Affichage des articles dont le libellé est Les génies du scénario. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Les génies du scénario. Afficher tous les articles

jeudi 7 février 2013

Notre émission du 7 février: THE VANISHING (1988), la cruauté dans toute sa simplicité

 La cruauté. 

Ne partez pas sans elle...c'est pas comme si vous aviez le choix.

Il m'arrive fort souvent de m'interroger  sur mes tendances sociopathiques en tant que cinéphile. Au cinéma, j'ai très souvent soif de voir le plus large éventail possible de  bassesses humaines, qu'elles soient raffinées ou vulgaires. Comment se fait-il qu'un individu de nature essentiellement douce et débonnaire tel que moi soit si satisfait par la démonstration de la cruauté à l'écran? Est-ce justement parce qu'elle me paralyse dans la vie? Est-ce parce que j'ai besoin de la banaliser en la regardant dans un judas, de me blinder pour mieux l'affronter in the flesh? Suis-je insensibilisé, le pur fruit confit de notre époque briochée par le sucre du voyeurisme?
Ces questions me taraudent constamment quand je sens l'appel du voyeurisme. Et ces questions, je me le pose toujours avec urgence en regardant le film de George Sluizer, "The Vanishing". 
 Le film de Sluizer représente pour moi, dans son propos comme dans son insidieuse structure, un véritable parangon de cruauté. Des années avant "Irréversible", "The Vanishing" explorait avec une pertinence autrement plus vicieuse les plaisirs pernicieux de voir l'autre souffrir. Voilà donc un film qui osait proposer une prémisse de toute évidence hitchcockienne mais en y évinçant les artifices cinématographiques habituels. Du coup, la cruauté du film se vit dans une intimité peu commune, presque choquante de banalité.  Le 7ème antiyquaire redécouvre ce film des années plus tard et constate qu'il avait  beaucoup de Haneke là-dedans.
Cette semaine, le 7ème  te parle de cruauté, de Bernard Pierre Donnadieu, de stations services et de la banalité du mal. 

jeudi 31 janvier 2013

Notre émission du 31 janvier: LES TONTONS FLINGUEURS- Avant le go des gangsters à gogo

"Les Tontons flingueurs" (1963) de Georges Lautner, scénario et dialogues de Michel Audiard, avec Lino Ventura.

Pour plusieurs générations de français, "Les Tontons flingueurs" est le film-culte des films cultes, citable à outrance grâce aux répliques inoubliables de Michel Audiard et la dégaine inoubliable de Ventura.

Il va sans dire qu'au Québec, le film aura eu un impact nettement moins déterminant. Trop français? Trop gouailleur? Isolé dans son époque? Les films de flics français n'ont pourtant jamais eu ce problème (écoutez notre émission ici pour en juger!)

Le 7ème se penche sur la question cette semaine et constate avec plaisir que bien au delà de ses savoureuses répliques, la comédie de Lautner et Audiard est beaucoup plus qu'un simple perchoir à citations. Avant même que Tarantino, Jarmush, Guy Ritchie et les frères Coen ne fassent la célébration de ces gangsters atypiques, flagorneurs, inefficaces et fatigués dont les moindres lignes et clignements de l’œil est un délice, "Les tontons flingueurs" possédait déjà cet esprit résolument post-moderne, cette volonté de déconstruire le mythe du gangster-guerrier et de montrer les facéties de ces hommes, leur ennui et leur banalité.
 
 "Les tontons flingueurs", c'est un "Reservoir dogs" qui se serait égaré chez Feydeau. Tout y était déjà en place pour amorcer une réflexion sur l'agonie d'une genre, le film-noir, alors que la Nouvelle Vague tentait de s'octroyer le monopole de cette relecture.

