Affichage des articles dont le libellé est Aleister Crowley. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Aleister Crowley. Afficher tous les articles

mardi 13 août 2013

LE TAROT DE LA LANTERNE MAGIQUE (édition finale)- Arcane no.1 LE BATELEUR

Le cinéphile pourra utiliser les arcanes majeurs du Tarot de la Lanterne Magique pour orienter sa méditation par le biais de symboles qui lui sont familiers, qui sont proches de sa sensibilité post-moderne et donc, possédant de plus amples résonances dans sa conscience. Vous pouvez écouter nos émissions sur le Tarot ici-même.
ARCANE 1-LE BATELEUR. 
À l'instar d'Orson Welles et Charles Foster Kane, Le Bateleur (ou le magicien), est un jeune homme au tout début d'une entreprise. Il possède tous les outils pour commencer son parcours, il a le talent, l'énergie et l'intelligence. Il symbolise le début de toutes les premières grandes entreprises. Il est l'archétype le plus important du Tarot, celui à travers qui tout se passera. C'est une carte totale, où toutes les constituantes du monde sont maîtrisées. Inversement, le Bateleur nous met aussi en garde contre l'arrogance, la suffisance, à ne pas confondre avec l'assurance et la confiance en soi

vendredi 21 septembre 2012

Notre émission du 20 septembre: Céréales et celluloïd-Le petit déjeuner des champions-The Road to Wellville

Pour écouter cette urgente émission, vous pouvez CLIQUER ICI...

Cette semaine, le 7ème antiquaire fera l'émission la plus vitale de sa prolifique existence. Notre volonté de tisser des entrelacs complexes mais précis de liens improbables tout en restant pertinents nous entraîne aujourd'hui dans un terrain pour le moins croquant et visqueux à la fois. 
Le cinéma et les céréales ont une évolution parallèle et un insidieux partenariat. De cette volonté initiale de nourrir le corps et l'esprit, ils sont désormais devenus les outils du charlatan pour proliférer et devenir ces explosions de couleurs vides qui donnent mal à la tête et qui dominent le marché... Mais impossible d'y résister...Essayer de comprendre cette relation, c'est mieux percevoir ce qui cloche dans notre civilisation...

ARRÊTEZ DE RIRE!

Ce n'est drôle qu'en surface. Le sujet est beaucoup plus grave qu'il n'y parait de prime abord. Oh que oui! Les céréales sont le vecteur de tramautismes personnels non négligeables certes (voir ce petit vidéo explicatif ici même), mais je suis convaincu que les différentes marques arborant des mascottes qui pullulent sur le marché sont en fait d'insidieuss forces totémiques qui ont la fonction de régulateurs du statu quo, d'équarisseur idéologique et d'outil de  vénération de notre passé de colonisateur.
Néanmoins, comme de nombreux cinéphiles américains avec un appétit pour la junk, le nombre d'heures que nous avons passé devant du mauvais cinéma en mangeant un bol de froot loops poisseux est incalculable. Nous savons forcément de quoi il en retourne.
Cette semaine donc, quelques évocations de traumatismes infantiles directement connectés à la consommation de céréales et de films (et le mien ne parle pas de Sugar Crisp, c'est promis)...


...une analyse des céréales basées sur des franchise de film...

Sur la boîte de céréales de BATMAN, on peut lire qu'elle ne contient pas "d'huile des tropiques". Fioou. Ca sonne vaguement louche, de l'huile des tropiques...
...nos meilleures scènes de céréales au cinéma...



