairement pas Nakano. Il suffit de voir la scène d'ouverture dans une usine de barre de chocolat à la noix de coco pour comprendre la volonté d'"en beurrer épais" côté symbole.

Une scène du film résume bien mon propos. 

Dans un bouiboui tout ce qu'il y a de plus "whacks" oû l'on mange des "corn chips" et de la choucroute, Travolta, sous les yeux ébahis de Bellafonte, met du sel dans son ketchup  avant d'y plonger une frite. 

Bellafonte demande à Travolta pourquoi diantre il fait ce geste barbare.
Ce dernier, plein de sagesse populaire, lui répond ceci:

"Quand tu mets du sel sur tes frites, il n'y reste pas. En le mélangeant directement dans le ketchup, tu peux contrôler le volume de sel que tu veux avoir dans ta bouchée"

Stupide-blanc-Bellafonte teste la théorie. Il est conquis par le bon sens pratique de moins con qu'il n'y parait-noir-Travolta. 

Il suffisait donc d'écouter l'autre c'est ca? Ou est-ce une parabole sur le rêve de l'homogénéité, la possibilité des mélanges culturels? Est-ce la toute puissante présence de Travolta qui exigeait encore et toujours de manger de patates frites dans un de ses films, comme Van Damme qui doit toujours montrer ses petites fesses en forme de parfaite moitié de cantaloup coupé en deux ou Mel Gibson qui veut toujours se faire torturer comme le crisse dans ses vues? 

Non. 

À l'instar du film, cette leçon démontre en fait que des grands problèmes ont parfois des solutions simples qu'on se nie tous en bloc. 

Vous imaginez?

Un monde ou le ketchup serait salé?

mercredi 23 février 2011

Notre émission du 23 février: Esperanto et cinéma- Incubus....et les autres?


POUR ÉCOUTER CETTE ÉMISSION, CLIQUER ICI

Les huit premières minutes du film Angoroj (Angoisses, 1964), premier long métrage de fiction tourné entièrement en Espéranto. Le film est à peu de chose près introuvable. On remercie les braves âmes qui ont mis cet extrait sur Youtube.


Ĉu vi parolas Esperanton? Mi ne komprenas vin

Outre les linguistes de haut-vol, les néo-hippies et autres glotte-trotteurs, qu'est-ce que le manant sait vraiment de l'Espéranto, cette langue moderne inventée de toute pièce dans le but utopique d'en faire une moyen de communication international? 
 Avant de préparer notre émission cette semaine, nous n'en savions à peu près que ça. Cependant, nous connaissions aussi un long-métrage, Incubus, dont nous voulions parler depuis un bon bout de temps. Réalisé par Leslie Stevens (créateur  de la série The Outer Limits) avec William Shatner, c'est le deuxième film de l'histoire entièrement réalisé avec des dialogues en espéranto.  Film d'auteur éthéré, passant à tort pour une série B, ce drame surnaturel aux accents bergmaniens a connu plus d'un déboire et sa survie, hautement improbable, ne s'est pas faite sans laisser derrière une certaine  amertume. Une bien sombre bénédiction, en somme.
 De toutes ces improbables conjugaisons, il reste une histoire qui semble tirée d'une légende ancestrale, dans un lien inconnu à la langue étrange, qui pourrait se passer à n'importe quelle époque. Une analyse sérieuse du film restait encore à faire, mais plus encore, une évocation de la place minime et significative qu'occupe l'Espéranto au cinéma.
 
Pour nous écouter cette semaine, cliquez ICI 



mardi 19 octobre 2010

Notre émission du 20 octobre: Borges au cinéma-INVASION et LA MORT ET LA BOUSSOLE

POUR ÉCOUTER CETTE ÉMISSION,CLIQUER ICI
N'est-ce pas le plus grand accomplissement de Borges d'être aujourd'hui partout et nulle part à la fois? En pensant à l'auteur et à ce qu'il nous a laissé, ces joyaux de pensée humaine ciselés à la perfection, des thèmes évidents nous viennent à l'esprit; le méandre, celui de la pensée et du labyrinthe, des instants suspendues pour l'éternité, des identités qui se mêlent, des mondes imaginés qui infectent les nôtres, des morts qui donnent la vie. Mais Borges est-il lu? S'il est connu, qui l'a lu dans son entièreté? Personnellement, je n'en ai pas la moindre idée.Selon un paradoxe digne de lui -qui fait assurément rechigner ses exégètes-, Borges adorait le cinéma et la littérature populaire. Cet homme au savoir encyclopédique aimait autant Lovecraft que Shakespeare et appréciait tout autant le 7ème art (à une époque où ce n'était pas très "fashionable"). Il fut par ailleurs un fascinant critique de cinéma, préférant le bouleversant King Kong à l'ennuyant Citizen Kane. En outre, il ne fut que très peu adapté lui-même au cinéma. On lui doit le scénario d'un film de 69 à peu près introuvable (et grandement intriguant) intitulé Invasion. Tout aussi introuvable jusqu'à très récemment, l'adaptation de la nouvelle La mort et la boussole d'Alex Cox (Repo man et Sid and Nancy), maintenant disponible pour la première fois gratuitement sur BFI, tel que mentionné dans notre précédent papier.
Une découverte de taille par ailleurs. Cette semaine à l'émission, par le biais de ce film, nous parlerons de Borges et de son omniprésence/absence au cinéma. L'argentin n'est peut être pas beaucoup adapté, quand on se penche sur la question un tant soit peu, on se rend compte que les idées borgesienes ont profondément infecté le 7ème art.


samedi 16 octobre 2010

Vous pouvez aimer votre ordinateur...

mais pas aimer votre ordinateur.

(vous comprenez?)

Édité en 2001 par Anchor Bay et réapparu sur les tablettes en 2003 dans le coffret Straight to Hell : Alex Cox Collection, il est maintenant prudent de dire que DEATH AND THE COMPASS, adaptation d’une nouvelle de Borges faite par le réalisateur Über-culte (remarquez l’umlaut) Alex Cox est pour ainsi dire INTROUVABLE!

Impossible! Introuvable! Perdu dans les dédales spiralés d’un wet-dream d’Escher et de Cher. Inaccessible, introuvable au large dans les méandres des recoins de l’esprit des gens qui l’auraient vu, là où le rêve va parfois mais où la main n’a jamais posé le doigt. Triste perte à perpétuité perpendiculaire protoplasmique pernicieuse! Mais quoi…pardon…ah oui?

Et oui, comme c’était dit dans les temps anciens : The Dude Abides…Jesus Wept! et the Internet Saves! Car cette semaine, perdu dans les brancards binaires fait surface une copie de DEATH AND THE COMPASS!

Mais quelle grande âme? Quelle grandiose compagnie nous livre ce petit miracle mystérieux mout-de-pomme?

Anchor Bay encore? Ou peut-être Blue Underground?

Non, c’est Daily Motion.


Death and the compass
envoyé par BFIfilms. - Regardez des web séries et des films.

Voyez-donc, voyez tous la chance que nous avons de non seulement pouvoir VOIR le film, mais aussi de le voir IMMÉDIATEMENT, INTÉGRALEMENT et GRATUITEMENT.

Je sais pas ce qui vous retient.