Il a un parallèle à faire avec le snariste américain Shane Black  qui fera le même travail de déconstruction des héros d'action avec un succès tout à fait similaire à celui d'Audiard, une oreille semblable pour le dialogue. Bref, un film à découvrir pour constater que bien avant les décennies de tarantinades qui suivraient, c'est les Tontons qui en beurraient délicieusement épais...

mercredi 10 octobre 2012

Notre émission du 4 octobre: William Castle-ça vaut le coup d'être le roi! -SHANKS

Pour nous écouter cette semaine, CLIQUER ICI!
Nous sommes conscients qu'une fois sur trois au 7ème antiquaire, nous nous retrouvons à parler de cinéma d'horreur en tout genre. Techniquement, avec l'Halloween qui frappe à notre porte, nous ne devrions pas avoir à justifier notre volonté de faire une émission sur William Castle, pas vrai?
N'en demeure pas moins que nous allons articuler une conviction profonde que nous avons à propos du bonhomme:  
Le fait que l'essentiel de sa filmographie soit sensiblement composée des films d'épouvante est accessoire à ce que l'homme était vraiment... un des plus habiles bonimenteurs de l'histoire du cinéma et un vrai passionné de son médium.
Certes, Castle était un fétichiste du gadget et un vendeur hors de pair mais plus encore, c'était une véritable "patenteux", dans le concept comme l'exécution. Osons une déclaration péremptoire: n'était-il pas en quelque sorte l'héritier de Mélies, désireux de trouver de nouvelles manières de procurer à son auditoire des "chills and thrills"?
Mercantile? Certes. Ennuyant? Jamais! Il était le P.T Barnum du grand écran!!! Le cinéma actuel lui doit énormément, pour le meilleur et le pire, tout particulièrement au niveau de l'approche promotionelle.
 La preuve en est que nous sommes de retour aux lunettes 3 D et aux bancs qui tremblent, deux gadgets qu'il a porté au nues. En quelque sorte,  Castle est le grand-père illégitime du "Rocky Horror picture show"

Cette semaine, nous parlerons donc de la vie de cet exceptionnel bonhomme et de son parcours avant  qu'il ne devienne le roi des gadgets. Nous n'allons pas simplement paraphraser le magnifique documentaire lui étant dédié "Spine Tingler! The William Castle Story (2007) mais bel et bien parler de ce qu'il n'a pas couvert.
S'il n'y avait qu'un seul film à évoquer qu'il faudrait conserver dans sa filmographie malheureusement trop peu célébrée, c'est son dernier, le particulièrement déstabilisant "Shanks" (1974)
Impossible de ne pas constater avec ce film qu'il y avait aussi un véritable cinéaste derrière le bonimenteur, capable de créer une ambiance vraiment palpable de morbidité sans jamais perdre son humour noir. Il y avait aussi de tout évidence un cinéphile: "Shanks" peut se voir comme un hommage à "Les enfants du Paradis" traversé d'une sensibilité empruntée à l'expressionisme allemand...qui serait fait par Walt Disney. Marcel Marceau interprète un marionnettiste  sourd et muet, véritable souffre-douleur de son environnement. Sous l'égide d'une savant fou (joué aussi pas Marcel Marceau), il apprend à contrôler mécaniquement les cadavres comme des pantins dont il se sert pour se venger de ceux qui l'ont opprimés.
Une trouvaille de taille, un autre morceau de cinéma oublié qui mérite un culte. Ironie totale: le maître du marketing n'aura pas fait la moindre publicité particulière pour ce film qui tombera dans l'oubli quelques années plus tard, malgré l'interprétation sidérante du grand mime français.

mercredi 3 octobre 2012

Notre émission du 27 septembre: CRIMEWAVE, ce bâtard si attachant

Cliquer ICI pour écouter l'émission
Nous sommes en 1985. Quelques années auparavant, les frères Raimi venaient de terminer un tout petit film dans l"anonymat", "Evil Dead". De leur côté, les frères Coen  complétaient depuis peu leur premier long, "Blood simple".

Les  deux clans se rencontrent et décident de travailler ensemble le temps d'un film. Ils ont une idée qui tient du génie: une comédie néo-noire déjantée qui grappillera avec une égale allégresse Tex Avery et les Three Stooges. Du slapstick, des assassins hystériques sortis tout droit d'un épisode de Bugs Bunny et un rythme bon à donner un anévrisme. Sur papier, les deux familles semblent tenir LA grande comédie hybride de leur époque.
Jusqu'à ce que débute la réalisation du film...qui tourne vite au massacre. 