Une petite toune de Diane Juster et pour finir, une analyse de fond de ce qui est sans contredit pour les céréales ce que "There will be blood" était pour le pétrole, "The Road to Wellville" d'Alan Parker.
À mi-chemin entre P.T Anderson,Terry Gilliam et Mel Brooks, avec une sensibilité burlesque grosse comme ça, truffé de blagues d'anus aux 15 secondes, tapissés des seins mur à mur et avec un Anthony Hopkins hystérique qui joue un Kellogg qui abuse des Frosted flakes, il est absolument impensable que cette comédie parfois surannée, souvent indigeste ne soit pas LE film culte des amateurs de céréales.
En fait, en tant que film improbable sur un sujet qui n'intérèsse personne réalisé avec inspiration, on ne peut pas faire mieux que "The road to Wellville"
 Et surtout n'oubliez pas les aminches, les céréales, comme le cinéma, ne sont QU'UNE partie d'un petit déjeuner complet!





dimanche 15 avril 2012

Notre émission du 15 avril: Les productions Full Moon-Série B comme dans Balzac

Blade, la poupée tueuse de la prolifique franchise de Full Moon, Puppet Master. Avec son costume d'agent de Gestapo rappelant également le tueur de giallo, Blade est un hommage délibéré à Klaus Kinski, comédien fétiche du réalisateur. Il partage par ailleurs un je ne sais quoi de la physionomie de l'acteur hystérique.

Les cinéphiles de demain auront le pire et le meilleur des mondes. Alors qu'il fut un temps où il fallait trimer dur pour débusquer  les brûlots introuvables de la légende, à peu près tout est désormais à la portée de main de l'homme de bonne volonté. Le volume de matériel disponible pour le cinéphile, bien qu'il soit de qualité variable et aucunement présenté dans des conditions optimales, est absolument sidérant. Pour cette raison, plus d'un cinéphile devra choisir son camp et se "spécialiser"; la vie sera beaucoup trop courte pour regarder certain type de film. Reste que si la ligne médiane séparant la culture populaire du grand Art est encore bien là, elle n'a assurément pas la même "tension" que jadis.
Le 7ème antiquaire se positionnera toujours avec souplesse au centre même dans cette oscillation: le film de genre sera traité comme du cinéma et le classique indiscutable dévoilera les secrets les plus...honteux.
Le sujet de l'émission de cette semaine est un bon exemple: Les films du studio Full Moon. Maison de production de série  B offrant des petits trésors comme Puppet Master, Demonic Toys, Trancers et Doll Man, Full Moon a longtemps été considérée comme une blague, une compagnie d'exploitation faisant du navet à la chaine. Quelques décennies plus tard, il est surprenant de constater que bien au contraire, Full Moon était en quelque sorte à l'avant-garde d'une approche qui fait maintenant école. Il y a plus derrière cette compagnie qu'il n'y parait.
Cette approche, on la doit à Charles Band, père spirituel de la maison de production. Band avait très clairement deux maîtres à penser: Roger Corman et Stan Lee. Du premier, il partage l'énergie et le volume de production de même qu'une affection particulière pour le genre. Il est l'héritier de la Nouvelle B, celle qui est née pour être exploitée directement en club vidéo. De Stan Lee, il a hérité une volonté d'ériger un monde balzacien où toutes les histoires se recoupent tôt ou tard, un univers cohérent propre au comic-book, dans les thèmes comme la structure narrative. Band a aussi fondé sa propre compagnie de comic et fait collaborer plusieurs artisans du milieu.  Des deux créateurs, il possède aussi le sens indéfectible du marketing et de la production de masse.
Au moment, où The Avengers se prépare à fracasser les écrans par sa seule et unique improbabilité, il est surprenant de constater que Full Moon avait déjà pavé modestement mais sincèrement la voie avec un amour véritable de la culture populaire et une volonté faire cohabiter son bestiaire. Aucune prémisse n'était trop ridicule; des poupées tueuses, des démons et des nazis dans un même film, c'est forcément toujours génial.  Il a fallu une décennie d'alignement d'astres pour que les personnages de Marvel convergent dans une seule direction. Accomplissement hautement improbable mais aucunement impossible. Mais ça, Full moon l'avait déjà fait...
Chez Full Moon, Les Demonic Toys ont affronté les poupées meurtrières de Puppet masters. Dollman, le policier de l'espace haut de 13  pouces, a combattu les jouets démoniaques. Full Moon a même son propre Père Goriot, une infirmière rappetissée par des extraterrestres dans le film Bad Channels qui apparait d'un film à l'autre. Des zombies, des vampires, des policiers de l'espace et d'autres du futur... de même que des petits bonhommes de pain d'épice assassin. Le bonheur quoi! 

