mercredi 22 avril 2009

Notre émission du 22 avril: Un vrai film damné, The Devils de Ken Russell

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Rien de tel lorsqu'on commence une entrée de blog où il sera question en partie d'Oliver Reed que de le montrer dans une de ses légendaires frasques éthyliques, ne serait-ce que parce que c'est inévitable quand on parle de l'homme:

Voilà. C'est fait. Out of the way.

Nous en parlons de toute manière allègrement à l'émission cette semaine. Les fidèles du 7ème l'auront sans doute remarqué, il nous arrive souvent de parler de films qui ont une charge psycho-sexuelle évidente, que l'on dit controversés (ça arrive). Non seulement, ce type de cinéma nous plaît hautement, mais de plus, il génère la discussion philosophique et ça aussi, nous en sommes férus. Des films bouleversants, nous en avons donc couvert à profusion...

Mais rien n'aurait pu nous préparer au choc de The Devils. D'habitude, nous sommes familiers avec le film en question, mais cette fois-ci, le dépucelage a été d'une violence inégalée. Nous n'en savions presque rien, le film étant de toute manière introuvable sinon en version tristement censurée. Warner refuse de le sortir en DVD, malgré les pléthores de pétitions. Par je ne sais quelle sorcellerie, nous avons vu la version intégrale. Ooooooh l'engin maudit que voilà! La puissance de ce film, dans la feuille de route surprenante de Russell, est inouïe, démesurée, à l'instar de son interprète principal, Oliver Reed, dont c'est d'ailleurs la plus grande prestation. Voilà enfin un film qui mérite totalement l'épithète de controversé, bien que le terme soit faible...il est...possédé.

Il est inargumentable que tout britannique ayant eu la chance de voir en salle ce film en 71 a été stigmatisé à vie. Après une écoute seulement, il est on ne peut plus clair qu'un jeune Clive Barker, alors étudiant se préparant à faire ses premiers courts métrages, a trouvé sa voix en le regardant. La Genèse maudite de Hellraiser me semble indubitablement mais subtilement relié à The Devils, autant au niveau de certain thème que de son esthétique (et vous lisez actuellement les mots de fanatiques de Hellraiser, il vous suffira de lire cette entrée pour le constater). C'est une corrélation que nous avons fait brièvement dans l'émission et qui mérite d'être développée plus amplement ici même.


Le fétichisme des symboles religieux, la déviance hypocrite du pénitent sont omniprésents dans les deux films. Ne perdons pas de vue qu'à la base, le terme cénobite réfère au moine chrétien et que Barker a su brillamment pervertir (exalter?) la rigidité morbide de ces moines pour créer par inversion une nouvelle hégémonie de souffrance, un dogme démoniaque de la mortification. Mad Movies a couvert à merveille ce sujet dans ce brillant article. Des comparaisons s'imposent:



Le Père Mignon et Pinhead, pape de l'Enfer

-I want to hear your confession... (actual line)

-We want to hear him confess himself... (actual line)


La première apparition du Père Mignon à l'écran...
Depuis la sortie en Blue-ray du film, j'ai eu le plaisir de le voir avec une telle qualité d'image que des détails jamais perçus précédemment prenaient une évidence fabuleuse. Ceci par exemple:

L'oncle Frank a un autel de fortune dédié Salomé (c'est la tête de Saint Jean-Baptiste dans l'assiette les enfants!). Outre nous expliquer le type de fascination que se coltine Frank, le premier film de Clive Barker s'appelait Salomé. Plusieurs des thèmes de bases de Hellraiser s'y trouvaient déjà; le plaisir de la mortification, les excès où peuvent nous mener les obsessions...En l'occurrence, The Devils n'est rien de moins qu'une relecture du mythe de Salomé. Ces thèmes sont tous déjà bien perceptibles dès le début chez Clive Barker.


À gauche, vous pouvez voir une statue modifiée par Frank, annonçant déjà l'apparence qu'auront les Cénobites (s'en est littéralement un vrai, en plus!). Ironie puissante que voilà: le syncrétisme ravageur de la religion chrétienne retourné contre lui-même! Amen!


Les mêmes obsessions pour la symétrie étouffante, les angles contraignants, la balance entre le noir et le blanc, déjà présents dans un film étudiant de Barker The Forbidden, une sorte de proto Hellraiser...


Dans le cas ultime où vous seriez sceptique de nos analyses, on vous rappelle que Oliver Reed a joué dans ce film:

Pour nous écouter, c'est ici

dimanche 19 avril 2009

Geek Chronique no.0.5:Pull the switch Igor! (pourquoi il m'appelle Igor, ce savant fou? Je m'appelle Robert!)

Afin de me préparer pour notre émission sur le Hulk d'Ang Lee, j'ai regardé pour la première fois de ma vie tout les Frankensteins de la Universal, principale inspiration derrière le film. Quel plaisir... Les gens pensent que le Monstre ne peut être joué par quelqu'un d'autre que Boris Karloff. Il n'en est rien; Lon Chaney Jr est incroyable dans le rôle du monstre dans The Ghost of Frankenstein. Ceci dit, j'ai fait une découverte consternante. Il n'y a pas du tout de bossu servile s'appelant Igor dans aucun des films de Frankenstein. No joke. Le premier film à avoir fait ça, c'est la parodie de Mel Brooks Young Frankenstein avec Marty Feldman dans le rôle du pauvre bossu.
En outre, il y a bel et bien un bossu dans le premier film, mais il se nomme Fritz.