"Crimewave" sera un échec sur presque toute la ligne. Des producteurs tyranniques, des problèmes de casting, le comédien Brion James qui essaye d'exorciser sa lampe de chambre d'hôtel (ce qui inspirera assurément Raimi pour "Evil Dead 2"). Raimi renie la paternité de ce mutant qui hurle et court partout en bavant. Les Coen n'en parleront  plus jamais.

Et pourtant. Et pourtant...

Il va sans dire que "Crimewave" n'est pas un grand film. C'est même un bâtard. Et nous au 7ème, c'est précisément pour cette raison qu'on l'aime. Pour toutes ses imperfections, le film contient déjà toutes les obsessions et les tics qui détermineront la carrière des deux clans. Le scénario est indubitablement du Coen, à un tel point qu'on pourrait le considérer comme le deuxième volet d'une trilogie sur les fugitifs têtes-à-claques poursuivis par des assassins professionnels, entre "Blood simple" et "Raising arizona". Par ailleurs, il est assez surprenant de constater que le même années, Raimi fera par la suite son "Evil Dead 2" et les Coen "Raising Arizona", deux films qui partagent une énergie et une approche du filmage qui sont grandement similaires.
Quelques petits morceaux d'anthologie ressortent également, où Raimi expérimente déjà avec une signature qui sera reconnaissable entre mille une décennie plus tard...avec un Bruce Campbell au sommet de sa bonhommie.


Cette semaine, le 7ème antiquaire décide de redorer le blason de cet hybride imparfait mais Ô combien attachant qu'est "Crimewave". Et si pour le meilleur et le pire, indirectement ou non, il était le film le plus déterminant de la prolifique  carrière des deux clans?

Inutile de dire que pour faire cette émission, il nous fallait un coup de main. Nous aurons donc avec nous en studio nulle autre que la sulfureuse Sabine Garcia...parce que le hasard l'exige!

mercredi 14 septembre 2011

Notre émission du 14 septembre: Humour juif et cinéma

 "L'humour n'est qu'une autre forme de protection contre l'univers"    
-Mel Brooks

Tel que promis, nous avons enfin accouché de notre émission sur l'humour juif au cinéma...Oy Vey! 
Pour de ne pas vous servir un truc qui serait du bupkis ou pire, du dreck, on aura en studio un pote spécialiste de la question, Nicolas Krief, qui nous donnera de son chutzpah.  

Ça nous évitera de sonner  comme des klutz ou pire, de passer pour des schmucks. 

Pourquoi l'humour juif? Parce qu'il est impossible de parler de cinéma américain (ou même d'entertainement) sans considérer la part de l'âme juive qui l'habite. Certes, le cinéma doit énormément aux producteurs juifs, mais encore plus à ses auteurs et ses grands comiques. L'humour juif est une forme d'expression extrêmement codifiée qui reste pourtant irréductible.  Comme le disait Louis Armstrong, dans ce qui est sans doute le plus célèbre koan zen occidental,  "if you have to ask what jazz is, you'll never know". Il en va de même pour l'humour juif. Savant mélange de mots d'esprit, d'auto dérision et défense contre la cruauté de l'histoire, on y trouve parfois une structure, un rythme qui n'est pas sans rappeler un koan où l'illumination vient par le rire. Un zen inversé en quelques sorte, un zen noir.  Et les juifs, c'est bien connu, ont un talent inné pour rouler leur zen noir (cymbales...scandale).
Au détour de théories et de tentatives de vulgarisations vaines mais assumées, on vous parle des grandes comédies juives, leurs thèmes et leurs grands créateurs: des Marx Brothers à Mel Brooks, des différences entre l'humour séfarade et ashkénaze, le relation entre le mot d'esprit et le delivery du punch line. Shalom!

jeudi 24 mars 2011

Notre émission du 23 mars: Critters, une grande saga incomprise (avec un spécialiste du sujet, Gary Ouellette)

CLIQUER ICI POUR ÉCOUTER L'ÉMISSION

Le 7ème Antiquaire n'a  jamais été autre chose qu'un espace de fraternisation. C'est ici que nous venons nous recueillir à chaque semaine, écouter, parler et évoquer les Évangiles, les Sourates du celluloïd. Pour les prophètes auto-proclamés que nous sommes, TOUT  film est prétexte à la réflexion pure, au recueillement devant le déferlant maelström des idées.
Il va sans dire que le plus innocent des divertissements, le plus risible des films de cul est forcément  (et d'emblée) pour nous un réseau de secrets séculaires échappant  à plusieurs, y compris leurs  propres créateurs. Ces derniers ne sont souvent que les oracles  hallucinés de messages leur échappant totalement. C'est notre devoir, notre bénédiction, notre fardeau de vous révéler que le Verbe est parfois engoncé là où on s'y attend le moins.
Cette semaine, nous l'avons trouvé dans une grande Saga traversant les genres et les siècles...

