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lundi 20 février 2012

Notre émission du 19 février: JOE LE TAXI? (JOE VS TAXI DRIVER)

Cliquer ici pour nous écouter cette semaine


Mon existence de cinéphile compulsif m'aura appris quelque chose de précieux, de vital même, sur la relation qu'entretient l'homme avec la culture: aucune oeuvre, aucun film, même la pire enflure ayant tachée l'écran par sa seule existence, ne gagne pas à être vu une seconde fois. Au risque de me prendre pour Zizek, avec un léger changement de sa parallaxe, un infinitésimale déplacement de ses repères intellectuels, on peut conférer à un navet la saveur d'une fraise (wow je suis en FEU). 

La vie est courte et il faut bien faire des choix. Cependant, si vous partagez le moindrement du monde mon opinion, entendons nous sur le fait que voir à outrance un grand film peut parfois avoir un effet surprenant. 

Prenez dans mon cas TAXI DRIVER, par exemple...
Le film de Scorcese ne fait pas partie a priori de mes films préférés. Pourtant, je l'ai regardé une bonne dizaine de fois, sans trop m'expliquer pourquoi. À toutes les fois où je revois ce film, équipé d'un bagage idéologique fluctuant, je constate que c'est un tout autre film, tour à tour réactionnaire, pathétique, onirique, inspirant. Je ne pense pas que je suis le seul à qui Taxi driver fait cet effet, par ailleurs.


Je suis d'avis que le film a  pincé une corde sensible énorme sur une quantité de sujet et que pour cette raison, les cinéphiles se poseront souvent la même question: Taxi driver à t'il un ancêtre et un successeur? Certes, l'influence du film se fait sentir encore énormément à ce jour. Un exemple à la volée; le Rorschach du Watchmen de Zack Snyder qui, le temps de quelques scènes, devient le Travis Bickle de cette uchronie...

"June 29th: All the animals come out at night - whores, skunk pussies, buggers, queens, fairies, dopers, junkies, sick, venal. Someday a real rain will come and wash all this scum off the streets. I go all over. I take people to the Bronx, Brooklyn, I take 'em to Harlem. I don't care. Don't make no difference to me. Listen, you fuckers, you screwheads. Here is a man who would not take it anymore. A man who stood up against the scum, the cunts, the dogs, the filth, the shit. Here is a man who stood up""Rorschach's Journal. October 12th, 1985:Dog Carcass in alley this morning, tire tread on burst stomach. This city is afraid of me. I have seen its true face. The streets are extended gutters and the gutters are full of blood and when the drains finally scab over, all the vermin will drown. The accumulated filth of all their sex and murder will foam up about their waists and all the whores and politicians will look up and shout 'Save us!' And I'll look down, and whisper 'no"




Cette semaine nous parlons de l'héritage de Taxi driver, des tentatives de lui laisser une succession. Nous le comparons également à son cousin éloigné: JOE de John G.Avildsen. 
Joe est en quelque sorte la genèse de Taxi Driver, un brûlot particulièrement efficace réalisé 6 ans plus tôt qui annonçait la venue d'une nouvelle génération de réalisateurs américains, mais qui exprimait aussi  leur malaise et leur colère, autant pour leur société que pour le cinéma de la génération précédente. Impossible que Schrader et Scorcese ne l'ait pas vu. Même si le film du réalisateur de Rocky est aujourd'hui à peine culte, il eu l'effet d'une bombe idéologique à sa sortie (rappelons aussi que le comédien  Peter Boyle tiens un rôle similaire dans le film de Scorcese)

L'interprétation inoubliable de Peter Boyle changera à jamais sa vie, ne serait-ce que parce qu'il tentera par la suite de ne plus jamais interpréter de personnage semblable. Joe carbure à l'ignorance, la peur, le refoulement et la haine. Un gars normal quoi, tout ce qu'il y a de plus banal. Comme plusieurs de vos voisins.

