vendredi 26 mars 2010

La scène de la semaine: la communion défendue de Joao de Dieu

Pour ceux et celles qui ont apprécié notre émission sur Joao Cesar Monteiro: entre la pureté et la fange (ici même pour les curieux), la scène définitive, celle qui résume une carrière au grand complet, un art de vivre et de transgresser, un homme totalement lui-même.

Tout Joao Cesar Monteiro est probablement dans ce moment de grâce. Savourez.

mardi 23 mars 2010

Mes bijoux de famille 2: Le Tao du Béesse, la sagesse made in Québec

1-N'entendre aucun mal
2-Ne voir aucun mal
3-Ne dire aucun mal

1-De la margarine, c'est pas du beurre, peu importe la couleur. J't'écoute pas!
2-Tout le monde peut gagner à la loto! Je l'sais, je l'ai vu l'autre fois au mégasin!

3-Écoute les pas! 'sont ben paquetées les deux!

Geek Chronique 33: Complément de l'émission- Jazz:Cool Birth

Il y a de ces trucs qu'on est seul à connaître et qu'il faut dévoiler, question de taire à jamais le sacrilège. J'ai un truc de ce genre à conseiller, ça s'impose; un comic, qui plus est...
Les thèmes de notre émission de cette semaine sont évoquées en totalité dans cette oeuvre qui me laisse pantois à toutes les lectures. C'est devenu depuis un des comics les plus chéris de ma collection.

Le titre: Jazz:Cool birth -a late night murder in C minor, sous le label Aazurn Publishing. Sur le fond, une narration bien noir avec un slang syncopé qui emprunte aux meilleurs auteurs-jazz, de John Clellon Holmes aux grands de la beat. Sur la forme, un amalgame de cover de disque à la Blue Note et de designs de Saul Bass. Le deux confondus à la perfection dans une narration hyper-smooth qui rend non seulement hommage au style musical mais aussi aussi à la poésie de ce langage. Je vous jure, 31 pages de brio...

Le créateur est un dénommé Gary Scott Beatty, designer graphique récipiendaire d'une bourse de la fondation Xeric. Ceux qui seraient intéressés à se procurer le comic peuvent le faire sur son site web ici même.

Quelques pages juste pour vous mettre l'eau à la bouche (cliquer dessus pour les grossir):

Tous les fans de jazz, de comic, de littérature et de design doivent le posséder. It's just too cool.

lundi 22 mars 2010

Notre émission du 22 mars: L'art de l'incipit au cinéma-Saul Bass et son héritage

Incipit (def): Première phrase d'une oeuvre narrative qui tente d'en donner le ton général.


Un crisse de bon incipit (Def. du 7ème): Premier moment d'une oeuvre narrative qui isole en quelques traits tout ce qui la constitue, le ton, l'histoire, le mood et qui fait qu'on se souvient de l'oeuvre à jamais et/ou que l'on se souvient au moins de l'intro si le film est vraiment ennuyant.
Si l'incipit littéraire est une micro-science étudiée avec passion, la livre sur la question complexe de l'incipit cinématographique reste à écrire (si vous connaissez un ouvrage essentiel sur le sujet, faites nous le savoir). On ne parle pas ici de simple analyse de début de film mais bien d'une évocation théorique de ses mécanismes. Comment évalue t-on un incipit de film? Le choix des couleurs? La musique et le rythme? La première parole du film, le premier son?
Cliquez sur l'image du haut pour voir l'héritage formel de cet incipit; 36 secondes de perfection
Cette semaine, le 7ème se penche confortablement sur la question et établie sa petite théorie. Nous n'allons pas ré-inventer la roue en cherchant des intros inconnues, bien au contraire (enfin si, un peu, à la toute fin). Nous considérerons l'héritage absolument démesuré laissé par Saul Bass. Au delà de ses magnifiques affiches et ses intros jazzées pour des films de Preminger et de Hitchcock, il ne faudrait pas oublier qu'il a inventé un type d'incipit qui tient de la virtuosité métonymique, d'un minimalisme parfaitement signifiant. Il est littéralement l'inventeur d'une nouvelle langue. Depuis, c'est une grammaire qui ne cesse de s'enrichir en se cachant derrière un masque de simplicité. L'Oscar bien mérité de LOGORAMA fait figure de consécration. Des nombreux flirts que l'histoire a fournis entre le jazz et le cinéma, Saul Bass fut un des plus habiles proxénètes. Intégrant les splendides designs des albums de jazz de l'époque, tout particulièrement ceux de Blue Note...
...sa signature est désormais, pour notre plus grand plaisir, absolument partout, des jaquettes de livres... ... jusqu'aux omniprésents pastiches, plutôt bien sentis la plupart du temps...