Nous l'avons trouvé dans Critters. 
 Critters, la saga complète de 4 films, n'est pas du tout ce que vous croyez. L'académicien reniflera de contentement en lisant ces mots, mais il s'agenouillerait humblement devant la richesse de cette  franchise s'il se donnait la peine de la voir véritablement pour ce qu'elle est. 
 Critters, c'est la consécration du prédateur ultime, parfait dans ses proportions et ses fonctions. Une machine absolue de destruction et de consommation, une colonie aux membres interchangeables  et comprenant parfaitement bien les prérogatives de l'ordre de préséance. Vous pensez que les Critters sont des pales copies de Gremlins? Que nenni...Vous pensez que le plus grand prédateur des confins cosmiques est Aliens? Vous n'y êtes point...En tant que prédateurs, les Critters sont le pinacle du bestiaire cinématographique. Un Critter, c'est l'enfant parfait d'un Alien et d'un Gremlins.  
 Les gens brillants derrière la conception de cette saga ont façonné les pires créatures de cauchemar qui puisse exister: des boules de poils avec une bouche immense éternellement affamées, continuellement en chasse, perpétuellement indifférentes à la survie de l'individu. Critters, c'est la vengeance venu des cieux, toutes les plaies d'Égypte incarnées en une seule créature, la souvenir atavique de la Peste revenant nous hanter.  (Par ailleurs, j'ai appris le mot atavisme dans  la version française de Gremlins 2. C'est le Gremlins intelligent avec des lunettes qui le disait et c'est Yves Corbeil qui faisait sa voix...est-ce une coïncidence? Je ne pense pas). 
Il faudra, le jour de la résurrection (Tous les Critters se passent le jour de Pâques), une âme pure et humble pour assurer le Salut des hommes, un mécanicien alcoolique et maladroit avec des plombages pouvant capter les ondes radios. Ce sont les dents de ce Messie récalcitrant qui nous prévient de l'Apocalypse des bouches venues des Enfers...Saurons-nous entendre ses paroles, le temps de 4 films? 

Mission de taille que de parler avec la diligence requise de Critters. Pour nous aider cette semaine, nous aurons une expert en résidence, j'ai nommé mon cousin Gary Ouellette. Cinéphage vorace, connaisseur de toute ces franchises où des petites créatures tuent du monde, il sera des nôtre en studio pour alléger la tâche et propager la bonne parole.

Je tiens à remercier personnellement mon cousin de nous avoir fourni sa grande verve pour couvrir le tout en profondeur.

mercredi 16 mars 2011

Notre émission du 16 mars: PATTERNS, le NETWORK de Rod Serling

Nous terminons cette semaine notre bloc d’un mois sur les grands scénaristes de la télévision. Étrangement, nous n’avions pas prévus ce thème à l’avance. Nos émissions se sont imposées d’elles-mêmes, comme une suite évidente d’informations permettant l’édification d’une généalogie informelle des grands innovateurs de ce milieu: de la radio au la cinéma, d’Arch Oboler à Leslie Stevens, de Paddy Chayefsky à Darin Morgan. Si rien ne semblait les relier a priori, en écoutant nos émissions du dernier mois, vous serez surpris de constater à quel point ils se sont tous ces auteurs succédés au quart de tour.