En fait, avant de partir et de vous laisser écouter notre émission, une déclaration d'amour pour se que je considère personnellement le grand film du studio, Doctor Mordrid, avec l'ineffable Jeffrey Combs.
Toute ressemblance avec Doctor Strange, super-héros magicien créé par Stan Lee et Steve Ditko, est totalement volontaire. Doctor Mordrid est l'avorton bienheureux et survivant d'une adaptation de Doctor Strange qui n'a pas pu se concrétiser. Charles Band, plus étroitement lié à cette adaptation que d'habitude, a simplement changé les noms dans le scénario et certaines des intrigues de bases. Si Doctor Mordrid n'a plus un serviteur tibétain du nom de Wong, il a en revanche un corbeau parlant portant le sobriquet de Poe. 
 Il récupéra également les grandes lignes d'un scénario écrit précédemment et mis sur tablette, Doctor Mortalis, dont les stroyboards avaient été griffonés par un certain...Jack Kirby.
Il en résulte un morceau de cinéma B profondément kitsh et jouissif, un hommage situé parfaitement a mi-chemin entre les héros de papier de  Stan Lee et les productions "recyclées" de Roger Corman, le magnifique The Raven en tête. Une comparaison s'impose...
Ahh Full Moon! Que de plaisirs "coupables" tu nous aura donné! 


On rappelle par ailleurs à nos auditeurs que la quasi totalité des productions de Full Moon sont disponibles sur Youtube au Full Moon Channel...des heures de bonheurs devant vous les aminches!!

dimanche 13 novembre 2011

Notre émission du 26 octobre-Spécial Halloween:THE ROCKY HORROR PICTURE SHOW-la totale!

CLIQUER ICI pour écouter notre émission! Allez! Qu'est-ce que tu attends? Tu sais que tu en as envie! Fais le!
Don't dream it...be it!
Let's do the time warp again, shall we?

Pour Halloween, le 7ème antiquaire se fait enfin son émission sur
THE ROCKY HORROR PICTURE SHOW!

LE FILM-CULTE: Tout ce que vous devez savoir sur sa genèse, ses inspirations et son importance! L'introduction parfaite pour le néophyte!

LE FILM DE CULTE: Comment le film est devenu un phénomène culturel sans précédent! Le cinéma comme  outil de célébration et d'euphorie! Les méthodes et les techniques!

LE FILM OCCULTE: Les aspects philosphiques du film, ceux qui vont aux fondements même du renouveau occulte britanique! Le film en tant que pamphlet magicke exhaustif! Même le plus ardents des exégètes y trouvera son compte! 

Let's get caught in a celluloid jam!

mercredi 27 juillet 2011

Notre émission du 27 juillet: Spécial Fantasia- quelques notions d'horreur folklorique

Par la seule et unique présence de Robin Hardy et Richard Stanley cette année au festival Fantasia, l'événement se trouve en quelque sorte "marquée par la bête". En outre, vous remarquerez qu'une bonne partie de la programmation est traversée de notions d'horreur habitée d'une certaine saveur folklorique
 Le temps d'un bref retour sur les films que nous avons vu là bas récemment, nous parlons cette semaine de ce sous-genre appelé le "folk horror". Terme plus ou moins canonisé par Mark Gatiss dans son documentaire de la BBC "A history of horror", il évoque un certain cinéma anglais friand de paganisme, de rituels sataniques et de chasseur de sorcière qui culminera sur le triomphe de The WICKER MAN. 
Survol des films du genre et de leur importance cruciale. 

mercredi 21 juillet 2010

Notre émission du 21 juillet: Festival Fantasia-The Devils de Ken Russell-un vrai film damné