Que reste t-il de Joe? Le film a t'il encore de la pertinence? Un chose est certaine: en le voyant juxtaposé à Taxi Driver, les deux n'en deviennent que plus pertinents. 

dimanche 17 juillet 2011

Fantasia 2011, Jour 3: SUPERHEROES- Hérotomanie, chronique d’un phénomène annoncé‏

C'était inévitable. Le phénomène était inévitable. Un documentaire le sujet aussi, forcément.

Voilà de cela plus d'un an, nous avions écrit quelques articles sur la venue inévitable d'un phénomène social, les "véritables" super-héros, alors vaguement émergents. (vous pouvez trouver les articles en cliquant ici et ici) Initialement, le phénomène se voulait évidemment marginal; des clowns qui se promènent en collants, qui donnent des coup de mains aux gens, des sites internets de discussion et des répertoires pour "vrais super-héros". Rien de bien avilissant. Le tout possédait déjà un certain charme naïf quoique jubilatoire.
Comme nous l'avions postulé, au moins une personne, directement inspirée du comic Kick-ass et du film du même nom, allait forcément tenter l'aventure. D'autres films ont depuis traité du même sujet: Defendor de Peter Stebbings et l'encore Super de James Gunn, présenté   le 21 et le 27 juillet à Fantasia également . Watchmen aura probablement aussi joué un chouïa dans l'équation. Il suffit de voir le macaron qu'arbore fièrement le justicier nommé "Superhero" sur son opulente poitrine dans le documentaire de Michael Barnett.
Il était inévitable que le phénomène évolue.

 Des geeks qui rêvent en 3-D? Du cosplay urbain? Du D&D superhéroïque? Faites votre choix...
Pour ma part, au delà de la simple curiosité et d'une condescendance généralisée sur le sujet,  les real-life superheroes sont deux choses. Ils sont tributaires d'une nouvelle et fascinante forme de psychopathologie, une Hérotomanie en somme. Ils sont aussi, très simplement, des individus qui font de leur mieux pour inspirer. Parfois, ils échouent lamentablement. Quand ils y parviennent, cependant, c'est une chose assez magnifique à voir.

C'est le point de vue qu'a décidé d'emprunter le réalisateur Michael Barnett en nous montrant le quotidien de ces défenseurs de la veule et de l'orgelet. Point de simple condescendance ici. En fait, Barnett nous montre différents types de héros. Certains sont risibles. D'autres sont vaguement attachants. Quelques uns impressionnent. Mais collectivement, ils forment un phénomène qui commence à devenir trop important pour qu'on ne fasse qu'en rire. Le tout avec une facture qui emprunte occasionnellement une esthétique aux comic-books où nos protagonistes deviennent immortalisés dans des cases. Ces scènes sont particulièrement émouvantes. Stan Lee est même de la partie en tant que commentateur.

Mr. Extreme est clairement simplet. Il est grassouillet et totalement déconnecté. Mais dammit, il est valeureux comme 20, le grand dadet! On ne peut que l'aimer. Et vous savez quoi? Il aide vraiment les gens.
 Master Legend est en quelque sorte le Ozzy Osbourne du genre super-héroique. Drôle malgré lui, convaincu de ses capacités. Probablement alcoolique. C'est une évidence que les boulons du bonhomme sont lousse. Et vous savez quoi? Tout le monde apprécie le bonhomme pour sa candeur et sa joie de vivre. Il inspire d'autre à faire comme lui: aider son prochain. 

Et puis il y a Zimmer et son équipe The New-york initiative, qui reprennent un peu les méthodes préconisées par les Street Angels. Ils n'ont pas l'air de deux de pique. On a aussi Dark Gardian, qui chasse les dealers de drogues. Ses individus sont tous en excellent forme et ont des cojones à revendre. Il y aussi LIFE, un jeune juif aussi inspirant qu'il est articulé, qui rend un hommage direct aux super-héros de la première génération, justement créés par des juifs.

J'ai moi même deux identité. Le cinéphile et le geek. 

Le cinéphile est allé voir le documentaire de Barnett avec une pointe de cynisme. Il s'est retrouvé profondément ému et troublé. Et si...ces étranges personnages avaient raisons, malgré le ridicule de toute leur  mascarade?