Un seul nom manquait à cette liste, bien que nous l’ayons systématiquement mentionné durant tout le mois. Le plus grand, Rod Serling.
L’émission de cette semaine lui sera consacrée. Nous parlerons plus précisément de son premier grand succès, Patterns (1951). Si vous êtes le moindrement du monde intéressés par la science-fiction, l’horreur, un simple fan de télé ou de notre émission, vous êtes probablement familiers avec « le jeune homme en colère » de la télé américaine. Reconnu principalement comme le créateur, producteur, scénariste et présentateur du séminal Twilight Zone, Serling est un cas d’espèce comme il ne s’en fait plus. Héros de guerre, testeur de parachute, homme de main pour toutes les formes médias existants, la consécration viendra tard pour cet homme aux visées progressistes, devenu à force de combat un humaniste désabusé doublé d’un cynique idéaliste. Twilight Zone n’était pas simplement une émission moralisatrice, mais chaque épisode avait la puissance de fables où Serling était le chanteur de geste en costume trois pièces.
En remontant aux sources du premier scénario de Serling , Patterns, on est soudainement pris de vertige et on peut se permettre sans hésitation une déclaration péremptoire: tout Chayefsky, tout Sorkin (et probablement Morgan) vient de là. C’est assurément Patterns qui a partie le bal. Tout est là : échanges verbaux cinglants et syncopés, les lignes inoubliables, les études de mœurs des gens de pouvoir et un sens aiguisé de la satire sociale. Le 7ème vous propose de faire la comparaison entre ces deux scènes de Patterns et Network, toutes les deux avec l’actrice Béatrice Straight . Les similitudes entre les deux renchérit la filiation et à ce qu'on sache, personne sur Internet semble avoir  traité du sujet.
Cliquer sur la photo du haut pour voir la scène de NETWORK en comparaison

Patterns, c’est le grand-père rusé de Social Network (lui-même rien d’autre que le rejeton respectueux et cynique de Network : j’en parle à profusion dans ce texte) , le vieux salaud qui sait que les méthodes de communication changent, mais les capacités d’écoute des hommes demeurent en tout point les mêmes. Patterns, c’est un 12 angry men corporatif qui serait écrit par Kafka.

La crise épiphanique des deux personnages brisées, en comparatif: 




Si les admirateurs de Serling seront surpris par l’absence relative d’éléments fantastiques de sa première création, il est important de souligner que son sens aiguisé du punch et de la tension dramatique y sont déjà présents. Par ailleurs, on y trouve déjà du fantastique, au sens le plus profond du terme. Cette corporation qui est mise en scène dans Patterns, mystérieuse et inquiétante, n’est rien de moins que LA seule et unique corporation, celle qui les gouverne toutes. Si on y parle le langage des affaires et du pouvoir, on ne sait strictement jamais de quoi il en retourne précisément dans ce cruel terrain de bataille où les chars sont des fauteuils capitonnés.


Dans ces films constituant les composantes mythiques dans une nouvelle et impitoyable cosmogonie corporative, Patterns est assurément un des fabliaux fondateurs.


Pour nous écouter cette semaine, cliquez ici. 


samedi 12 mars 2011

Notre émission du 9 Mars: Darin Morgan, un scénariste pour une fin de millénaire

POUR ÉCOUTER CETTE ÉMISSION, CLIQUER ICI

Nous ne pouvons pas assez vanter les mérites de retourner constamment sur des lectures passés, de revenir à un texte que nous avons tant aimé et de le relire avec un nouvel esprit, une perspective neuve Ciel! Même avec une nouvelle couche de cellules au grand complet. Relire, revisiter, ré-interpréter. 

Justement,  nous relisons présentement From Hell d'Alan Moore (oui oui, je tourne les pages et Francis listle texte, on fait ça comme ça nous, au 7ième Antiquaire) dans lequel Mr.Moore illustre en plusieurs points ce qu'une masse d'historiens on dit avant lui : La modernité tel que nous la connaissons aujourd'hui, commence bel et bien avec le cas de Jack the Ripper.

Mais tous ces propos ne sont que des leurres pour faire une introduction tapageuse afin présenter notre émission de cette semaine, car si notre énigmatique Saucy Jack a été le vecteur de la modernité de notre civilisation et bien, cet homme, cette petite patate...

