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mardi 10 août 2010

Notre émission du 11 août: Les films adaptés de bédé-un mal nécessaire?

Pour écouter notre émission cette semaine, cliquer ici
"Les films de super-héros sont présentement à l'agonie. Les gens en ont marre; ils sont exaspérés de se faire bombarder par des superproductions mettant en scène des personnages en collants dont l'ultime but est de faire du pognon"

Cette paraphrase nous provient de Matthew Vaughn, réalisateur de Stardust, Kick-ass et bientôt X-men:First class. Au delà du fait que le bonhomme va bientôt avoir fait trois films du genre, il ne faudrait pas perdre de vue qu'il est de prime abord un producteur avec un certain flair. Et si...il avait raison?

Ah oui? Vraiment? Faut-il donner du crédit à cette déclaration?
Cette semaine, le 7ème se penche sur la question. Loin de vouloir simplement nous porter à la défense du "genre", nous parlerons avec sérieux et détachement de nombreuses notions le concernant. S'il est actuellement mercantile au degré le plus absolu, la qualité des films est indéniablement au rendez-vous. Or, cette explosion ne s'est pas faite du jour au lendemain; c'est le fruit d'une longue évolution où de nombreux éléments hétérogènes se sont conjugués, en toute improbabilité.
Les films de "comic-books" ont toujours été là. L'explosion actuelle n'est qu'un retour particulièrement violent du balancier. Par ailleurs, elle ne se produit pas qu'aux États-unis; les autres nations possédant une grande tradition de bédé, nommément la France et la Japon, ne cessent de faire des adaptations de leur matériel.

L'émission de cette semaine entend bien vous prouver que la pérennité de ce genre n'est pas en danger. Il est responsable de tellement de navets et pourtant, les producteurs continuent depuis des décennies à le ranimer au seuil de sa propre mort. Anecdote: combien de producteurs ont dit que la "franchise" de Batman était morte? Depuis 1941, il y a une des vingtaine de films avec le personnage, dont quelques chefs-d'œuvre. Le genre n'est pas prêt de mourir, comme les héros dont il fait l'apologie.
Initialement adaptation de roman-feuilleton, ensuite de "pulp", il n'en demeure pas moins que les racines sont les mêmes. Nous apprenions d'ailleurs cette semaine que Kino allait sortir les DVDs des aventures complètes de Fantômas de Louis Feuillade (le 21 septembre).
Pour les néophytes, ces films mettant en scène le plus grand vilain-antihéros de la littérature populaire française, inspiration directe de tellement d'archétypes de "méchants" de comic-books, datent de 1913! Vous croyez que la ferveur actuelle pour le genre y est pour quelques choses? Y'a des petites chances non?


Le sujet ne s'arrête pas là. Au delà des adaptations "directes", il faut considérer avec le même intérêt l'omniprésence
des symboles, des archétypes provenant des comics qu'on trouvent au cinéma et ce, même dans des films n'entretenant que des liens passablement lointains avec les thèmes de base.

Un petit exemple...

Voilà de cela une petite paye, j'ai vu un film particulièrement intéressant intitulé The Last Time, un petit drame de mœurs de 2006 particulièrement bien écrit se déroulant dans le milieu de la haute finance. C'est avec Michael Keaton et Brendan FraserPas l'air très inspirant hein?
En regardant le film quelque chose de familier me saisie: il y a un je ne sais quoi de Batman chez le personnage joué par Michael Keaton (il y est d'ailleurs superbe). C'est un "cavalier noir" de la haute finance, solitaire et inquiétant. C'est une créature nocturne. Est-ce juste une impression ou a-t'on choisi Keaton précisément pour cette raison?
Brendan Fraser entre en scène. Difficile de ne pas penser à Superman. Élevé dans la Sud à grands coups de blé d'inde, idéaliste et un peu pataud. Il se formera un antagonisme amical entre les deux vendeurs, aux méthodes certes différentes mais qui ont au final le même but.
Tout ça pourrait tenir de l'élucubration d'un geek qui voit des références partout, même avec la fin du film, absolument digne d'un grand comic.
Or, tous mes instincts se trouvèrent récompensés en une seule scène anodine, où le personnage de Keaton regarde un calepin de croquis appartenant à son ami ,...et il trouve ce dessin:
Pour le geek, ce dessin aura tout de go une signification évidente, qui échappera aux autres spectateurs. Il provient littéralement d'un comic de Batman, l'opus d'Alan Moore intitulé The Killing Joke, où le Joker bousille la colonne vertébrale de Barbare Gordon aka Batgirl à coup de pistolet.Évidemment, la référence est infiniment subtile et ne sera saisie que par quelques geeks profondément morbides (c'est mon cas...).Dès lors, les spectateurs qui possèdent les référents peuvent se faire une idée très nette de ce qui va se passer dans la suite du film.
Vous voyez où je veux en venir. Des moments croqués dans des "vulgaires" comics sont maintenant cités délibérément comme s'isl faisaient partie du canon dit littéraire, dans des films qui n'ont rien à voir avec le sujet.Des films qui vont emprunter aux archétypes de la bédé, de façon délibérée et subtile comme The Last time, on en retrouve désormais à la tonne.