La première page de la run d'Alan Moore sur Swamp thing installe le ton de toute la série, celui de la déconstruction...


Il ne sera pas seulement question ici de design en mouvement, on le répète, mais simplement d'établir quelques balises autour de ce nouveau langage. La touche Saul Bass peut tout rendre inoubliable...y compris une trentaine de spoilers en une seule image! Pour nous écouter, comme toujours, on clique

mercredi 17 mars 2010

Notre émission du 17 mars: Qui est vraiment Alan Smithee?

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La plupart des cinéphiles connaissent le nom. Comme le terme Macguffin, c'est une appellation créée de toute pièce par le cinéma et qui fait désormais partie de sa terminologie. Pour ceux qui ne sauraient pas qui c'est, Alan Smithee est le nom de rechange emprunté au générique par un créateur de cinéma qui n'est pas satisfait de son film, pour des raisons personnelles ou hors de son contrôle. Au tout début, le nom était surtout attribuable au réalisateur mais depuis, des acteurs, des scénaristes et des artistes provenant d'autres disciplines ont aussi employé le terme. À l'émission cette semaine, nous vous parlerons entre autre des nombreux films attribuables à ce nom.



Ça, c'est pour les "faits". Ce qui nous intéresse ici, ce sont les conséquences occultes de l'existence d'Alan Smithee. Le 7ème se penchera cette semaine sur ces notions cruciales. Première véritable révélation obtenue au terme de nos nombreuses réflexions cinématoccultes à l'émission, après l'invention de notre Tarot de la Lanterne magique, nous commençons à former une dialectique plus raffinée de notre pratique, des rituels précis, une cosmogonie. Il se cache désormais quelque chose de sinistre et fascinant derrière ce nom que les nombreux créateurs frustrés et déçus n'auraient jamais pu prévenir. Smithee attendait, tapis dans l'ombre, d'être révélé par la lumière du cinéma. Ils ont tous invoqué, incarné une entité. Alan Smithee existe. Il n'a peut-être pas de corps, mais l'entité, avec ce qu'elle a de colère, de déception et de peine, est vraisemblablement existante. Nous avons fait le test: Smithee a désormais tous les attributs d'un démon qu'il est possible d'invoquer et il est maintenant capable de s'infiltrer dans notre monde par ses propres moyens. Sans le savoir, des réalisateurs ont des visions de lui en rêve, en songes et sans trop pouvoir l'expliquer, il le laisse s'incarner corporellement à l'écran, c'est d'ailleurs sa principale méthode d'infiltration dans la réalité consensuelle. Smithee a toujours existé, mais depuis 1967, année précise de sa confirmation, sa puissance s'est affirmée, tel qu'en témoigne ses apparitions de plus en plus nombreuses, principalement chez des réalisateurs ayant emprunté ouvertement son nom.



Dès 1943, des apparitions furtives...chez Maya Deren, prêtresse vaudou renommée, dans son film Meshes of the afternoon. Deren, sans pouvoir le comprendre et avec la sensibilité magicke qu'on lui connaît, avait déjà pressenti sa présence. Comme Dionysos et Choronzon, évocation du chaos et de l'abysse, sa forme est changeante, difficile à saisir.