...représente pour nous, la postmodernité en Télévision. C'est pour cela que nous allons revisiter deux de nos séries télévisées préférés cette semaine. Soit :

et 


Vu à travers les yeux de l'immense mais élusif Darin Morgan. 
Cliquer sur FlukeMan en bas pour écouter notre émission de la semaine. 
(Hé Jim? C'est émouvant hein; c'est notre première entrée de blogue ensemble)
Mais qui est Darin Morgan? Même les maniaques finis de X-files ne sont pas nécessairement au fait de cette information vitale. Morgan, c'est l'homme-sangsue que l'on peut voir sur la photo plus haut, provenant de l'épisode classique The Host et le pathétique shapeshifter avec une petite queue de l'épisode Small potatos, les deux dans X-files.

Plus encore, Darin Morgan est le scénariste (et occasionnel réalisateur) de 4 épisodes de X-files et 2 de Millenium, simplement les meilleurs épisodes de série télé, toutes catégories confondues, que nous a laissé les années 90. Ce génie du scénario a explosé pour disparaitre aussitôt.
Son écriture, encore d'une précision étonnante aujourd'hui, annonçait déjà la grande révolution de la télé actuelle. Sous sa plume, les deux séries particulièrement sombres se sont retrouvées truffées de moments d'"ironisation" télévisuelle, où on ne se moquait pas seulement des personnages principaux mais aussi de l'émission elle-même. 
On lui doit des scènes inoubliables, hilarantes et tristes à la fois. 
Des phénomènes de foire allergiques à la normalité (Humbug)...
...un agent d'assurance capable de prédire la mort de n'importe qui, obligatoirement dépressif (Clyde Bruckman's final repose)...
...un auteur populaire en pleine recherche sur le thème de l'enlèvement par des extra-terrestres, excédé par les témoignages trop nombreux et  farfelus (Jose Chung's From outer space)...
 ...le même auteur, encore plus découragé par les cultes promettant le bonheur, poursuivi par un groupe ressemblant étrangement à celui qu'adule Tom Cruise (Jose Chung's Doomsday defense)...

 ...et finalement, quatre vieux démons blasés dans un diner qui parlent de leur méthode respective pour damner des âmes (...and somehow, Satan got behind me)...

Émouvant indeed...SOLD!

mardi 1 mars 2011

Notre émission du 2 mars: Qu'est-ce qu'un Twonky? ou ces films qu'on est pas certain qu'ils existent



"Macguffin". "Jumping the shark". "Alan Smithee", "ret-con"
Vous êtes familiers avec ces termes? Si vous êtes cinéphiles, fort probablement. Pour les néophytes: ces mots, ce sont des néologismes associés au monde du cinéma et de la télévision qui ont depuis intégrés le vocabulaire de la culture populaire. Ils sont par ailleurs hautement porteurs de sens.
Après avoir vu le film dont nous parlerons cette semaine, nous avons décidés de créer notre propre néologisme, le Twonky. Qu'est-ce qu'un Twonky? C'est ce film que vous avez vu jadis et dont vous n'êtes absolument pas certain de l'avoir vraiment vu. Vous ne connaissez pas le titre et les détails de l'histoire sont flous. Vous étiez sans doute jeune, somnolant ou saoul quand vous l'avez regardé..ou les trois. Vous évoquez  quelques unes des rares scènes suspendues à votre mémoire à des potes cinéphiles, vous faites des recherches sur Internet...rien n'y fait. Absolument personne ne sait de quoi il en retourne. C'est un Twonky. Cette semaine, nous vous parlerons de nos grands Twonkys, dans l'espoir que nos auditeurs puissent nous fournir des infos. 
En l'occurrence, The Twonky (1953) est le titre d'une mystérieuse petite comédie de science-fiction que nous cherchions depuis des années à propos d'un homme dont la vie est gâchée lorsque ...sa télé prend mystérieusement vie et se déplace!  Notre curiosité provient d'un papier écrit par le réalisateur Don Coscarelli pour le site Ain't it cool news où il parle de la frousse que lui avait procuré le film quand il était petit, hanté par le souvenir d'une seule et unique scène, celle que vous voyez sur la photo du bas.
 
 C'est quand même épeurant, une télé qui monte les escaliers. Pendant des années, The Twonky a été LE  twonky de Coscarelli. Depuis son article, des curieux tels que nous cherchent le film, inexistant en Dvd et en VHS. Même Rick Trembles a fait un petit bijou sur ce film dans son Motion Picture purgatory. Il va sans dire que nous l'avons trouvé et nous l'avons vu pour vous.