Le même comédien joue un autre bossu dans Bride of... qui s'appelle Karl. Ensuite, un personnage nommé Ygor joué par Bela Lugosi apparaît bel et bien dans les films suivants mais c'est un vilain gitan velu qui n'a rien à voir avec aucun scientifique fou, qui n'est pas bossu et qui est un méchant à part entière. Ce n'est pas un vulgaire serviteur: il est fourbe et contrôle le Monstre. (En passant, c'est dans ce film, Son of Frankenstein, que le Monstre porte son costume alternatif classique, la funky toge de laine...)

Le seul serviteur se nommant Igor assistant un scientifique fou semble venir de House of Wax, le remake de 53 où il y eu d'ailleurs confusion; c'était le nom du docteur dans l'original! En plus, ce n'était pas plus un bossu et il était joué par... Charles Bronson...Wow. Mon monde s'écroule!

Décidément, la confusion qu'a créé le mythe de Frankenstein est fascinante. On donne le nom du Docteur au Monstre, on créé le mythe de l'électricité comme méthode de création et tout le monde pense que c'est dans le roman de Shelley et on mélange les caractéristiques de 3 personnages ensemble pour créé un nouvel archétype. Finalement, c'est un délicieux cas de métonymie: tous les scientifiques fous feront un jour leur Frankenstein avec l'aide d'un Igor.

Waiting on The Road, down under...

En ce qui me concerne, THE PROPOSITION est le grand western du 21ième siècle. Sa balance délicate entre la dévastation et la douceur, la mélancolie qu'arrive à convier Nick Cave, autant à travers les dialogues que la musique, sa violence crépusculaire. Le simple fait qu'il est un genre a lui seul, ni Western classique, ni tout à fait spaghetti. Pour les yeux de Danny Huston, luisant de peine devant l'horreur, comme le colonel Kutz.
Que ce soit les braves gens derrière ce film qui font l'adaptation de The Road, le pulitzer de Cormac McCarthy, tient de la sorcellerie. Le mariage est parfait. Il fallait quelqu'un qui possède un sens inné des codes du western pour le faire. Il fallait que le film acquiesce une filiation bien précise, celle-là:

Yup. Done deal.

mercredi 15 avril 2009

Geek Chronique no.0.4:Nostalgie 80 geek chic pour les nuls: She-hulk-Le Film

Puisqu'on traite de Hulk cette semaine...Vous souvenez vous, en 86-87, pendant un mois non-stop, les geeks se sont graissés le salami sur les photos promotionnelles d'un potentiel film de She-hulk qui aurait mis en vedette Brigitte "elle est immense cette grande salope" Nielsen?
Si ce n'est pas votre cas, vous ne savez pas ce que vous avez manqué et je vous encourage tout de go à le faire en zieutant ces clichés absolument géniaux qui ont eu le temps de re-re-devenir à la mode...la preuve que les geeks ont highjacké la culture de masse solidement....Moi, mon petit Kirk en col roulé aime beaucoup cette femme verte! -She's... too much of a woman... to ignore.

"I'm your Venus, I'm your fire, your deSIre..."

Ça fait beaucoup plus Hulkerella que She-hulk mais bon...Barbarella Vs Hulkerella Vs Vampirella Vs Milli Vanelli . (Maintenant que j'y pense, dans un monde parallèle où des gouines auraient pris le contrôle du monde, le groupe s'appellerait surement...Moka Vanilla!)

mardi 14 avril 2009

Notre émission du 15 avril: Un grand incompris, le HULK d'Ang Lee

Pour écouter directement notre émission sans lire notre putain de papier pertinent, cliquez sur ici

Don't make him Ang Lee...you won't like him when he's Ang Lee. Really?


Cette semaine à l'émission, nous dérogerons de nos règles habituelles. Pour le première fois depuis trois ans, nous parlerons d'un film récent. Certain d'entre vous se demanderons pourquoi nous avons arrêté notre choix sur le HULK d'Ang Lee. En effet, il y a eu plusieurs film ces 20 dernières années autrement plus importants que celui-là pas vrai? Oui oui. Peut-être. Ceci dit, l'importance de ce que représente HULK dans le monde cinématographique actuel semble avoir échappé à une masse considérable de gens *une masse énorme en fait*. Alors que nous sommes en plein milieu d'un zeitgeist de films adaptés de bédé (la France et le Japon n'y font pas exception), en tant qu'initiateur, HULK était peut-être un peu trop incroyable. Les cinéphiles, les bédéphiles, les geeks, les aficionados de culture pop, même ceux qui font partie de tous ces groupes à la fois ne semblent pas avoir apprécié la richesse de ce qui est selon nous LE grand film de comic de la décennie. Il serait facile de dire qu'il était trop en avance sur son époque, mais la situation est bien plus complexe que ça. Le film était littéralement visionnaire, rien de moins (ceux qui trouve qu'on en mène large...écoutez nous ici, vous n'allez pas en revenir) et il semble temps pour nous de le sacraliser comme il se doit, au nom du cinoche, de la bédé et de tous les geeks. Vous êtes tous pardonnés...vous ne saviez pas ce que vous faisiez.