Et vous savez ce que le geek en moi voulait faire? 
Je voulais hurler de joie. Peut-être que moi aussi...je pourrais...je ne sais pas...
Naaaaaa. 

samedi 12 mars 2011

Notre émission du 9 Mars: Darin Morgan, un scénariste pour une fin de millénaire

POUR ÉCOUTER CETTE ÉMISSION, CLIQUER ICI

Nous ne pouvons pas assez vanter les mérites de retourner constamment sur des lectures passés, de revenir à un texte que nous avons tant aimé et de le relire avec un nouvel esprit, une perspective neuve Ciel! Même avec une nouvelle couche de cellules au grand complet. Relire, revisiter, ré-interpréter. 

Justement,  nous relisons présentement From Hell d'Alan Moore (oui oui, je tourne les pages et Francis listle texte, on fait ça comme ça nous, au 7ième Antiquaire) dans lequel Mr.Moore illustre en plusieurs points ce qu'une masse d'historiens on dit avant lui : La modernité tel que nous la connaissons aujourd'hui, commence bel et bien avec le cas de Jack the Ripper.

Mais tous ces propos ne sont que des leurres pour faire une introduction tapageuse afin présenter notre émission de cette semaine, car si notre énigmatique Saucy Jack a été le vecteur de la modernité de notre civilisation et bien, cet homme, cette petite patate...

...représente pour nous, la postmodernité en Télévision. C'est pour cela que nous allons revisiter deux de nos séries télévisées préférés cette semaine. Soit :

et 


Vu à travers les yeux de l'immense mais élusif Darin Morgan. 
Cliquer sur FlukeMan en bas pour écouter notre émission de la semaine. 
(Hé Jim? C'est émouvant hein; c'est notre première entrée de blogue ensemble)
Mais qui est Darin Morgan? Même les maniaques finis de X-files ne sont pas nécessairement au fait de cette information vitale. Morgan, c'est l'homme-sangsue que l'on peut voir sur la photo plus haut, provenant de l'épisode classique The Host et le pathétique shapeshifter avec une petite queue de l'épisode Small potatos, les deux dans X-files.

Plus encore, Darin Morgan est le scénariste (et occasionnel réalisateur) de 4 épisodes de X-files et 2 de Millenium, simplement les meilleurs épisodes de série télé, toutes catégories confondues, que nous a laissé les années 90. Ce génie du scénario a explosé pour disparaitre aussitôt.
Son écriture, encore d'une précision étonnante aujourd'hui, annonçait déjà la grande révolution de la télé actuelle. Sous sa plume, les deux séries particulièrement sombres se sont retrouvées truffées de moments d'"ironisation" télévisuelle, où on ne se moquait pas seulement des personnages principaux mais aussi de l'émission elle-même. 
On lui doit des scènes inoubliables, hilarantes et tristes à la fois. 
Des phénomènes de foire allergiques à la normalité (Humbug)...
...un agent d'assurance capable de prédire la mort de n'importe qui, obligatoirement dépressif (Clyde Bruckman's final repose)...
...un auteur populaire en pleine recherche sur le thème de l'enlèvement par des extra-terrestres, excédé par les témoignages trop nombreux et  farfelus (Jose Chung's From outer space)...
 ...le même auteur, encore plus découragé par les cultes promettant le bonheur, poursuivi par un groupe ressemblant étrangement à celui qu'adule Tom Cruise (Jose Chung's Doomsday defense)...

 ...et finalement, quatre vieux démons blasés dans un diner qui parlent de leur méthode respective pour damner des âmes (...and somehow, Satan got behind me)...

Émouvant indeed...SOLD!

mercredi 22 décembre 2010

Un 7ème antiquaire chez les Mystérieux Étonnants (crossover time y'all!)

C'est la réalisation d'un rêve! Je suis dans un magasin de comic-book, entouré de compagnons geeks de tout acabit et je déblatère sur la "consécration" de la pop-culture! Hasta la victoria siempre!!!!
Au menu: état de l'industrie de la bande dessinée, des coups de cœur de jeux vidéos, de mangas, de supports électroniques, le tout présenté par individus de taille (dont le moindre n'est pas le bédéiste Jimmy Suzan qui vient parler de ses projets).
Merci aux Mystérieux Étonnants de leur invitation. Live long and prosper...

mardi 10 août 2010

Notre émission du 11 août: Les films adaptés de bédé-un mal nécessaire?

