mercredi 18 mai 2011

Notre émission du 18 mai: La Teensploitation, un sous-genre informel et élusif

Ils sont partout. Ils sont fâchés. Ils sont méchants. Ils sont sexys. Il se tiennent en bande, comme des meutes de hyènes caquetantes. Ils violent. Parfois, même, il tuent. Pire encore, ils sont anarchistes et assoiffés de liberté. Il n'y a pas de créatures plus fourbes sur ce putain de globe. 

Les Drag queens? Les hipsters? Des fois. Pire encore...

LES ADOLESCENTS.
 L'ado est la créature de cinéma la plus importante du médium. Il est monstre, objet de désir, victime et parfois, il n'est qu'une excuse pour voir une scène de démembrement bien méritée. Au secondaire, le directeur de notre école aimait beaucoup se déguiser en Jason  Vorhees à Halloween pour faire rire les étudiants. Tout le monde en beurrait leur Calvin, je vous le fais pas dire. Une homme de cinquante ans en veston-cravate et avec un masque de gardien de but est depuis devenu un costume de jeu sexuel tout à fait respectable mais à l'époque, c'était le symbole du plus dangereux intervenant social du monde. Demandez le à Arsenio!
En tant que monstre absolu, il était inévitable que le cinéma créé un genre lui étant complètement dédié, la Teensploitation. C'est un genre vénérable que l'ont peut aisément  retracer jusqu'à l'Antiquité avec son thug original, Rex (Oedipe de son petit nom quand il n'a pas de Street creds); y'a des graffitis partout sur leur vaisselle montrant les mauvais coups de jeunes gens qui se battaient tout nu et se sodomisaientt dans les fesses à qui mieux mieux. C'est pour ça qu'on a fait venir à l'émission un pote à nous, grand connaisseur de film de genre et un grec qui plus est... (C'est lui le Zombi en bas. Il tient à rester anonyme mais pour les besoin,nous le nommerons Kosta!)
Il faut spécifier que le genre dans sa dimension cinématographique n'est officiellement nommé que depuis 2004. Sa véritable codification reste encore à faire. Tout a été mis sous l'étiquette du sous-genre, à condition qu'il y ait des ados dedans: les films de surf et de BMX, les films de gangs maquillés et les faux post-apo au secondaire, les films de jeux d'arcade. 

La réalité est plus complexe que ça. Le titre est à relire convenablement; Teens- exploitation. À l'instar de la Blaxploitation, on DOIT forcément y voir des ados exploités dans un seul but: montrer des scènes de sexe et de violence. À l'instar, encore, de la Blaxploitation, les commencements informels de la teensplo' étaient hautement contestataires et provocateurs.  Exemple: prenez le grand film de Jean Vigo, Zéro de Conduite (1933)...


Au lieu de montrer les jeunes en train de gonfler  des baudruches et se donner des coups d'oreiller, montrer les pendant qu'ils fument des pétards et se caressent le prépuce pré-pubert  à travers leur pantalon en regardant une fille battre un cadavre de chien et vous aurez...Gummo de Harmony Korine. Mais vous aurez aussi un vrai de vrai film de Teensploitation. Pour ça. il faut par ailleurs remonter bien avant la naissance du genre, avec celle qui fut Linda Blair avant son temps, le fantasme légal de tous les pédophiles, nous avons nommé Eva Ionesco. 

 
 On va pas vous expliquer dans ce papier qui est la petite. Il faudra écouter notre émission ici même pour l'apprendre. Bref, cette semaine, on détermine ce qui constitue véritablement le genre, à grands renforts d'anecdotes, d’évocations et de théories...avec un pote grec en studio parce que.

 

 La teensploitation a gagné son pari non? Regardez le pubs autour de vous. Ne sommes nous pas devenu une société de pédéraste obsédée par les éphèbes huileux se pétant les boutons avec des jacknifes?

lundi 9 mai 2011

Troisième édition de notre Grindhouse double feature: les Slashers au camp d'été!








Sous l'initiative de l'énergique Simon Predj des soirées du Douteux (comme si vous ne le saviez pas!), nos soirées Grindhouse Double Feature continuent de plus belle!
Venez vous gaver d'un genre cinématographique précis, d'une série de bande annonces absolument délirantes et d'exposés pompeux et infatués sur le sujet.


Pour célébré la venue de l'été, le thème sera cette fois Les Slashers au camp d'été! Ah des beaux souvenirs de colonies de vacances!