Le cinéma adapté de bande-dessinée n'est pas prêt de disparaitre. On pourrait s'en tenir par ailleurs à une seule explication; n'en déplaise à tous les Marc Cassivi de ce monde, la prochaine génération de cinéaste sera geek, en long, en large et en travers. Du genre à faire passer Tarantino pour quelqu'un de sévère comme Antonioni.

Ah oui...au moment où j'écris ce papier, 'Tino se fait approcher pour réaliser un "reboot" de The Shadow. The Shadow: personnage de pulp adapté à la radio par Orson Welles. Ce dernier refusa par la suite de faire une adaptation radio de Batman, prétextant vouloir en faire un film. C'était en 1940. On lui refusa l'adaptation, mais on lui donna carte blanche pour faire son premier film, d'ailleurs gavé à la moelle de référence à Batman...un petit truc nommé Citizen Kane (on a fait une émission complète sur ce sujet urgent et inconnu, ORSON WELLES: Fils de Pulp)

Comme l'a dit le poète: 'nuff said.

jeudi 1 avril 2010

Pochette poche 7: Tous les chemins...

...ne mènent pas à Rome...certains vont s'engouffrer dans la croupe large et généreuse de J-lo, qu'elle dirige d'une main douce et assurée...Cependant, il n'est pas exclu que les portes de l'enfer soient la matrice de la dame.

lundi 22 février 2010

La scène de la semaine: The Vindicator ou Frankenstein 88

Anecdote. En faisant des recherches sur Pam Grier pour notre bloc d'émission sur la Blaxploitation, le 7ème retrouve accidentellement le titre d'un film qu'il avait vu jadis et avait essentiellement oublié. Ce genre de film vu trop jeune qui a hanté mon esprit et qui est devenu depuis un songe étrange, comme si je l'avais imaginé.

Le titre français, Frankenstein 88 (à ne pas confondre avec Frankenstein 90, la brillante et très française relecture moderne du mythe avec Eddy Mitchell et Jean Rochefort). Le titre original, The Vindicator. Je devais absolument retrouver le film. Tâche virtuellement impossible; même pour le plus féru des collectionneurs, le sacro-saint VHS est une denrée rare. Une grande âme de cinéphile avec qui nous avons fait récemment connaissance nous apprend qu'il est en mesure de nous trouver une copie (David, tu es cent fois béni camarade!). Depuis, un tourbillon de synchronismes s'est emparé de ma vie. Oui oui, un tourbillon...

1-The Vindicator est réalisé par Jean-Claude Lord. Production de John Dunning et André Link, les fondateurs de Cinépix. Ce qui en fait un film de commande, soit, mais également un film québécois. Il est impardonnable que nous en ayons point parlé dans notre émission Voyons osti de ciboire! Oussé qui z'ont crissé notre cinéma québécois de genre???

2-Le thème est terriblement similaire à Robocop avec une touche de Swamp Thing (l'original de Berni Wrightson et Len Wein, le film de Wes Craven par extension). Les références aux comic-books y sont d'ailleurs nombreuses; the Vindicator fut d'ailleurs le nom initial de notre Captain America national et le chef d'Alpha Flight avant The Gardian. Ceci dit, il est sorti un an avant Robocop. Visionnaire! Il est impardonnable que nous en ayons point parlé dans notre entrée de blogue sur Le retour de Deathlok-se faire tirer le Verhoeven du nez.
3-Pour tout son "génie" et les souvenirs qu'il m'a procuré, The Vindicator est à évoquer pour une incontournable scène, que je vous résume ici:

Transformé depuis peu de temps en machine à tuer par une sinistre organisation gouvernementale, notre héros déambule dans les rues, confus et titubant. C'est une nuit humide et triste... Il se regarde dans une vitrine de magasin de jouets. Ornée de masques de monstres, il ne distingue pas bien le reflet de son visage se confondant aux nombreux masques. Il est perplexe... Les masques et les jouets sont-ils en train de le narguer (comme Darkman et son putain d'éléphant rose)? Il prend soudainement conscience de ce qu'il est devenu. C'est terrible!
Emporté par la colère, notre héros casse la vitrine du magasin avec un panneau! Oh non!
On voit ensuite l'ampleur des dommages. OH NON! Câlisse! Frankenstein 88 vient juste de péter la vitrine d'une institution culturelle montréalaise, le Bric-à-brac, magasin de jouets/tabagie trônant fièrement, encore à ce jour, sur la rue Ontario. Noble comptoir faisant le bonheur des béesses depuis des lustres, échoppe incontournable pour les nombreux pèlerins des ventes trottoirs, on y trouvait jadis des jeux de pichenottes et de poches, des costumes cheaps et des imitations de figurines taiwanaises (j'ai encore une figurine de Robocop achetée là-bas en 89...quelle coïncidence poétique!), du tabac et des tubes de cigarettes de même que ces petits bidules noirs servant à remplir soi-même les tubes qui faisant des assourdissants Ka-klacs. Des heures et des heures de Ka-klacs où vos parents se confectionnaient des bonnes rouleuses à peu de frais. Flashback violent genre P'tit Québec/on revient chez nous/grand maman y'é bon ton fromage. Frankenstein 88 a pété la vitrine de mon bric-à-brac...
Osti. Pas besoin d'être Freud ou d'aller se faire tirer aux cartes chez matante Rolande.
La rue Ontario=la ligne de ma vie.
Le Bric-à-brac=mes souvenirs.
Frankenstein 88=mon inconscient
Frankenstein 88 en train de péter la vitrine du bric-à-brac=la révolte de mon inconscient contre un passé refoulé et monstrueux de jeune béesse qui revient me hanter inlassablement, avec dégoût et nostalgie.

*Soupirs*.

vendredi 29 janvier 2010

Critique cryptique:Death in love-le jewish guilt érotisé

Vous n'avez probablement pas du tout entendu parler de ce film. En ce moment, il repose incognito sur les étalages de votre club vidéo, innocent, déguisé en drame de mœurs avec sa pochette ridicule qui évoque un thriller érotique d'Adrian Lyne.


Dommage. La pochette initiale (En bas) était autrement plus évocatrice. Faut bien vendre le film hein?


Mais OH! Regardez le collant de la régie du Québec! 18 ans et plus les aminches! C'est pas souvent que des films sont classés comme ça ici, non monsieur! Martyrs, Irréversible, Baise moi. .. ça prend du stock assez solide pour mériter cette étiquette. C'est un sceau de garanti: il y aura du cul, du sang et les deux ne seront pas nécessairement dissociables. Mais voilà, vous retournez la pochette et vous lisez le nom du réal. .. Boaz Yakin. Si vous connaissez le bonhomme vous n'êtes probablement pas très inspiré. À son actif, Yakin a des trucs tels que Fresh, A price above rubies, Remember the titans et Uptown girls. En tant que scénariste, c'est encore plus saugenu: The Punisher (Celui de Dolph), From dusk till dawn 2 et Dirty Dancing 2. Il y aussi le co-propriétaire de la compagnie de film d'horreur de Eli Roth, Raw Nerve.

Étrange feuille de route, pas vrai? Je ne vous dit pas à quel point Death in love n'a rien à voir avec tout ça.

5 minutes que le film est commencé et je vous promet que votre arcade sourcilière au complet se fronce. 30 minutes plus tard, vous allez être consterné par ce brûlot qui semble n'obéir qu'à ses propres pulsions. Dire que le film est déstabilisant est faible. Il a une grosse guêpe cachée dans la fraise et au moment de croquer dedans, elle ne se contente pas de vous piquer la langue, elle va crever en vrombissant dans votre gorge. Ma métaphore est très appropriée.