Il fait une bouleversante apparition au tout début de Wild Strawberries d'Ingmar Bergman.
On le retrouve également à profusion dans Jacob's ladder d'Adrian Lyne. C'est le conducteur du métro qui risque d'écraser Jacob...
...et le passager d'une voiture.


Dans Stuck on you, des frères Farelly, on peut l'apercevoir son visage sous un lit, observant le spectateur. C'est vraisemblablement chez Lynch qu'il fait son apparition la plus troublante. Dans Inland Empire, il est protéiforme et fuyant.

Nommer les choses, c'est leur donner de la puissance. Alan Smithee est là pour rester.

Pour écouter l'émission cette semaine, cliquez ici. Si vous avez apercus Alan Smithee dans un film, faites nous le savoir.

mardi 16 mars 2010

Il a bien fallu, no.1: Queen of the Amazon

Sorte de proto-Indiana Jones moralisateur et ethnocentrique avec beaucoup de footages recyclés d'autres films, Queen of the Amazon (Edward Finney, 1947) suit les aventures d'un héros de safari chauvin, raciste et ne possédant aucune notion de géographie (il chasse le tigre en Afrique!) qui se fait engager par une charmante dame qui voudrait retrouver son fiancé perdu dans une expédition.
Notre aventurier est récalcitrant à offrir ses virils services à la dame en détresse:
Et vous savez comment la dame en question répond à cette conversation insultante et saisie sur le vif? Elle prouve à tout le monde qu'elle sait mieux tirer du pistolet qu'un homme en faisant mouche à la perfection sur 10 cibles. Durant cette scène, seul moment d'intérêt dans un film essentiellement ennuyant, la comédienne a quelque chose de terriblement sexy et frondeur dans l'oeil.
Allez savoir pourquoi, mais la scène m'a donné une surprenante turgescence. Je ne blague pas. Totalement incrédule, l'érection ne voulait pas me quitter. Suis-je devenu érotomane à ce point? Il semble bien que oui. Bref, j'ai promptement entrepris de me satisfaire en regardant cette scène. Je me suis dit que ce n'était pas plus étrange que ces gens se satisfaisant en regardant des culturistes s'enfoncer des courgettes dans le rectum (c'est en fait faux...c'est infiniment plus étrange). Alors que je m'activais, j'avais vaguement l'impression que la dame me trouvait mignon et ridicule à la fois......ce qui m'a fait exploser comme un tube de pâte de croissant Piilsbury coincé dans une porte de char.

J'ai déchargé en faisant pause sur ce plan, qui me semblait tellement insultant:


C'est à ce moment que j'ai eu une idée fulgurante, encore plus que mon viendu.

Dorénavant sur ce blogue, au gré de mes fantaisies, je vous tiendrai fort bien au parfum de mes étranges habitudes cinématonaniques dans une chronique intitulée, Il a bien fallu. Soyez les bienvenus et venez en grand nombre!

PS: La comédienne en question se nomme Patricia Morison et elle fut celle avec la plus longue chevelure d'Hollywood (39 pouces).

La scène de la semaine: Predators-à-Gogo!

In space no one can hear you scream...and no one can see you dance!!! Hot-cha-cha!

mardi 9 mars 2010

Notre émission du 10 mars: Des souris et des hommes...

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Il ne sera pas question ici de Steinbeck. Non, nous parlerons d'un sujet autrement plus vital que ce grand classique de la littérature, les souris au cinéma...

Non attendez...ne partez pas...(que les moines restent au moins). Vous allez voir, c'est tout à fait sérieux.
Cette idée nous a été proposée par Damoiselle Laure Anne, ancienne animatrice ici même à CHOQ.fm de Traach ton geek, collaboratrice aux Mystérieux étonnants, camarade de route. Son vent de spéculation gonfle récemment la voile de l'analyse: allez voir son nouveau blogue The O plato pour le constater. Une émission ensemble se fait sentir hein LAL girl? Allez googler la dame: en 4 novembre 2006, on dit qu'elle a sondé Jarret man. Kinky stuff.