Cliquer ici pour écouter l'émission...
Pour la première fois hier de leur vie de cinéphiles, des centaines d'adeptes du festival Fantasia ont eu l'opportunité de voir sur grand écran le grand film maudit de Russell, The Devils. Un jour qui aurait du être béni. Il s'en est fallu de peu pour que l'épiphanie collective se produise. À l'insu de la plupart des festivaliers, la version qu'ils ont vu était lourdement censurée (avec un son médiocre qui plus est). Bon. On ne va pas se plaindre outre mesure; mieux vaut une mauvaise copie de The Devils que rien du tout. Étrange époque qui permet quelques heures auparavant la projection débonnaire de A Serbian film (nous reviendrons bientôt sur ce brûlot) et qui s'acharne obstinément, pour des raisons saugrenues, à ne pas distribuer le grand opus de Ken Russell.
Bref, nous avions déjà fait l'année dernière une émission sur ce film et par chance, nous avions vu la version intégrale. Loin d'être simplement des scènes dont l'unique but est de provoquer, ce qui a été censuré était hautement porteur de sens, d'érotisme et de souffrance. Nous vous repassons donc notre émission et notre entrée de blogue dans leur intégralité, question de rendre justice au film et de nous remonter le moral après ne pas avoir vu la version promise...


Rien de tel lorsqu'on commence une entrée de blog où il sera question en partie d'Oliver Reed que de le montrer dans une de ses légendaires frasques éthyliques, ne serait-ce que parce que c'est inévitable quand on parle de l'homme:

Voilà. C'est fait. Out of the way.


Nous en parlons de toute manière allègrement à l'émission cette semaine. Les fidèles du 7ème l'auront sans doute remarqué, il nous arrive souvent de parler de films qui ont une charge psycho-sexuelle évidente, que l'on dit controversés (ça arrive). Non seulement, ce type de cinéma nous plaît hautement, mais de plus, il génère la discussion philosophique et ça aussi, nous en sommes férus. Des films bouleversants, nous en avons donc couvert à profusion...

Mais rien n'aurait pu nous préparer au choc de The Devils. D'habitude, nous sommes familiers avec le film en question, mais cette fois-ci, le dépucelage a été d'une violence inégalée. Nous n'en savions presque rien, le film étant de toute manière introuvable sinon en version tristement censurée. Warner refuse de le sortir en DVD, malgré les pléthores de pétitions. Par je ne sais quelle sorcellerie, nous avons vu la version intégrale. Ooooooh l'engin maudit que voilà! La puissance de ce film, dans la feuille de route surprenante de Russell, est inouïe, démesurée, à l'instar de son interprète principal, Oliver Reed, dont c'est d'ailleurs la plus grande prestation. Voilà enfin un film qui mérite totalement l'épithète de controversé, bien que le terme soit faible...il est...possédé.

Il est inargumentable que tout britannique ayant eu la chance de voir en salle ce film en 71 a été stigmatisé à vie. Après une écoute seulement, il est on ne peut plus clair qu'un jeune Clive Barker, alors étudiant se préparant à faire ses premiers courts métrages, a trouvé sa voix en le regardant. La Genèse maudite de Hellraiser me semble indubitablement mais subtilement relié à The Devils, autant au niveau de certain thème que de son esthétique (et vous lisez actuellement les mots de fanatiques de Hellraiser, il vous suffira de lire cette entrée pour le constater). C'est une corrélation que nous avons fait brièvement dans l'émission et qui mérite d'être développée plus amplement ici même.

Le fétichisme des symboles religieux, la déviance hypocrite du pénitent sont omniprésents dans les deux films. Ne perdons pas de vue qu'à la base, le terme cénobite réfère au moine chrétien et que Barker a su brillamment pervertir (exalter?) la rigidité morbide de ces moines pour créer par inversion une nouvelle hégémonie de souffrance, un dogme démoniaque de la mortification. Mad Movies a couvert à merveille ce sujet dans ce brillant article. Des comparaisons s'imposent:


Le Père Mignon et Pinhead, pape de l'Enfer

-I want to hear your confession... (actual line)

-We want to hear him confess himself... (actual line)