Ceci dit, pour tout l'amour que le 7ème possède pour HULK, on aime bien qu'il occupe cette position d'incompris. Ironie sublime, le film est devenu comme le personnage lui-même, victime de l'incompréhension des gens, de leur insensibilité. Bref, notre émission entend bien lui rendre justice.
Les images qui suivent forment une espèce de document visuel accompagnant notre émission, prouvant comment le film fait brillamment la conjugaison entre la mythologie classique, celle du cinéma et du comic.

En Atlas moderne...


Forcé aux Travaux...


La belle et la bête à travers les âges
La figure paternelle foudroyante
Et bien évidemment, le drame familial entre le père et son fils doit se jouer sur une scène dénudé, semblable à celles de l'Antiquité, vide sinon pour les lumières et les deux comédiens qui déclament exagérément leur texte devant un public de militaires. Comme si on avait amalgamé les constituantes d'une mise en scène expérimentale de Sophocle avec des contraptions de Sci-fi kitsch comme savait les faire Jack Kirby! Coinvaincu?



mercredi 8 avril 2009

Notre émission du 8 avril: L'année dernière à Marienbad, film d'horreur ontologique?

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À toutes les semaines, cette émission tente de parler de cinéma selon une double perspective. La première, c'est d'aborder un film ou un genre considéré mineur avec un sérieux académique. Plus le sujet semble léger, plus nous le traiterons avec diligence et respect: le genre du Rape And revenge, les grands films campys, le cinoche de série Z, les kaiju eigas, nous en avons couvert plus d'un. Pour nous, si les genres existent, ils sont une bénédiction et n'ont rien de mineur.


La deuxième perspective est plus ambiguë: lorsque nous couvrons des grands classiques et des chefs d'oeuvres, nous nous retrouvons confrontés à des masses considérables d'informations allant de l'académique solide à la vénération molle. Nous avons donc la volonté d'offrir une dimension fraîche et originale, voire ludique, sur des films maints fois analysés, du moins en apparence. Occasionnellement, nous faisons s'affronter des films ayant des thèmes voisins: Carnival of souls vs Jacob's ladder, Max (Mon Amour) vs Harry (et les Hendersons) , Un condamné à mort s'est échappé vs Le trou. Or, la formule que nous affectionnons le plus, c'est d'analyser un film en le juxtaposant à un thème ne semblant partager aucun lien avec le putain de film. Est-ce que 2001:A space odyssey confirme les théories du Principe de Lucifer de Howard Bloom? Est-ce que Persona est le plus important film théorique sur la mémétique? Les Enfants du Paradis est-il un film occulte?

Vous voyez où on veut en venir? Cette longue introduction n'a pas pour seul but de faire la promotion de notre émission. Occasionnellement, un film est tellement riche qu'il en devient effrayant, élusif. C'est le cas du vaporeux L'année dernière à Marienbad d'Alain Resnais. C'est un film qui semble échapper au plus pertinent des académiciens. Quelque chose d'indicible le rend à notre sens littéralement horrifiant. C'est selon cette perspective que nous avons tenté d'analyser le film non seulement comme un film d'horreur, mais comme un film hanté; un film où tout, pas seulement la maison, est hanté, jusqu'à sa structure même. Et si c'était là le film d'horreur le plus important du médium cinéma? Nous en sommes venu à l'idée que L'année dernière à Marienbad est un film d'horreur ontologique, hanté par sa propre nature, sa propre structure, façonné par un langage ancien que s'échangent des démiurges, le réalisateur et le spectateur. Du Lynch avant l'heure. Perçu de cette manière, le film prend une nouvelle signification et confirme sa nature horrifiante.

Il est rare qu'une émission semble échapper complètement à notre contrôle, comme si elle nous semblait dictée par quelque chose.  

Ce fut le cas de celle-ci...on vous laisse en juger par vous même.

lundi 6 avril 2009

Le nouveau Freddy Krueger!


Il semble que le choix est enfin fait. Ce fut une bataille de longue haleine entre deux effrayants pédophiles du grand et du petit écran:

Dans le coin gauche, Robert Knepper, alias le terrifiant mais fascinant Theodore "t-bag" Treadwell, pédophile homosexuel échappé de prison. Tout le monde s'entend sur le fait que ce personnage est le point fort de la série et un grand méchant du petit écran.

À mon sens, il se dégage de Knepper une sensualité perverse mais étrangement attirante. Il ferait un inoubliable Freddy Krueger. Mais, dans le coin droit, il semble que la bataille ait été remporté par un autre grand pédophile.(child star qui plus est, ce qui rend à mon avis la chose encore plus freaky).

Avez-vous devinez?

Ok. Voilà. Freddy Krueger est officilement effrayant à nouveau.