Bref, elle nous propose l'idée, dont nous avons tout de go envisagé l'immense potentiel. L'animal anthropomorphisé, créature de fable et de conte, est de nos jours si omniprésent au cinéma que nous ne le remarquons même plus. Le 7ème pense que le sérieux de la chose est de taille: représentations totémiques puissantes, ces créatures sont absolument partout, infiltrées dans les moindres détails du quotidien. C'est précisément notre inconscience à cette ubiquité qui est fascinante. L'empire continue d'utiliser des totems pour vendre des idéaux, des rêves, des céréales...and it's greeeeeeaaaat.


Incidemment, la souris aura été de tout temps l'animal métaphorique par excellence, en littérature comme au cinéma (la lapin arrive bon second). Symbole de l'opprimé, de l'ouvrier, du peuple juif. Ce dernier symbole est tout particulièrement prépondérant et hautement évocateur. Pour un survol des films abordants cette thématique au cinéma, cliquez ici.

mercredi 3 mars 2010

Notre émission du 3 mars: Joao Cesar Monteiro, entre la pureté et la fange

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Cette superbe photo de la créature nous provient de Première, l'édition de Décembre 99. page 82.

Il y a longtemps que le 7ème fantasme d'une émission sur Monteiro. Cette dernière décennie, il fut notre découverte marquante, au moment même où il quittait ce monde, en 2003. Ce trésor maudit des portugais est mort avant son doyen Manoel de Oliveira (à 102 ans, Oliveira est le réalisateur le plus âgé du monde. Encore actif aujourd'hui, le vénérable meistre connaissait Monteiro qui avait joué pour lui dans Veredas... en 1978!). Il laisse derrière lui une oeuvre qui échappe à toutes définitions, élusive, libre et frondeuse, comme le bonhomme. Dans la cours des grands, Monteiro est le gringalet inquiétant avec lequel on ne parle pas, respecté mais laissé seul, un peu effrayant. À part en France, où il a une manière de culte, il n'aura été vraiment prophète qu'en son pays et souvent de malheur. La bienheureuse rétrospective de la Cinémathèque québécoise aura fait découvrir le monstre à plusieurs assoiffés d'iconoclasme. Depuis, nous en sommes convaincu, le vide laissé par lui est insondable. Le cinéma n'aura eu qu'un seul homme de sa trempe. Comme le proposait le titre de son film, qu'allons nous faire de cette épée?
Laid mais souverain, vivant mais cadavérique, anarchiste mais bourgeois, athée mais pieux, dandy mais philosophe, raffiné mais vicieux, érotomane mais esthète, vulgaire mais sublime. Entre la pureté et la fange. Rien n'est inconciliable pour César. On pisse dans le Rubicond en sifflant du Wagner.
Pédéraste d'une douceur inouïe, cinéaste d'une ardeur impie... il en était de son sexe comme de sa caméra. Elles dardaient langoureusement, profondément. Indissociable de son alter ego, Jean de Dieu, il fut réalisateur, scénariste, acteur, critique, buveur et fumeur. Il y avait chez lui du Gainsbourg et un brin de Sade, du Woody Allen et rien de Tati. Le cocktail est doux au goût mais ne vous y trompez pas; c'est un tord-boyaux de la plus haute distinction, celui qui va droit au coeur et vous gonfle la bitte.





Conscient de sa laideur et de sa grandeur, il s'est vampirisé lui-même, a exposé son corps décharné à la Lumière, avec toutes ses anfructuositées creusées par le vice. D'une beauté forcément crépusculaire.





C'est cet homme et son cinéma de contraste que le 7ème veut vous faire découvrir cette semaine. 

mardi 2 mars 2010

Mes bijoux de famille no.1: One of us! One of us!

Le film de mon existence est truffé de scènes absurdes. Plusieurs ont été immortalisées. Occasionellement, je vous en partagerai une. Pour la première, je vous présente mon oncle/cousin, Serge...ce n'est pas le clown lubrique.