Pour écouter notre émission cette semaine, cliquer ici
"Les films de super-héros sont présentement à l'agonie. Les gens en ont marre; ils sont exaspérés de se faire bombarder par des superproductions mettant en scène des personnages en collants dont l'ultime but est de faire du pognon"

Cette paraphrase nous provient de Matthew Vaughn, réalisateur de Stardust, Kick-ass et bientôt X-men:First class. Au delà du fait que le bonhomme va bientôt avoir fait trois films du genre, il ne faudrait pas perdre de vue qu'il est de prime abord un producteur avec un certain flair. Et si...il avait raison?

Ah oui? Vraiment? Faut-il donner du crédit à cette déclaration?
Cette semaine, le 7ème se penche sur la question. Loin de vouloir simplement nous porter à la défense du "genre", nous parlerons avec sérieux et détachement de nombreuses notions le concernant. S'il est actuellement mercantile au degré le plus absolu, la qualité des films est indéniablement au rendez-vous. Or, cette explosion ne s'est pas faite du jour au lendemain; c'est le fruit d'une longue évolution où de nombreux éléments hétérogènes se sont conjugués, en toute improbabilité.
Les films de "comic-books" ont toujours été là. L'explosion actuelle n'est qu'un retour particulièrement violent du balancier. Par ailleurs, elle ne se produit pas qu'aux États-unis; les autres nations possédant une grande tradition de bédé, nommément la France et la Japon, ne cessent de faire des adaptations de leur matériel.

L'émission de cette semaine entend bien vous prouver que la pérennité de ce genre n'est pas en danger. Il est responsable de tellement de navets et pourtant, les producteurs continuent depuis des décennies à le ranimer au seuil de sa propre mort. Anecdote: combien de producteurs ont dit que la "franchise" de Batman était morte? Depuis 1941, il y a une des vingtaine de films avec le personnage, dont quelques chefs-d'œuvre. Le genre n'est pas prêt de mourir, comme les héros dont il fait l'apologie.
Initialement adaptation de roman-feuilleton, ensuite de "pulp", il n'en demeure pas moins que les racines sont les mêmes. Nous apprenions d'ailleurs cette semaine que Kino allait sortir les DVDs des aventures complètes de Fantômas de Louis Feuillade (le 21 septembre).
Pour les néophytes, ces films mettant en scène le plus grand vilain-antihéros de la littérature populaire française, inspiration directe de tellement d'archétypes de "méchants" de comic-books, datent de 1913! Vous croyez que la ferveur actuelle pour le genre y est pour quelques choses? Y'a des petites chances non?


Le sujet ne s'arrête pas là. Au delà des adaptations "directes", il faut considérer avec le même intérêt l'omniprésence
des symboles, des archétypes provenant des comics qu'on trouvent au cinéma et ce, même dans des films n'entretenant que des liens passablement lointains avec les thèmes de base.

Un petit exemple...