La première apparition du Père Mignon à l'écran...
Depuis la sortie en Blue-ray du film, j'ai eu le plaisir de le voir avec une telle qualité d'image que des détails jamais perçus précédemment prenaient une évidence fabuleuse. Ceci par exemple:

L'oncle Frank a un autel de fortune dédié Salomé (c'est la tête de Saint Jean-Baptiste dans l'assiette les enfants!). Outre nous expliquer le type de fascination que se coltine Frank, le premier film de Clive Barker s'appelait Salomé. Plusieurs des thèmes de bases de Hellraiser s'y trouvaient déjà; le plaisir de la mortification, les excès où peuvent nous mener les obsessions...En l'occurrence, The Devils n'est rien de moins qu'une relecture du mythe de Salomé. Ces thèmes sont tous déjà bien perceptibles dès le début chez Clive Barker.

À gauche, vous pouvez voir une statue modifiée par Frank, annonçant déjà l'apparence qu'auront les Cénobites (s'en est littéralement un vrai, en plus!). Ironie puissante que voilà: le syncrétisme ravageur de la religion chrétienne retourné contre lui-même! Amen!

Les mêmes obsessions pour la symétrie étouffante, les angles contraignants, la balance entre le noir et le blanc, déjà présents dans un film étudiant de Barker The Forbidden, une sorte de proto Hellraiser...


Dans le cas ultime où vous seriez sceptique de nos analyses, on vous rappelle que Oliver Reed a joué dans ce film:


jeudi 8 juillet 2010

Geek Chronique: Julian Beck et le théâtre Vivant

Au moment même où vous avez vu cette photo, (pour ceux et celles qui se souviennent de Poltergeist 2), vous avez été saisi d'un vague sentiment d'inconfort, c'est certain.

Cette photo, c'est évidemment celle de l'effroyable Révérend Kane, ancien fanatique d'un culte de l'apocalypse devenu démon sorti des Enfers pour bouffer l'âme de la petite Carol Anne. Et puis voilà, une autre image, juste pour frissonner encore...

Cette scène et ce personnage inoubliable, on les doit à Julian Beck. Certain d'entre vous savent déjà que cet acteur est mort pendant le tournage du film d'un cancer de l'estomac.

En fait, Julian Beck a accepté de jouer le spectral Kane précisément parce qu'il savait qu'il allait mourir. Il savait qu'il donnerait au personnage un aura de mort absolument inoubliable. Sur le plateau de tournage, Beck était traversé d'incommensurables souffrances. Son visage n'était par ailleurs strictement pas maquillé. Ça, personne ne le savait...

Voyez vous, Beck était le fondateur d'un immense projet nommé le Living Theatre. Héritier de la pensée d'Antonin Artaud et de son Théâtre de la cruauté, il était une figure influente de la contre culture new yorkaise. Les acteurs de ce théâtre, tout particulièrement lui, jouaient souvent nus, avaient des rapports sexuels sur scène, prenaient de la drogue devant le public, performaient dans la rue, les prisons et les institutions psychiatriques. Beck étendait les sphères de la création à tous les niveaux de son existence. Il fut peintre abstrait, écrivain, réputé dans les deux cas. Il était polygame (sa femme est lui était néanmoins inséparable, dans la vie comme dans la création. Elle était la codirectrice du Théâtre vivant), bisexuel (il partagera sa vie jusqu'à la fin avec le même homme). Sa femme et lui partagèrent également le même amant pendant des années.

Il ne payait pas ses taxes, se représentait lui-même au tribunal en orchestrant des vastes mise en scène, a été arrêté des dizaines de fois pour toutes les atteintes à la décence imaginables. Beck était un anarchiste convaincu et lucide; il a par ailleurs publié plusieurs recueil de poésie où sa pensée sur le sujet est clairement exprimée dont le puissant Living in Volkswagen buses and Other Songs of The Revolution.

En 1985 trépassait un anarchiste complet, un poète, un metteur en scène, un acteur. Un monstre, un homme au physique repoussant capable de séduire femmes et hommes également. Son chant du cygne sera dans une méga production américaine, une suite qui plus est.