Grindhouse Double Feature
Édition SLASHER AU CAMP D'ÉTÉ



Mercredi, 11 mai 2011
21h, GRATUIT (Don volontaire)

Long Métrages en projection:
-Sleepaway Camp (a.k.a. Massacre au camp d'été)
1983 - version française
&
-The Burning (a.k.a. Carnage)
1981 - version française

Animé par Francis Ouellette,
animateur de l'émission "Le 7e antiquaire" sur CHOQ.FM

Au Broue Pub Brouhaha
(5860 De Lorimier)

Visitez le site web pour plus d'infos:
www.grindhouse.qc.cx

http://youtu.be/J7DMWK-S53E
http://youtu.be/JHiYMCe54MM


vendredi 6 mai 2011

Artificial intelligence a 10 ans: Plaidoyer pour une consécration nécessaire

Récemment, ce fut le dixième anniversaire du film Artificial Intelligence, cette bouleversante fable restée essentiellement incomprise. Une timide commémoration, prenant la forme d'un blu-ray anonyme (bien qu'attendu avec impatience par plusieurs) et la fête est finie. 


Il me semble urgent (voir même vital) de retourner, 10 ans plus tard,  sur la perception que les gens ont de ce film, question de lui rendre  justice. Les perspectives erronées qui lui sont attribuées l'ont presque condamné. Ne pas apprécier le film, c'est une chose.  Répéter ad nauseam  les mêmes arguments pour l'exprimer, surtout quand il sont faux, est consternant.


C'est en 2001 que sort A.I. La date de sortie du "dernier" film de Kubrick, poétiquement, prophétiquement, évoque sa plus grande oeuvre, la plus importante du cinéma à mon humble avis. Plusieurs d'entre vous le savez déjà, c'est un projet que Kubrick a développé pendant plusieurs décennies et qu'il a ensuite offert à Steven Spielberg de son plein gré, pour plusieurs raisons. Ce fut la rencontre entre deux philosophes, une symbiose créative, une fusion totale.

Au cinéma, je suis bouleversé par cette oraison funèbre de Spielberg, je suis convaincu de sa consécration, je suis catégorique qu'il est un des plus grands films de la nouvelle décennie. Ce qu' Avatar aura été , je pensais qu'A.I le représenterait à l'époque.

Et puis le public, le critique, le maniaque de Kubrick s’est prononcé. Rien n'aurait pu me préparer à cette réaction. Ma consternation fut complète mais plus encore, je fus profondément attristé par la condescendance généralisée de cette réaction. Devant cette réception glaciale, j'ai légèrement douté de mon jugement. Je me suis ensuite rangé: le film était venu bien trop tôt. Il faudrait probablement une décennie avant que le public ne comprenne ce qu'il a condamné. L’association à 2001 aura été de mauvais augure; rappelons nous que l'opéra cosmique de Kubrick avait eu droit également à ce genre d’accueil.

Inutile de préciser à quel point on m'a trouvé prétentieux. De ma certitude émergea la colère. J’ai défendu le film becs et ongles presque une décennie. Depuis, je me suis assagi sur le sujet, mais non pas par résignation : j’ai eu le temps d’écouter ce que tout le monde pensait savoir du film.
Aujourd’hui, je sais sans équivoque la raison de son accueil. Elle tient plus ou moins à 5 éléments qui sont répétés constamment par l’essentiel des nombreux détracteurs, sur le même ton, avec les mêmes termes, comme une litanie. Les voici, accompagnés une fois pour toute de rectifications… 1-La perception qu’avait le public de Spielberg : en 2001, il se trouvait encore des gens persuadés que Spielberg n’était rien d’autre qu’une machine à blockbuster.

C’est un préjugé généralement entretenu par un bon nombre de gens, y compris certains cinéphiles. Ils ont tendance a oublier ce que Spielberg a vraiment offert à son public, une balance entre le film d’auteur et le divertissement populaire, entre la virtuosité technique et l’émotion pure. Les intellectuels sont très souvent inconfortables avec le mélodrame, surtout quand il opère bien. Ils sont forcés à l’émotion et ça les indispose. Ils trouvent ça grossier et vulgaire. Pourtant, le mélodrame est un genre qui possède sa mécanique propre, à l'instar de l'opéra ou de la tragédie. Il ne se targue pas d'être autre chose. Le mélo, le vrai, le poignant, c'est un art que Spielberg maitrise à merveille.