Voilà de cela une petite paye, j'ai vu un film particulièrement intéressant intitulé The Last Time, un petit drame de mœurs de 2006 particulièrement bien écrit se déroulant dans le milieu de la haute finance. C'est avec Michael Keaton et Brendan FraserPas l'air très inspirant hein?
En regardant le film quelque chose de familier me saisie: il y a un je ne sais quoi de Batman chez le personnage joué par Michael Keaton (il y est d'ailleurs superbe). C'est un "cavalier noir" de la haute finance, solitaire et inquiétant. C'est une créature nocturne. Est-ce juste une impression ou a-t'on choisi Keaton précisément pour cette raison?
Brendan Fraser entre en scène. Difficile de ne pas penser à Superman. Élevé dans la Sud à grands coups de blé d'inde, idéaliste et un peu pataud. Il se formera un antagonisme amical entre les deux vendeurs, aux méthodes certes différentes mais qui ont au final le même but.
Tout ça pourrait tenir de l'élucubration d'un geek qui voit des références partout, même avec la fin du film, absolument digne d'un grand comic.
Or, tous mes instincts se trouvèrent récompensés en une seule scène anodine, où le personnage de Keaton regarde un calepin de croquis appartenant à son ami ,...et il trouve ce dessin:
Pour le geek, ce dessin aura tout de go une signification évidente, qui échappera aux autres spectateurs. Il provient littéralement d'un comic de Batman, l'opus d'Alan Moore intitulé The Killing Joke, où le Joker bousille la colonne vertébrale de Barbare Gordon aka Batgirl à coup de pistolet.Évidemment, la référence est infiniment subtile et ne sera saisie que par quelques geeks profondément morbides (c'est mon cas...).Dès lors, les spectateurs qui possèdent les référents peuvent se faire une idée très nette de ce qui va se passer dans la suite du film.
Vous voyez où je veux en venir. Des moments croqués dans des "vulgaires" comics sont maintenant cités délibérément comme s'isl faisaient partie du canon dit littéraire, dans des films qui n'ont rien à voir avec le sujet.Des films qui vont emprunter aux archétypes de la bédé, de façon délibérée et subtile comme The Last time, on en retrouve désormais à la tonne.

Le cinéma adapté de bande-dessinée n'est pas prêt de disparaitre. On pourrait s'en tenir par ailleurs à une seule explication; n'en déplaise à tous les Marc Cassivi de ce monde, la prochaine génération de cinéaste sera geek, en long, en large et en travers. Du genre à faire passer Tarantino pour quelqu'un de sévère comme Antonioni.

Ah oui...au moment où j'écris ce papier, 'Tino se fait approcher pour réaliser un "reboot" de The Shadow. The Shadow: personnage de pulp adapté à la radio par Orson Welles. Ce dernier refusa par la suite de faire une adaptation radio de Batman, prétextant vouloir en faire un film. C'était en 1940. On lui refusa l'adaptation, mais on lui donna carte blanche pour faire son premier film, d'ailleurs gavé à la moelle de référence à Batman...un petit truc nommé Citizen Kane (on a fait une émission complète sur ce sujet urgent et inconnu, ORSON WELLES: Fils de Pulp)

Comme l'a dit le poète: 'nuff said.

vendredi 16 juillet 2010

Festival Fantasia: Heartless de Philip Ridley-Le vilain petit chaperon noir

Philip Ridley est de retour, presque 15 ans après The Passion of Darkly Noon.
Qui ça?
Ne vous inquiétez pas si vous ne connaissez pas le bonhomme. Même les cinéphiles les plus aguerris n'ont souvent pas vu ses films. En tant que réalisateur, il n'a que trois métrages à son actif et son premier, hautement culte, The Reflecting Skin, est un grand introuvable. Vous allez devoir trimer pour mettre la main dessus (le Torrent sera une option nécessaire) mais la recherche vaudra le coup. C'est un film maudit au plus pur sens du terme et le meilleur rôle de Viggo Mortensen à vie, sans aucun doute.
Par contre, Philip Ridley est constamment présent dans une quantité de domaines artistiques: il a écrit plusieurs livres pour enfants, est dramaturge et metteur en scène de théâtre, il est peintre et parolier. Il connaît d'ailleurs une certaine notoriété dans tous ces domaines.

Ça vous fait penser à quelqu'un?

Un artiste multidisciplinaire, british, qui fait vaguement dans l'horreur, le sexe trouble, qui a réalisé du cinéma en dilettante et qui a trois films à son actif?

Clive Barker hein? Effectivement, les ressemblances entre les deux sont troublantes. Malgré la quantité de prix gagnés par Ridley pour ses films précédents, il ne s'est jamais défini comme un réalisateur de cinéma. À l'instar de Barker, la cohérence de son univers est balzacienne et inextricablement reliée à toutes ses autres créations. En fait, je dirais qu'il en est de même chez Ridley et Barker; ce sont d'abord et avant tout des conteurs. Leur espace narratif est celui de la fable et le gore se retrouve souvent conjugué au mélodrame (comme dans tous le bons contes).