Donc, cette semaine, nous vous parlerons aussi de The Twonky et de son réalisateur oublié, Arch Oboler. Qui était ce dernier? Bof. Il semble qu'il ait été la voix la plus importante de toute l'histoire de la radio, un scénariste, réalisateur, auteur, le créateur du premier film en 3-D. Un croisement hautement improbable mais fonctionnel entre Orson Welles et William Castle. Mais oh bon, le reste, on vous le garde pour l'émission, ici même. 



Twonkybuster: nous trouverons et détruirons vos Twonkys pour vous! Décrivez nous la scène qui vous obsède et nous trouverons le film d'où elle provient. Cliquez sur l'icône pour de l'aide.

jeudi 3 février 2011

Notre émission 2 février: The adventures of Buckaroo Banzai across the 8th dimension!!!!!!!!

POUR ÉCOUTER CETTE ÉMISSION, CLIQUER ICIIl y a de ces films qui sont précurseurs. D'autres qui sont innovateurs, nettement en avance sur leur époque et qui deviennent cultes des décennies plus tard. D'autres qui sont si atypiques qu'ils sont inclassables...

Et puis, il y a The adventures of Buckaroo Banzai across the 8th dimension.

1984 fut une année charnière pour le cinéma de genre. C'était une époque où une pléthore de réalisations carburaient à la référence pop-culturelle, des héros de la pulp et des comics au film de série B, de la sci-fi déjantée aux films de monstres. Les réalisateurs et les scénaristes allaient grappiller avec allégresse dans les souvenirs de leur enfance: Indiana Jones, Gremlins, Ghostbusters, Dune, Back to the future. Il n'en demeure pas moins que toutes ses réalisations empruntaient à la culture populaire quelques éléments afin de se les approprier. Il en allait tout autrement de cet ovni survolté qu'est Buckaroo Banzaï. Aucune référence voilée ici; on hommage allègrement, tout en étant pleinement conscient du kitsch de l'exercice. On ne fait pas non plus dans l'évidente appropriation d'idées; on recycle avec amour. Buckaroo Banzaì, c'était la célébration débridée et à fond la caisse de tous ces genres, une créature mutante, grotesque et hybride qui se déplace en hurlant. Un truc plusieurs décennies en avance sur son époque, qui exigeait la consécration de tous ces genres considérés inférieurs. Si de nos jours, ces genres ont une certaine forme de reconnaissance et sont la manne de la culture de masse, Buckaroo...en est assurément un de ces prophètes les plus exaltés, un Christ avec un pistolet laser, un Bouddha avec un guitare électrique.Buckaroo..., c'est un Kill Bill avant la venue du splicing poste moderne, couvrant non seulement plusieurs genres cinématographiques, mais aussi plusieurs genres narratifs. Un film qui carbure à la référence mais qui est depuis devenu sa propre référence. De plus en plus, les geeks sont au rendez-vous inévitable de sa consécration. Le seul film qui va flirter avec succès dans les mêmes plates-bandes, à mon sens, c'est Big trouble in little China. Ça tombe bien: W.D Richter, le réalisateur de Buckaroo... est un des scénaristes du film de Carpenter. Un crossover serait par ailleurs délectable... mais l'excès de Cool de la chose gèlerait la conscience collective d'une génération!

En outre, Buckaroo Banzai, c'est beaucoup plus que de la simple référence. C'est aussi:

-Un film dont le rythme et la structure narrative est tellement triturée qu'on le situerait entre le cinéma expérimental et la Nouvelle Vague française!

-C'est le film qui a tout inventé, du flux capacitor dans une voiture et ce, des mois avant la sortie de Back to the future au warp drive de Star trek! (Des explications seront fournies pendant l'émission)

-Un hommage bien senti à Boris Vian. Buckaroo Banzai, ce n'est rien de moins qu'un Vian doublé d'un héros de pulp! Si! Si!
Bof si tu nous crois pas, t'es triste. Sinon...ça veut dire que tu as tout compris aux grandes paroles de Buckaroo:
Hey, hey, hey, hey-now. Don't be mean; we don't have to be mean, cuz, remember, no matter where you go, there you are.

Cliquez sur la photo pour nous écouter.