Le grand public, lui, peut probablement nommé tout au plus une dizaine de réalisateurs et leurs films. Dans leur cas, Familiarity breeds contempt, tout simplement (ahhh tu sais...l'est comme ça Steven...les juifs et les martiens!).

2- L’usurpation du projet par Spielberg:

Ce qui ne c’est jamais produit. Kubrick avait longuement pensé à Spielberg pour le réaliser. Selon lui, A.I demandait la sensibilité de quelqu’un comme lui, capable de comprendre l’enfance, de maîtriser l’émotion mais aussi un virtuose technique. Kubrick voulait faire le film avec un vrai robot! Il a simplement attendu que la technologie puisse lui offrir une alternative.
Si Kubrick était un cinéaste-technicien qui s’interroge sur la condition humaine, Spielberg est un humaniste fasciné par les aspects techniques du cinéma.


3-La Trahison envers Kubrick : J’ai entendu cette phrase tellement de fois. La vision de Spielberg a contaminé celle de Kubrick. Les obsessions thématiques de Spielberg ont été engoncées de force dans le scénario original et patati...

Faux. La collaboration entre les deux fut très étroite. Comme ce fut toujours le cas chez Kubrick, les recherches, les storyboards, les sketches et le scénario sont des œuvres volumineuses. Elles furent respectées à la lettre par Spielberg. À la limite, il serait juste de dire que le projet de Kubrick avait déjà une facture…spielbergienne.

4-L’obsession pour le génocide et les extraterrestres: Finalement, c’est vraiment de ça qu’on accuse le plus souvent Spielberg.

L’idée du génocide (des robots) est celle de Kubrick. Elle traverse d’ailleurs son œuvre assez souvent. Kubrick a longtemps travaillé à la conception d’un film sur le sujet intitulé Aryan Papers. Il l’a abandonné après avoir vu Schindler’s list, un des plus grands films de l’histoire du cinéma selon lui. C’est d’ailleurs ce film qui l’a finalement convaincu de donner A.I à Spielberg

Les "extraterrestres de la fin" (soupirs). 

Vous savez, même si ça en était, le film ne perdrait rien de sa puissance. Par ailleurs, le Deus ex machina de leur apparition à la toute fin du film n'a rien de facile: c'est un processus scénaristique vénérable s’il en est (ne perdons pas de vue que A.I emprunte au conte). 
La fin du film est tout de même traversée d’une certaine grâce. Cela dit, ces extra-terrestres, ce n’en sont pas. Les créatures de la fin sont l’évolution future des robots, désormais des êtres vivants à part entière. Ils sont des robots vivants, tout simplement. Un forme de vie synthétique parfaite.

Les gens ont tendance à condamner un film si la fin les déçoit, comme si la qualité de l’œuvre au complet pouvait être annulée par les quelques minutes de la fin. Dans le cas d'A.I, l’incompréhension de la fin, causé par les préjugés du public, retire énormément de puissance au propos.
Si les robots angéliques de la fin sont désormais des êtres vivants, c’est directement à cause de la soif d’amour et des aspirations de petits robots comme David. Il fut le premier, l’initiateur, un homme parmi les singes. La simplicité de son désir aurait eu le temps de s’enrichir à travers les siècles jusqu’à ce que, virtuellement, elle devienne le balbutiement d’une essence. Il est la confirmation d’un passé lointain où cette race a commencée à désiré, vouloir et, au final, exister.

 
  5-La fin naïve et mélodramatique:

Une lame à double tranchant. La fin l’est sans doute pour quiconque n’ayant pas saisi les éléments mentionnés plus haut. Dans quel cas votre lame est émoussée. La fin sera donc attribuée, préjugés obliges, à Spielberg. Le robot à simplement droit (certain diront que c’est suffisant) à l’amour de sa mère.

Dommage: la fin est on ne peut plus Kubrickienne; David a droit à l’illusion de l’amour. C’est la leçon ultime du film, profonde et lourde. La manquer, c’est écouter une fable et ne rien comprendre de la leçon finale parce qu’on est consterné par la faculté de parole des animaux.

Il n’y a aucune différence entre le simple désir binaire d’un robot et celui des hommes, provenant d’une ancienne programmation organique. Avant de vouloir être aimé, le singe n’a voulu qu’une chose. Survivre. Il en sera indubitablement de même avec les intelligences artificielles, dans le torrent des siècles. Selon Spielberg, le robot a des vrais émotions. Selon Kubrick, les émotions humaines sont un programme. Au final, tout le film est basé sur cette balance entre deux opposés qui disent la même chose.