Son dernier film, Heartless, confirme d'emblée sa filiation avec Barker. Les thèmes, l'esthétique sont résolument similaires. C'est un mélodrame d'horreur, un conte doublé d'un drame social urbain typiquement british. Un très efficace, par ailleurs. L'univers sonore du film s'en charge diablement bien.

Voyons voir... Un jeune homme, un petit chaperon noir, un vilain petit canard, habite un royaume désenchanté avec sa mère et ses deux petits cochons de frères dans une grande maison de brique nommée les habitations Cendrillon. Il porte littéralement son coeur sur son visage. C'est un valet de coeur, un Jack of Hearts, un Jack of all Trades.

Dans le village, pas très loin de la rue Perrault, des créatures rodent, brûlant des gens à coups de cocktail Molotov. Ce sont les émissaires de Papa B, admirable figure faustienne sortie directement des romans de Barker. Papa B, c'est évidemment Belzébuth, mais c'est aussi Papa Bear, le Big Bad Wolf, c'est la Bête, celle de tous les contes, de la Bible jusqu'à la Belle et la bête. Son nom au consonances vaudouiques suggère qu'il est un Loa, quelque part entre Papa Guede et Baron Samedi. Il est d'ailleurs accompagné d'une petite princesse indienne scintillante nommée Belle. Papa B peut arracher le coeur qui couvre le visage du chaperon s'il accepte de lui en apporter un autre sur les coups de minuit. Un coeur pour un coeur... Le vilain petit canard pourra ainsi enfin se faire remarquer de la jolie princesse blonde, Tia.

Ou alors, il n'y a pas de démons, pas de princesses, pas de royaume. Nous sommes en Angleterre, les rues sont arpentées par des gangs, les princesses sont des putes, le démon est un pimp et le petit chaperon est schizophrène. C'est à vous de voir.

Souvent chez les britishs, Neil Gaiman et Alan Moore en tête, cette prédilection pour le monde parallèle de la fantaisie, du fantasme qui envahi subtilement le nôtre est virtuellement indissociable du thème de la maladie mentale. Alice aux pays des merveilles...redux. Plus que jamais, Ridley rejoint Barker et les conteurs britishs dans leur obsessions. On pense évidemment à Jacob's ladder, avec lequel le film partage certains thèmes et imageries. Une faune assez lynchéenne traverse également l'ensemble.

Depuis sa sortie, le film accumule les détracteurs à un rythme alarmant. Les maniaques d'horreur restent sur leur faim et sont repoussés par ses inflexions mélodramatiques. Il ne mérite pourtant pas cette réaction. Ne perdons pas de vue que si Heartless ne réinvente rien, il n'est pas pour autant du remâchage. La candeur de son propos et son ambiance mélancolique permettent de véritables moments d'émotion et d'angoisse. Philip Ridley n'est peut-être pas un réalisateur visionnaire...mais c'est définitivement un grand conteur.

samedi 3 avril 2010

Geek Chronique no.36: Réac' attaque

"June 29th: All the animals come out at night - whores, skunk pussies, buggers, queens, fairies, dopers, junkies, sick, venal. Someday a real rain will come and wash all this scum off the streets. I go all over. I take people to the Bronx, Brooklyn, I take 'em to Harlem. I don't care. Don't make no difference to me. Listen, you fuckers, you screwheads. Here is a man who would not take it anymore. A man who stood up against the scum, the cunts, the dogs, the filth, the shit. Here is a man who stood up""Rorschach's Journal. October 12th, 1985:Dog Carcass in alley this morning, tire tread on burst stomach. This city is afraid of me. I have seen its true face. The streets are extended gutters and the gutters are full of blood and when the drains finally scab over, all the vermin will drown. The accumulated filth of all their sex and murder will foam up about their waists and all the whores and politicians will look up and shout 'Save us!' And I'll look down, and whisper 'no"


jeudi 1 avril 2010

Geek chronique 34: Live long and prosper, through brightest day and blackest night

oui oui...Sarek, le papa de Spock est bel et bien un Green lantern. Geekasm!