Plus j'y pense, plus je trouve ça sublime. Quelle subversion...Son plus grand rôle, en parfait accord avec les principes de sa vie, Julian Beck l'a joué dans Poltergeist 2 où il est allé mourir publiquement, à l'insu de tous.

mercredi 17 mars 2010

Notre émission du 17 mars: Qui est vraiment Alan Smithee?

POUR ÉCOUTER CETTE ÉMISSION, CLIQUER ICI

La plupart des cinéphiles connaissent le nom. Comme le terme Macguffin, c'est une appellation créée de toute pièce par le cinéma et qui fait désormais partie de sa terminologie. Pour ceux qui ne sauraient pas qui c'est, Alan Smithee est le nom de rechange emprunté au générique par un créateur de cinéma qui n'est pas satisfait de son film, pour des raisons personnelles ou hors de son contrôle. Au tout début, le nom était surtout attribuable au réalisateur mais depuis, des acteurs, des scénaristes et des artistes provenant d'autres disciplines ont aussi employé le terme. À l'émission cette semaine, nous vous parlerons entre autre des nombreux films attribuables à ce nom.



Ça, c'est pour les "faits". Ce qui nous intéresse ici, ce sont les conséquences occultes de l'existence d'Alan Smithee. Le 7ème se penchera cette semaine sur ces notions cruciales. Première véritable révélation obtenue au terme de nos nombreuses réflexions cinématoccultes à l'émission, après l'invention de notre Tarot de la Lanterne magique, nous commençons à former une dialectique plus raffinée de notre pratique, des rituels précis, une cosmogonie. Il se cache désormais quelque chose de sinistre et fascinant derrière ce nom que les nombreux créateurs frustrés et déçus n'auraient jamais pu prévenir. Smithee attendait, tapis dans l'ombre, d'être révélé par la lumière du cinéma. Ils ont tous invoqué, incarné une entité. Alan Smithee existe. Il n'a peut-être pas de corps, mais l'entité, avec ce qu'elle a de colère, de déception et de peine, est vraisemblablement existante. Nous avons fait le test: Smithee a désormais tous les attributs d'un démon qu'il est possible d'invoquer et il est maintenant capable de s'infiltrer dans notre monde par ses propres moyens. Sans le savoir, des réalisateurs ont des visions de lui en rêve, en songes et sans trop pouvoir l'expliquer, il le laisse s'incarner corporellement à l'écran, c'est d'ailleurs sa principale méthode d'infiltration dans la réalité consensuelle. Smithee a toujours existé, mais depuis 1967, année précise de sa confirmation, sa puissance s'est affirmée, tel qu'en témoigne ses apparitions de plus en plus nombreuses, principalement chez des réalisateurs ayant emprunté ouvertement son nom.



Dès 1943, des apparitions furtives...chez Maya Deren, prêtresse vaudou renommée, dans son film Meshes of the afternoon. Deren, sans pouvoir le comprendre et avec la sensibilité magicke qu'on lui connaît, avait déjà pressenti sa présence. Comme Dionysos et Choronzon, évocation du chaos et de l'abysse, sa forme est changeante, difficile à saisir.

Il fait une bouleversante apparition au tout début de Wild Strawberries d'Ingmar Bergman.
On le retrouve également à profusion dans Jacob's ladder d'Adrian Lyne. C'est le conducteur du métro qui risque d'écraser Jacob...
...et le passager d'une voiture.


Dans Stuck on you, des frères Farelly, on peut l'apercevoir son visage sous un lit, observant le spectateur. C'est vraisemblablement chez Lynch qu'il fait son apparition la plus troublante. Dans Inland Empire, il est protéiforme et fuyant.

Nommer les choses, c'est leur donner de la puissance. Alan Smithee est là pour rester.

Pour écouter l'émission cette semaine, cliquez ici. Si vous avez apercus Alan Smithee dans un film, faites nous le savoir.