Je conclus ma litanie. Je ne suis pas seul. Un nombre grandissant de gens sont de mon avis et le verbalisent de manière pertinente tous les jours sur Internet.

Cette année, Artificial Intelligence a dix ans. Y'a pas beaucoup de monde à la fête. On se revoit dans une autre décennie?

"maybe it's not such a surprise that AI had difficulty finding a audience and ended up being one of Spielberg's rare box office also rans. That was the price Spielberg paid for demonstrating the artistic integrity so many doubt he has, and for the ingenuity he is almost never given credit for. AI: Artificial Intelligence, though the most remarkable film of 2001, may prove to be a movie for the future."

mardi 3 mai 2011

Un simple Merci

Au gala de Choq.Fm 2010, grâce à vous, nous avons gagné: 

 -Animateur de l'année
-Émission de l'année

Merci de votre écoute les aminches! 

Live Long and prosper

Notre émission du 27 avril: Slam et cinéma- l'art de l'insulte poétique au cinéma

 
 Loin de se vouloir une évocation exhaustive de ce qu'est l'art du Slam (nous réserverons un jour cet honneur à des Slameurs certifiés en studio), l'émission de cette semaine parlera de la rhétorique au cinéma, de l'insulte poétique dans les films. Les coups d'estocs donnés avec la langue en direction du cœur.
En l’occurrence, le thème de cette semaine n'est qu'une excuse pour faire trois trucs:

-Parler avec amour d'un artiste qui nous obsède, le poète-chanteur-slameur-acteur Saul Williams. Saul est au verbe ce que Coltrane était à la note et Basquiat à la couleur. Déclaration péremptoire: sans aucune hésitation, Saul Williams est pour le 7ème l'artiste majeur du 21ème siècle, toutes catégories confondues, rien de moins. Les slameurs actuels lui doivent beaucoup, particulièrement grâce au film qui l'a révélé au grand public en 1998, SLAM de Marc Levin. Drame social sur fond de rite initiatique, Slam est un 8 miles avant l'heure...qui serait réalisé par les frères Dardennes.  Le talent de poète et d'acteur y est si inspirant qu'il fait regretter la décennie de gangsta rap qui a suivi. Écoutez ça les aminches:


-Ensuite, nous ferons une brève analyse comparative entre Ridicule de Patrice Lecomte (qui n'est rien d'autre qu'un film de Slam francais au 17ème siècle) et 8 Miles. C'est le même film!!! Charles Berling et Slim Shady: même combat! 


-On fait un battle: les disparités entre la joute verbale française et américaine.

-Faire une truculente évocation des nos insultes préférées au cinéma. On vous promet de ne pas simplement répéter les énumérations de ce vidéo magnifique

mardi 19 avril 2011

Notre émission du 20 avril: Rencontre avec Robert Morin, un vrai mangeux de marges

Ce mercredi à 3:30, nous recevrons Robert Morin. Pour le 7ème antiquaire, ce n'est pas qu'un honneur, c'est la chance d'une vie. Point d’obséquiosité ici: Morin nous a fourni certains des plus intenses moments d'émotions de notre courte mais intense vie de cinéphile. Il le fait encore. Nous ne serions pas plus émus en rencontrant Lynch, Herzog ou Haneke.  
"Il stimule des zones de la pensée assez profondes pour être inconfortables aux hypocrites"

Cette ligne de Claude Gauvreau à propos de Denis Vanier me fait tout de suite penser à Robert Morin.  Elle lui va comme un gant de velours sur un poing en sang. Pour moi, au cinéma, Morin est à Pierre Perreault ce que Denis Vanier est à Alfred Desrochers en poésie. 

Je lis ces mots et j’entends la double voix du vidéaste dans Yes sir...madame, tour à tour fébrile et cynique. Je le revois frapper son père dans Petit pow pow Noël, chanter du Josephine Baker seul dans les toilettes en pleurant. Je me remémore  les mines déconfites du public quand des scènes de ce film furent montrées à Tout le monde en parle. Je repense aux quidams scandalisés par Le Neg qu'ils n'ont par encore vus. Je revois le jet de pisse d'une puissance inouïe éclabousser le vitre de char du gars dans Il a gagné ses épaulettes. J'entends le cascadeur de La vie c'est pour le restant de mes jours dirent que "si Johnny Farago peut chanter, si Pierre Lalonde peut chanter, moi, j'peux cascader". Le gorge me serre en entendant le vieux fou chanter La Fortune dans Le voleur vit en Enfer. Je repense aux effets Rashomon, aux connections balzaciennes, au grapillage de "vues mortes" qui traversent son œuvre, à ses dualités devenant  polarités.  Je le revois même jouer un crosseur dans Les Bougons.