Death in love est un film hybride, un mutant multicéphale. Vous excuserai le name dropping qui suivra mais ça sera ici inévitable. Une partie du film est une évidente relecture de Night Porter de Liliana Cavani (cliquez ici pour écouter notre émission sur ce film vénéneux) mais dans le décor et le contexte de Salo ou les 120 jours de Sodome avec une Jacqueline Bisset qui joue Charlotte Rampling mieux qu'elle même. No joke. Des nazis et des juifs qui batifolent comme c'est pas permis. Peut-être même qu'ils s'aiment. Dr. Mengele in love! CUTE! Nous sommes ensuite introduit aux protagonistes à New-york, quelques temps après 9/11. Indirectement, sans qu'ils ne le sachent, ils portent les stigmates du batifolage mentionné plus haut. Ce monde là ne va pas bien, mais alors pas bien du tout. Le film devient avec eu une sorte de Shortbus juif réalisé par Haneke, où il est surtout question de culpabilité et de dégout. On baise dans Death in love, mais sans plaisir et avec répulsion. Le décrié jewish guilt sclérose totalement toute possibilité de relation émotive. Les juifs du film portent leur névrose comme Samson sa tignasse ... si elle était pleine de poux.

Si ce n'était que ça, ce serait déjà pas mal, mais c'est réalisé comme un film d'horreur, un très bon et efficace film d'horreur. Plusieurs scènes sont terriblement angoissantes. Une pincée de Kubrick, de l'inquiétante étrangeté au bon moment. Les influences de Yakin sont claires et la probabilité de leur co-existence dans un seul film était plutôt mince. Mais ça, Yakin n'en a cure. Il en résulte un film assez éprouvant, déstabilisant et inégal, mais totalement sincère.

Hey ... what's not to love.

Dieu sait que je ne l'ai pas vu venir, la giclée de vomi qui venait en prime avec le french kiss.

jeudi 1 octobre 2009

Pochette poche 4: Adrian Lyne et ses films de rouges à lèvres griffé

Quand Adrian Lyne fait des films où des torrents de passion déferlent, la police de ses titres sont des traits sauvages et penchés, entre le coup de griffe et le rouge à lèvre d'une folle qui écrit lubriquement sur le miroir de ta salle de bain. C'est que ses films parlent tous de passions maudites, il suffit de lire les taglines...



They broke every rules
her body is possessed by music and danse
A terrifying love story


A Forbidden love





Imaginez le désastre si les studios avaient gardé la même police pour l'affiche de son meilleur film, Jacob's Ladder, au lieu du choix austère et approprié vu plus haut? Tout le monde auraient auraient pensé que c'est une histoire torride de masturbation et que Tim Robbins jouit sur la pochette...
Pour écouter notre analyse comparative de Carnival of souls et Jacob's ladder, cliquez dans l'eau du bain...

jeudi 3 septembre 2009

Pochette poche 3: Matthew McConaughey a un terrible handicap

Comme les chats à qui ont a arraché la moustache qui perdent le sens de l'équilibre, Matt est débalancé par son seul et unique testicule lorsqu'il a une érection avant une photographie promotionnelle. C'est pour ça qu'on lui fourni une actrice...de soutien.
Ou peut-être que dans ce fnord, Matt symbolise l'éternel homme-enfant qui a peur de s'engager et qu'une femme ne pourra s'empêcher de supporter.

Nah. Il est handicappé.

jeudi 9 juillet 2009

Pochette poche No.2: La vampiromanie suce très fort

Heille les enfants...y'a eu des grandes histoires d'amour entre vampires et humains avant Twilight! Le studios vont faire tous ce qui est en leur pouvoir pour vous les vendre d'ailleurs...

Exemple:

Un de plus grands films de vampire jamais fait, Near Dark de Kathryn Bigelow.


La pochette du dvd original....

La nouvelle, version softcore ado (on remarquera qu'Adrian Pasdar a désormais droit à une place sur la pochette depuis qu'il joue dans Heroes, avec un jolie petit teint blafard et des grands yeux dorés...alors que c'est sa blonde qui est un vampire!!!)
C'est même pas des ostis d'farces ...Aucun scrupule, ces monstres d'avarices, aucune révérence. Deux heures dans une chambre avec Christopher Lee, bande de tapettes, c'est ça le remède. Ceci dit, pour nous écouter nous plaindre joyeusement sur ce sujet, vous pouvez cliquer ici, où l'on vous parle entre autre avec beaucoup d'amour de Near Dark.

samedi 27 juin 2009

Pochette poche

Les Saw, c'est de la merde confirmée et vous pouvez arrêter de les regarder. Vous n'êtes pas forcé d'écouter le 3 autres qui sortirons. Sérieusement. D'ailleurs, l'amiral Ackbar vous avait averti de manière subliminale sur la pochette du dernier film...