Nous sommes à quelques mois d'un film de Green Lantern. Est-ce que le 7ème est content? Mais oui, que diable! Par contre -et ce qui suit, le 7ème l'a toujours crié haut et fort- un film, ce n'est pas le bon médium pour Green Lantern.

Ce qu'il faut pour ce personnage et sa mythologie en constante expansion, c'est une série télé. C'est une évidence. Il est fait pour ça.


Un show de Green Lantern comblerait un immense pan du monde télévisuel en combinant deux trucs, le série policière et ... Star Trek (on parle du show original)! Le vide télévisuel immense laissé par Star trek serait enfin comblé.

Toutes les bases sont là pour faire un show de télé coloré et humaniste, avec des races extraterrestres étranges qui ne s'entendent pas, des entités cosmiques, des despotes démesurés. Quelques comedy reliefs, des partenaires patibulaires, des vieux amis devenus ennemis. Bref, un vrai show de police dans l'espace qui se passerait à moitié sur terre, où Hal Jordan devient un Kirk en puissance (on ne pressentait Chris Pine dans le rôle de Hal Jordan initialement pour rien!), space-cowboy baveux et séducteur. Sinestro devient un Spock de la première époque qui va terriblement mal finir. Une planète différente à explorer par semaine, des épisodes de recrutement, des caméos de vilains de seconde zone. C'est tellement évident que ça fait mal.

Green Lantern fonctionne mieux quand il est proche de Star Trek que de Star Wars. C'est l'intimité du Green Lantern Corps, beaucoup plus proche de celle d'un équipage de Trek, qui fait à mon avis le charme de sa mythologie. Non pas que la démesure du Space-opera avec ses scènes de combats lumineux à la Star wars ne se prête pas bien au personnage, mais ce n'est pas ce qui le définit.

Êtes vous familiers avec le film The Last Starfighter ?

Si vous ne connaissez pas et que vous êtes un fan de GL, c'est une découverte qui s'impose. Marquez mes mots: quand le film de GL sortira, il se trouvera plus d'un geek pour le comparer à ce petit bijoux. C'est un geek wet dream comme il ne s'en fait plus: un jeune homme menant une vie simple avec un grand talent pour les jeux vidéos est appelé à devenir le sauveur de la galaxie dans une grande confrérie inter galactique! COME ON! Allez le regarder! Le mood d'un film de GL, c'est comme ça qu'il devrait être de A à Z!
Mais bref, en attendant le film, les braves gens qui travaillent sur le comic de GL n'en finissent plus de faire jouir les geeks avec des références bien senties.

Quand ce ne sont pas des Predators et des Triffids dans les rangs des Yellow Lanterns...

...ce sont des Aliens, des E.T et des Alfs!

J'ai même déjà vu le monolithe de 2001 en Green Lantern! No Joke! Bref, la véritable consécration geek, la déclaration d'amour entre Star Trek et GL s'est consommée dans le dernier numéro de Green Lantern Corps, le 46, où Guy Gardner dit fièrement...

...lets go Tholian Web on their asses...


Geek Factoids: Les Tholians sont, avec les Klingons et le Romulans, les trois plus importants adversaires de l'histoire de Star Trek. La Fédération est en guerre froide avec eux pour des questions de ponctualité (la culture des Tholians est basée sur l'idée du temps comme une toile). Pendant plusieurs décennies, leur apparence est demeuré un mystère et s'est limitée à cette image sur écran: Depuis, Star trek:Enterprise a élucidé le mystère de leur apparence dans le meilleur épisode de la série, en respectant le manque de budget de l'émission originale et en spéculant, ce qui a donné ceci: Le Tholian web en question, c'est une toile d'énergie sphérique tissée par les vaisseaux des Tholians qui se referme sur sa proie pour les écraser de la sorte... ...technique maintenant intégrée par Guy Gardner en coordonnant les lanterns de toutes les couleurs et en squeezant un maximum de black lanterns d'une seule shot magistrale:

Brilliant...fucking...idea. Star trek et Green lantern, une grande histoire d'amour.

God. It's such a great time too be a geek.