Je pense à tous ces moments et je me dis que nous sommes chanceux de l'avoir Morin: nous, les Québécois, ta mère, nos auditeurs français, ceux qui ne le connaissent pas et qui vont le découvrir, le gars au dépanneur...

J'aime voir Robert Morin manger de la marge et nous en faire manger à coups de buckets. J'aime sa voix de gravelle qui garoche les mots avec une précision de sniper. J'aime les mutants qui hantent son cinéma, qui sont plus vrais que toi et moi. J'aime écouter ses Vues.

Et plus que tout, j'aime ne pas savoir ce qui est vrai ou faux...
et savoir que Morin lui aussi s'en câlisse comme dans l'an 40. 

Le réel, ça sera pour le restant de mes jours.


dimanche 17 avril 2011

Le 7ème antiquaire est bon pour vous! (Nos nominations au Gala CHOQ.FM le confirme!)

Voilà qu'une autre magnifique saison du 7ème Antiquaire tire à sa fin (l'émission continuera sans interruptions n'ayez crainte; ce n'est que la fin de la saison les aminches!) Il fut bon d'être avec vous pendant  cette magnifique année, décidément notre plus éclectique et expérimentale.  
On ne se leurre pas ici: on sait éperdument bien que le concept même de notre émission est "spécialisé" à l’extrême, voir même hermétique, qu'elle peut être rébarbative à certain. Le 7ème antiquaire n'a jamais été qu'une émission d'analyse de vieux films; c'est un espace thérapeutique, un cercle d'expérimentation occulte, une vomitoire à nos obsessions théoriques et sexuelles et un terrain neutre sarclée avec la bêche de notre amitié.

 C'est d'emblée pour cette raison qu'on vous remercie de votre présence, vos commentaires, vos remarques et vos nombreuses photos cochonnes. Il est bon de sentir en permanence un sentiment de filiation, y compris outre-mer (on remercie les potes qui nous écoute dans l'Hexagone! Vous êtes de la  crisse de bonne pâte!!!)

C'est votre présence à tous qui fait que le 7ème est en nominations au gala d'excellence de CHOQ.Fm dans pas moins de 6 catégories:

-Meilleure émission variété
-Animateur de l’année  (2 fois, pour Jim et Frank)
-Bénévole de l’année 
-Émission de l’année
-Meilleur effort promotionnel

Le gala aura lieu dimanche le 1er mai au Petit Campus (et non au Belmont). 

Nous félicitons derechef les autres nominé(e)s. Vous êtes nos frères et nos sœurs et souvent, on pense à certain d'entre vous en se tripotant le manche de lard salé.

Bonne chance à tous!

vendredi 15 avril 2011

Notre émission du 13 avril: La bouffe au cinéma-théories et évocations cinématogastronomiques (ouch)

Pour nous déguster cette semaine, cliquer ici

À côté de la boutique flottante qu'est le 7ème Antiquaire, pawn-shop des idées -flanqué d'une arrière boutique où un donjon huileux des fantasmes sert à chatouiller les glandes de l'épicurieux-,  il y a un petit restaurant, un jolie restaurant. Un troquet sans prétention où l’expérimentation est de mise. On n'y sert rien de bien extravagant, mais la place est toujours pleine et les repas sont copieux. On en ressort avec le sourire, le ventre plein, avec au cœur la conviction que vos besoins ont été satisfaits et que ceux qui viendront dans quelques heures seront rabelaisiens. Dans les toilettes, il y a des graffitis cinglants qui parle de ma mère et de ton dentiste, des numéros de téléphone où on offre des sévices spécialisés.
C'est autour de cette intangible table que nous allons faire l'émission cette semaine. Deux grandes passions: la bouffe et le cinéma. Manger en regardant des films, parler de cinéma en mangeant... des amitiés scandées par le tintement des ustensiles et les souvenirs du grand écran. Il va sans dire, forcément, que le thème de la bouffe au cinéma devenait pour nous un pièce de choix. Les films de repas, repas classiques dans des films qui le sont tout autant, les films sur la bouffe, celle qui réconforte et excite mais aussi celle qui dégoute et repousse. De l'orange fatale dans la bouche du GODFATHER aux petits beignes au sucre de THE FLY, des étrons fumants de SALO jusqu'à la soupe tout aussi fumante de TAMPOPO, un historique des petites boustifailles et des grands festins de l histoire du cinéma.

-Entrée-  

Anecdotes croustillantes sur nid de concepts
Amuses gueules déployées
méli mélo de mélos croutés

-Plat principal  

 Pièces montées avec son coulis d'évocation
 avec
Suite de scènes caramélisées
suivi de
dégustations énumératives

dessert

Verrine de grivoiserie
et 
théories au sucre  et digressions digestives

Santé



mercredi 6 avril 2011

Notre émission du 6 avril: FANTOMAS de Louis Feuillade (1913)-L'esthète de la cruauté

Fantômas, la série magnifique de Louis Feuillade (1913) est une découverte que le 7ème s'est imposé pour vous cette semaine avec bonheur. À une époque où les geeks ont la possibilité de se gaver jusqu’à plus soif de références, c'est un plaisir de pouvoir retourner au fondements  des grandes influences, souvent inconnus des principaux concernés (c'était notre cas). 
Il n'y a pas beaucoup de méchant plus grandiose que Fantômas. Il est le précurseur de tellement d'entre eux: Joker, Thomas Ripley, Hannibal Lecteur. Il est tout simplement le premier des Super vilains digne de ce nom. Grandiloquent, théâtral, séduisant...absolument sans la moindre once de pitié.
Un tour d'horizon du personnage, des premiers films le mettant en scène, des petits morceaux de méchanceté qui font chaud au cœur. En se délectant des faits et gestes de ce grand esthète de la cruauté, on constate que cinéma de la préhistoire était souvent passablement contemporain.

jeudi 31 mars 2011

Notre émission du 9 Mars: Santa Sangre- Alejandro Jodorowski et les liens du sang

Il a fait pleuvoir des poules sur un de ses fils, assoiffé des dizaines de lapins dans le désert pour ensuite tous les manger et fait revivre la massacre des mayas en faisant exploser des grenouilles. Il a dépucelé langoureusement l'hymen du 4ième mur à une époque où le cinéma n'osait même pas s'en approcher. On sait qu'il a trois testicules et que Godard n'en a qu'une (il l'a dit). Il a inventé le western-peyotl (où du moins, il l'a exalté), le tir de Tarot cinématographique et le psychodrame sur pellicule. Ses films sont par la force des choses devenus des violentes créations collectives sous influence, des fantasmes communautaires et expérimentaux.  L'échec picaresque de son adaptation de Dune, qui fera à jamais fantasmer les cinéphiles, est devenu une des plus importantes sage métaphysique de la bédé, L'Incal..
Enfant terrible des late-nights showings, gourou pluridisciplinaire, icône de la contre-culture (à une époque où le terme avait encore une certaine pertinence), tout a été dit sur Jodorowski et on en fera jamais le tour. 
Mime, réalisateur, poète, dramaturge, auteur de bédé, guérisseur, père expérimental;  l'existence de l'homme est une suite ininterrompue de créations. Il se qualifie lui-même de psycho-magicien. Si le terme lui va plutôt bien, au final, Jodorowski n'est rien de moins qu'un authentique mystique. The Real deal. Sans édulcorant.
Il va sans dire que pour son passage à Montréal, prenant des véritables airs de célébration occulte, le 7ème veut être de la fête. Nous ne pouvions pas ne pas parler de Jodo. Il est directement une de raisons de l'existence de notre émission. Nous avons donc décidé de parler tout simplement de l'homme, de son œuvre et de son film que nous ne connaissions pas du tout, Santa Sangre. 

Film d'horreur psychodramatique sur les liens du sang sous toutes des formes, il laisse dans la conscience du spectateur un arrière-goût ferrugineux de cunnilingus prodigué durant la mauvaise (la bonne) période. 
 Quel bonheur de plonger goulument notre langue, le temps d'un brève heure cette semaine,  dans cette plaie béante et nourricière qu'est Santa Sangre.
La magie existe, c'est indiscutable. La preuve: Jodorowski sera à Tout le monde en parle ce soir. C'est pas weird ca les aminches! La vie est pleine de mystères improbables!